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Émission du lundi 14 septembre 1998 |
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Grands-parents |
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ATTIAS-DONFUT, Claudine, SEGALEN, Martine.
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Quand je pense que je suis déjà grand-père déjà. Hier, cétait la journée des grands-parents, décrétée par la Fédération de lÂge dOr du Québec. Et loccasion ma donné lidée de parler de la grand-parentalité. Tiens un nouveau mot on en apprend tous les jours. Une nouvelle identité pour les grands-parents. C'est le titre dun article paru dans La Presse, écrit par deux sociologues français qui sont venus au Québec à loccasion de ce grand Congrès mondial de sociologie : Claudine Attias-Donfut et Martine Segalen. Daprès leur recherche menée auprès de 2 000 lignées de trois générations : " Les grands-parents prennent une place centrale dans la famille, et sont âgés d'environ 50 ans en moyenne à la naissance du premier petit-enfant. " Un peu plus loin, on mentionne: " Le mode demploi du cadeau de la grand-parentalité nest pas clair. Sil repose sur une norme qui paraît évidente (être grand-parent, cest être parent en second), celle-ci se décline sur un axe qui va de la distance à lintimité. Pourquoi? Parce quil ny a pas encore de modèle de ce que nous devons être dans notre société puisque nous devons tout inventer. Les grands-parents daujourdhui ne peuvent pas prendre modèle sur les grands-parents dautrefois. " Pas plus que les parents sur les parents dautrefois; pas plus que les enfants sur les enfants dautrefois, autrement dit il faut tout réinventer. |
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| Voir
aussi: Les grands-parents : un lien primordial pour les petits-enfants |
Les grands-parents seraient devenus
" [...] de nouveaux partenaires de léducation de lenfant et permettent
à la cellule parents-enfants de souvrir pour faciliter la socialisation de la
nouvelle génération. " Voilà une des fonctions de la grand-parentalité
que jai retenue : permettre à la cellule parents-enfants de souvrir pour
faciliter la socialisation de la nouvelle génération. " Les jeunes
grands-parents sont souvent encore actifs professionnellement ayant encore en majorité
parents ou beaux-parents, sefforcent de saffranchir de limage tenace de
vieillesse associée à la grand-parentalité et ses signes désuets, confitures, tricots,
fauteuil roulant. " et
horloges grands-pères. On ne parle pas
d'horloges grands-pères dans le texte mais je lajoute parce que ça me frappe tout
à coup le nom quon a donné à ces horloges. Il faut dissocier la notion de grands-parents de celle de la vieillesse. Cest intéressant, on ny pense pas vraiment, mais il marrive de rencontrer aujourdhui des grands-mères très sexy et je ne peux faire autrement que dêtre parfaitement daccord avec cette idée. [rires] Il y a de ces grands-mères! Très, très loin du tricot, du fauteuil roulant et des confitures, laissez-moi vous dire! " Les jeunes grands-parents apportent une aide massive à leurs enfants en gardant les petits-enfants en bas âge et leur contribution savère bien supérieure à celle des générations précédentes, cest curieux ce phénomène malgré lactivité professionnelle plus fréquente des nouvelles grands-mères. " Cest une piste de réflexion, mais encore faut-il connaître la source de létude effectuée, le contexte, etc. Que font les grands-parents dans le cas où les parents ont divorcé? Cest peut-être dans ces cas-là que leur fonction devient plus importante. " Quand surviennent des ruptures conjugales, les relations et entraides entre générations en sont aussi affectées : les grands-parents se mobilisent pour aider le jeune parent (la jeune femme) divorcé ou séparé, et prendre plus de responsabilités dans la prise en charge des enfants. " Peut-être bien que " le rôle grand-parental qui passe au premier plan quand survient une crise familiale, explique le renouveau de l'intérêt de la société pour les grands-parents, intéressant ça compte tenu de la fragilisation du lien conjugal, de laugmentation du nombre de personnes âgées et de la raréfaction des petits-enfants. " Cest vrai quil ny en a plus tellement. Autrefois, on pouvait avoir cinq ou six enfants qui soffraient le luxe den avoir sept ou huit chacun, cétait tout un autre monde. Jattribuerais aussi ce renouveau au fait que maintenant la première vague des baby-boomers approche la grand-parentalité, ou ils sont déjà grands-parents. Comme les baby-boomers sont très médiatisés depuis leur naissance, cest évident que maintenant le rôle des grands-parents va prendre de plus en plus dimportance. Bravo! Ensuite, jai retenu que cette étude " contribue à renforcer le regard sociologique sur la dimension intergénérationnelle, car on reconnaît maintenant, alors que le démariage porte atteinte à la filiation ou le sentiment dappartenance , [...] dépassant la simple dyade des parents et des enfants. " Notre société est réellement en train de changer. C'est donc à suivre |
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Le capitalisme aujourdhui |
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Je naurais jamais osé employer un titre comme celui-là : " Le capitalisme risque-t-il dexploser en plein vol? " Il sagit pourtant bien du titre dun article, une uvre collective par la rédaction de Marianne, portant sur la crise économique que nous traversons. Je vous en souligne les étapes principales, depuis la fin de 1997, et les conséquences qui sont peut-être considérables et qui remettent en question beaucoup de croyances devenues dures comme fer pour certains. Récemment, je demandais à un ami que je connais depuis 35 ans un avocat de formation, président dun trust et en qui jai confiance, la question suivante :- Dis-moi une chose, honnêtement parlant. Est-ce que tu peux mexpliquer comment il se fait que léconomie tient le coup? Quà la Bourse, on continue dacheter des actions pour des compagnies dont finalement la productivité ne correspond pas à la plus-value des actions quon achète? Est-ce que tu peux mexpliquer ça? Et voici sa réponse : " Moi non plus je ne comprends pas. Il ny a pas dexplication logique, il ny a pas dexplication rationnelle au fait que léconomie continue de fonctionner; cest une question de foi. Cest comme pour la religion. Aussi longtemps que les gens croient que ça peut fonctionner, le système continue dopérer. Mais à un moment ou lautre, peut-être, il y aura une chute parce que la foi Et là, il y aura des problèmes parce quon aura pris des risques " Il ma expliqué que les banques prenaient des risques considérables avec des prêts à des particuliers ou à des institutions qui ne pouvaient pas tenir le coup. Cest le cas, par exemple, de ce qui se passe au Japon. |
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"Le capitalisme
risque-t-il dexploser en plein vol?",
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Dans le même ordre didées, un article ma beaucoup frappé parce quon y présente un portrait de lensemble économique mondial actuel. En voici un extrait: "Quand dans un pays, le Mexique ou le Pérou, par exemple, un taux de croissance flatteur se double dune paupérisation absolue de la population. Cest vrai, tout à coup, il y a une croissance fabuleuse sur papier puis il y a de plus en plus de pauvres. Quand dans un autre lIndonésie laugmentation impressionnante du produit intérieur brut (PIB) ne profite quà une étroite oligarchie directement liée à une dictature militaire... Quand en Corée du Sud une expansion impressionnante financée par un système de cavalerie se construit autour de véritables oligopoles sur la ruine de dizaines de milliers de petites entreprises... Quand en Thaïlande et en Malaisie lactivité productive est à 80 % dépendante de capitaux externes et volatiles qui cherchent un profit important et rapide... Quand comme au Japon une spéculation effrénée, appuyée sur lendettement conduit à déconnecter totalement le prix des choses de leur valeur réelle... cest lun des gros problèmes quon a actuellement Quand la flambée autogénérée de la Bourse ainsi Wall Street fait que le cours des actions croît 26 fois plus vite que les dividendes générés par les entreprises... Quand un boum économique cest le cas aux États-Unis est exclusivement dopé par une consommation à crédit que stimule irrationnellement lanticipation des plus-values boursières futures... " Avez-vous bien compris de quoi il sagit? Sur le coup, moi, je navais pas saisi. Ces dernières années, beaucoup de gens ont investi des sommes à la Bourse. Comme vous le savez, la Bourse a monté, monté, monté et ils se sont dits : on fait des profits. Aux États-Unis, notamment, ils ont considéré la chose ainsi : Avec largent quon a là, il va sûrement y avoir une plus-value avec le temps, donc on pourrait acheter la voiture maintenant et on paiera dans un an, etc. " Quand en Russie on lessive toute une population pour favoriser lenrichissement dune caste mafieuse qui sempresse dexporter ses profits hors des frontières... Quand lexplosion de léconomie financière favorise en même temps que lenrichissement des plus riches, lécroulement des deux tiers de la planète... Ouf! ça commence à devenir un peu lourd tout ça Quand un processus dexpansion globalisée repose sur une telle pyramide daberrations, comment peut-on décemment juger quil est sain; prétendre quil est solide; affirmer quil est rationnel; prévoir quil sera pérenne? quil va continuer pour toujours Là pourtant, cela fut non seulement prétendu et affirmé, mais martelé, comme toute propagande qui se respecte. Et par qui? Non par des idéologues fumeux ou des militants sectaires, mais par des experts " émérites ", comment on disait en Union soviétique, des spécialistes patentés qui, repris en boucle par les médias dont ils étaient les gourous, se couvraient du manteau de leur technicité pour mieux écraser le bon peuple sous le discours plombé de leur arrogance. " [rires] " Tout était prévisible et cependant, ils nont rien prévu. Rien : enfermés quils étaient dans leur monde irréel, absurde, dont lêtre a disparu parce que ne sy nouent plus que des rapports entre " avoirs ". Cet aveuglement doctrinaire, que protégeait et protège toujours une véritable muraille de certitudes béton, constituera sans doute, dans lavenir, un cas décole à lusage des étudiants. Pas en économie mais en psychiatrie probablement. Quon ne se fasse cependant aucune illusion : au moindre redoux, les mêmes reprendront du service et le jour où, éventuellement, cela tournera très mal, eux qui se sont si lourdement trompés seront appelés à commenter sur toutes les ondes, les conséquences de leur cécité. " [rires] |
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Plus près de nous, la question relative aux huards, et je ne parle pas de loiseau mais bien de notre dollar canadien. Le huard quon appelle dans certaines officines le " Hudson Bay peso ". Dans une revue de presse parue dans Le Devoir, signée par Antoine Robitaille, on y mentionne le nom de Richard Gwyn, un chroniqueur étoile du Toronto Star, et qui écrivait que " la crise actuelle doit nous faire prendre conscience que le monde nous estime peu productifs, peu compétitifs en comparaison de nos voisins du Sud. [...] Une grande partie de notre prospérité est liée aux exportations vers les États-Unis. Et une portion dangereusement grande de celles-ci se fait grâce au " truc " du dollar faible. Or ce " truc " cesse dêtre efficace lorsque le dollar descend en bas dun certain niveau. |
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ROBITAILLE, Antoine.
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Alors, que faire? Gwyn présente deux
options, toutes deux inspirées de lhistoire européenne récente :
1. bâtir une sorte de SME (système monétaire européen) qui maintiendrait le dollar canadien à un taux fixe par rapport à la monnaie américaine. 2. établir une monnaie commune. Gwyn avoue et déplore que " les deux options réduisent notre souveraineté ". Il tente toutefois daller chercher un peu de réconfort du côté dun professeur de luniversité de Toronto qui prétend " quen tant que membre minoritaire de la Réserve fédérale des États-Unis, nous aurions davantage de maîtrise sur la monnaie que nous utiliserions. Après avoir abordé limpensable, soit la disparition du huard, Gwyn se ravise et propose une troisième option : devenir difficile à atteindre et qui heurterait notre mode de vie collectiviste. Conclusion en somme, à long terme, cette crise signifie soit la perte du huard ou une perte de souveraineté. " |
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| " Même conclusion du côté
de Peter C. Newman dans le McLeans du 27 juillet. Avec un ton nettement plus alarmiste
voire " millénariste " (selon Flemming, du Daily News de
Halifax). Dans son texte intitulé " La mort du dollar canadien ",
Newman affirme que la question nest pas " jusquoù descendra le
dollar canadien? " mais plutôt " Combien de temps va-t-il durer?
[rires]
Bon, je ne devrais pas rire parce que jaime bien le huard, cest un oiseau
sympathique. " Coincée entre la nouvelle et puissante monnaie européenne et
lancien et non moins puissant dollar américain, la petite monnaie du Canada
peut-elle survivre? Aucun politicien responsable veut affronter cette dure question, mais
la réponse est probablement non. Il naurait tout simplement pas fallu mettre le
bras dans le tordeur du libre-échange ", écrit Newman, avec tristesse. Dans le Daily News de Halifax, Flemming conclut aussi " le huard est mort " mais nen fait pas grand cas, affirmant " que si lon souhaitait conserver une monnaie canadienne, il valait mieux respecter le libre-échange. Mais ceût été naviguer à contre-courant. " Tout ça pour vous montrer le genre de questions qui sont soulevées compte tenu de la crise actuelle. Mais on sendort et on s'éveille, puis on se rendort un peu, et on se réveille, etc. Certains sont en train de payer plus que dautres. Je pense, par exemple, à ce monsieur Georges Soros, un philantrope remarquable que japprécie beaucoup. Celui qui a un étage de son bureau où lon fait de largent, puis un autre étage où lon dépense de largent, en bourses et en subventions à des fondations, etc. Bientôt, il va être obligé dorganiser un troisième étage : pour les pertes celui-là. Savez-vous combien il a perdu avec la chute du rouble? Lui et sa compagnie Quantum? Deux milliards de dollars deux mille millions comme ça, du jour au lendemain. Heureusement quavec sa fortune ça na probablement pas empêché sa femme de faire ses emplettes le lendemain. |
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RICHÉ. Pascal, |
Voilà ce que disait récemment Pascal
Riché de Libération pour Le Devoir: " Les ménages américains se
sont tellement habitués à gagner de largent en Bourse depuis trois ans quils
n'épargnent presque plus rien. Leur taux dépargne (la part du revenu quils
mettent de côté) est descendu à 0,2 % en juin, contre plus de 13 % en France!
Leur portefeuille boursier leur donne un sentiment de richesse qui les pousse à la
dépense. Certains économistes ont calculé que lorsque la Bourse américaine augmente de
100 $, la consommation grimpe de 4 $. [Les gens dépensent dautant
plus.] Ce calcul est réversible. Les ménages vivraient un krach comme un
appauvrissement personnel et réduiraient alors leur consommation, cassant net la
croissance américaine. " Plus loin, on parle de la nouvelle économie, de
la récession globale, etc.
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Le capitalisme par Karl MARX |
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| Je nai jamais été
particulièrement marxiste, mais je me suis intéressé au contenu de cette pensée. Le
hasard fait que jai trouvé quelques points de la critique du capitalisme par Karl
Marx. Quelques exemples : il a parlé de laccumulation de marchandises, de la
tendance à la mécanisation de plus en plus grande, de la production à la concentration
du capital due à la croissance de chaque entreprise et à la concentration des
entreprises aux mains de quelques capitalistes des plus puissants. Il sinquiétait
de laugmentation du chômage, de la baisse relative des salaires, quil
envisageait comme une conséquence de laccumulation. " Les machines
tendent à remplacer les hommes constituant ainsi une armée industrielle de réserve,
dont la présence tend à faire une pression à la baisse sur les salaires. Cette
paupérisation croissante apparaît comme la loi générale de léconomie
capitaliste. " Cest troublant, non? Ce quil avait à
proposer nétait peut-être pas meilleur, ce qui est devenu le
communisme, mais sa vision nétait pas fausse : " Les
machines conduisent à augmenter sans cesse les capacités de production au détriment des
possibilités de consommation, à travers les revenus distribués. Doù les crises
de surproduction " et " Il faut du temps et de
lexpérience avant que les ouvriers ayant entrepris à distinguer entre la machine
et son emploi capitaliste dirigent les attaques non contre le matériel de production mais
contre son mode social d'exploitation. " Tout ça donne un peu le frisson
quand on réalise que ça na pas été écrit hier.
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Les fonds de pension |
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"Le capitalisme
risque-t-il dexploser en plein vol?", |
![]() Saviez-vous quon avance maintenant que les fonds de pension pourraient déstabiliser le monde? Cest difficile à croire mais c'est ce qu'on dit dans Marianne :" Les fonds de pension qui sont dans des caisses de retraite par capitalisation. On parle ici tout bonnement de gens comme vous et moi qui ont des fonds dans des caisses de retraite, dans le but de toucher des revenus confortables à la fin de la vie. Pourtant, par cette préoccupation légitime, prétend-on, ils sont en partie responsables des convulsions financières qui secouent régulièrement la planète. Car, pour honorer les prestations quelles doivent verser aux vieux travailleurs, ces caisses de retraite par capitalisation ont une obligation : faire fructifier au mieux les fonds qui leur sont confiés. Leur force de frappe est considérable. La firme UBS pèse 920 milliards de dollars! [ ] Au total, lOCDE (Organisation de coopération et de développement économique) estime que les fonds de pension représentent près de 38 % du Produit Intérieur Brut de lensemble des pays développés. Une masse totale de 8 700 milliards de dollars. [...] Ces titans financiers qui semblent souvent se comporter comme des enfants. Comment expliquer la contagion de panique actuelle qui fait vaciller des économies aussi différentes que celles de lAsie, de lAmérique latine ou de lEurope de lEst.[...] Ils ont peur. [Une bonne explication.] Chacun des fonds redoute de voir céder les autres à un réflexe de crainte, réaction qui ferait sécrouler les cours. Mieux vaut donc vendre préventivement. Et comme chacun veut retirer ses billes avant le grand plongeon, tout le monde précipite la chute. [...] Même lOCDE, pourtant peu suspecte de stigmatiser le grand capital, salarme de cet impact néfaste en observant (dans sa revue de juillet 98) que " les fonds de pension et autres investisseurs institutionnels jouent parfois un rôle crucial lorsquils déterminent le prix des actifs sur les marchés des capitaux émergent car les changements de comportement des investisseurs se traduisent par des phases dessor et de récession, et par une forte volatilité sur les marchés de capitaux. La chute des Bourses ne doit cependant pas masquer un autre effet tout aussi dangereux, mais bien plus larvé des fonds dinvestissement. Lorsque ceux-ci prennent pied dans le capital dune entreprise en raflant ses actions, ils nont quune seule préoccupation, toujours la même : obtenir, très vite, le retour financier le plus élevé possible des capitaux quils placent. Quitte à pousser les directions à dégraisser les effectifs pour réduire les charges de personnel. " À lidée que mes fonds de pension auraient pu contribuer à cette pagaille-là, je suis très inquiet. Mais jy pense et les vôtres aussi, messieurs, dames je ne veux pas être seul à être inquiet dans cette histoire! [rires] |
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