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Émission du jeudi 15 octobre 1998 |
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Bien se nourrir pour contrer le stress |
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Demain, cest la Journée mondiale de lalimentation, ce qui ma donné lidée de parler, entre autres choses, de lalimentation dans les situations de stress. |
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Science et Bouddhisme |
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Science et Bouddhisme cest le titre dun ouvrage de Alan Wallace paru aux Éditions Calmann-Lévy, dont la préface est de Mathieu Ricard, celui qui a écrit un ouvrage tout à fait remarquable : un dialogue avec son père Jean-François Revel sur la vision occidentale agnostique du père et sur la vision plus orientale du fils. Très intéressant comme rapprochement. Mathieu Ricard, de son monastère du Népal, nous offre cette préface du livre qui nous explique comment la vision de la réalité et de la matière que suggère la science aujourdhui est proche, et même recoupe, pour lessentiel en tous les cas, la vision quen propose le bouddhisme depuis cinq siècles avant Jésus-Christ. |
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WALLACE, B. Alan. Science et Bouddhisme, Éditions Calmann-Lévy, 1989.
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" Lorsque nous percevons un phénomène, écrit
Mathieu Ricard, nous sommes conscients que nombre de ses attributions sont liées à la
perception que nous en avons. [
] Lélectron, par exemple, peut être
considéré comme une onde ou comme une particule. [
] Il nest pas
question de nier la réalité observable telle que nous la voyons, ni de prétendre
quelle nexiste pas en-dehors de lesprit. Ce que nous voulons dire,
cest quil ny a pas de réalité " en soi ".
Sil est un mot clé pour décrire la réalité, cest bien celui
dinterdépendance. Les phénomènes existent uniquement en dépendance avec
dautres phénomènes. " Voilà ce qui résume la vision bouddhiste et qui correspond presque - jallais dire mot pour mot - à une définition succincte de la vision des scientifiques daujourdhui. "Il est temps que cette dernière (la voie médiane du bouddhisme) trouve la place qui lui revient dans lhistoire des idées." Il se lance là-dedans dans la joie, la soie et le satin. [rires] |
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Sil est un mot clé pour décrire la réalité, cest bien celui dinterdépendance. Les phénomènes existent uniquement en dépendance avec dautres phénomènes. |
Quant à notre auteur, Alan Wallace, dabord, qui est-il? Il a complété des études de physique et de sciences religieuses. Ce scientifique compte parmi les meilleurs spécialistes du dogme tibétain en Occident et il est lauteur de plusieurs ouvrages sur le bouddhisme mahayana, cest-à-dire le bouddhisme auquel se rattache la branche tibétaine. Il écrit : "Un mouvement encore assez récent sefforce de dépasser la coupure entre la science et la religion en mettant les intuitions de la physique moderne en parallèle avec celles du mysticisme " Certains auteurs douvrages récemment publiés sur le même sujet laissent entendre qu " il se peut que les physiciens modernes aient découvert des vérités durables, des théories similaires aux intuitions des grands mystiques. " Cest lessence même de son bouquin. Je ne suis pas sûr de comprendre très bien de quoi il sagit quand on fait, à un niveau très élevé ou modérément élevé, un rapprochement entre la vision bouddhiste et la vision scientifique " Dans la tradition bouddhiste, laffinement et la stabilisation de lesprit visent avant tout à étendre la sagesse et la compassion. Lesprit formé à la concentration et à la clarté en fait un outil sans pareil pour scruter la nature de la réalité - du moi, de la conscience, du monde de la matière, et ainsi de suite. Il peut efficacement servir à développer la lucidité indispensable à lélimination de ces faiblesses psychiques fondamentales que sont lignorance, le désir insatiable et les sentiments dhostilité. " Déjà là, cest un beau programme : on peut passer une vie à sexercer à la chose. Une grande lucidité, dit-il, est souhaitable pour éliminer lignorance, dans le sens de lignorance de sa propre nature véritable, et non dans le sens livresque du terme. " Un désir insatiable " parce le désir nous emmène toujours ailleurs dans la tête que là où lon est. Et " les sentiments dhostilité ", cest évident. Il résume : " Guérir lesprit de ses afflictions tout en cultivant la sagesse et la compassion envers toutes les créatures vivantes, voilà le plus grand miracle. Dans ce contexte spirituel, lusage des pouvoirs mentaux est guidé par la sagesse et motivé par la compassion. Parce que ces pouvoirs sont mis au service dautrui, le danger quils peuvent présenter est demblée écarté. " Il développe cette question-là, et parle des pouvoirs que la pratique bouddhiste peut éveiller : " La pratique bouddhiste repose sur la culture dune éthique de vie en pensée, en parole et en action. Le principe essentiel de cette condition de la croissance spirituelle est le souci de ne pas causer de tort à autrui. Tout contemplatif bouddhiste voit dans son esprit le premier instrument de recherche. Aussi lui est-il fermement déconseillé duser dexcitants, dans quelque occasion que ce soit, ou de se laisser aller à des activités susceptibles de stimuler des dispositions malsaines. " " La pratique de la contemplation nest pas une activité professionnelle à exercer les jours ouvrables pendant une durée limitée, avec des interruptions pendant les week-ends et les vacances. Cest une vocation qui consume au sens propre toutes les heures de veille et va jusquà modifier les habitudes du sommeil. Il nest pas de tâche qui soit plus exigeante, requiert plus de courage et attire de si grandes récompenses ", conclut-il. Cest une formule qui nous donne une idée du travail en profondeur quimplique le bouddhisme. |
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