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Émission du jeudi 10 décembre 1998

Shambhala

HAYWARD, Jeremy. Le monde sacré de Shambhala, Éd. Du Seuil, 1998.


Je vais vous parler de Shambhala, un royaume de paix et d’harmonie. Nul besoin de vous dire qu’il s’agit d’un royaume imaginaire, c’est vrai. Il se trouve à l’intérieur de chacun de nous, et c’est là qu’il faut le conquérir.

Ce qui m’attire le plus dans cette voie, c’est qu’elle se préoccupe essentiellement de la redécouverte du caractère sacré et magique de la vie quotidienne. L’art du guerrier dans sa vie de tous les jours. Je vous ai déjà parlé de Shambhala en rapport avec un ouvrage qui s’intitule Shambhala : La voie sacrée du guerrier, de Chögyam Trungpa Rinpoché dans lequel il est question du guerrier au sens spirituel du terme. Chögyam Trungpa Rinpoché, directeur de l’éducation au Shambhala Training International, enseigne partout dans le monde l’art du guerrier de Shambhala. Son ami intime et élève Jeremy Hayward vient de publier Le monde sacré de Shambhala – Pratique de la voie du guerrier dans la vie quotidienne.

D’après :

HAYWARD, Jeremy.
Le monde sacré de Shambhala, Éd. Du Seuil, 1998.


Il y a de multiples façons de découvrir ou de redécouvrir le caractère sacré et magique de la vie humaine et cette école de pensée nous invite à devenir vigilant. " Les enseignements Shambhala s’intéressent à la vie humaine dans ce qu’elle a d’ordinaire, la vie vécue pleinement, à fond, en tant que voie de l’art du guerrier, explique Jeremy Hayward dans son introduction. Être un guerrier ou une guerrière consiste à oser vivre avec authenticité même quand surgissent des obstacles comme la peur, le doute, la dépression ou l’agression externe. Être un guerrier ne veut pas dire faire la guerre. C’est, au contraire, trouver le courage de connaître la personne que l’on est, sous toutes ses coutures. Que l’on se considère comme un être bon ou méchant, que l’on soit heureux ou déprimé, jeune ou vieux, névrosé ou sain, en tant que guerrier authentique, on reconnaît la bonté primordiale inhérente qui, elle, est plus profonde et plus durable que tous ces hauts et ces bas éphémères. - Il y a quelque chose de stable en nous, et c’est une invitation à prendre conscience du centre de l’être, autrement dit, plutôt que de la périphérie. À partir de l’action, on pénètre vers le centre où se trouve la paix, la lumière. - Quand on est authentique, quand on est vraiment soi-même, on peut rester ouvert à cette bonté primordiale, la sienne propre et celle des autres, même lorsqu’elle semble obscure ou même enfouie. "

Je vous communique cette formule qui me plaît beaucoup : " Un guerrier n’abandonne jamais personne, y compris lui-même. "

" C’est au fond l’effort consenti pour vivre pleinement chaque jour. La voie du guerrier n’a pas pour objectif le retrait du monde ", écrit aussi l’auteur. Cette idée me frappe particulièrement parce que je suis un homme d’action. Non pas que je n’aime pas à l’occasion me retirer mais ce n’est jamais pour très longtemps, parce que je m’ennuie rapidement du monde et de l’action. J’espère que je vais mourir en faisant quelque chose d’actif, pour moi ce serait plus naturel.

Cette voie du guerrier veut au contraire en faire " un lieu plus propice à l’éveil pour soi et pour autrui. " Shambhala, c’est un enseignement : il considère que tout, y compris les engagements que peuvent être la carrière ou la vie familiale, fait partie de la voie. Parfois je rencontre des gens qui me disent : " Je rêve d’aller passer deux ans dans les Himalayas. " Je me dis alors : " C’est peut-être une bonne idée les Himalayas, mais si c’est pour en revenir transformé, vous pouvez aussi bien essayer de le faire chez vous! " [rires]

" Là où l’on se trouve, il faut être ce guerrier qui agit sur lui-même et qui se transforme : dans ses engagements, dans sa carrière, dans sa vie familiale. […] Sur le chemin du guerrier, on apprend à unir l’esprit, le corps et les émotions en un tout harmonieux. " Jeremy Hayward éclaire la philosophie de Shambhala par le biais de lignes directrices pratiques de méditation et d’intuition. Il écrit par exemple : " Suggestions : démasquer la peur. Pour découvrir la peur sous-jacente il faut trouver où elle se cache. Observez attentivement toutes vos habitudes : les habitudes corporelles, votre façon de communiquer verbalement, vos émotions, vos croyances. Pendant une semaine, portez attention aux moments où vous vous sentez mal à l’aise, nerveux, irritable ou paresseux.

" Qu’est-ce que vous voulez faire au juste? Comment vous sentez-vous entouré d’étrangers? Comment réagissez-vous quand on vous demande de faire quelque chose qui vous est peu familier : un exposé devant un groupe ou un compte rendu devant la classe, vous présenter à une entrevue d’emploi, vous lever deux heures plus tôt ou vous coucher deux heures plus tôt que d’ordinaire. Comment vous sentez-vous? Comment sentez-vous votre corps quand vous entrez dans une pièce où tous posent les yeux sur vous? Comment réagissez-vous quand quelqu’un exprime des idées que vous jugez inacceptables, naïves ou insensées? Avez-vous tendance à penser que vous avez raison et à vous mettre en rogne quand on n’est pas d’accord avec vous? Observez les moments où vous résistez au changement, ou ceux où vous avez l’impression qu’on vous pousse dans le dos. Ce ne sont que quelques suggestions susceptibles de vous aider à observer des situations qui vous mettent mal à l’aise : les points difficiles de notre vie. "

Aujourd’hui, pour moi, c’était tout à coup un appel téléphonique que je devais faire, et une lettre que je devais écrire et que je n’avais pas envie d’écrire. Cet appel m’embarrassait parce que j’avais à expliquer des choses que je n’avais pas envie d’expliquer. Face à cette résistance qu’on rencontre et qu’on ressent, quel est notre comportement? Il faut savoir que l’ennemi, c’est précisément cette résistance que l’on perçoit dans sa vie et qu’il faut arriver à vaincre.

Être attentif au quotidien. Ce n’est pas la seule chose à retenir mais c’est l’un des points très importants. Ce qui ne veut pas dire d’être conscient de l’image que l’on projette quand on est conscient de soi-même. " On se divise entre la personne qui agit et celle qui se regarde agir. On a deux esprits et on est plein de doute. La conscience de soi peut présenter un problème au pratiquant de l’attention, notamment, s’il adopte une approche maladroite, une attitude ' religieuse '. Dans ces conditions, l’attention devient une raison supplémentaire de se faire des reproches, de mettre en doute sa bonté primordiale. En fait, être attentif signifie faire un avec ce que l’on doit faire, à cent pour cent, de sorte que l’esprit porte attention à ce que fait le corps, et inversement. Corps et esprit sont unis, synchronisées, en harmonie : ils ne font qu’un. L’attention est toute entière dans le présent. L’esprit cesse de prendre une longueur d’avance sur le corps, pour faire des plans, des combines. Il ne tire plus vers l’arrière en s ‘efforçant de ressasser le passé. Au contraire, le corps et l’esprit font ensemble l’expérience du monde. On est attentif aux perceptions sensorielles au moment même où elles arrivent à la conscience. Quand on s’apprête à prendre une tasse de café, notre esprit prête réellement attention à la couleur de la tasse, `l’odeur du café, `la courbe de l’anse entre nos doigts, au poids de la tasse au moment de la soulever. Quand on pratique ainsi, l’attention est source de joie et non de soucis. Elle rend joyeux puisque lorsqu’on abandonne le guetteur qui doute, lorsqu’on est juste présent à sa vie, on dispose alors de beaucoup d’énergie et de vitalité. " Ça me fait penser à James Cameron qui dit, à un moment : " J’ai rêvé que j’étais ceci et que j’étais cela, mais ce n’était pas moi… " Tu es dans ton rêve mais tu es le témoin, tu n’es pas le personnage principal de ta vie.

" Il faut toutefois faire des efforts, se discipliner pour pratiquer l’attention quand on est actif. Lorsque l’habitude n’est pas encore prise, l’attention n’est pas un phénomène aussi naturel que le battement du cœur. " Il faut décider d’être attentif ou alors être en train d’agir, d’intervenir. On donne parfois l’exemple du chirurgien qui ne s’était pas rendu compte que l’hôpital était sous un bombardement et que les murs étaient en train de tomber autour de lui. Peut-être pas à ce point mais tout de même, il continuait son opération dans l’instant présent, attentif à cette action-là et rien d’autre.

" L’attention en action peut s’exercer [aussi] avec humour et en douceur ", ajoute Hayward. Ce n’est pas nécessaire d’en faire une contrainte, de le faire de manière obligée. Tout à coup, on devient attentif et rien n’est plus agréable que d’être vraiment attentif et de regarder autour de soi, de voir qu’on est entouré de tout ce qui est vivant. " Amener l’attention dans la vie quotidienne tout en étant attentif. "

" Je n’insisterai jamais assez : le fondement, l’objectif, l’essentiel de la méditation reste de l’intégrer dans l’action. Et ce travail d’intégration est d’autant plus urgent dans notre société moderne, avec sa violence, son stress, ses distractions et ses défis ", enseignait Sogyal Rinpoché, ce maître tibétain dont on a parlé à quelques reprises. Alors la première qualité que l’on développe par la pratique régulière de la méditation, c’est justement l’attention. Arriver à maintenir la conscience en éveil.

" À mesure que nous continuons à pratiquer l’attention, dit un peu plus loin Hayward, elle s’étend à la conscience de ce qui nous entoure, de même qu’à celle de nos pensées et de nos émotions- On part d’un petit centre et on devient de plus en plus attentif, conscient, comme éveillé. - La tradition bouddhique permet d’opérer une distinction entre l’attention et la conscience en éveil. L’attention dont on parle ici signifie cultiver la paix. " C’est l’essentiel de ce que je peux vous résumer ici parce qu’après, on se lance dans les mots en sanskrit et là, je risquerais de me prendre les pieds dans les fleurs du tapis… même si c’est un tapis tripatif et d’origine tibétaine.

" Les quatre qualités du guerrier. " Ça m’embarrasse toujours de donner des listes comme ça. Vous dire : voilà les trente-deux choses que vous devez faire… Mais de se les faire redire, ça peut être encourageant tout de même, et il y a probablement dans cette liste-là des qualités que vous possédez déjà. Donc sur lesquelles vous ne serez pas obligé de trop travailler.

" Les enseignements Shambhala décrivent quatre qualités ou ' dignités ' qu’acquiert le guerrier accompli au fur et à mesure qu’augmente sa conscience en éveil, et qu’il laisse choir ses préoccupations axées sur le moi, pour permettre au pouvoir de la joie et de l’espace de pénétrer son être et sa vie. Ces quatre qualités sont : l’humilité, la vivacité, la démesure et l’insondabilité. " Je ne sais pas si on va se comprendre dans les termes, parce parfois les traductions... Essayons.

" La première qualité, l’humilité, est le fondement de l’être du guerrier. Quel que soit le degré de réalisation atteint, le guerrier demeure authentique, modeste, sans prétention. Il est indépendant et alerte. Comme il n’a pas une image de lui-même gonflée d’orgueil - Je dirais même de vanité ici - , il est curieux de tout. " En fait, il s’intéresse au monde qui l’entoure et non pas à son nombril.

" Quant à la deuxième qualité, la vivacité, c’est cette inclination au jeu qui traite tout avec une fine pointe d’humour. - Se jouer un peu de soi et de la vie. - L’enjouement n’est toutefois pas relié à une cause; le guerrier est rompu à la pratique de l’attention et ne cesse de se dépenser allègrement. C’est un état de fraîcheur et d’élévation où le corps et l’esprit sont parfaitement en harmonie. Un enthousiasme plein de jeunesse surmonte tout doute, toute paresse, ainsi que l’impression de perdre son temps à avancer pour relever d’autres défis. "

La troisième qualité, je l’ai pratiquée vraiment beaucoup dans ma vie… [rires] Mais je ne pensais pas que c’était une qualité de guerrier : j’avais plutôt l’impression que c’était pour embêter le monde qu’on était fait comme ça. " La troisième qualité, la démesure, permet au guerrier d’entrer à fond dans toute situation, sans essayer de mesurer sa propre capacité d’y répondre adéquatement ou d’en deviner le résultat. À ce stade, le guerrier ne se laisse plus prendre au jeu de la peur de ne pas atteindre un objectif précis ou de l’espoir d’y arriver. Pour accomplir le nécessaire, il ne craint plus de dépasser les réactions conventionnelles ou les limites que lui imposent ses propres habitudes mentales ou de comportement ".

L’humilité, la vivacité, la démesure, ça va mais j’ai un peu de difficulté avec l’interprétation juste de la quatrième qualité, l’insondabilité. L’auteur en parle en ces termes : " L’insondabilité est celle qui fait rester dans le maintenant. Le guerrier laisse tout simplement tomber sa propre logique, ses croyances et ses façons d’agir. À cette étape, il franchit la frontière entre lui-même et le monde pour s’identifier pleinement à autrui et à la terre, au temps qu’il fait, aux forêts, au ciel et aux éléments. " L’insondabilité aurait quelque chose à voir avec l’idée de laisser de côté ses repères habituels, peut-être?

Plus loin, l’auteur suggère :

1- Goûter pleinement ses émotions.
2- Accepter les émotions négatives.
3- Sortir du cocon.
4- Irradier la bienveillance.

Je vous signale qu’il existe à travers le monde plusieurs centres Shambhala. Il y en a un à Montréal, de même que plusieurs autres à travers le Canada : Edmonton, Frédéricton, Halifax, Montréal, Nelson, Ottawa, Saint-Jean, Vancouver et Victoria. Personnellement, je ne sais pas comment ça se passe dans les centres, mais je peux vous dire que c’est un enseignement qui est très intéressant, quoique aussi très exigeant.

Retour au début-

Globalisation n’est pas " conscience planétaire "

D’après :

CAMPBELL, Bonnie. " Les enjeux de la globalisation ", Le Courrier de l’Unesco, octobre 1998.

voir :
Mondialisation
et conscience planétaire intégrées

 

 

" La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. "


Je vais encore revenir un peu sur la Déclaration universelle des droits humains. Rassurez-vous, on sera probablement les derniers à continuer à en parler de temps à autre, parce que, généralement, le sujet garde son intérêt pendant le Jour ou l’Année mais après… Qu’est-ce qu’il reste de l’Année de l’enfance, par exemple? Alors que la prostitution des enfants augmente partout dans le monde!

Il y a toute une interrogation sur la question des droits et cela représente, bien entendu, un grand progrès. Mais il ne faut pas confondre le phénomène planétaire qu’on vit actuellement - globalisation, capitalisme libéral, etc. - avec la conscience planétaire : ce sont deux choses bien différentes.

Le point de vue des multinationales, ou en général celui de l’économie, met l’accent sur l’intérêt des entrepreneurs et l’art de faire fructifier les capitaux, et se retrouve très souvent dans des situations où les droits humains, un peu partout dans le monde, représentent pour ces intervenants un inconvénient. Par exemple, exploiter des enfants pour fabriquer des chaussures sport qu’on vend dans les pays développés c’est plus simple et moins cher que de respecter les droits de l’enfance, ou ceux des femmes. Voilà l’idée. La nouvelle économie entraîne beaucoup l’exclusion, la marginalisation, le non-respect du droit au travail. Et ce sont tous des facteurs, des conditions qui limitent les droits humains, qui finissent par créer beaucoup d’inégalités et qui amènent des abus de droits dans le monde.

J’ai trouvé, dans une publication que je lis toujours très attentivement, Le Courrier de l’Unesco, (édition d’octobre 1998), un article de Bonnie Campbell, du département de Sciences politiques de l’Université du Québec à Montréal. Il aborde la question des enjeux de la globalisation par rapport aux droits humains : " Cinquante ans après la Déclaration universelle de 1948, peut-on parler de l’émergence d’une nouvelle génération de droits humains et si oui, quels rapports ont-ils avec ceux mis en avant il y a un demi-siècle ? ", se demande d’abord l’auteur, avant d’apporter certaines précisions.

Quand on parle d’interdépendance, entre les pays par exemple, on a assez souvent l’impression que ça signifie qu’il y a une égalité. Eh bien pas du tout. " Interdépendance ne signifie pas forcément l’établissement de rapports symétriques et l’égalité des chances. Ce sont peut-être même les formes prises par l’internationalisation et le bouleversement des rapports sociaux qui expliqueraient les préoccupations croissantes concernant les droits humains. " Bref, il n’y a pas que les dictateurs, les pays où les droits ne sont pas respectés, les pays qui mettent l’accent sur le terrorisme ou encouragent des formes excessives de croyances : il y a aussi le fait que la nouvelle économie, la mondialisation, représente une résistance et un défi à relever pour les droits humains.

Quels sont ces enjeux de la globalisation par rapport aux droits humains de la Déclaration universelle de 1948? Cette globalisation représente, si l’on n’est pas prudent, un risque considérable pour les droits. Bonnie Campbell rappelle " l’aggravation de la marginalisation et de l’exclusion de certaines catégories sociales " qui a eu lieu pendant les années 90. À l’intérieur de la démarche ou du rapport qu’on trouve sur le développement dans le monde " la fonction ' assurer l’équité sociale ' - qui est une fonction essentielle des droits - n’est pas présentée comme un objectif en soi - encore moins un droit social et économique - mais comme un élément de stabilisation et de consolidation d’un modèle de croissance économique dont la logique ne peut qu’accentuer les inégalités et donc être potentiellement porteuse d’abus de droits. Dans le mesure où la pauvreté et les dysfonctionnements dont souffre la planète ont pour origine un mode de régulation sociale et politique sélectif et inéquitable, la revendication de nouveaux droits recouvre en fait un problème de lutte pour la redistribution du pouvoir, donc une question éminemment politique. "

On s’interroge ensuite sur " la question cruciale du contrôle sur le processus de développement : Qui le contrôle? En fonction de quelles finalités? En fonction de quels intérêts? "

Sur la couverture de ce Courrier de l’Unesco d’octobre 1998, on écrit :" Droits humains : une conquête inachevée. " Je me suis particulièrement attardé à cet article, parce que c’est une question qui m’intéresse beaucoup, à savoir : Est-ce que le progrès n’est pas suspendu, d’une certaine façon, par les politiques qui mettent essentiellement l’accent sur la croissance économique à tout prix? Il apparaît que " les interventions de plus en plus poussées ", les nombreuses formes d’aides dans le domaine social et politique, résultent en " une tentative de dépolitisation qui nie la légitimité des objectifs politiques ", affirme Campbell. Les états disparaissent de plus en plus de ce point de vue-là. Les grandes décisions sont prises par les multinationales, guidées par les impératifs économiques et tout ça passe au-dessus de la tête des états.

" L’état de droit - où il existe des arènes dans lesquels la remise en cause des règles sociales concernant les normes fondamentales de travail, la santé ou l’environnement, peuvent être débattues publiquement par des organismes ayant un statut reconnu. " Dans le cas où les états fonctionnent, bien sûr… car si les états cessent de fonctionner, alors tout ça tombe : il n’y a plus de ces arènes pour en débattre les principes et les états sont en quelque sorte spoliés. Parlant du droit à l’information par rapport aux avancées technologiques et scientifiques, Campbell se pose la question : " Qui contrôle les fruits de ces recherches? Qui décide de l’utilisation de leurs résultats? Dans quel but et dans quels intérêts? "

C’est un article très intéressant. Il est question, entre autres, des grandes entreprises transnationales : " Surtout celles qui vendent des biens de consommation dans les pays riches, se sont préoccupées de voir mis en place des codes de conduite ou d’éthique, afin d’éviter des campagnes de boycottage, comme il s’en est produit en Europe et en Amérique " - pour empêcher que ne soient déversés sur nous des produits qui ont été fabriqués dans des pays pauvres, dans des conditions qui ne respectent pas les droits humains. Mais Campbell fait remarquer l’absence de surveillance ou de dispositifs juridiques pour faire respecter ces codes.

Pour terminer, je vous communique un extrait de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en France (1789) : " La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. "

Jolie définition.

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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