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Pour résumer :
" Ils ont entre 20
et 28 ans : cest lapprentissage. "
Une belle époque ça
" Ils ont entre 28
et 35 ans : cest la phase dajustement. "
" Ils ont entre 45
et 55 ans : [on vit] les aléas du désir. "
" Ils ont 60
ans et plus : cest le défi du temps libre. "
De 20 à 28 ans : " À cet
âge, lamour, cest naturel, même si un apprentissage est parfois
nécessaire. [
] " Jai vite compris avec ma
thérapeute que mes difficultés sexuelles, une éjaculation trop rapide,
nétaient que la partie visible de liceberg, raconte Charles
qui est dans la vingtaine. Je suis trop soumis à mon père, à ma mère,
à tout le monde
Je suis un gentil garçon jusque dans ma sexualité. "
- À noter que léjaculation précoce
touche 44 % des conjoints vivant depuis moins de deux ans en couple. -
Charlotte affirme le contraire: " À 20 ans, jétais
vierge. Je navais pas trop envie de faire lamour. Je me suis
un peu forcée. " Ses expériences ont été un échec. " Je
préfère les préliminaires, les caresses, le jeu furtif des mains. Javais
limpression que mon sexe était trop petit, mal formé... " "
On voit bien que cest la période dapprentissage, des tâtonnements,
si vous me permettez lexpression.
" Ils ont de 28 à 35 ans :
cest la phase dajustement. [
] Un couple qui se
forme na quune envie : se réinventer sans cesse, réussir
là où tant dautres, avant eux et autour deux, ont échoué. "
On dit ensuite que " ce couple daujourdhui est
lenjeu de besoins et déchanges de plus en plus contradictoires :
il sagit pour chacun dêtre à la fois partenaire et amant,
dassumer ses différences tout en ayant des envies communes à
lun et à lautre, de vivre ancré dans le quotidien sans omettre
de se projeter vers lavenir. " Cest lâge
où les enfants apparaissent aussi dans le paysage. " Comme
lépreuve du temps, larrivée de lenfant peut contribuer
à réduire lactivité sexuelle. Ce ralentissement, vécu comme
transitoire par lhomme, est parfois plus définitif pour la femme. "
On rencontre aussi beaucoup dhommes qui éprouvent des difficultés
à désirer leur femme devenue mère. Jai vécu ce problème. Il faut
bien que je témoigne comme ça de temps en temps pour renforcer le propos.
" En plaçant le lien parental au-dessus du lien amoureux,
le couple risque de tomber dans les ornières de lennui
-
De bien vilaines ornières, croyez-moi. -
Tout se passe comme si, soudain, le désir était annulé par lun
ou par lautre, ou, dun accord tacite, par tous les deux. "
Troisième étape : " Ils ont entre 45
et 55 ans : les aléas du désir. " Le résultat parfois
de certaines épreuves. Un bonhomme ici raconte quil était devenu
très agressif parce quil avait fait des investissements catastrophiques,
se sentait dépressif, etc. : " Jai pris conscience
que je provoquais des scènes au moment de me coucher parce que javais
peur de ne plus pouvoir honorer ma femme. Est-ce ma dépression qui a agi
sur mon taux hormonal, ou linverse? [
] Par souci
professionnel, jai négligé certains aspects de ma relation avec
ma femme. On sest pourtant aimés, pendant toutes ces années. Alors
je ferai les efforts quil faut, mais mon travail naura pas
notre peau." Ah les troubles sexuels! " Les responsables :
stress, surmenage, mauvaise hygiène de vie, éventuellement drogues, alcool,
antidépresseurs... Plus que jamais, il faut être attentif à son mode de
vie. "
Quatrième étape : " Ils ont 60
ans et plus : le défi du temps libre. " Avec lespérance
de vie qui rallonge. " À 60 ans, il reste beaucoup de temps
pour le face-à-face. Si lintimité du couple est en friche, la suite
peut en pâtir! " Une dame confie : " Au
début, jai cru que je nallais pas pouvoir supporter mon compagnon.
Il tournait en rond, ne se fixait sur rien, regardait la télé très tard
dans la nuit. Sa sexualité aussi avait pris sa retraite -
jolie comme expression. Et puis, elle tint sa revanche : " Il
était à ma merci. Plus personne devant lui pour faire le joli cur.
Plus de pouvoir auprès du petit personnel féminin! " Il
y a quelque chose là. Le monsieur a pris les devants et ils se sont retrouvés
tous les deux devant un thérapeute-sexologue. " On a pu vider
nos sacs et étaler nos rancurs. Moi, davoir une femme trop
conventionnelle. Elle, de mes petites infidélités", explique-t-il.
Cest une façon de dire les choses
" petites "...
" À lâge de la retraite, les problèmes de santé rejaillissent
plus encore sur la sexualité. Certains médicaments, lexcès de cholestérol,
le diabète, lulcère à lestomac et même la cigarette
peuvent affaiblir lérection. Selon plusieurs sondages,
autour de 80 % des plus de 50 ans jugent la sexualité importante
pour le bon équilibre du couple. Cest loccasion dune
nouvelle complicité. "
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Daprès :
LAMBERT, Philippe. " La
grande parade des politiques ", Science & Vie
Nº 973, octobre 1998. |
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Il y a trois types dexpressions faciales de base :
- La mimique de la joie : vous voyez quil
y a un sourire, les yeux sont dégagés, on montre les dents mais pas
pour mordre.
- La mimique de lagressivité : les dents sont
serrées, le front crispé, les sourcils descendent
- La mimique qui trahit la peur : le regard perdu,
le visage figé...
Dans larticle paru dans lédition doctobre de Science
& Vie, " La grande parade des politiques ",
on se pose la question suivante : " Dans le sourire
de Bill Clinton, [aurait-on pu lire] que son second mandat à la Maison
Blanche était assuré? Contrairement à certaines convictions, il serait
possible de détecter objectivement la séduction ou la crédibilité dun
candidat. Qui plus est, cette reconnaissance relèverait davantage de la
primatologie que de la sociologie! " Ainsi, si vous étudiez
bien la primatologie, cest-à-dire le comportement des primates,
leurs allures, les expressions quils utilisent pour exprimer certains
états dâme, vous allez comprendre ceux des humains.
" Chez les primates, en effet, continue Philippe Lambert,
lauteur de larticle, lautorité des dominants sappuie
sur un comportement ritualisé non verbal où lexpression faciale
est primordiale. [
] En clair : les mimiques faciales dun
homme politique constituent-elles le principal moteur de ladhésion
ou du rejet des électeurs à son égard? " Eh bien, il semble
que oui
et on ne parle même pas du programme. Dans ces recherches,
on donne quelques exemples américains ou français. Malheureusement, il
ny a pas dexemples de Canadiens ou de Québécois. Mais rien
ne vous empêche den faire lexercice.
Il y a donc, écrit-on, " trois grandes catégories de mimiques
chez les chimpanzés et chez les humains, de toutes origines culturelles. "
À savoir :
" La première [
] correspond au sourire de
sollicitation sociale chez lhomme : la bouche est ouverte,
les lèvres sont souples. Effectuée par un dominant, cette mimique a
pour effet dapaiser et de rassurer les subordonnés -
les électeurs; elle sert de support à laccueil amical et
à la recherche de contacts sociaux, ou traduit une attitude ludique
dénuée de tension sociale. " On donne ensuite lhypothèse
que " cette mimique est le précurseur évolutif du sourire
humain affiliatif, séduisant et peut-être même du rire social. "
[rires] Vous avez vu que le sourire de sollicitation
nest pas encore le sourire affiliatif, séduisant, mais ça peut
le devenir et même social!
" Seconde variante : [
] Les dents du
primate sont découvertes, ses sourcils relevées. Venant dun dominant,
cette expression faciale a pour significations possibles la tolérance,
laccueil, lapaisement : lanimal se veut rassurant.
Venant dun dominé, elle témoigne de son intention non hostile,
de sa soumission. " Pour vous démêler avec ça vous navez
quà faire les mimiques pour vous-même devant un miroir, et vous
verrez bien ce que je veux dire
Une autre variante : " La bouche ouverte,
découvrant les dents de la mâchoire inférieure -
ça cest sérieux; tantôt les lèvres sont serrées et les
sourcils froncés. Dans les deux cas, le message est clair : agressivité,
hostilité, menace, forte tendance à lattaque. Chez les chimpanzés,
ces mimiques sont propres aux dominants répressifs et aux subordonnés
contestataires.
Troisième grande catégorie : la peur. " Les
dents de lanimal sont visibles, son regard fuyant, ses sourcils
froncés - décidément les sourcils
jouent un rôle bien important. Moi, je suis bien outillé pour ça
De temps à autre, il rétablit brièvement le contact visuel avec le congénère
redouté [et] ne peut sempêcher de regarder ce quil craint,
afin de vérifier sil a raison davoir peur; doù aussi
la tendance opposée à éviter le regard du congénère. "
Puis, on se demande un peu plus loin : " Les trois
principaux types dexpressions faciales du chimpanzé se retrouvent-ils
chez lhomme? " Eh oui!
Cette même étude souligne quil y aurait deux approches
possibles : lanalogie et lhomologie.
Lanalogie, cest lorsque le même comportement a le
même objet, même si les deux espèces nont pas un modèle ancestral
commun. Par exemple, le lissage des plumes chez le canard ou lépouillage
des chimpanzés, ces gestes ont-ils une signification identique dans
la parade sexuelle? Ce serait analogique de dire que ce qui se
passe chez le canard se passe aussi chez le chimpanzé.
Lhomologie, cest lorsque la parenté génétique est
évidente
entre lhomme et le chimpanzé, par exemple, puisquon
a plus de 98 % de nos gènes qui sont absolument semblables à ceux
des chimpanzés. Et pour un certain type donné de chimpanzés, on nous
apprend que cest plus que ça encore : 98 point quelque chose
ou même 99. Ainsi, " lhomme et le chimpanzé mettent
à contribution les mêmes muscles pour effectuer leurs mimiques faciales ".
Selon des spécialistes, " cette profonde parenté morphologique,
associée à la similitude des situations sociales dans lesquelles lhomme
et le chimpanzé exécutent des mimiques faciales de formes similaires,
permet de conclure à des homologies dans la communication au sein des
deux espèces. " Jai repris la formule textuelle
parce que ça me paraissait important dutiliser des propos scientifiques
pour parler de ça. Après tout, on est en pleine période délections
et je ne voudrais pas que ça soit mal perçu ce que je vous raconte là
en toute bonne foi
" Néanmoins, ajoute-t-on ici, les similitudes dorganes
de comportement ne nous autorisent pas à conclure que les sociétés humaines
partagent le même système hiérarchique ou la même organisation sociale
que les chimpanzés. " Chez les chimpanzés, lorganisation
sociale est extrêmement politique et très rigide même. On ne veut pas
aller trop loin dans le rapprochement, on dirait
[rires]
" Lhomme est doté aussi dune plus
grande mobilité des muscles de la face, ce qui lui confère
un registre de mimiques plus étendu et plus complexe que le primate,
explique un autre spécialiste. Il est capable de mimiques
neutres, mais également de mimiques ambiguës
"
Ça cest très courant en politique! Par exemple, pour certaines
expressions, il y a une sorte dambiguïté au sens dambivalence.
Une sorte de combinaison des A, B et C, cest-à-dire de joie, dagressivité,
et de peur. Par exemple, les sourcils relevés, indice de sociabilité,
peuvent cohabiter avec un regard frontal fixe qui est un indice
de menace. Il y a la question culturelle, aussi, qui joue un rôle important :
les acquis, les conditionnements, etc.
" Sur la plan cognitif, lhomme a
lavantage sur lanimal de pouvoir contrôler en partie leffet
de ses expressions faciales : la tromperie, la simulation, la dissimulation
sont à ce prix. "
Moi, je mets ici un point dinterrogation parce que je pense que
les singes sont un peu aussi dans la tromperie, la simulation, la dissimulation
" Le sourire dElvis Presley au plan
culturel, dirions-nous était davantage une mimique de séduction
sexuelle plutôt que de séduction politique ", écrit-on.
Encore que
Au cours dune recherche, on a tenté de savoir si
tous les téléspectateurs " identifiaient de la même façon
les mimiques qui leur étaient présentées " : on a réuni
un groupe détudiants, des Américains et des Français, à qui on a
présenté de courts enregistrements vidéos de 20 à 150 secondes, mettant
en scène des candidats à une élection. Dabord, il faut savoir quon
a supprimé le son pour effectuer cette étude. Sur ces enregistrements,
on retrouvait entre autres Walter Mondale, Ronald Reagan, Jacques Chirac,
Jean-Marie Le Pen, car il sagissait détudes faites conjointement
par une équipe américaine et une équipe française. Résultats :
" Américains ou Français, partisans du candidat ou opposants,
identifiaient tous correctement les trois catégories de mimiques -
la joie, lagressivité, la peur. [
] En labsence
de messages sonores délivrés par le candidat, limage a beaucoup
plus de retentissement. "
Plus loin, René Zayan, spécialiste de la primatologie et de léthologie,
affirme que : " Plus un leader est efficace sur le
plan de ses mimiques et de sa gestuelle, moins le contenu politique de
son message verbal est important. " . Il est
évident que la gestuelle est tout aussi importante que lexpression
faciale du sujet observé : les mains tournées vers les gens, par
exemple, appellent la réconciliation, le partage, la solidarité, alors
que les mains tournées contre les gens supposent une fermeture, une protection,
etc.
Je trouve que dune certaine façon les gens de la radio sont un
peu désavantagés sur ce point. Dun autre côté, la radio savère
un outil très important pour bien relever les propos des gens. Lautre
jour, jécoutais une jeune candidate expliquer le programme de son
parti. Elle avait lair de faire ses débuts à la radio et il ma
semblé quelle aurait tellement bénéficié dune mimique de joie,
dapaisement et de sérénité comme support. Elle ne pouvait se défendre
avec les mimiques, ce qui a mis en évidence le décousu de son propos.
Létude a montré également que " les images télévisées
des parades faciales des hommes politiques affectent létat émotionnel
des observateurs et suscitent des réponses dadhésion ou de rejet. -
Cest nettement une forme très importante de communication. Les
expressions faciales de type H, dont la connotation est la joie, la sérénité,
lapaisement sont jugées très positivement par les Français et, plus
encore, par les Américains. En revanche, les parades de type F (peur,
dérobade) font lobjet dun rejet, dune aversion, voire
dun mépris de la part des observateurs des deux côtés de lAtlantique. "
" Lunanimité est cependant rompue à propos des mimiques
de type A considérées comme négatives par les Américains, au même titre
que les parades F - de peur -
, ces expressions de colère et de menace sont, au contraire, ressenties
de façon tout aussi positive que les parades H -
de joie - par les Français. Ça
aurait plus de poids auprès des électeurs français que des électeurs américains. On
est tenté de penser que la culture politique en France se fonde davantage
sur une organisation hiérarchique du pouvoir et sur une reconnaissance
dun statut de dominance chez le leader ", explique
René Zayan. Davantage en France quaux États-Unis, car les choses
sont plus spontanées, plus ouvertes. Les structures hiérarchiques en France,
il faut le dire, sont extrêmement claires, précises.
Quest-ce qui se passe ailleurs? Par exemple, en Belgique, cest
surprenant, vous allez voir : si cest agressif ça ne passe
pas, si cest la peur ça ne passe pas, il faut que ce soit la joie
mais extrêmement retenue parce que " la seule conviction
politique du pays est le consensus, et les rapports de force sont très
mal perçus ". Alors si tu agresses ou si tu as peur, cest
très mal vu. " Lhomme politique belge qui est avant
tout le représentant dun parti, a le devoir de se montrer soit impersonnel
soit humain et bienveillant. " Cest tout.
Pour lAllemagne, il y a " deux
cultures politiques distinctes " : au Nord, la neutralité
est très appréciée, comme cétait le cas en Belgique, mais au Sud,
la jovialité est très importante. Aux Pays-Bas
" les Néerlandais privilégient
moins les mimiques faciales que leur personnalisation par le leader ".
Quest-ce quils veulent dire? Que, aux Pays-Bas, " il
faut que lhomme politique soit un homme -
un humain - , un concitoyen presque
ordinaire avant dêtre un politique, cest-à-dire
quil soit à lécran comme il est dans la vie. Par
exemple, un personnage comme Chirac, précise-t-on ici, qui est
" très différent à la télévision de ce quil est dans
lintimité, ne serait pas attirant pour les électeurs Hollandais. "
" Il semble en effet que personne ne puisse présenter, de
manière spontanée ou contrôlée, des parades faciales en parfaite discordance
avec ses émotions ", écrit plus loin lauteur de larticle.
Si quelquun a un visage qui exprime, par exemple, la joie mais quau
fond, ses propos trahissent la peur, cela crée un décalage entre les deux.
Et quand il y a un décalage entre le contenu et le contenant, pour ainsi
dire, il y a un malaise chez les spectateurs, les citoyens. " Ce
serait le propre des grands communicateurs de posséder une connaissance
intuitive de limpact de leurs parades -
cest-à-dire savoir quand ils sont efficaces et quand ils ne
le sont pas. Ils sauraient ménager leurs effets, lexpression
de leur visage conservant une part de mystère qui les rendrait dautant
plus fascinants. " Certaines choses, telles un très léger
sourire je pense à De Gaulle, par exemple évoquent
un mystère. On dit plus loin que De Gaulle, Reagan et Clinton appartiennent
à " ces espèces danimaux politiques ".
Lexpression nest pas de moi, je le précise. " Malheureusement
pour les autres, le sens intuitif de la mimique juste ne peut pas sapprendre.
[
] Car là où le conseiller en communication politique na pas
de solution, le conseiller en communication éthologique pourrait bien
avoir la bonne ", conclut-on.
[rires]
Voilà ce qui se passe, - ce qui nest
pas pour simplifier les rapports entre les visions respectives des candidats -
pour ajouter un peu à la confusion
Je ne vous ai pas aidé beaucoup,
si ce nest de vous avoir informé que le contenu ne compte que pour
une part, finalement.
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