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Émission du mardi 6 octobre 1998 |
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Une police gay...
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Adreani, Frédérique. " À Sydney les gays font de bons flics ", LÉvénement du jeudi, 1er au 7 octobre 1998. |
LAustralie, comme vous le savez, est un pays qui ressemble au nôtre à bien des égards. Entre autres, cest un pays dimmigration où cohabitent 550 ethnies, nest-ce pas incroyable? Et lon dit quun Australien sur quatre est un immigré. Sydney, qui en est la capitale, possède ses quartiers croates, libanais, grecs et aussi son quartier homosexuel. Je ne sais pas si on appelle ça le Village là-bas, mais cette appellation se retrouve dans plusieurs milieux urbains. " Avec ses 400 000 personnes, soit 10 % des " Sydneysiders ", la métropole australienne est aujourdhui la deuxième capitale homosexuelle du monde après San Francisco, avec son quartier, ses commerces, ses fêtes, ses associations en tous genres, un aimant pour les gays du reste de lAustralie et de lAsie pacifique. " LAustralie, incidemment, jen avais parlé lautre jour en mentionnant le surnom que porte ce travesti, Pauline Pantsdown. Vous vous souvenez? Cest peut-être le seul pays au monde qui compte un travesti parmi ses candidats au Sénat Il y avait eu aussi ce film absolument étonnant, " Priscilla, Queen of The Desert ", tourné en Australie; et ce succès populaire, " Crocodile Dundee " tout à fait lautre mentalité par contre [Rires] Dans limaginaire collectif, il y a davantage de ces pionniers assaisonnés de quelques bagnards qui ont une place plus importante que les travestis. |
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" Jusquen 1975, lhomosexualité faisait encore partie des troubles psychiatriques traités par électrochocs. Il a fallu attendre 1984 pour qu'elle soit décriminalisée ", dans une partie de lAustralie, en Nouvelle-Galles du Sud, plus précisément. Et puis, on raconte que la police nétait pas commode : " En 1978, elle sen était pris violemment à des manifestants homosexuels réclamant légalité des droits, au cours dune marche pourtant légale et non violente, procédant à 53 arrestations musclées, restées dans la mémoire collective. " Finalement, pour répondre à ces problèmes, la police australienne a décidé de créer, en 1990, la GLLO (Police Gays and Lesbian Liaison Officers). " Une unité chargée des relations avec la communauté homosexuelle ", qui compte 150 officiers en service, dont 15 % à peu près sont homosexuels. Ils ont, pour y arriver, fait circuler de linformation dans la communauté homosexuelle demandant des candidats homosexuels, en précisant quils avaient maintenant cette ouverture desprit et que ces candidats allaient soccuper plus particulièrement des questions concernant les homosexuels. Tout comme dans quelques pays dimmigration, on est train de réaliser limportance de recruter des représentants dautres ethnies pour la force constabulaire. Avant la création de la GLLO, " la police avait une très mauvaise réputation. [ ] Si un homosexuel était agressé, il préférait ne pas porter plainte. " Sans compter cette mauvaise habitude des représentants de la tendance Crocodile Dundee à pratiquer ce quon appelait le Poof Bashing (casser du pédé). On raconte que " 80 % des agresseurs ont entre 15 et 16 ans, [ ] la plupart des musulmans ou des Asiatiques immigrés récents de pays où lhomosexualité est considérée comme un péché. " Un des problèmes - parmi les 36 vérités dont il ne faut jamais parler - cest bien cette difficulté que nous avons dans les pays dimmigration à accepter les valeurs des immigrés, qui ne sont pas parfaitement ajustées à celles auxquelles nous sommes habitués. Cest un phénomène dont il faut certainement tenir compte dans nos rapports avec les immigrés. Pour revenir à lAustralie. La situation sest beaucoup améliorée, quoiqu'il existe quelques durs-à-cuire qui chassent encore de lhomosexuel dans le quartier. Mais en général, la situation sest assainie considérablement, précise cet article. Je pense que chez nous, également, il sest fait un progrès de ce côté. |
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Apprendre cest vivre |
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HOURST, Bruno. " Susciter le plaisir d'apprendre ", Le journal des psychologues, septembre 1998, Nº 160. |
Pourquoi la scolarité, qui suit l'apprentissage au départ de la vie, nest-elle pas aussi facile, puisque le petit enfant apprend généralement avec beaucoup daisance à parler, à marcher, des activités extrêmement complexes également lorsquon en analyse les mécanismes. Jaborde cette question aujourdhui parce quhier, cétait La Journée internationale des enseignants, lune de ces journées internationales suggérées par lUNESCO. " Comment apprendre? " Une bonne question Généralement : " on demandera plus dheures denseignement ou de formation, plus dargent, plus de personnel, mais rarement on sengage sur une voie qui tend à définir une autre manière dapprendre, denseigner ou de former " fait remarquer Bruno Hourst, chercheur en pédagogie et professeur de lycée. Japprends quil est également un ancien marin, et je trouve cela extrêmement sympathique. Jaimerais tant que les enseignants soient tous un ancien " quelque chose " dactif |
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Le professeur Hourst poursuit : " La structure dun apprentissage peut se résumer à trois étapes : la transmission des informations[
]; Plus précisément : " La transmission des informations par une personne compétente " suivie " dexercices dapplication permettant dintégrer progressivement les informations nouvelles étudiées ", puis " un contrôle des connaissances acquises ". Cest essentiel tout ça. Alors : " Cette structure de lapprentissage, même si elle accepte des variations, est très largement employée, car elle présente de nombreux avantages. Elle semble être la seule permettant de toucher un grand nombre dapprenants en une seule fois; elle vise à développer essentiellement des savoir-faire; elle est facilement mesurable par les évaluations chiffrées; elle nest pas déstabilisante pour celui qui transmet linformation. " Il y a aussi des inconvénients : " Cette structure est souvent très réductrice dans la présentation du sujet; elle néglige une bonne part de la personnalité de lapprenant, et en particulier sa manière personnelle dapprendre; elle ne lui laisse que peu de choix sur ce quil doit apprendre; les résultats effectifs que lon en tire sont souvent sans commune mesure avec le temps, largent, les efforts déployés. " Sans doute mais, en même temps, si vous êtes un enseignant ou une enseignante, je suppose que vous devez vous dire : Oui, mais quand on en a 35 dans une classe, cest un peu difficile de soccuper de la personnalité de chacun des ces apprenants. Soit, mais il peut être utile de se rappeler que cette difficulté fait partie des choses que lon devra surmonter pour arriver à progresser. Bruno Hourst nous présente les " sept étapes dans un apprentissage structuré et plus naturel : la préparation, la connexion, la transmission de linformation, lactivation des connaissances nouvelles, la consolidation - laisser létudiant ou lélève sexprimer avec ses mots ou à sa manière -, se convaincre de lacquisition des connaissances, la mémorisation - et un septième élément qui me semble intéressant -, la clôture de lapprentissage. Cest-à-dire que lenseignant doit tenter déviter " lheure fatidique marquée sur le planning ou bien la sonnerie stridente de fin de cours. " Vous savez, quand tout le monde se lève au milieu dune phrase, puis bonjour, tout le monde est parti, cest fini! Donc, Hourst nous dit de se garder toujours cinq minutes à la fin pour se demander ce quon faisait là, ce quon a peut-être appris, si cela peut être utile, pour réfléchir à lapprentissage qui vient davoir lieu, se récompenser (je ne sais pas trop ce quil veut dire par là) : reconnaître le fait quon a bien appris, bien travaillé, etc. Puis : introduire la suite de lapprentissage, peut-être un peu de manière à ce que létudiant ou lélève puisse se dire : Oh que ça va être intéressant! On va revenir pour la suite de lalgèbre, ça va être assez excitant [rires] Dans le passé, je me suis beaucoup interrogé sur cette question de léducation. Pour arriver à lidée quil existe trois facteurs de réussite dans lenseignement. Ma réflexion sétait inspirée des résultats dune étude qui portait sur les facteurs de succès de la psychothérapie; puis javais réalisé quils sappliquaient également à léducation. Ce qui compte en psychothérapie cest la motivation de la personne qui entreprend une thérapie; ensuite la qualité de lintervention et troisièmement, la méthode : lécole de psychologie, la thérapie choisie en supposant quelle sera efficace pour résoudre des problèmes pour lesquels elle est particulièrement bien conçue. Parce que ce ne sont pas toutes les thérapies qui peuvent résoudre tous les problèmes. Si vous appliquez cela à léducation, la motivation du patient, ou du client, devient maintenant la motivation de lélève. En face dun élève qui est motivé, il ny a pas de problème : il va apprendre. Il ne sera peut-être pas le premier et ce nest pas important quil le soit dailleurs. Ensuite, la qualité de thérapeute devient la qualité de lintervenant. Puis, arrive en troisième la méthode ou le programme ou le contenu de lenseignement, la qualité des outils denseignement, etc. Hourst mentionne également limportance de proposer à lapprenant un environnement dapprentissage de qualité. Ça cest très important. Jai trouvé une note à propos de lenvironnement de lapprentissage que je vous communique ici : " Une intéressante étude au Liechtenstein a chiffré à près de 50 % la réussite ou léchec des élèves selon la qualité de lenvironnement. " Il y a des idées ici que je trouve particulièrement intéressantes : comme par exemple lorsque Hourst suggère " quil y ait des points dancrage sur lesquels vont sagglutiner les nouvelles informations. " Une certaine redondance est nécessaire. Il arrive très bien à présenter une vue densemble du propos. Je trouve que cette approche sapplique à toute forme de communication. Une vue globale de ce que lon va apprendre, en somme. Plus loin, il est question de la transmission de linformation et ça devient beaucoup plus technique parce quil fournit des modèles visuels et auditifs, en rapport avec lhémisphère droit, lhémisphère gauche, lintelligence multiple, etc. Il parle également " des filtres ", cest-à-dire de tout ce qui va " faire refuser linformation nouvelle ". Il faut être conscient des convictions ou des préjugés que le jeune peut avoir, qui vont lempêcher de recevoir des matières nouvelles. Lactivation des connaissances : " Il s'agit ici pour l'apprenant d'intégrer ce quil vient dapprendre, de le relier à des connaissances déjà acquises. " Ensuite, il présente un autre point selon moi très important : laisser lapprenant " sexprimer avec ses mots et à sa manière ". Un jeune na pas compris tant quil est incapable de lexpliquer à sa façon. Doù limportance que je voyais de faire appel à des étudiants un peu plus avancés dans la structure pour pouvoir servir de tuteurs à des plus jeunes. Apprendre cest aussi savoir communiquer. Lessentiel est de sarranger pour échapper à " lidée quapprendre nécessite une souffrance ", une conviction qui est profondément ancrée dans nos esprits. Mais quelle est lessence de la vie, au fond, si ce nest lapprentissage? " Lorsque lon recherche les fondements de " lapprendre ", on découvre quapprendre est une des clés essentielles de ce qui nous fait homme et de ce qui nous fait vivre. Apprendre pourrait-on dire cest vivre. " |
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La sexualité des personnes âgées |
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" La baisse de la libido, qui pouvait passer autrefois pour une conséquence de lâge, se révèle un effet de génération.
D'après : FESTRAËTS, Marion. " Sexualité- Heureux quinquagénaires! ", Le Point. |
Une étude récente portant sur la sexualité des personnes âgées a montré une différence très évidente entre les années 1970 et les années 1990. Par exemple : " 14 % des femmes vivant en couple en 1970 saffirmaient " très satisfaites " de leur vie sexuelle, [alors que dans les années 90] elles sont 44% à répondre la même chose. " " La baisse de la libido, qui pouvait passer autrefois pour une conséquence de lâge, se révèle un effet de génération. En 1970, les femmes de plus de 50 ans avaient vécu lessentiel de leur activité amoureuse avec un unique partenaire, leur conjoint. [ ] Toute leur existence sest écoulée à une époque où la sexualité était une chose intime, secrète, associée au contexte conjugal, à la procréation, à langoisse dune grossesse non désirée - angoisse de ma jeunesse!. La ménopause, en marquant la fin de la fécondité, mettait également fin à la vie sexuelle. [ ] Lâge venant, on faisait ainsi beaucoup plus facilement le deuil de sa sexualité. " Selon moi, la différence entre les années 1970 et les années 1990, cest que les gens qui arrivent maintenant à lâge de 50 ou de 70 ans appartiennent à des générations différentes, ont un passé différent. Bref, ce nest pas une question dâge. Et on peut sattendre à encore beaucoup de surprises au fur et à mesure que les baby-boomers va prendre de lâge |
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| Voir
aussi : Le sexe, ça conserve! |
" Depuis les années 1970, la sexualité hors mariage nest plus frappée du sceau de linfamie. Linfluence des générations suivantes a également joué un rôle dans cet apprentissage de la sensualité : le sexe fait la Une des magazines féminins, et certains couples avouent avoir sophistiqué leur répertoire grâce à Canal " Il faut bien vivre, hein! Puis on dit ici que " lapparence physique et la santé dune femme de 50 ou 60 ans nont plus rien à voir avec celles dune mamie de la génération antérieure. " Vrai? Faux? Il me semble en tous les cas que cest lévidence même. " Ce qui motive dautant plus leurs compagnons, autrefois moins enthousiastes, continue l'auteure. Pourtant, même si on constate dénormes progrès depuis 20 ans, les femmes restent les perdantes du vieillissement : à partir de 60 ans, plus de 80 % de celles qui ne sont pas - ou plus - en couple nont pas eu de partenaire depuis plus dun an. Dans une situation comparable, les messieurs ne sont que 60 % à sabstenir. Dévalorisées sur le marché de la séduction, ces femmes subissent la concurrence des plus jeunes. Chez les hommes, le pouvoir économique compense lapparence extérieure ", conclut-on ici. De même, près de 90 % des hommes et 75 % des femmes de 50 à 69 ans estiment avoir fait lamour au moins une fois au cours du dernier mois. Ce qui me frappe ici, cest quon dit avoir fait lamour " au moins une fois " Jen déduis que les hommes lont fait davantage que les femmes Faut-il penser quils lauraient fait avec dautres femmes, ou que la même femme a pu soccuper de la statistique de trois ou quatre hommes, la vilaine? Dans sa grande sagesse, Jules Renard le disait bien : " Si nos femmes étaient fidèles, avec qui les tromperions-nous? " Ça me paraît une excellente question. On na jamais trouvé la réponse dailleurs |
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