PAR...
  Émission du mardi 27 octobre 1998
   

La sexualité en quatre temps

D’après :
LUC, Danièle.
" À chaque âge ses déplaisirs ", Psychologies,
novembre 1998.
 


Pourquoi de plus en plus de jeunes consultent-ils un sexologue? Pourquoi le désir subit-il des pannes au mitant de la vie? Comment réinventer sa sexualité lorsqu’on a 60 ans? Je sais qu’on parle assez souvent de la vie sexuelle des couples, mais c’est parce que la question nous intéresse, et je dirais même de plus en plus. Pour s’en rendre compte, on n’a qu’à jeter un coup d’œil sur les titres des couvertures de magazines.

" L’activité sexuelle demeure le symbole de la cohésion du couple alors même qu’elle n’est plus un devoir conjugal ", affirme une auteure française, Maryse Jaspard. Dieu soit loué! Mais il faut savoir que le couple traverse quatre grandes étapes dans sa sexualité.

   
Pour résumer :

" Ils ont entre 20 et 28 ans : c’est l’apprentissage. " Une belle époque ça…
" Ils ont entre 28 et 35 ans : c’est la phase d’ajustement. "
Ils ont entre 45 et 55 ans : [on vit] les aléas du désir. "
" Ils ont 60 ans et plus : c’est le défi du temps libre. "

De 20 à 28 ans : " À cet âge, l’amour, c’est naturel, même si un apprentissage est parfois nécessaire. […] J’ai vite compris avec ma thérapeute que mes difficultés sexuelles, une éjaculation trop rapide, n’étaient que la partie visible de l’iceberg, raconte Charles qui est dans la vingtaine. Je suis trop soumis à mon père, à ma mère, à tout le monde… Je suis un gentil garçon jusque dans ma sexualité. "  - À noter que l’éjaculation précoce touche 44 % des conjoints vivant depuis moins de deux ans en couple. - Charlotte affirme le contraire: " À 20 ans, j’étais vierge. Je n’avais pas trop envie de faire l’amour. Je me suis un peu forcée. " Ses expériences ont été un échec. " Je préfère les préliminaires, les caresses, le jeu furtif des mains. J’avais l’impression que mon sexe était trop petit, mal formé...  " " On voit bien que c’est la période d’apprentissage, des tâtonnements, si vous me permettez l’expression.

Ils ont de 28 à 35 ans : c’est la phase d’ajustement. […] Un couple qui se forme n’a qu’une envie : se réinventer sans cesse, réussir là où tant d’autres, avant eux et autour d’eux, ont échoué. " On dit ensuite que " ce couple d’aujourd’hui est l’enjeu de besoins et d’échanges de plus en plus contradictoires : il s’agit pour chacun d’être à la fois partenaire et amant, d’assumer ses différences tout en ayant des envies communes à l’un et à l’autre, de vivre ancré dans le quotidien sans omettre de se projeter vers l’avenir. " C’est l’âge où les enfants apparaissent aussi dans le paysage. " Comme l’épreuve du temps, l’arrivée de l’enfant peut contribuer à réduire l’activité sexuelle. Ce ralentissement, vécu comme transitoire par l’homme, est parfois plus définitif pour la femme. "

On rencontre aussi beaucoup d’hommes qui éprouvent des difficultés à désirer leur femme devenue mère. J’ai vécu ce problème. Il faut bien que je témoigne comme ça de temps en temps pour renforcer le propos. " En plaçant le lien parental au-dessus du lien amoureux, le couple risque de tomber dans les ornières de l’ennui… - De bien vilaines ornières, croyez-moi. - Tout se passe comme si, soudain, le désir était annulé par l’un ou par l’autre, ou, d’un accord tacite, par tous les deux. "

Troisième étape : " Ils ont entre 45 et 55 ans : les aléas du désir. " Le résultat parfois de certaines épreuves. Un bonhomme ici raconte qu’il était devenu très agressif parce qu’il avait fait des investissements catastrophiques, se sentait dépressif, etc. : " J’ai pris conscience que je provoquais des scènes au moment de me coucher parce que j’avais peur de ne plus pouvoir honorer ma femme. Est-ce ma dépression qui a agi sur mon taux hormonal, ou l’inverse?  […] Par souci professionnel, j’ai négligé certains aspects de ma relation avec ma femme. On s’est pourtant aimés, pendant toutes ces années. Alors je ferai les efforts qu’il faut, mais mon travail n’aura pas notre peau." Ah les troubles sexuels! " Les responsables : stress, surmenage, mauvaise hygiène de vie, éventuellement drogues, alcool, antidépresseurs... Plus que jamais, il faut être attentif à son mode de vie. "

Quatrième étape : " Ils ont 60 ans et plus : le défi du temps libre. " Avec l’espérance de vie qui rallonge. " À 60 ans, il reste beaucoup de temps pour le face-à-face. Si l’intimité du couple est en friche, la suite peut en pâtir! " Une dame confie : " Au début, j’ai cru que je n’allais pas pouvoir supporter mon compagnon. Il tournait en rond, ne se fixait sur rien, regardait la télé très tard dans la nuit. Sa sexualité aussi avait pris sa retraite - jolie comme expression. Et puis, elle tint sa revanche : " Il était à ma merci. Plus personne devant lui pour faire le joli cœur. Plus de pouvoir auprès du petit personnel féminin! " Il y a quelque chose là. Le monsieur a pris les devants et ils se sont retrouvés tous les deux devant un thérapeute-sexologue. " On a pu vider nos sacs et étaler nos rancœurs. Moi, d’avoir une femme trop conventionnelle. Elle, de mes petites infidélités", explique-t-il. C’est une façon de dire les choses…" petites "... " À l’âge de la retraite, les problèmes de santé rejaillissent plus encore sur la sexualité. Certains médicaments, l’excès de cholestérol, le diabète, l’ulcère à l’estomac – et même la cigarette – peuvent affaiblir l’érection. Selon plusieurs sondages, autour de 80 % des plus de 50 ans jugent la sexualité importante pour le bon équilibre du couple. C’est l’occasion d’une nouvelle complicité. "

   


     
   

Les parades faciales

   


Les changements de physionomie correspondent à certaines émotions qui sont communiquées par la morphologie faciale. Plusieurs universitaires - éthologues, primatologues, sociologues, anthropologues - se sont penchés sur cette question. Ils en ont, entre autres, étudié un aspect particulier : les mimiques faciales des candidats aux élections, du point de vue éthologique et sociologique (éthologique veut dire "à partir du modèle animal"), en observant, par exemple, le comportement des primates en période " d’élections à la chefferie "

   
Ces candidats qui se présentent aux élections sont des dominants ou des dominantes - ou qui veulent le devenir - comme chez les autres grands singes. Et c’est de ce point de vue qu’on va les considérer. Je me souviens d’avoir lu quelque part, il y a quelques années, qu’il existait deux types de candidats : ceux du type gorille et ceux du type chimpanzé. Les candidats de type gorille sont plus agressifs et ne reculent devant rien, alors que les candidats de type chimpanzé sont plus négociateurs, plus séducteurs, etc. J’avais tenté d’identifier parmi certains hommes politiques les représentants de l’un ou de l’autre type. Alors, si vous voulez un peu vous amuser comme je l’ai fait, à partir des faciès des candidats, ouvrez la télévision et observez bien, sans le son, leur physionomie. C’est étonnant ce qu’on peut découvrir…
D’après :
L
AMBERT, Philippe. " La grande parade des politiques ", Science & Vie Nº 973, octobre 1998.
 


Il y a trois types d’expressions faciales de base :

  1. La mimique de la joie : vous voyez qu’il y a un sourire, les yeux sont dégagés, on montre les dents mais pas pour mordre.
  2. La mimique de l’agressivité : les dents sont serrées, le front crispé, les sourcils descendent…
  3. La mimique qui trahit la peur : le regard perdu, le visage figé...

Dans l’article paru dans l’édition d’octobre de Science & Vie, " La grande parade des politiques ", on se pose la question suivante : " Dans le sourire de Bill Clinton, [aurait-on pu lire] que son second mandat à la Maison Blanche était assuré? Contrairement à certaines convictions, il serait possible de détecter objectivement la séduction ou la crédibilité d’un candidat. Qui plus est, cette reconnaissance relèverait davantage de la primatologie que de la sociologie! " Ainsi, si vous étudiez bien la primatologie, c’est-à-dire le comportement des primates, leurs allures, les expressions qu’ils utilisent pour exprimer certains états d’âme, vous allez comprendre ceux des humains.

Chez les primates, en effet, continue Philippe Lambert, l’auteur de l’article, l’autorité des dominants s’appuie sur un comportement ritualisé non verbal où l’expression faciale est primordiale. […] En clair : les mimiques faciales d’un homme politique constituent-elles le principal moteur de l’adhésion ou du rejet des électeurs à son égard? " Eh bien, il semble que oui… et on ne parle même pas du programme. Dans ces recherches, on donne quelques exemples américains ou français. Malheureusement, il n’y a pas d’exemples de Canadiens ou de Québécois. Mais rien ne vous empêche d’en faire l’exercice.

Il y a donc, écrit-on, " trois grandes catégories de mimiques chez les chimpanzés et chez les humains, de toutes origines culturelles. " À savoir :

La première […] correspond au sourire de sollicitation sociale chez l’homme : la bouche est ouverte, les lèvres sont souples. Effectuée par un dominant, cette mimique a pour effet d’apaiser et de rassurer les subordonnés - les électeurs; elle sert de support à l’accueil amical et à la recherche de contacts sociaux, ou traduit une attitude ludique dénuée de tension sociale. " On donne ensuite l’hypothèse que " cette mimique est le précurseur évolutif du sourire humain affiliatif, séduisant et peut-être même du rire social. " [rires] Vous avez vu que le sourire de sollicitation n’est pas encore le sourire affiliatif, séduisant, mais ça peut le devenir et même social!

Seconde variante : […] Les dents du primate sont découvertes, ses sourcils relevées. Venant d’un dominant, cette expression faciale a pour significations possibles la tolérance, l’accueil, l’apaisement : l’animal se veut rassurant. Venant d’un dominé, elle témoigne de son intention non hostile, de sa soumission. " Pour vous démêler avec ça vous n’avez qu’à faire les mimiques pour vous-même devant un miroir, et vous verrez bien ce que je veux dire…

Une autre variante : " La bouche ouverte, découvrant les dents de la mâchoire inférieure - ça c’est sérieux; tantôt les lèvres sont serrées et les sourcils froncés. Dans les deux cas, le message est clair : agressivité, hostilité, menace, forte tendance à l’attaque. Chez les chimpanzés, ces mimiques sont propres aux dominants répressifs et aux subordonnés contestataires.

Troisième grande catégorie : la peur. " Les dents de l’animal sont visibles, son regard fuyant, ses sourcils froncés - décidément les sourcils jouent un rôle bien important. Moi, je suis bien outillé pour ça… De temps à autre, il rétablit brièvement le contact visuel avec le congénère redouté [et] ne peut s’empêcher de regarder ce qu’il craint, afin de vérifier s’il a raison d’avoir peur; d’où aussi la tendance opposée à éviter le regard du congénère. "

Puis, on se demande un peu plus loin : " Les trois principaux types d’expressions faciales du chimpanzé se retrouvent-ils chez l’homme? " Eh oui!

Cette même étude souligne qu’il y aurait deux approches possibles : l’analogie et l’homologie.

L’analogie, c’est lorsque le même comportement a le même objet, même si les deux espèces n’ont pas un modèle ancestral commun. Par exemple, le lissage des plumes chez le canard ou l’épouillage des chimpanzés, ces gestes ont-ils une signification identique dans la parade sexuelle? Ce serait analogique de dire que ce qui se passe chez le canard se passe aussi chez le chimpanzé.

L’homologie, c’est lorsque la parenté génétique est évidente… entre l’homme et le chimpanzé, par exemple, puisqu’on a plus de 98 % de nos gènes qui sont absolument semblables à ceux des chimpanzés. Et pour un certain type donné de chimpanzés, on nous apprend que c’est plus que ça encore : 98 point quelque chose ou même 99. Ainsi, " l’homme et le chimpanzé mettent à contribution les mêmes muscles pour effectuer leurs mimiques faciales ".

Selon des spécialistes, " cette profonde parenté morphologique, associée à la similitude des situations sociales dans lesquelles l’homme et le chimpanzé exécutent des mimiques faciales de formes similaires, permet de conclure à des homologies dans la communication au sein des deux espèces. " J’ai repris la formule textuelle parce que ça me paraissait important d’utiliser des propos scientifiques pour parler de ça. Après tout, on est en pleine période d’élections et je ne voudrais pas que ça soit mal perçu ce que je vous raconte là en toute bonne foi…

" Néanmoins, ajoute-t-on ici, les similitudes d’organes de comportement ne nous autorisent pas à conclure que les sociétés humaines partagent le même système hiérarchique ou la même organisation sociale que les chimpanzés. " Chez les chimpanzés, l’organisation sociale est extrêmement politique et très rigide même. On ne veut pas aller trop loin dans le rapprochement, on dirait… [rires]

L’homme est doté aussi d’une plus grande mobilité des muscles de la face, ce qui lui confère un registre de mimiques plus étendu et plus complexe que le primate, explique un autre spécialiste. Il est capable de mimiques neutres, mais également de mimiques ambiguës… "

Ça c’est très courant en politique! Par exemple, pour certaines expressions, il y a une sorte d’ambiguïté au sens d’ambivalence. Une sorte de combinaison des A, B et C, c’est-à-dire de joie, d’agressivité, et de peur. Par exemple, les sourcils relevés, indice de sociabilité, peuvent cohabiter avec un regard frontal fixe – qui est un indice de menace. Il y a la question culturelle, aussi, qui joue un rôle important : les acquis, les conditionnements, etc.

" Sur la plan cognitif, l’homme a l’avantage sur l’animal de pouvoir contrôler en partie l’effet de ses expressions faciales : la tromperie, la simulation, la dissimulation sont à ce prix. "

Moi, je mets ici un point d’interrogation parce que je pense que les singes sont un peu aussi dans la tromperie, la simulation, la dissimulation…

" Le sourire d’Elvis Presley – au plan culturel, dirions-nous – était davantage une mimique de séduction sexuelle plutôt que de séduction politique ", écrit-on. Encore que… Au cours d’une recherche, on a tenté de savoir si tous les téléspectateurs " identifiaient de la même façon les mimiques qui leur étaient présentées " : on a réuni un groupe d’étudiants, des Américains et des Français, à qui on a présenté de courts enregistrements vidéos de 20 à 150 secondes, mettant en scène des candidats à une élection. D’abord, il faut savoir qu’on a supprimé le son pour effectuer cette étude. Sur ces enregistrements, on retrouvait entre autres Walter Mondale, Ronald Reagan, Jacques Chirac, Jean-Marie Le Pen, car il s’agissait d’études faites conjointement par une équipe américaine et une équipe française. Résultats : " Américains ou Français, partisans du candidat ou opposants, identifiaient tous correctement les trois catégories de mimiques - la joie, l’agressivité, la peur. […] En l’absence de messages sonores délivrés par le candidat, l’image a beaucoup plus de retentissement. "

Plus loin, René Zayan, spécialiste de la primatologie et de l’éthologie, affirme que : Plus un leader est efficace sur le plan de ses mimiques et de sa gestuelle, moins le contenu politique de son message verbal est important. " . Il est évident que la gestuelle est tout aussi importante que l’expression faciale du sujet observé : les mains tournées vers les gens, par exemple, appellent la réconciliation, le partage, la solidarité, alors que les mains tournées contre les gens supposent une fermeture, une protection, etc.

Je trouve que d’une certaine façon les gens de la radio sont un peu désavantagés sur ce point. D’un autre côté, la radio s’avère un outil très important pour bien relever les propos des gens. L’autre jour, j’écoutais une jeune candidate expliquer le programme de son parti. Elle avait l’air de faire ses débuts à la radio et il m’a semblé qu’elle aurait tellement bénéficié d’une mimique de joie, d’apaisement et de sérénité comme support. Elle ne pouvait se défendre avec les mimiques, ce qui a mis en évidence le décousu de son propos.

L’étude a montré également que " les images télévisées des parades faciales des hommes politiques affectent l’état émotionnel des observateurs et suscitent des réponses d’adhésion ou de rejet. - C’est nettement une forme très importante de communication. Les expressions faciales de type H, dont la connotation est la joie, la sérénité, l’apaisement sont jugées très positivement par les Français et, plus encore, par les Américains. En revanche, les parades de type F (peur, dérobade) font l’objet d’un rejet, d’une aversion, voire d’un mépris de la part des observateurs des deux côtés de l’Atlantique. "

" L’unanimité est cependant rompue à propos des mimiques de type A considérées comme négatives par les Américains, au même titre que les parades F - de peur - , ces expressions de colère et de menace sont, au contraire, ressenties de façon tout aussi positive que les parades H - de joie - par les Français. Ça aurait plus de poids auprès des électeurs français que des électeurs américains. On est tenté de penser que la culture politique en France se fonde davantage sur une organisation hiérarchique du pouvoir et sur une reconnaissance d’un statut de dominance chez le leader ", explique René Zayan. Davantage en France qu’aux États-Unis, car les choses sont plus spontanées, plus ouvertes. Les structures hiérarchiques en France, il faut le dire, sont extrêmement claires, précises.

Qu’est-ce qui se passe ailleurs? Par exemple, en Belgique, c’est surprenant, vous allez voir : si c’est agressif ça ne passe pas, si c’est la peur ça ne passe pas, il faut que ce soit la joie mais extrêmement retenue parce que " la seule conviction politique du pays est le consensus, et les rapports de force sont très mal perçus ". Alors si tu agresses ou si tu as peur, c’est très mal vu. " L’homme politique belge qui est avant tout le représentant d’un parti, a le devoir de se montrer soit impersonnel soit humain et bienveillant. " C’est tout.

Pour l’Allemagne, il y a " deux cultures politiques distinctes " : au Nord, la neutralité est très appréciée, comme c’était le cas en Belgique, mais au Sud, la jovialité est très importante. Aux Pays-Bas " les Néerlandais privilégient moins les mimiques faciales que leur personnalisation par le leader ". Qu’est-ce qu’ils veulent dire? Que, aux Pays-Bas, " il faut que l’homme politique soit un homme - un humain - , un concitoyen presque ordinaire avant d’être un politique, c’est-à-dire qu’il soit à l’écran comme il est dans la vie. – Par exemple, un personnage comme Chirac, précise-t-on ici, qui est – " très différent à la télévision de ce qu’il est dans l’intimité, ne serait pas attirant pour les électeurs Hollandais. "

" Il semble en effet que personne ne puisse présenter, de manière spontanée ou contrôlée, des parades faciales en parfaite discordance avec ses émotions ", écrit plus loin l’auteur de l’article. Si quelqu’un a un visage qui exprime, par exemple, la joie mais qu’au fond, ses propos trahissent la peur, cela crée un décalage entre les deux. Et quand il y a un décalage entre le contenu et le contenant, pour ainsi dire, il y a un malaise chez les spectateurs, les citoyens. " Ce serait le propre des grands communicateurs de posséder une connaissance intuitive de l’impact de leurs parades - c’est-à-dire savoir quand ils sont efficaces et quand ils ne le sont pas. Ils sauraient ménager leurs effets, l’expression de leur visage conservant une part de mystère qui les rendrait d’autant plus fascinants. " Certaines choses, telles un très léger sourire – je pense à De Gaulle, par exemple – évoquent un mystère. On dit plus loin que De Gaulle, Reagan et Clinton appartiennent à " ces espèces d’animaux politiques ". L’expression n’est pas de moi, je le précise. " Malheureusement pour les autres, le sens intuitif de la mimique juste ne peut pas s’apprendre. […] Car là où le conseiller en communication politique n’a pas de solution, le conseiller en communication éthologique pourrait bien avoir la bonne ", conclut-on. [rires]

Voilà ce qui se passe, - ce qui n’est pas pour simplifier les rapports entre les visions respectives des candidats - pour ajouter un peu à la confusion… Je ne vous ai pas aidé beaucoup, si ce n’est de vous avoir informé que le contenu ne compte que pour une part, finalement.

   


     
   

Nous sommes des extra-terrestres!


 


Pour reprendre la formule de Hubert Reeves nous ne serions, au fond, que de la " poussière d’étoiles ". La difficulté quand on parle d’évolution, c’est de tenter d’en suivre le fil. Ça commence avec le Big Bang, puis il y a les premières particules qui apparaissent et puis ces particules forment les atomes... Jusque-là tout va très bien, mais où ça se complique c’est lorsque intervient le passage des atomes aux molécules, c’est-à-dire de l’inerte au vivant; de comprendre comment les éléments qui composent une roche finissent par être des éléments qui deviennent vivants à une autre étape de leur évolution.

D’après :
KOHLER, Pierre. Science & Vie
Nº 973, octobre 1998


 
Jusqu’ici, une théorie avait été retenue, malgré le fait qu’elle rencontrait un certain scepticisme : celle de Stanley Miller, présentée en 1953. Un chimiste américain qui avait obtenu des molécules complexes en soumettant à des décharges électriques un milieu gazeux composé d’eau, de méthane, d’ammoniaque et d’hydrogène, qui était sensé représenter l’atmosphère primitive de la Terre, il y a quelques quatre milliards d’années. Alors, on avait conclu que la vie sur Terre était probablement apparue de cette manière, que des molécules étaient nées à partir de particules et d’atomes, originant de quelque chose qui est " prébiotique ", comme on dit pour utiliser un langage plus scientifique. Mais, à un moment, cette théorie est devenue très controversée parce qu’on a découvert que l’atmosphère terrestre était à l’origine moins riche en ammoniaque et plus riche en oxygène qu’on ne le pensait au départ. On a donc maintenant la quasi certitude que le vivant serait issu de la formidable énergie de jeunes étoiles, fécondant des grains de poussière cosmique. Voilà l’idée.

Des expériences qui ont été menées par des chercheurs français et des observations qui ont été effectuées par des astronautes britanniques donnent corps à cette théorie. On écarte de plus en plus l’explication de la soupe primitive et on se dit qu’à l’origine de la vie, il y avait des acides aminés. Sachez cependant que des découvertes récentes confirment la thèse et l’existence d’une vie prébiotique d’origine extra-terrestre dont nous serions tous issus. À cet égard, nous serions tous des extra-terrestres…

Voilà à quoi je voulais en venir pour terminer sur un ton un peu flyé.

 

   


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