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Émission du mercredi 3 juin 1998

Les brèves

Le végétarisme est sain

D’après :

" Le sacre des végétariens ", Sciences et Avenir, mai 1998.

" Pour la première fois, l'Association américaine de diététique, l’une des principales sociétés savantes dans le domaine de la nutrition, vient de reconnaître que ‘ les régimes végétariens bien conçus sont sains, nutritionnellement adéquats et [qu’ils] apportent des bénéfices sanitaires dans la prévention et le traitement de certaines maladies ’. – Je ne pensais pas qu'on irait jusque là de mon vivant! – Ces régimes peuvent même être suivis pendant l'enfance et la grossesse ", peut-on lire dans une édition récente de Sciences et Avenir. On rappelle aussi qu’il est préférable que les végétariens ajoutent à leur alimentation des suppléments de zinc et de vitamines B12 et D. L’information était tirée du Journal of the American Dietetic Association.
D’après :

CASTELS, Manuel. La société en réseaux : L’ère de l’information, Éd. Fayard, 1998.


L'ère informationnelle

Dans un tout autre ordre d'idées, j'aimerais vous parler d'un ouvrage de Manuel Castels, qui s'intitule La société en réseaux, dans lequel il est question de vocabulaire. Je me suis entendu dire récemment que nous étions à l'ère post-industrielle, alors j'apprends par ce monsieur Castels que nous sommes passés de l'ère postindustrielle à l'ère informationnelle.

Cet auteur essaie, dans son ouvrage en trois volumes que je n'ai pas encore lu, de montrer que les schémas de la société industrielle et postindustrielle n'ont plus cours et il propose un nouveau paradigme économico-social. Son approche est à la fois économique et sociologique. Il affirme, par exemple, que " ce sont ces routes de l'information, en somme, qui poussent vers les oubliettes de l'Histoire la société industrielle et post-industrielle, fait éclater la société contemporaine bouleversée par la technologie [...]. Le microprocesseur, s'il est un instrument d'intégration, est aussi responsable de la redistribution des pouvoirs à laquelle nous assistons et qui laisse tant de gens sur le bord de la route. Comment cette révolution a-t-elle pu se produire aussi vite? "

L'auteur rappelle que l'histoire de la vie est une série d'états stables ponctués, à de rares intervalles, par des événements majeurs qui se produisent très rapidement et concourent à établir l'aire de stabilité suivante. " Mon point de départ, dit-il, est qu'en cette fin du 20e siècle, nous vivons l'un de ces rares intervalles de l'Histoire. "


Des épices contre les microbes

J’aime bien parler de bouffe. " La cuisine épicée serait-elle associée à la survie comme telle? " Deux chercheurs de l'Université Cornell ont analysé – tenez-vous bien – " 4 578 spécialités culinaires originaires de 36 pays : non pour améliorer l'ordinaire de leur cantine, mais pour mettre à l'épreuve une théorie qui veut que si les habitants des pays chauds consomment autant d'épices et d'aromates, c'est du fait de leurs propriétés anti-microbiennes et antifongiques, sélectionnées de manière empirique au fil des générations de cuisiniers. " Vérification faite, ce serait fondé.

" Sans apporter de réponse définitive, l’étude montre que les épices et condiments les plus couramment usités dans les régions tropicales et subtropicales - ail, oignon, piments - peuvent inhiber 75 % des espèces de bactéries testées. De plus, l'usage des épices ne dépend pas de leur disponibilité, la plupart poussant également dans l'hémisphère Nord. Il apparaît également que des épices aux vertus antibiotiques faibles sont souvent mélangées dans des plats où leurs effets se retrouvent alors décuplés. "

Moi, j'avais une autre version, plus hygiénique que scientifique : dans les pays où il fait très chaud, les aliments se conservent moins bien, alors quand une viande est légèrement avancée, il est bon d'en masquer un peu le goût. Les épices et les aromates ont toujours servi à cela, même si aujourd’hui on prétend qu’ils auraient des vertus antimicrobiennes et antifongiques…

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Trafic d'organes

" ‘ Allo! Les urgences? Je viens de me réveiller, j'ai une grande cicatrice dans le dos… ’

Des histoires de reins prélevés ou d'enfants enlevés sur les cinq continents courent partout, notamment sur Internet. Jusqu'à présent, aucune enquête – scientifique ou policière – n'a encore réussi à apporter la preuve d'un trafic organisé. Il n'empêche que les greffes, devenues beaucoup plus simples depuis 15 ans, ont créé de véritables marchés des organes. "

D’après :

ROTHMAN, David J. " Trop de demandes et pas assez de donneurs ", Courrier international, N° 392, 6 au 13 mai 1998.


C'est l'idée d'un trafic organisé, et il y a plusieurs réseaux qui semblent exister un peu partout à travers le monde, si l’on en croit cet article de David J. Rothman, " Trop de demandes et pas assez de donneurs ", paru, originalement, dans The New York Review of Books. J'aime bien rappeler que les solutions entraînent toujours de nouveaux problèmes. Vous verrez, c’est souvent un fait.

En 1984 – je ne sais si c'est exactement l'année de la mise en marché ou de la découverte de ce produit-là – la cyclosporine est entrée dans nos vies. C'était une solution extraordinaire parce que la cyclosporine permet de modérer les réactions du système immunitaire qui rejette le nouvel organe comme un corps étranger.

Avant la cyclosporine, l'organisme, ne reconnaissant pas les cellules de l’organe greffé comme lui étant familières, déclenchait une véritable guerre immunitaire contre cet organe, ce qui, finalement, entraînait un phénomène de rejet. Arrive donc la cyclosporine en 1984, permettant de modérer cette réaction tout en préservant les capacités de défense contre les véritables agents infectieux. Donc : une découverte très étonnante, extraordinaire.

" Dans les pays dotés d'un système médical moderne, écrit Rothman, les transplantations rénales et cardiaques sont devenues très fréquentes et sûres – je dirais relativement sûres. – Plus de 70 % des personnes ayant subi une greffe du cœur sont encore en vie quatre ans plus tard. Parmi les receveurs d'une greffe d'un rein prélevé sur un donneur vivant, 92 % conservent encore ce rein un an plus tard, 81 % quatre ans plus tard et de 40 à 50 % dix ans plus tard. "

Qu'est-ce que cela a entraîné? Des demandes. Et qu'est-ce que ces demandes ont suscité? Un constat : il n'y a pas assez de donneurs pour répondre aux demandes. Qu'est-ce qui se passe quand il y a trop de demandes? Il arrive que des opportunistes inventent l'offre, en se disant : " Il va falloir satisfaire ces demandes-là ", ce qui fait qu'il existe actuellement dans le monde un trafic d'organes, qui ne paraît pas toujours se passer dans les meilleures conditions…

Dans le Courrier international, un collage de divers articles portent sur cette question et font état de l'existence véritable d'un marché mondial d'organes humains. On parle d'enlèvement d'étrangers qui voyagent en Asie, par exemple, de cornées et de reins prélevés sur des enfants d'Amérique latine. " Ces histoires d’horreur reviennent souvent sur Internet, dit-on. Le journal pakistanais Dawn s’en fait l’écho. Mais, pour l'heure, aucune enquête n'a encore apporté la preuve qu'existent de tels trafics. " Mais...

Je vous raconte un cas extrêmement curieux, celui de la Chine. " La Chine se refuse à révéler le nombre exact d'exécutions ", écrit Rothman en parlant des condamnés à mort. Vous vous demandez peut-être le rapport… C’est que, en Chine voyez-vous, on exécute dans des conditions telles qu'il est possible ensuite de faire le prélèvement des organes des condamnés pour les mettre à la disposition des gens dans le besoin. On tue un criminel : ça donne deux reins, un cœur, deux poumons, un pancréas, etc. Les criminels servent à quelque chose en Chine!

" À partir d’articles parus dans la presse, poursuit Rothman, Amnistie Internationale évalue [les exécutions en Chine] à 4 500 par an au moins, mais le chiffre réel est peut-être de trois ou quatre fois supérieur. Il y a plusieurs années, un chirurgien spécialisé dans les transplantations cardiaques m'a dit qu'on venait de l'inviter en Chine pour réaliser une greffe. Habitué aux longues attentes qui sont la règle aux États-Unis – puisqu'il faut attendre d'avoir un donneur –, il a demandé comment il pouvait être assuré de disposer d'un cœur à son arrivée. On lui a répondu qu'il n’avait aucun souci à se faire, qu'une exécution allait être programmée de façon à ce qu'elle coïncide avec sa visite. " Ça c'est de l'efficacité! Je précise que, dans ce cas, le médecin a décliné l'invitation, n’ayant pas beaucoup apprécié l'idée...

" Le système chinois ne manque pas de défenseurs. En effet, à quoi bon gaspiller des organes? Pourquoi priver les condamnés à mort de la possibilité de faire une bonne action? – Ils en ont certainement très envie, dans ces conditions surtout… – En revanche, les objections paraissent aller de soi. On voit mal comment les condamnés à mort – qui attendent souvent leur exécution dans le cachot d'une prison locale – peuvent accepter ‘ librement ’ de faire don de leurs organes. "

Je suis loin d'avoir exposé l'ensemble de ce phénomène qui est extrêmement complexe, mais il y a quelques leçons que l'on peut tirer de là. Pour tenter de comprendre, on pourrait essayer de s’imaginer dans la peau du criminel qu'on va exécuter et qui aura la joie d'offrir ses organes à des personnes qui ne demandent pas mieux que d'en profiter. Je voulais en venir à ceci parce que cette affaire me bouleverse beaucoup.

Je me dis que la demande d'organes est grande et le trafic se fait dans des conditions souvent effrayantes. Par exemple, un homme est trouvé en état d'ébriété sur le bord de la route : on le ramasse pour le transporter rapidement là où l’on peut procéder à l’excision d’un rein, d’une cornée, etc., et dans plusieurs cas, les deux reins. Les amputés malgré eux cherchent ensuite eux-mêmes des donneurs.

Est-ce possible d'aller dans le sens de ce que disait Jacques Attali dans son ouvrage paru chez Fayard, Le Dictionnaire du 21e siècle, lorsqu’il prévoit que dans le siècle qui vient, le corps d’une personne décédée va devenir propriété collective pour répondre justement à ces demandes? Parce que notre habileté chirurgicale évolue, que le trafic d’organes est horrible, que les donneurs sont trop peu nombreux.

Est-ce qu'on peut imaginer qu'à la mort du corps... (Petite parenthèse : Monsieur, Madame, si vous vous identifiez à votre corps, vous allez en arracher avec ce qui va suivre...), ce corps, il ne vous appartient plus puisque vous l'avez quitté. Vous n'êtes plus l'être qui bougeait, qui ressentait, qui avait des idées, des projets. Il n'est plus là. Donc, ce corps, dans lequel vous n’êtes plus, pourrait être dépecé et les organes en être retirés pour se retrouver dans des banques d'organes destinés à des greffes, tout simplement. Comment réagissez-vous à ça? C'est ce que nous annonce Attali.

Quand j'ai pris connaissance de cela, j’étais en train de me dire que ça prendra du temps pour qu'on trouve la solution légale pour se rendre là. Puis, tout à coup, j’apprends qu’en Italie, la carence d'organes est chronique.

" En 1996, 7 000 personnes étaient en attente d'un rein, 550 d'un cœur, 350 d'un foie, 100 d'un pancréas. Le 30 avril 1997, le Sénat d'Italie a approuvé un texte  – qui devrait prochainement être soumis à la Chambre des députés – faisant de tout Italien n'ayant pas exprimé son refus exprès un donneur potentiel. C'est un changement important dans un pays où cette question est souvent traitée de façon très émotionnelle. " Un cas extrême a été, à un moment en Italie, la naissance du petit Gabriel : un enfant sans cerveau dont la mère avait refusé d'avorter pour que les organes du nouveau-né puissent servir à sauver d'autres enfants. Curieuse époque que la nôtre.

Autre chose : la Belgique est un cas à part... peut-être pour plusieurs raisons d'ailleurs, mais pour une en particulier : " La Belgique présente un excédent d'organes, note Rothman, car elle s'est dotée d'une loi de ‘ consentement présumé ’ – un peu ce que l'Italie est en train d'adopter maintenant – qui ne pourrait probablement voir le jour dans aucun des États fédérés américains. – En vertu de ce texte, toute personne qui refuse d'être utilisée comme donneur doit en faire la déclaration expresse – faute de quoi, à sa mort, les médecins seront autorisés à prélever des organes sur son corps. – Et vlan! – La démarche suppose de se rendre à la mairie et de faire enregistrer son refus sur un registre informatisé national. – Si le jour de votre mort il y a une panne, tant pis!  – En cas de décès, l'hôpital consulte cette base de données et si le nom de la personne n'y apparaît pas, elle souscrit le principe du ‘ consentement présumé. ’ "

" [Cette nouvelle loi] donne de si bons résultats que la Belgique présente aujourd'hui un excédent d'organes, qu'elle met à la disposition des patients étrangers. En revanche, plutôt que de les exporter – et c'est là que je trouve étonnant de voir comment le marché réagit d'une façon vive à des situations comme celles-là – les Belges demandent aux receveurs de venir dans leur pays qui empoche ainsi les honoraires versés aux médecins et aux hôpitaux au titre de l'intervention. "

" On ne s'étonnera pas d'apprendre qu'en Inde, l'argent compte encore bien plus, poursuit Rothman. Les reins abondent parce que médecins et intermédiaires organisent la rencontre entre deux catégories de désespérés : les pauvres et les malades. – Cela donne l'idée qu'un problème qui rencontre un autre problème trouve parfois sa solution, ou une solution pour les deux. – Les vendeurs se recrutent parmi les villageois sans le sou, les habitants des bidonvilles, les tisseurs, les travailleurs manuels et les belles filles ayant une dote insuffisante. "

Je vous signale que beaucoup de gens ont réfléchi à la question du marché des organes, et que ce dernier a ses défenseurs. Là, évidemment, il y a des gens qui trouvent cela un peu excessif.

Les pour et les contre sur Qu'est-ce que la mort? Quel est le moment de la mort? Alors si, par exemple, dans une religion donnée, on déclare que la mort correspond à l'arrêt cardiaque, il n'est pas question de donner des organes, parce que la mort s'étant produite, il faut que la notion de mort cérébrale soit acceptée. Si le cerveau ne réagit plus, le corps peut être maintenu en vie par un support technologique. Mais rien n'est plus troublant, et je l'ai vécu personnellement : une personne morte cérébralement, maintenue en vie par un support technologique. Cela te donne l'impression que la personne est en vie et tu n'as pas envie de dire : " Faites comme chez vous, prenez les organes qu’il vous faut. " Il y a un problème là. C'est une apparence, mais c'est difficile parfois d'aller au-delà des apparences, croyez-moi.

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Joseph Campbell:
le mono-mythe

Je vous parle maintenant de Joseph Campbell. À une époque, on a diffusé ses entretiens avec Bill Moyers à PBS, The Power of Myth, qui ont été enregistrés par Georges Lucas qui estimait que Joseph Campbell était son mentor. Je dois dire qu'il y a toutes les raisons de penser qu'un très grand nombre de cinéastes de la génération de Lucas, comme Spielberg, par exemple, doivent beaucoup à Joseph Campbell, qui était pour tout dire mythologue.

D’après :

CAMPBELL, Joseph (avec MOYERS, Bill). The Power of Myth, Éd. Doubleday.


C'est lui qui a conçu la notion de monomythe, c'est-à-dire de l'existence d'un seul grand mythe auquel tous les mythes se rattachent, tous étant construits selon la même structure. Le héros part à l'aventure, traverse une épreuve et revient, enrichi par cette épreuve, témoigner de son expérience dans son milieu. Donc, il y a départ, épreuve et retour. Dans l'Odyssée par exemple, le héros, Ulysse, part en bateau, traverse des épreuves, et revient ensuite.

J'ai un ami qui me racontait récemment avoir décortiqué, pour ses très jeunes enfants, le mythe de l'Odyssée, et que les enfants avaient d'eux-mêmes découvert que, finalement, c'était comme cela qu'on racontait toutes les histoires. C'est donc Campbell qui a conçu ce raccourci et il a beaucoup écrit sur le sujet.

À propos de l'initiation, qui est le départ de l'épreuve et de nature nécessairement initiatique, Campbell dira : " Lorsqu'on parvient à confronter la Sphinx et à vaincre la peur de mourir, la mort n'a plus de prise sur soi, et la menace de calamité s'évanouit. Vaincre la peur de mourir permet de recouvrer la joie de vivre. On ne parvient à accepter inconditionnellement la vie que lorsqu'on a accepté la mort, non pas comme le contraire de la vie mais comme l’une de ses manifestations. Car la vie, qui ne cesse de devenir, entraîne fatalement la mort derrière elle. Vaincre la peur de mourir donne le courage de vivre. Telle est l'initiation cardinale de toute aventure héroïque… "

Joseph Campbell questionne dans ses entrevues : " Quel est donc cet homme pitoyable qui dans sa vie n'a jamais suivi son intuition? " – Campbell utilise en anglais le mot bliss (follow your bliss), que j'ai traduit, non pas par les mots " béatitude " ou " félicité " mais, à cause du contexte, par " intuition ".  Écoute ta voie intérieure autrement dit. – Sans doute peut-on remporter, dans ces conditions, un certain succès dans la vie. Mais alors, de quel genre de vie s'agit-il? demande encore Campbell. À quoi aura-t-elle servi si on n’est jamais parvenu à entreprendre ce à quoi au plus profond de son être on voulait se consacrer?

" Je disais souvent à mes étudiants: ‘ Allez vers là où votre être, votre corps, votre âme veulent aller. ’ Parce qu'on a un sentiment profond, une vision de ce qu'on doit faire, s'y accrocher, et ne laisser personne nous écarter de la voie. En suivant son intuition on se place automatiquement comme sur une voie tracée à l'avance, qui a toujours été là pour soi, et on est assuré de vivre exactement la vie qu'on devait vivre. Où qu'on soit, si on suit son intuition, on profite à tout moment d'un renouvellement de la vitalité intérieure. Suis ton intuition. "

Bien sûr, il faut aussi user de sa tête car le sentier est étroit et plein d'embûches, un texte hindou le rappelle : " C'est un sentier périlleux comme le fil du rasoir. " La Voie du milieu autrement dit. Cambell y revient à un moment dans son entrevue avec Bill Moyers : " C'est le sentier vers l'accomplissement de soi qui passe entre les périls du désir et la peur. Le désir et la peur, telles sont les deux émotions qui gouvernent tout ce qui vit dans le monde. "

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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