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Émission du jeudi 4 juin 1998

Parapsychologie : OBE et NDE

À une certaine époque, j’ai fait beaucoup de recherche avec Placide Gaboury sur toutes ces questions de la parapsychologie : transmission de pensée, prémonition, télépathie, voyages hors corps, etc. Avec les années, ces sujets ont presque tous été mis en veilleuse, en attendant que certains scientifiques reviennent sur la question avec des éléments nouveaux. Mais il reste tant de choses à dire sur des phénomènes qui ont été étudiés il y a 25 ou même 50 ans...

 

 

 

 

 

D’après :

BENHEDI, Louis & LIGNON, Yves. La vie derrière la vie, Éd. Michel Lafon, 1998.

 

 

 

 

" Et si la vie n’était pas liée à l’existence de notre corps? "

Professeur
Rémy Chauvin

 

 

 

 

" Les OBE demeurent sans explication. Sans explication mais non sans conséquences. "


Out of body experiment

Prenons, par exemple, l’OBE (le Out of Body Experiment : Expérience hors corps ou Projection astrale). Un sujet parmi ceux qui dérangent le plus. Les auteurs français Yves Lignon, qui enseigne entre autres la statistique mathématique et la méthodologie statistique à l’université de Toulouse-Le Mirail – il a fondé et anime le laboratoire de parapsychologie de Toulouse qui regroupe des universitaires, des médecins et des ingénieurs – et Louis Benhedi co-animent une émission radiophonique intitulée " Le Secret du Mystère ".

Dans un ouvrage paru récemment, La vie derrière la vie, ils rapportent l’existence d’un témoignage qui a fait l’objet d’une étude approfondie par une équipe du laboratoire de parapsychologie de Toulouse. Il s’agit du cas d’une étudiante, qu’ils appellent Danielle. " Danielle se sent plus ou moins somnoler mais en tout cas, ne dort pas, écrivent-ils : elle s’en rend compte en percevant quelques-uns des bruits de la maison. Puis vient un moment où elle se voit d’en haut, depuis le plafond de la chambre.

" Je devine comment on peut réagir quand on vient de lire cette dernière phrase mais […] il n’y a pas d’autre manière de s’exprimer : le corps de Danielle est tranquillement allongé et Danielle, au plafond, voit ce corps. Si nous suivons la piste ouverte par ce constat, nous sommes amenés à envisager une seule possibilité : une ‘ partie ’ de Danielle, son corps, est restée sur le lit, une autre ‘ partie ’ de Danielle (forcément immatérielle celle-là et je la nommerai – à défaut de trouver un autre mot – la conscience) s’est éloignée de la première.

" Si l’on préfère : ‘ Danielle est sortie de son corps ’ et a eu la possibilité d’observer celui-ci ainsi que ce qui l’entourait. Certes, en l’état actuel des connaissances scientifiques, un être humain est fait de chair, d’os, etc. Un point c’est tout, mais ne nous laissons pas impressionner pour autant car, depuis ses origines, la science a pris l’habitude de rencontrer des faits qui contredisaient ce qu’elle avançait jusque-là.

" Une fois ‘ hors de son corps ’, Danielle a pu ‘ traverser ’ les parois de son armoire et découvrir comment sa mère avait rangé ses pulls – ce qui avait été fait auparavant en son absence. – Vous voyez d’ici sa tête lorsque, après s’être retrouvée sur le lit, elle s’est levée, a ouvert les portes du meuble et a pu constater qu’effectivement les vêtements n’étaient plus disposés comme elle les avait laissés avant de se rendre à l’université, mais bel et bien de la manière qu’elle avait pu découvrir en ‘ sortant de son corps ’. " Expérience donc de OBE.

Lignon et Benhedi relatent l’expérience menée par Charles Tart de l’université de Davis en Californie avec une personne utilisant le pseudonyme de Miss Z pour préserver sa tranquillité. " Durant cinq nuits consécutives, Miss Z est allée dormir dans le laboratoire de Charles Tart. Que ne ferait-on pas pour la science! Le séjour dans cet hôtel bien particulier avait pour but premièrement de permettre d’observer des OBE durant le sommeil et deuxièmement, si tout se passait bien, d’effectuer un certain nombre de mesures physiologiques au moment où l’OBE se produirait. […]

" Si une OBE se produisait, Miss Z qui avait l’habitude de vivre ce genre d’expériences – devait en profiter pour aller lire un nombre de cinq chiffres écrit sur une feuille de papier déposée sur une étagère placée en hauteur – qu’elle ne pouvait pas atteindre, entre autres, à cause de la longueur des câbles qui l’emberlificotaient… – Les cinq chiffres étaient déterminés au hasard en utilisant un procédé mathématique et changeaient à chaque nuit. […] Pour compléter le dispositif, Tart avait demandé à Miss Z de ne pas porter de montre et installé une horloge qui se trouvait elle aussi hors de portée du regard d’une personne allongée sur le lit. "

Ainsi, à chaque fois que Miss Z se déplaçait dans son sommeil, elle pouvait dire par la suite qu’elle s’était déplacée à telle heure et on retournait lire l’encéphalogramme pour vérifier s’il y avait un phénomène d’enregistré. Dès le deuxième matin, elle témoigna être sortie de son corps en précisant l’heure, mais n’est revenue avec le nombre que le quatrième matin. À l’heure qu’elle précisait, les enregistrements de ses ondes cérébrales présentaient les mêmes bizarreries, bien que beaucoup plus marquées la quatrième nuit.

On parle ensuite de Keith Harary, personnage très connu dans le monde des psi psilogistes et non pas des psy psychologues. Harary est surnommé Blue par ses amis et on le mentionne dans plusieurs études. Lui aussi, a passé plusieurs nuits dans des laboratoires à faire plusieurs expériences. L’une d’entre elles, très intéressante, faisait appel à des animaux.

" On avait songé à embaucher des chatons et Blue devait lui-même choisir son partenaire pour une expérience d’OBE, relatent Lignon et Benhedi. Deux apprentis matous se retrouvèrent en finale et Harary hésitait lorsque le dénommé Spirit se dirigea vers lui, effectuant donc lui-même le choix. " Dans cette expérience, on enregistrait constamment les électroencéphalogrammes de Blue et lorsqu’il lui arrivait de se déplacer, on notait l’heure. Il se rendait dans la pièce où se trouvait le chat, qui réagissait à sa présence.

Ce chapitre sur des expériences très sérieuses supervisées, entre autres, par un scientifique de l’Université de Toulouse se termine ainsi : " Les OBE demeurent sans explication. Sans explication mais non sans conséquences. […] Il y a derrière les OBE une question d’autant plus impressionnante qu’elle est d’une exceptionnelle limpidité. Si ‘ quelque chose ’ peut quitter notre corps tandis que nous sommes vivants, pourquoi ce ‘ quelque chose ’ ne pourrait-il aussi s’en éloigner après notre mort? "


Near Death Experiment
ou Expérience de mort imminente

Ces mêmes scientifiques ont également tenté de comprendre un autre phénomène : celui des NDE (Near Death Experiment), des expériences de mort imminente.

" Une NDE est l’‘ expérience ’ particulière rapportée par quelqu’un qui a manqué mourir mais qui a pu être sauvé au dernier moment. Ce qui amène à réfléchir, c’est que les récits de ces bénéficiaires des développements de la médecine moderne font furieusement penser à certains des vitraux qui ornent nos cathédrales ou encore aux images pieuses de notre enfance, vous savez ces gravures aux couleurs douces qui nous montraient le Paradis, écrivent Lignon et Benhedi. La coïncidence a forcément attiré l’attention, mais pour l’instant, tenons-nous-en là et voyons plutôt ce que l’on sait exactement des NDE. "

" Il y a quelques années, c’était le sujet parapsychologique à la mode. […] On peut dire que le milieu scientifique a commencé à s’intéresser sérieusement aux NDE il y a une trentaine d’années (le grand public a découvert le phénomène peu après 1975, grâce surtout au livre de Raymond Moody La Vie après la Vie), mais certains témoignages dont nous disposons laissent à penser que le phénomène n’est pas apparu brutalement […]. " En effet, de nombreux témoignages existaient antérieurement à ce livre, témoignages chez les anciens, dans la littérature grecque, dans la littérature romaine, chez les Hindous, et même dans la relation des Jésuites à propos des Amérindiens, faisant état de ce que certains chamans pouvaient voyager hors de leur corps pour aller voir ce qui se passait autour de tel lac et revenir, etc.

Lignon et Benhedi nous racontent l’expérience : " Quelqu’un se trouvant en danger de mort (crise cardiaque, accident, maladie s’aggravant brutalement, accouchement à risque) éprouve soudainement une profonde paix intérieure puis a l’impression d’être aspiré le long d’un tunnel sombre qui débouche sur un espace éclairé par une lumière dont la qualité et la beauté sont indescriptibles. Là, cet homme ou cette femme – qui se trouve véritablement aux portes de la mort – va d’abord rencontrer des parents ou des amis déjà décédés et aussi ceux qu’à défaut d’autre chose, il faut bien appeler des ‘ êtres de lumière ’, puis ensuite revoir sa propre existence.  – Ce n’est pas de tout repos la mort si ça se passe ainsi...

" Au bout d’un certain temps, la nécessité de regagner le monde de tous les jours va se faire sentir, soit parce que le héros de cette aventure étrange en reçoit l’injonction de la part de ceux qu’il vient de rencontrer, soit parce qu’il repense à sa famille. Prendre la décision de revenir n’est pas facile et ceux qui ont vécu une NDE justifient leurs réticences par l’état de plénitude dans lequel ils se trouvaient. Pourtant, finalement, tout redevient normal, si l’on peut dire, le risque de mourir a été écarté (parce que des sauveteurs ou le personnel médical sont intervenus) et la vie reprend comme avant. – On a tous entendu des histoires de noyés qui s’étaient fâchés avec les gens qui les ont sauvés : " Pourquoi m’as-tu sorti de là? J’étais tellement bien! "

" Comme avant...? Justement pas, poursuivent les auteurs. Les chercheurs qui rassemblent et analysent des cas de NDE puis se chargent du suivi des personnes ayant effectué ce mystérieux voyage se disent frappés par une chose essentielle : vivre une NDE vous change bougrement le caractère. Autrement dit, ceux et celles à qui une telle histoire est arrivée se retrouvent psychologiquement différents et dans le bon sens du terme. Ces personnes n’ont plus peur de la mort – ce qui est différent de la peur de mourir

" […] ‘ Pour ceux qui l’ont expérimentée, la NDE est un événement qui a bouleversé leur existence. La plupart se sentent par la suite plus concernés par autrui et éprouvent des sentiments marqués de compassion, de tolérance et d’altruisme. Un grand nombre ressentent une nouvelle transcendance personnelle qui communique à leur existence un sens profond et les conduit à se désintéresser de tout gain matériel. ’ " C’est ce qu’écrivait Richard Broughton dans Parapsychologie, une science controversée.

Beaucoup de gens parmi les scientifiques ont dit à propos de ces NDE qu’elles seraient causées par un manque d’oxygène au cerveau et que " la NDE n’est qu’une hallucination, son contenu étant tout simplement attribuable à l’éducation reçue ". Mais Lignon et Benhedi notent que les principales caractéristiques de la NDE sont en contradiction avec la notion même d’hallucination. " Car il y a presque autant d’hallucinations différentes que d’hallucinés, alors que la similitude des NDE ne souffre pas d’exception : même si chacun s’exprime à sa manière, tout le monde raconte pratiquement, en tout ou en partie, la même chose. […] De son côté, Raymond Moody ajoute qu’une NDE est vécue d’une façon précise qui laisse des souvenirs très clairs, alors que pour les délires, c’est exactement le contraire. "

Les auteurs nous invitent à envisager l’hypothèse de l’astronome Carl Sagan : " Selon Sagan, l’uniformité [des témoignages] pourrait tout simplement être attribuée au souvenir d’un événement que nous avons tous vécu : notre naissance. " Mais les auteurs conviennent que ce n’est pas un argument complet puisque certaines personnes nées par césarienne ont également vécu des NDE et que, " comme d’habitude, cela a commencé pour elles aussi par la traversée du tunnel, ce qui n’est pas le cas de leur naissance. " Aussi, Richard Broughton notait que " les recherches psychologiques et neurologiques ont montré que les nouveaux-nés sont incapables de percevoir et de mémoriser les détails indispensables à la théorie de Sagan ", comme le mentionnent les auteurs.

Cet ouvrage de Lignon et Benhedi est très bien fait et il apporte de nouveaux témoignages. Ils se réfèrent à tous les auteurs classiques qui se sont aventurés dans ces eaux : le Professeur Rémy Chauvin, Raymond Moody, Karlis Osis, Erlendur Haraldsson, Louis Pauwels et Guy Breton (Histoires magiques), et le professeur Ian Stevenson dont les travaux sur la réincarnation sont étonnants.

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Initiation à la
méditation bouddhique tibétaine

En me familiarisant au cours des années avec les enseignements bouddhistes et autres traditions, ce qui m’a le plus frappé c’est de voir jusqu'à quel point on peut être compétent dans des domaines qui nous échappent complètement. J’ai sous les yeux un ouvrage, intitulé La méditation bouddhique tibétaine, dans lequel on fait état de six forces, de neuf stades et de quatre degrés de concentration. On y cite, en plus, les obstacles à la méditation.

D’après :

THRANGOU, Khènchèn. La méditation bouddhique tibétaine. Pratique du calme mental et de la vision pénétrante, Éditions Dangles, Coll. " Horizons spirituels ", 1996.


les quatre obstacles à la méditation

Selon l’auteur, un dénommé Khènchèn Thrangou, " quatre sortes de pensées font obstacle à la méditation.

  1. Les pensées malveillantes, c’est-à-dire l’envie de nuire à quelqu’un ;
  2. Les pensées de jalousie ;
  3. Les pensées de doute et d’incertitude ;
  4. Les pensées de désir et d’attachement.

" Si des pensées agressives apparaissent, par exemple, il faut les reconnaître, sinon elles reviendront continuellement dans notre méditation. Il faut reconnaître cette agressivité; quand on y devient attaché, elle nuit à la méditation. L’important est de ne pas s’impliquer dans les pensées, ne pas s’y attacher. On s’en débarrassera alors facilement. Mais s’y attacher rendra très difficile de s’en débarrasser.

deux catégories de pensées

" Il existe deux catégories de pensées : grossières et subtiles.

  1. Quand des pensées grossières s’élèvent durant la méditation – ou n’importe quand dans la journée –, on oublie que l’on médite, l’attention et la vigilance disparaissent. Puis, se souvenant : ‘ Oh je suis en train de méditer! ’, on retourne à la méditation. Ces pensées grossières sont appelées une distraction. Le moyen de les empêcher est de maintenir l’attention et la vigilance – un mantra, la respiration, les sensations tactiles, les sensations auditives, etc.

  2. Dans la deuxième catégorie, les pensées subtiles, dites ‘ pensées sous-jacentes ’, la méditation n’est pas oubliée, mais on continue à se dire : ‘ Ces petites pensées sont en train de survenir. ’ Ces pensées sont si infimes qu’on ne peut généralement pas grand chose pour les éviter et elles sont très difficiles à éliminer. Elles ne nuisent pas spécialement à la méditation, elles ne font qu’apparaître dans notre conscience et les laisser simplement telles quelles sont permet de réussir finalement à les éliminer – les observer et les regarder sans intervenir. – Mais parfois, grandissant peu à peu, elles font perdre la méditation; on est d’abord conscient de leur apparition, puis ces petites pensées distraient et l’attention est perdue. Il faut essayer d’empêcher ce processus en maintenant une attention et une vigilance très stables et permanentes, parce qu’elles sont nécessaires à chaque instant successif. Si on y parvient, on ne sera pas distrait. "

Voici un tableau, tiré de cet ouvrage, qui illustre les six forces, les neuf stades, et les quatre degrés de concentration :

Six forces, neuf stades, quatre degrés de concentration

FORCE

STADE DE STABILITÉ

CONCENTRATION

  1. Écoute des enseignements
  2. Réflexion sur les enseignements
  1. Stabiliser (ou laisser reposer) l’esprit sur l’objet
  2. Stabiliser plus longtemps l’esprit
1.Disciplinée (ou contrôlée) avec effort
      3. Attention et mémoire
  1. Restabiliser continuellement l’esprit
  2. Stabiliser étroitement l’esprit

2.Avec interruption

  1. Vigilance
  1. Discipliner l’esprit
  2. Pacifier l’esprit
  1. Assiduité
  1. Pacifier complètement l’esprit
  2. Demeurer concentré sur un seul point

3.Sans interruption

  1. Accoutumance
  1. Reposer dans l’équanimité

4.Spontanément maintenue


" En résumé,
propose l’auteur, quand nous méditons, des défauts de méditation surgissent et l’empêchent de se développer. Quand les Bodhisattva – les moines – méditaient, ils virent apparaître ces défauts, les identifièrent et surent trouver les antidotes pour les éliminer. Mais si nous ne les reconnaissons pas durant notre méditation, nous ne pourrons progresser vers la Bouddhéité – état de Bouddha délivré de la nécessité de procéder par l’effort, ce qui n’est pas la bonne façon.


" Ces enseignements permettent précisément de les identifier et de savoir comment appliquer le remède approprié. Ce sont des instructions que nous devons mettre personnellement en pratique, au lieu de nous contenter de les étudier intellectuellement. À mesure que les cinq défauts apparaissent, nous devons appliquer les huit antidotes, utiliser les six forces et les quatre degrés de concentration. Notre méditation devrait également nous permettre d’identifier le stade de stabilité mentale atteint. Ces instructions de méditation sont donc très importantes et il faut en avoir une compréhension précise. "

Il s’agit en fait d’une introduction à la méditation. Il faut savoir qu’il existe deux méditations bouddhiques : Samantha, la méditation du calme mental et celle qui vient après, Vipassana, la méditation de la vision pénétrante.

 

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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