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Émission du lundi 21 décembre 1998

Le Père Noël existe!

Oui, Le Père Noël existe, on en a enfin la preuve scientifique, comme il y aurait également une explication scientifique qui révèle comment les rennes arrivent à voler…

D’après :

HIGHFIELD, Roger. " Le Père Noël existe, la science l’a rencontré ", Courrier international, 3 au 9 décembre 1998.


Comment les rennes peuvent-ils voler? Pour le professeur Silverberg, la réponse se trouve dans la génétique. " Après des siècles de sélection et de manipulations génétiques, leurs poumons peuvent s’emplir d’un mélange d’hélium, d’oxygène et d’azote qui leur permet de flotter. Dès lors, tirer le traîneau du Père Noël ne leur cause pas le moindre problème. " Fort de cette explication, est-ce que vous pouvez vraiment continuer à croire que le Père Noël n’existe pas?

Larry Silverberg, chercheur à l’université d’État de Caroline du Nord, a décidé d’apporter des réponses scientifiques à plusieurs des questions préoccupantes qu’on a pu soulever sur tout ce qui a trait au Père Noël : le poids du traîneau, sa vitesse, etc. Je tiens à préciser que ce monsieur est professeur de génie mécanique et d’aérospatiale, et qu’il est membre du Centre de recherche de la NASA sur les missions vers Mars. Ce n’est donc pas n’importe qui. " Il considère le traîneau du célèbre barbu comme une merveille de la technique mondiale et prétend disposer d’assez d’éléments pour être convaincu de son existence ", écrivait à son sujet Roger Highfield dans un article de The Daily Telegraph de Londres, paru ensuite en français dans Courrier international.

Le Père Noël s’appuie sur la recherche fondamentale pour perfectionner son traîneau, affirmait Silverberg. À cet égard, il est très en avance. Les enfants ne doivent pas écouter ceux qui prétendent qu’il n’existe pas au motif qu’il serait impossible de distribuer des jouets dans le monde entier en une nuit. Il y a bel et bien un moyen, et il est fondé sur des faits scientifiques connus. "

" D’après le professeur Silverberg, écrit le journaliste, l’homme aux milliards de cadeaux exploite certaines propriétés de la relativité d’Albert Einstein qui s’appuient sur le principe selon lequel la vitesse de la lumière et les lois de la physique sont invariantes pour les observateurs qui se déplacent à des vitesses constantes les uns par rapport aux autres. […] Plus la vitesse du traîneau est élevée, plus le temps se dilate et plus l’espace se contracte, explique Silverberg. La relativité restreinte laisse donc à l’intéressé tout le loisir de distribuer ses cadeaux, alors que le temps dont il dispose est perçu par nous comme la durée d’un clin d’œil. […] Dans son cadre de référence, expliquait l’expert, c’est-à-dire quand il est dans son nuage de relativité, le temps se déplace beaucoup plus vite que dans le nôtre. Lui nous voit comme si nous étions cloués sur place. Il n’a même pas besoin de se presser, il a tout son temps. " Je savais bien que j’arriverais à vous étonner… [rires]

D’autres scientifiques se sont intéressés à la question, tels Miguel Alcubierre de l’Université de Cardiff : " Selon Alcubierre, explique l’auteur de l’article, si une distorsion spatio-temporelle déforme l’espace en un point donné de telle sorte qu’il est en expansion derrière le traîneau du Père Noël et se contracte devant lui, le vaisseau est propulsé en même temps que l’espace dans lequel il se trouve, chevauchant la crête de l’onde. " Difficile à concevoir, mais étonnant, non?

Si vous connaissez la fameuse série Star Trek, on y fait mention parfois des " warm holes " (des trous de ver dans l’espace). Si on se représente l’espace-temps comme une courbe, comme une feuille, on comprend qu’il est possible de passer par ces warm holes, qui permettent de prendre des raccourcis et d’éviter les trajets en courbe à la surface de la feuille, d’emprunter ceux qui traversent l’univers par l’intérieur. Un peu comme le ver qui s’ouvre des tunnels pour aller d’un côté à l’autre de la pomme sans passer par la surface. Donc, le Père Noël peut très bien voyager ainsi…

" Le Père Noël pénètre dans une galerie, la parcourt et ressort à un autre endroit. Il peut emprunter une extrémité du tunnel et faire en sorte que l’autre se matérialise dans chacun des lieux où il se rend. Il n’a plus qu’à descendre dans des cheminées pleines de suie et ne risque plus de rester coincé dans les canalisations de chauffage central. " [rires]

Je trouve qu’il y a des méchants qui font des calculs terribles. Le magazine Spy, par exemple, s’est posé la question dans un article qui, paraît-il, fait florès sur Internet. Cependant, je n’en ai trouvé que quelques extraits dans l’article de The Daily Telegraph dont je vous parlais tout à l’heure. D’après cette revue, " le Père Noël aurait besoin de 214 200 rennes pour faire son travail ". Parce que, vous comprenez, il y a beaucoup de travail à faire en même temps. Aussi, c’est la multiplication des pères Noël qui fait que le Père Noël peut y arriver. C’est comme le Bon Dieu qui s’est dit : " Je ne peux pas faire tout ce travail-là tout seul ". Il a donc inventé les mères. C’est du moins mon explication… qui, paraît-il, qu’elle n’est pas très scientifique. Suivons donc un peu le raisonnement des gens de science.

" Compte tenu de l’énorme masse représentée par les cadeaux, les rennes seraient freinés par la résistance de l’air, ce qui ferait chauffer les animaux de la même manière qu’un engin spatial rentrant dans l’atmosphère terrestre. Bref, les rennes s’enflammeraient presque instantanément tout en provoquant des déflagrations supersoniques assourdissantes. L’attelage serait volatilisé en l’espace de 4,26 millièmes de secondes. - Il y a vraiment des gens qui prennent le temps de faire des calculs savants pour tenter de répondre aux questions angoissantes qu’on se pose. - Le Père Noël serait, lui, soumis à des forces 17 500 fois supérieures à la pesanteur. Conclusion : s’il a un jour livré un cadeau dans la nuit de Noël, il n’a pas survécu à l’opération. " C’est un point de vue bien méchant, à mon avis. Au lieu de chercher une explication scientifique valable pour prouver l’existence du Père Noël, on s’est attaché à le traîner dans les brumes des statistiques mathématiques.

Et ce n’est pas tout : " Le marché du jovial barbu est énorme. L’Unicef recense 2,106 milliards d’enfants de moins de 18 ans dans le monde. Compte tenu de l’origine païenne de la fête et de son esprit, on peut supposer qu’il livre des cadeaux à tous les petits, pas seulement aux chrétiens. C’est Noël après tout. Sur la base moyenne de 2,5 enfants par foyer, l’homme à la barbe blanche doit faire 842 millions d’arrêts dans la nuit du 24 au 25 décembre. […] Tous les 25 décembre, l’homme aux cadeaux doit parcourir 422 m [soit la distance moyenne entre chaque foyer], multiplié par 842 millions (nombre de foyers), soit environ 355 millions de kilomètres. Il lui faut donc bien du courage, d’autant qu’il doit s’acquitter de cette tâche en une nuit. Heureusement, il dispose de plus de 24 heures pour livrer tous ces présents. Prenons le premier point de la planète qui franchit la ligne de changement de date le 24 décembre à minuit. À partir de ce moment, le Père Noël peut commencer sa distribution. S’il reste sur place, il aura 24 heures pour apporter des cadeaux à tous ceux qui se trouvent sur la ligne de changement de date. - Donc déjà ça devient un peu plus possible.

Cela me rappelle ce film, L’Histoire du monde en 80 jours : c’était exactement ça. Le bonhomme pensait qu’il était arrivé en retard, qu’il avait mis 81 jours à faire le tour de la planète. Mais à son arrivée, on l’a glorifié parce qu’il avait respecté la prévision du 80 jours. En fait, il était passé au changement de date sans s’en rendre compte. " Mais en se déplaçant dans le sens inverse à celui de la rotation de la Terre, il peut distribuer des cadeaux pendant 24 heures de plus, ce qui fait 48 heures en tout. Soit 2 880 minutes ou encore 172 800 secondes. L’homme au manteau rouge a donc un peu plus deux dix millième de seconde pour passer d’une cheminée à l’autre. " Tant de calculs pour démontrer la crédibilité du Père Noël…

Si vous voulez, vous pouvez continuer de croire que le Père Noël n’existe pas, mais vous voyez que des scientifiques se sont donnés un mal de chien pour prouver le contraire. Quant à moi, j’ai trouvé tout cela extrêmement sympathique. En fait, il y a des années que je fais des recherches sur le Père Noël. Et étant donné que je n’ai pas la formation scientifique qui me permettrait d’expliquer le phénomène de façon matérielle, je me suis contenté, pendant plusieurs années, de m’intéresser à l’évolution de ce mythe. Pour bien le comprendre, il faut partir de la fin puis remonter le cours du temps.


Le Père Noël au fil du temps

C’est le dessinateur, Thomas Nast, en pleine Guerre de Sécession qui, en premier, aux États-Unis, a créé la bonne bouille de Santa Claus. D’origine allemande, il s’inspira pour cela d’un souvenir d’enfance : un personnage qu’on célébrait en Allemagne autour du 6 décembre, et non pas le 25, et qui était l’équivalent de Saint Nicolas. Il y a eu à un moment deux traditions : un Father Christmas, du genre austère, plutôt enclin à jouer les juges; un genre de Père Noël qui juge et punit en demandant : As-tu été un bon petit garçon? Il subsiste encore un peu dans les propos de l’autre Père Noël, celui qui nous est plus familier, mais qui est plutôt jovial et compréhensif, car c’est un personnage d’amour. Et voilà pourquoi il est si sympathique à tout le monde.

En fait, la tradition du Père Noël remonte à encore plus loin. Elle remonte aux Saturnales romaines et au bouffon tout habillé de rouge. Si vous vous rappelez, au moment de sa " passion ", on a revêtu Jésus d’un manteau rouge pour se moquer de lui. On le déguisait donc en bouffon, un personnage des Saturnales romaines. Cela réfère aussi aux personnages de carnaval qu’on retrouve à cette période de l’hiver : en effet, puisque la terre est endormie et que c’est la fin d’un cycle, on a le temps de se réjouir; c’est donc une période de réjouissances avant que la terre ne se réveille, avec le printemps, et qu’elle commence à produire à nouveau ses fruits, au cours d’un autre cycle.

Le temps des Fêtes commence avec le solstice et dure officiellement cinq jours, ou un peu plus. Cela vient des Babyloniens qui étaient obsédés par le rapprochement qu’ils faisaient entre le cercle, qui est dans l’espace, et le cycle, qui se produit dans le temps : les Babyloniens avaient découvert que ça prenait 365 jours et quelque pour faire le tour du cycle. Ils ont décidé que pour représenter analogiquement le cycle dans l’espace, il fallait le ramener à 360 degrés. Je suis bien heureux de trouver enfin la réponse à une question que je m’étais longtemps posée quand j’étais enfant, à savoir : pourquoi y a-t-il 360 degrés et non 100 ou 1000? Car il me semblait qu’avec un chiffre rond comme 100 ou 1000, ce serait bien plus facile pour faire du calcul et de la géométrie. On sait maintenant que ce 360 degrés représentent les jours de l’année, mais qu’en fait, il y a cinq jours de trop! Ces cinq jours sont des non-jours, et ils correspondent au temps des Fêtes. C’est une façon de dire que le cycle de 360 étant terminé, on fait une bringue de cinq jours. Et les Anciens étaient très portés sur les grandes bringues de cinq jours, si bien qu’on trouve l’équivalent des Saturnales romaines un peu partout dans les autres cultures. Et le personnage qui, traditionnellement, menait cette fête, c’était l’émule de Dyonisos, le dieu grec, le dieu du vin, le gros bouffon, le rigolo qui faisait des cadeaux et prenait la vie en riant, et qui est devenu, avec le temps, notre Père Noël.

Ce bon vieux a des racines extrêmement profondes dans l’histoire de l’humanité, croyez-moi. Et j’en sais quelque chose pour avoir joué son personnage assez souvent, vous pensez bien… Oh, Oh, Oh!

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L’affaire Clinton : un conflit de générations?

D’après :

" 60’s culture clash ", The Gazette, 20 décembre 1998.


Parmi tout ce qu’on a écrit sur la question de la destitution du Président Clinton, j’ai lu plusieurs articles : certains en diagonale, d’autres d’une façon plus approfondie. Il y en a quelques-uns qui ont retenu particulièrement mon attention dont un du Washington Post qui a été repris dans The Gazette, et qui avance l’idée que nous assistons actuellement à un affrontement entre deux générations. Car le Président Clinton est relativement jeune pour occuper le poste de président. Puisqu’il fait partie des premiers arrivés du baby-boom, il participe donc de cette culture, alors que les gens qui occupent des postes importants un peu partout à travers le système américain viennent, pour la plupart, de la génération antérieure, qui véhicule les valeurs des années cinquante. Cela expliquerait donc autrement cet affrontement… parce que je refuse de l’expliquer, quant à moi, simplement par le fait que le Président a eu des relations sexuelles avec une stagiaire et qu’il a menti à ce propos.

Tout à coup, l’événement entre donc dans le phénomène psychodramatique de l’affrontement des générations. C’est du moins l’explication que suggère Neil Howe, qui est l’auteur d’un ouvrage intitulé Generations : The History of America’s Future. L’auteur estime que le futur des États-Unis, et de l’Amérique en général, est en train de se décider à travers cet affrontement de deux visions et deux systèmes de valeurs. Il ne faut pas oublier que les Baby-boomers sont ceux qui ont pris position contre la guerre du Vietnam, pour les droits civils, ceux qui ont véhiculé l’idée ou le concept d’une révolution sexuelle, qui ont affiché une certaine désinvolture au niveau des mœurs et de l’usage de la drogue à des fins récréatives. Je parle toujours de ces drogues qui n’appartiennent pas aux drogues dures. " Tout ça s’est traduit par une charge d’énergie capitaliste bizarrement très puissante qui a déferlé sur le monde avec les années 1980 et 1990… ", écrit Michael Powell dans un article du Washington Post. Et maintenant, on assisterait à cet affrontement qui se déroule, si j’ose dire, sur la scène politique internationale. Parce que, qu’on le veuille ou non, ce qui se passe à Washington et qui prend une certaine envergure, finit toujours par se retrouver sur la scène internationale.

Ainsi tente-t-on d’expliquer la différence entre la position prise par ces notables de la génération précédant le baby-boom - qui s’expriment, en particulier, à travers la pensée des Républicains - et l’opinion d’une grande partie de la population américaine. Selon une enquête récente, 72 % des gens approuvent l’action politique de Bill Clinton, alors que 25 % sont contre. C’est ce que rapporte un sondage NBC News réalisé après le vote de la Chambre. Une autre enquête, celle du CBS-New York Times montre que 66 % des personnes interrogées considéreraient la démission de monsieur Clinton comme une mauvaise chose pour le pays.

Cela supposerait que les gens qui ont répondu aux questions appartiennent davantage au groupe des Baby-boomers, donc qui n’accordent aucune importance aux histoires de fesses du président des États-Unis, et qui s’opposent à l’autre classe de personnes plus âgées qui dominent dans le système du Congrès, et même du Sénat. Une explication que je trouve intéressante. C’est un phénomène extrêmement curieux, sauf si on l’envisage du point de vue d’un conflit entre deux générations.

Peut-on destituer le président des États-Unis à la suite d’une activité sexuelle, même si elle est commise dans des circonstances assez peu glorieuses - il faut bien le dire? On entend plutôt dire qu’on veut le destituer parce qu’il a menti sous serment. D’accord. Mais avait-on le droit de demander sous serment à Bill Clinton des comptes sur ses activités sexuelles? C’est probablement là le piège qui lui a été tendu. J’essaie un peu de débrouiller cette question pour moi-même, tout en profitant de l’occasion pour vous fournir des éléments de réflexion. Ce qui m’intéresse particulièrement dans tout ça, c’est le côté shakespearien que je trouve assez excitant - pour ne rien vous cacher : les revirements de l’histoire et le rapport absolument étonnant entre Hilary et Clinton tiennent beaucoup du drame shakespearien, tandis que l’histoire des Kennedy ressemblait plus à la tragédie grecque, il me semble.

La question est toujours la suivante : Pourquoi 66 % de la population des États-Unis est contre la destitution de son président? Personnellement, j’arrive à me demander si, au fond, tout le monde n’est pas appelé, à un moment ou à un autre de sa vie, à mentir? Et dans la situation où se trouvait Clinton, n’était-il pas souhaitable qu’il mentît? (un autre subjonctif du mois…) Est-ce que ce n’était pas rendre service à Madame Lewinsky, rendre service à l’État, à son image, à la mission qui est la sienne?

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Le mensonge

D’après :

LEIBOWITZ, Nicole. " Éloge de Pinocchio ", Le Nouvel Observateur, 22 au 28 octobre 1998.


Voici que Gilbert Maurey, un psychiatre et psychanalyste qui s’est intéressé aux méfaits et bienfaits du mensonge, a publié un ouvrage qui s’intitule Mentir. Bienfaits et méfaits, paru chez De Boeck Université. " Les psychotiques, eux, ne mentent guère, disait-il dans une entrevue paru dans Le Nouvel Observateur. Mais ils sont à peu près les seuls, et on a observé qu’ils ont tendance à livrer aux autres des vérités crues, souvent difficiles à supporter. En ce sens, celui qui ment témoigne d’une bonne adaptation au social et à la vie quotidienne. Imaginez un enfant transparent, qui ne dissimulerait rien, qui n’aurait ni secret, ni fantasme, ni rouerie : cet enfant-là serait un robot! " On s’est insurgé : " C’est un éloge du mensonge que vous faites là! " Sa réponse : " C’est le mensonge même qui, entre autres, va permettre à l’enfant de se structurer. Sa parole, lorsqu’elle donne du faux pour du vrai, lui permet d’expérimenter jusqu’où il est possible d’aller. En quelque sorte, il fait reculer le réel au-delà des limites autorisées. L’exercice n’est pas anodin ".

Il y aurait encore tant à dire sur la question du mensonge. Mais j’y reviendrai très bientôt, ne serait-ce que pour démontrer que tout le monde a le nez beaucoup plus long qu’il croit, en somme…

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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