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Émission du lundi 15 juin 1998 |
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Times et la sexualité des ados |
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| Tout ce que vos enfants
savent à propos du sexe et que vous nosez pas leur demander...
On y raconte quune infirmière de lUtah - un état très mormon - témoigne de lexpérience quelle a vécue. Deux jeunes de 13 et 14 ans se sont présentés à la clinique où elle travaille afin de sinformer sur les moyens dobtenir de meilleurs orgasmes et comment atteindre le point G. On rapporte aussi que dans une école de Denver, un instructeur qui communique des informations aux enfants sur la sexualité, se fait poser les questions suivantes par des enfants de huit et dix ans : " Sil-vous-plaît, quest-ce que le sexe oral? Et alors, le sexe anal, cest quoi au juste? Quest-ce que le kweif? (cest le bruit que fait le vagin pendant lexpérience sexuelle). Et comment faire cesser ce bruit? " |
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STODGHILL, Ron. |
" Est-ce quon peut attraper le sida en caressant une fille avec les doigts si on a une blessure à un doigt? ", ou encore " Est-ce quon risque davoir le sida si on pratique la position dite du 69? " Noubliez pas quon parle ici denfants au début de ladolescence... On se retrouve avec le résultat quune petite fille de 14 ans qui a déjà eu, dit-elle, cinq " boyfriends " est considérée comme une experte par ses camarades et consultée comme telle; un garçon de 10 ans dit, à propos dune fillette de 9 ans, quelle se rase les jambes, se colle des faux-cils, et que la rumeur veut quelle ait déjà fait lamour. Le petit garçon commente en disant quelle a déjà des seins plus gros que ceux de sa mère! Le bon côté de tout ça, cest que les jeunes savent mieux apparemment se protéger au plan physique, mais on se pose la question : psychologiquement... quen est-il? Le mauvais côté, cest que lexpérience sexuelle devient de plus en plus de nature initiatique. En dautres mots, il faut être passé par là pour ensuite aller vers autre chose. Une adolescente de 13 ou 14 ans dit : " Cest un peu comme le monopoly la sexualité, il faut traverser une certaine étape pour ensuite revenir et en traverser dautres. " Après avoir fait des expériences sexuelles très tôt, quelques-uns de ces jeunes sarrêtent afin de retarder la suite, dans le but de lassocier à lamour, nous dit larticle du Times. |
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Il faut compter avec la curiosité normale des jeunes adolescents : nous sommes à lâge de linformation - tout le prêche de la responsabilité à propos des condoms, tout ce qui a été raconté à propos du sida, toutes les histoires dont les enfants entendent parler comme celle de Monica Lewinsky et du président des États-Unis. Je me souviens quau moment où mes enfants arrivaient à ladolescence et moi-même dans la quarantaine, il me semblait que la sexualité devait être associée à la responsabilité et que seuls les êtres capables dautonomie et responsables socialement pouvaient y accéder. Aujourdhui, jobserve le décalage entre létirement du temps de la non-responsabilité - je ne dis pas lirresponsabilité - de ladolescence qui est même poussée jusquau-delà de la trentaine pour les gens qui poursuivent des études avancées. Cela me rappelle également des souvenirs de mon voyage à Tahiti où je découvrais que la sexualité chez les jeunes était très précoce. Il me vient en mémoire le mot " ute " qui a deux sens en polynésien : il a le sens de faire lamour et il a le sens de jouer. Il est donc possible de considérer la sexualité comme une démarche ludique. Jen arrive à une amorce de réflexion sur lopposition entre la nature et la culture. La culture prolonge ladolescence. La nature reprend alors ses droits parce quon sait bien que du point de vue biologique, le point ultime de lactivité sexuelle se produit à 18 ans chez les hommes et à 16 ans chez les femmes. Mais il arrive que la culture enferme la nature et que la nature se rebelle et revendique ses droits. Peut-être quen étirant la jeunesse à ce point, il se produit au niveau biologique une réévaluation de la réalité physiologique qui se manifeste de plus en plus jeune, cest-à-dire vraisemblablement à lâge où ça se manifestait alors que la culture était moins contraignante quelle ne lest aujourdhui. À une période primitive de lévolution. |
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La source du bonheur |
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Christian Boiron, le président de la Société des laboratoires de France en homéopathie est un homme dentreprise qui a consacré un ouvrage à létude du bonheur. " La source du bonheur est dans notre cerveau ", paru chez Albin Michel. Il sagit dun livre remarquable qui nous propose une définition précise et scientifique du bonheur. Ce qui ma particulièrement séduit chez lui, cest que son raisonnement scientifique sinspire en partie des travaux du chercheur français Henri Laborit qui a dabord cherché à reproduire chez lanimal les comportements psychopathologiques quon observe chez lhomme. Il en a fait lanalyse pour en comprendre les parades chimiques et médicamenteuses. La démarche a été poursuivie par dautres scientifiques qui ont donné suite à toute cette réflexion scientifique, biologique, mais en même temps sociologique et philosophique, et qui est reprise ici par Boiron. En résumé, daprès Christian Boiron, la compréhension du bonheur commence avec le cerveau qui est le siège social de lorganisme et dans lequel se retrouvent trois cerveaux... Il y a dabord le reptilien, le vieux cerveau, qui vient de létape reptilienne de lévolution; ensuite, le cerveau limbique, le système nerveux, qui est de létape où sont apparus les mammifères et finalement le néocortex qui correspond à lapparition de lhomme, en fait de lhomo sapiens sapiens. |
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Cette division est reprise de MacLean, qui, lui, sinquiétait de ce quil ny a pas dintégration des trois cerveaux. Il disait : " À certains moments, lhomme devient purement instinctif - comme lorsque vous êtes dépassé en voiture et que vous êtes irrité; à dautres moments, cest lémotion qui prend le dessus, donc le deuxième cerveau; et, très rarement, cest le néocortex, niveau de lintelligence. " MacLean estimait que lêtre humain a un problème énorme, celui de vivre avec un cerveau comportant trois niveaux qui ne sont pas intégrés. Intégrés ou pas, Jacques et Fanny Fradin il est docteur en médecine et directeur de lInstitut de médecine environnementale à Paris; Fanny Fradin est écrivain et art-thérapeute se sont plutôt intéressés à la structure : |
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BOIRON, Christian; |
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" Pour faire référence au schéma de Freud, le néocortex pourrait représenter le moi, le limbique le surmoi, et le reptilien le ça. (...) Chacun a sa place, chacun est essentiel au bon fonctionnement de lhomme, et donc à son bonheur : le reptilien est responsable de la surveillance et de la gestion de la physiologie organique, le limbique de la conservation de lespèce et de lindividu, le néocortex étant la source du progrès et donc de lévolution. Il ne semble pas y avoir de réelle hiérarchie entre eux; ils sont destinés à fonctionner ensemble, probablement de façon collégiale. Ce qui signe la personnalité spécifique de lindividu, cest la symphonie, la synergie entre les trois parties de son cerveau, dans une partition qui reste à inventer à chaque instant. " Alors, il sagit de voir ce qui se définit à chacun de ces niveaux-là pour parvenir à une plus juste définition de ce quest le bonheur par rapport au plaisir, et que ça puisse nous servir dans notre vécu et nous éclairer. " Le bonheur, cest le fonctionnement harmonieux des trois cerveaux, chacun fait son travail. En cas de danger décelé par le cerveau limbique (réflexe inné ou acquis), le cerveau reptilien déclenche une émotion destinée à provoquer une réaction adaptée. Cette émotion de stress (fuite, lutte, inhibition) a vocation à être de très courte durée et à séteindre avec la fin de lalerte. Chez lhomme, ce mécanisme sest complexifié avec le développement de lintelligence néocorticale et est devenu la source de souffrances psychiques parfois intolérables. Lorsque lintelligence est en désaccord avec une pensée automatique, et tant que cette pensée persiste, le cerveau reptilien déclenche un " état durgence de linstinct " qui provoque de lanxiété, de lagressivité ou de la tristesse. Ces émotions, à leur tour, génèrent des comportements pathologiques : lanxiété entraîne une agitation incessante, physique, psychique, professionnelle, affective; lagressivité se décompense en esprit de compétition, en combats et défis de toutes sortes; létat dépressif ou la tristesse se traduit par un grand besoin de sommeil, et par la recherche de situations surprotégées. " Boiron dit aussi dans son ouvrage que les émotions sont des sirènes dangereuses. On ne peut pas toujours diriger les événements mais linterprétation quon en fait, oui. Daprès Boiron toujours, le bonheur cest ce qui reste lorsquon a supprimé les émotions pathologiques (lanxiété, lagressivité, la tristesse). Pour être heureux, il faut avoir la volonté de lêtre alors si la motivation est forte, ce nest plus quune question de travail et de temps, cependant le chemin est parsemé de pièges dont lun des plus redoutables est lattrait des émotions qui forment le malheur et peuvent nous entretenir dans le malheur. Dans notre culture, ces pièges sont la " victimite ", la colère, lesprit de compétition, lagitation anxieuse, dautant plus que la culture est généralement fabriquée à partir des villes capitales qui sont particulièrement " émotionnelles. " Cest généralement ce qui séduit les jeunes générations qui ne savent pas ce quest le bonheur, et qui lui préfèrent lémotion car elle leur donne limpression de vivre intensément. " Ces émotions sont tellement recherchées quon va même jusqu'à les cultiver on va lire des livres ou voir des films qui font pleurer; on va vibrer dans les stades pour exciter son agressivité, ou dans les cirques pour exalter sa peur. " " Sans elles (les émotions), la vie serait une fadeur mortelle, disent certaines personnes. Ce contresens est très lourd de conséquences puisque au lieu de trouver le bonheur, on cultive son malheur à travers les émotions. La cause en est la non-distinction entre plaisir et bonheur ", explique Boiron, et cest le cur de son propos. " Ces émotions ne sont pas vécues comme des alternatives au bonheur, mais au contraire sont souvent présentées comme des marques indispensables de la vie belle et bonne. (...) On crée plus ou moins artificiellement et volontairement un état durgence, simplement pour trouver du plaisir à son assouvissement. Il est assez plaisant en effet, dit lauteur, dêtre en colère mais à condition seulement de pouvoir crier ou de pouvoir se battre contre quelquun.(...) de même, il est plaisant dêtre en fuite, mais à condition seulement de pouvoir courir, sagiter ou rire. Enfin, on peut ressentir un certain plaisir à la tristesse si on a la possibilité de pleurer, de sépancher. " Boiron souligne que " le bonheur ce nest pas une superstructure quon ajouterait à la réalité humaine imparfaite, mais le fonctionnement physiologique de la personne humaine qui est le bonheur. Le malheur, cest la souffrance subjective et pathologique quil convient de supprimer pour obtenir létat de bonheur. " Ce qui me plaît dans sa démarche cest quon najoute pas le bonheur à ce que lon est ou à ce que lon fait, on soustrait le malheur, et le bonheur est toujours là. Ce cheminement me paraît correspondre exactement à tout ce que jai découvert à travers mes propres recherches, à savoir quil ne faut pas chercher à ajouter quelque chose, il faut chercher à soustraire ce qui ne marche pas. Il faut aussi " braver tous les interdits du bonheur, tout ce quon se raconte... " Par exemple des phrases du genre : " Je ne serai jamais capable de faire telle chose, je suis un faible, les femmes sont légères et les hommes sont des salauds, je ne suis bon à rien ", tout ça vient du limbique ou du reptilien et il faut essayer de se situer de plus en plus au niveau de la conscience. |
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La méditation, entre autres, est un outil merveilleux pour y arriver parce quelle est justement soustractive dans sa démarche. À ce sujet dailleurs, lauteur explique que " la méditation, cest ne fuir aucune pensée, cest sentraîner à se faire confiance à soi-même. (...) La méditation nest pas dabord une pratique mentale. Cest dabord et avant tout une gymnastique des sens. Prendre conscience de tout ce que lon sent avec le nez, avec la bouche, avec la peau, les muscles, les articulations, etc. Je sens donc je suis. Lactivité cérébrale ressemble en général à un gigantesque système circulatoire dont le sang ne pourrait pas circuler librement à cause des obstacles qui sappellent stress, conditionnements, urgences, évitements, etc. " Et voilà tout ce quon essaie de suspendre ou datténuer ou de dépasser, supprimer, par la méditation. Cest donc une technique qui permet davoir une attitude soustractive par rapport aux facteurs de souffrance. Au bout de ça, il y a LE BONHEUR! |
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