PAR...  

Émission du mardi 2 juin 1998

L'essentiel selon Jung

D’après :

JUNG, Carl G. La civilisation en mouvement.


Un mot de Carl Jung, un des pères de la psychologie moderne, à propos de changement.

" Vous ne pouvez rien changer que vous n'ayez d'abord accepté. "

Restons dans Jung. À propos de l'individu, ce paragraphe extrait de La civilisation en mouvement me paraît très intéressant :

" Les grands événements de l'histoire humaine, au fond, manquent singulièrement d'importance. En dernière analyse, la chose vraiment essentielle est la vie de l'individu. Voilà ce qui fait l'histoire : voilà le véritable creuset des grandes informations... dans nos vies les plus intimes, les plus subjectives, nous ne sommes pas seulement les témoins passifs de notre époque, ceux qui la subissent, mais aussi ceux qui la font. "

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La gêne de la nudité

" Fesses que dois "

Alphonse Allais

Vendredi dernier, dans le cadre de l'émission de Christiane Charrette enregistrée aux Foufounes électriques, nous étions regroupés, quelques-uns d'entre nous qui avons eu l'audace – dans des circonstances toutes professionnelles –, de montrer nos foufounes. Évidemment, quelques personnes m'ont fait le commentaire : " Oui, vous avez répondu joliment aux questions de madame Charrette. Mais étiez-vous vraiment obligé d'accepter de jouer dans un film où vous alliez montrer vos foufounes, Monsieur Languirand? Ça ne fait pas très sérieux… "

" Au contraire, c'est très sérieux de montrer ses foufounes ", leur ai-je répondu.


C'était un film de Micheline Lanctôt – que j'aime beaucoup –, qui s'intitule La vie d'un héros : un film qui, d'après moi, n'a pas eu le succès qu'il mérite. Et ce succès, je ne l’ai pas souhaité pour que davantage de gens puissent voir mes foufounes… parfois, je vous entends penser... [rires] Mais je n'en suis pas là quand même! J'ai accepté, à l'époque, car il y avait dans ce film une très belle scène, d’une belle écriture dramatique qui m'intéressait beaucoup. Un jeune homme et un homme plus âgé s'engueulent et parlent politique tout en se déshabillant, et cela donne un côté complètement désarticulé au contenu par rapport au discours.

" Je me suis trouvé gros? Oui, madame ", pour répondre à votre question; et je vous avouerai franchement que j'ai même adopté une posture pour faire ressortir un peu ma bedaine, en me disant que c'était dans la nature du personnage. (Que ne ferait-on pas par respect du métier!) Mais je le regrette un peu, car je trouve qu'il n'y avait peut-être pas lieu d'en ajouter...

D'après :

PANOSSIAN, Marie-Aude. " Où il y a de la gêne : Pourquoi n'aimons-nous pas nous montrer nus? ", QUO, printemps 1998.


J'ai trouvé quelques informations à propos de la nudité et j'aimerais que vous me disiez ce que la nudité évoque pour vous, qu'est-ce qu’elle symbolise. Je vous donne des réponses par ordre d'importance, vous déciderez à quelle réponse vous collez. La nudité évoque : le naturel, la liberté, les vacances, la sexualité, l'indécence, l'exhibitionnisme, et le voyeurisme.

Il y a quatre points de vue qui sont plutôt positifs et trois qui le sont moins. Une étude réalisée par la Fédération française de naturisme en avril 1993 établissait que la nudité symbolisait d'abord le naturel (75 % des Français), puis la liberté (67 %), puis les vacances (53 %), puis la sexualité (30 %), puis seulement après, loin derrière, l'indécence (21 %), l'exhibitionnisme (20 %), le voyeurisme (14 %). Mais il y a aussi la honte…

" La pudeur est une espèce de peur du dévoilement au regard d'autrui ", écrit-on dans un article paru dernièrement dans le magazine QUO : " Où il y a de la gêne : Pourquoi n'aimons-nous pas nous montrer nus? ", de Marie-Aude Panossian. Je trouve que toutes ces définitions ne vont pas assez loin : je pense que, lorsqu'on se dévêt, cela ôte la protection. Mais on devrait peut-être souligner davantage que la protection, c'est-à-dire les vêtements, ce n’est pas seulement une protection : c'est tout l'être social. Bref, au fond, on perd la face en se dénudant – l'être social s'effiloche, pour ainsi dire.

" Ainsi au 16e siècle, on n'osait se déshabiller de crainte de troubler le regard des anges. Au 19e, époque de pudibonderie par excellence, il était indécent et dangereux pour la morale de se regarder nus entre époux et de se mirer soi-même devant un miroir. " On dit même que, à une certaine époque, dans les chemises de nuit des dames, on prévoyait une ouverture pour qu'elles n'aient pas à se dénuder pour l'accouplement…

" Au Japon, la nuque et le dos sont tellement érotiques que les femmes les cachent ou les laissent apparaître dans la plus stricte intimité. Au Laos et au Cambodge, si elles peuvent se promener la poitrine nue ou tout juste avec un soutien-gorge, les jambes des femmes sont cachées en revanche jusqu'aux chevilles. Quant aux pieds, ils sont tabous. Les montrer est parfaitement honteux. Au Vietnam, autrefois, les femmes devaient dissimuler leur corps et particulièrement les seins. Une femme à la poitrine plate était réputée plus vertueuse. La pudeur y est néanmoins à géométrie variable, selon la religion et les ethnies. "

Il y a dans cet article beaucoup de choses qui concernent les enfants, qui sont naturellement des êtres exhibitionnistes. Il faut donc, à un moment, leur enseigner la retenue, nécessaire en public. " ‘ Paradoxalement, constate Paul Denis, beaucoup d'enfants dont les parents ont été naturistes ont ensuite du mal à se montrer nus. L'image du sexe des adultes les a mis mal à l'aise, voire leur a fait peur. Du coup, ils se sont imposés des interdits qu'ils ont ensuite du mal à enfreindre. ’ " C'est bien pour dire... tu te mets nu, les enfants s'habillent; tu t'habilles, les enfants se déshabillent! Une génération Yin, suivie d'une génération Yang, suivie d'une génération Yin, etc. Quelle époque tout de même!

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La maladie : expérience initiatique et formatrice

La souffrance, pour apprendre à vivre


Il y a quatre expériences selon l'enseignement du Bouddha qui sont autant de facteurs de souffrance. Ce sont : la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort. Il y en a deux qui sont inévitables : la naissance et la mort, bien sûr. La maladie, généralement, chacun en aura fait l'expérience; puis la vieillesse, pour ceux qui se rendent là, est aussi une source de souffrance : parce qu'on perd une certaine vitalité... Il faut remplacer cela par une conscience qui s'éveille de plus en plus et qui grandit. Je fais ici un préambule pour vous parler d'autre chose : la maladie.

D’après :

SIEGEL, Dr Bernie S. Vivre la maladie, Éd. J'ai lu, Coll. " Bien-être ", 1995.


Il y a quelque temps, j'ai abordé la question de la maladie. Par la suite, j'ai rencontré quelques personnes qui m'ont remercié d'avoir abordé la question parce c'est un sujet dont on ne parle pas souvent. Je m’étais alors référé à un ouvrage du Docteur Bernie S. Siegel, intitulé Vivre la maladie. J'ai trouvé important de reprendre cette thématique pour parler de la maladie comme expérience initiatique et formatrice.

Si cela ne vous intéresse pas immédiatement parce que vous n'êtes pas malade, tant mieux, je m'en réjouis. Mais quand même, vous pourrez peut-être tirer profit de ce que je vais en raconter maintenant, on ne sait jamais...

Bernie S. Siegel écrit : " La vie est un travail douloureux, qui nous permet d'accoucher de nous-mêmes. Mais je connais des gens qui, en un certain sens, sont morts afin de rester en vie. Je veux parler ce ceux qui se sont éloignés de leurs désirs profonds, à cause de la pression exercée par leurs parents ou quelque autre autorité. [...] La conscience d'être mortel offre à certains le droit de vivre enfin leur vie. Ainsi voit-on le professeur quitter ses cours pour aller s'installer au bord de la mer; le médecin apprendre à jouer de la flûte; la femme au foyer retourner à ses études. "

la maladie est une occasion de prendre conscience de notre mortalité, de notre vulnérabilité

Si on vous disait que vous n'avez plus qu'un an à vivre, qu'est-ce que vous feriez? En ce qui me concerne, à peu près la même chose, je vous le dit honnêtement. J'ai eu à me poser la question, il n'y a pas si longtemps d'ailleurs. Puis, je suis arrivé à cette réponse – mais ce n'est pas sûr, on ne sait jamais tant qu'on n’est pas là... " La conscience d'être mortel offre à certains le droit de vivre enfin leur vie. "…

Ce que Siegel veut nous dire, si je peux court-circuiter un peu sa démonstration, c'est que la maladie est une occasion de prendre conscience de notre mortalité, de notre vulnérabilité tout d’abord, parce que la maladie n'est pas nécessairement mortelle. On prend conscience également que notre activité est suspendue, qu’on ne se définit pas que par l'action, qu'on peut aussi être dans une situation de dépendance à l'endroit des autres, qu'on perd un peu d'une certaine autonomie; etc. Il faut en faire l'occasion d'une seconde naissance.

Alors, à propos de ces gens qui renaissent : " Ils abandonnent à la mort leur fausse personnalité et font naître la vraie, explique le Dr Siegel. Parce qu'il est possible de se suicider sans porter atteinte à son intégrité physique. Pour faire comme eux, vous n'avez de permission à recevoir de personne. N'attendez pas que quelqu'un vous annonce que vous êtes atteint d'un cancer ou du sida. Vivez! Offrez-vous une nouvelle naissance.

" Alors vous pourrez entamer le processus de guérison psychologique et spirituelle qui peut s'accompagner, si besoin est, d'un traitement du corps. Le changement physique est l'expression de votre nouvelle naissance, libérée des maladies du passé. Ne vous en voulez pas. Ne vous faites pas de reproches quant à la manière dont vous avez survécu et reconnu vos besoins véritables. Il n'y a pas de symptômes honteux; le symptôme vous remet sur la voie. Finissez-en avec le passé. "

Voilà les attitudes et les réflexions, nous dit Siegel, qu'on devrait avoir pour profiter de la maladie. Mais peut-être serait-il plus sage, justement, de ne pas attendre d'être malade ou d'être à l'article de la mort, ou de ne plus avoir qu'un an à vivre… pour commencer à vivre, en somme. " N'attendez donc pas d'être malade! " Siegel nous présente la maladie comme une occasion d'éveil, de prise de conscience du sens de la vie, de la conscience de soi, du rôle de la spiritualité dans la vie et dans la guérison particulièrement.

" Nous disposons de certaines facultés d'autoguérison grâce à l'énergie de l'amour, créatrice et intelligente, qui est en nous et qui se manifeste dans les choses les plus simples – par exemple, la cicatrisation de nos blessures. D'où nous vient cette prodigieuse aptitude? Si notre pouvoir d'autoguérison n'existait pas, nous nous viderions de notre sang jusqu'à la mort et nous serions victimes d'infections fatales à la moindre coupure ou égratignure. "

" Les physiciens nous parlent de l'expansion de l'univers et affirment que si son rythme avait été différent de façon infinitésimale, l'univers n'aurait pas existé, écrit le scientifique. Alors je me prends à songer : quelqu'un ou quelque chose préside-t-il à tout cela? Je ne parle pas d'un vieil homme – ou d'une vieille femme – plein de sagesse qui siégerait au milieu des cieux et serait comptable de tout ce qui se passe ici-bas, mais d'une incroyable conscience, d'une intelligence qui se dégage de la vie, de la nature et de nous-mêmes. C'est ma qualité de scientifique qui m'a donné ma spiritualité. Je ne peux pas songer à ce qui m'entoure comme s'il s'agissait d'une simple coïncidence. " Alors, ça suppose évidemment qu'on profite de la maladie pour avoir ce genre de réflexion, pour creuser un peu dans ce genre de pensées et, je le répète, pour réaliser aussi qu'il n'est pas nécessaire d'attendre d'être malade pour le faire.

" J'aime établir une distinction entre religion et spiritualité ", poursuit l’auteur. Il suggère de faire attention à notre interprétation car, dans notre culture judéo-chrétienne, la maladie est souvent perçue comme une punition, ce qu'il rappelle à quelques reprises dans son ouvrage : " Je ne peux tolérer une telle interprétation, écrit-il. À condition de ne pas repousser le double message de la spiritualité et de l'amour, la grâce peut toujours toucher chacun de nous. "

" Lorsque quelqu'un me pose la question : ‘ Selon vous, quel est le sens de la vie? ’, il m'arrive de répondre : ‘ La vie est une expérience et une chance. Le sens qu'elle revêt dépend de ce que nous décidons d'en faire. ’ – Intéressant : Le sens que revêt la vie dépend de ce que nous décidons d'en faire…

" Nous sommes, tout simplement, destinés à aimer, continue-t-il. Notre besoin premier est de choisir la voie qui peut nous mener à l'amour du monde. [...] Nous sommes ici-bas pour refléter l'amour qui est à l'origine de l'univers, pour faire de cette planète un lieu où les enfants sont aimés, pour combattre l'autodestruction, car nous nous aimons nous-mêmes et dès lors cet amour rayonne. " Tout cela est l'attitude que le malade devrait entretenir en lui.

Ensuite, il y a une bonne question... " Si vous gagniez au Loto, vous demanderiez-vous :‘ Pourquoi moi? ’ – N'est-ce pas que c'est une bonne question?  – […] L'influence de la morale judéo-chrétienne peut avoir des conséquences dramatiques et inciter notamment les gens à considérer la maladie comme une punition ", remarque encore le Dr Siegel. Puis, il parle de Helen Keller, et je ne sais pas si son nom vous dit quelque chose… Aux gens de ma génération peut-être davantage. Mais Helen Keller est une personne très étonnante, qui a fait l'objet de livres, qui a écrit sa biographie, etc. Née aveugle, sourde et muette, elle est devenue écrivain – ce qui n'est pas banal. Elle disait, par exemple, n’avoir jamais considéré ses malheurs comme une punition. Dans un de ses ouvrages, elle confiait : " Je n'ai jamais pensé que mes handicaps puissent constituer le moins du monde une punition, un coup du sort. Si j'avais eu cette vision des choses, jamais je n'aurais trouvé le courage de les surmonter. […]

" Les difficultés nous attendent à chaque tournant, elles vont de pair avec la vie... De la douleur naissent les violettes de la patience et de la douceur... La richesse merveilleuse de l'expérience humaine perdrait un peu de la joie qu'elle nous donne si nous n'avions aucun obstacle à surmonter. " Venant d'une femme aussi hypothéquée " par la vie, ce sont des réflexions qui ont beaucoup de poids.

La vie est-elle juste? Voyons ce qu’en dit Siegel " Parfois, lors de nos réunions – car parfois il réunit des gens qui font partie de groupes d'entraide, de soutien, de gens malades –, je demande aux gens si, à leur avis, la vie est juste. La plupart me répondent négativement. " Comme il est aussi professeur de médecine, il s'adresse parfois à des étudiants de médecine pour les inviter à la réflexion en disant : " ‘ Si la vie est injuste, alors inutile d'aider les gens à vivre plus longtemps. Aidez-les, au contraire, à mourir plus vite afin qu'ils n'aient plus à souffrir de l'injustice de la vie. ’ "

" Ma conviction est que la vie est juste et clémente, commente-t-il plus loin. Il nous faut simplement en redéfinir les règles. Les obstacles, les problèmes, les souffrances en font partie. Nous pouvons modifier notre regard en considérant ces difficultés comme un appel à changer et parfois même comme un cadeau du ciel. Katherine Mansfield disait dans l'une de ses lettres : ‘ Il nous faut trouver dans la souffrance le don du ciel... On ne peut pas gaspiller une telle souffrance, il nous faut en tirer parti. ’ "

" Dans un monde où la mort est un chasseur, une image pour moi familière, il n'y a aucune place pour le doute ou le regret. Il n'y en a que pour la décision. "

À un moment, je vous disais que la volonté est pour quelque chose dans le bonheur. On trouve un peu la même pensée chez Siegel ici : " Je sais depuis fort longtemps que les hommes vraiment heureux le sont parce qu'ils ont choisi le bonheur. "

Un peu plus loin, il parle de l'importance d'accepter son ombre ", le concept de Jung. " Il faut entendre par ‘ ombre ’ cette face cachée de notre personnalité que, faute de l'avoir explorée et acceptée, nous projetons souvent sur autrui ou sur un objet extérieur. " C'est tellement difficile à comprendre que je me demande si je l'ai compris.... À réfléchir...

À un moment, il cite Don Juan, le gourou de Carlos Castaneda, lorsqu’il lui parle de la mort. C’est dans Le Voyage à Ixtan. " Vous vous trompez complètement, disait Don Juan. La mort est le seul sage conseiller que nous ayons. Quand vous pensez, et vous le pensez sans cesse, que tout va mal, que vous allez être submergé, il suffit de vous tourner vers la mort pour savoir si c'est vrai. La mort vous dira vite que vous vous faites des idées et que rien n'est vraiment grave tant qu'elle n'a pas posé son doigt sur vous. Votre mort vous dira : ‘ Je ne t'ai pas encore touché. ’

" Regardez-moi. Je n'ai aucun doute, aucun remords. Tout ce que je tente relève de ma décision, de ma responsabilité. La moindre chose que j'entreprends, par exemple de vous inviter à marcher avec moi dans le désert, peut très bien s'achever par ma mort. La mort me traque à chaque instant. C'est pourquoi je ne laisse jamais place au doute ni au remords. Si je dois mourir pour vous avoir conduit dans le désert, alors que je meure. Tandis que, de votre côté, vous êtes persuadé que vous êtes immortel, et les décisions d'un homme immortel sont sujettes aux hésitations, aux remords, aux doutes. Dans un monde où la mort est un chasseur, une image pour moi familière, il n'y a aucune place pour le doute ou le regret. Il n'y en a que pour la décision. "

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Le suicide chez les jeunes


" Les jeunes ne désirent pas uniquement payer le déficit, ils veulent bâtir une société qui leur ressemble. "

Ce sont les paroles de Michel Philibert, qui termine incidemment son mandat de président au sein du Conseil permanent de la jeunesse. Peut-être saviez-vous que c'est un organisme fondé en 1987, qui a pour mission de conseiller le Ministre responsable de la jeunesse au Québec sur toutes les questions relatives aux jeunes.

D’après :

PHILIBERT, Michel (Propos recueillis par BASTIEN Geneviève et WELLS Karen. " Michel Philibert : Entrevue ", Revue Notre-Dame (RND), juin 1998.


" Depuis 1984, Michel Philibert a travaillé a améliorer le sort et la place des jeunes au Québec ",
dit-on à son propos en introduction d’une entrevue parue dans la Revue Notre-Dame – une revue très intéressante, soit dit en passant, et distribuée gratuitement dans les Caisses populaires Desjardins.

Dans un propos que tient ce jeune Philibert, il parle du suicide chez les jeunes : " C'est en travaillant sur la violence que le Conseil s'est aperçu que la seule forme de violence qui augmentait, c'était celle que les jeunes retournent contre eux. En prenant connaissance des statistiques, nous avons vu l'ampleur du problème et avons décidé de sensibiliser l'opinion publique. Nous avons été un peu les premiers à dire qu'un jeune par jour s'enlevait la vie au Québec et qu'une quarantaine par jour se retrouvaient à l'hôpital à cause d'une tentative de suicide. Le suicide est responsable d'un plus grand nombre de décès chez les jeunes que les accidents de la route. – Ce n'est pas rien!

" On pourrait expliquer en partie la forte augmentation du suicide par la rapidité des transformations sociales qu'a connues le Québec des années 60 jusqu'au milieu des années 70, pousuit-il. D'autres sociétés industrialisées ont vécu des transformations semblables à celles du Québec, mais peut-être pas sur une aussi courte période de temps. Et les experts s'entendent généralement pour dire que cette transformation rapide a augmenté la pression mise sur les jeunes et les a marqués profondément.

" Mais le suicide ne dépend pas d'un unique facteur : ses causes sont multiples et variables. L'éclatement des familles est une des explications, de même que l'expérimentation et la consommation, de plus en plus jeune, de drogues et d'alcool. Les jeunes connaissent aussi leurs premières relations amoureuses et sexuelles plus tôt qu'auparavant et, de ce fait, vivent aussi très jeunes des situations et des problèmes d'adultes. "

Dans la prévention, il se dit convaincu qu'il faut travailler sur l'estime de soi. " Les gens portés au suicide ont une très mauvaise image d'eux-mêmes. Il faut arriver à développer ce qu'on appelle les ‘ habiletés psychosociales ’ des jeunes, c'est-à-dire les doter d'outils pour qu'ils puissent apprendre à résoudre leurs problèmes. On dit souvent que le suicide est une solution permanente à un problème qui est temporaire. " Intéressant comme définition.

D’après :

GAUTHIER, Madeleine. " Partir ou rester là " et " La société du provisoire ", Revue Notre-Dame (RND), juin 1998.


La difficulté de devenir adulte aujourd'hui

Dans ce même numéro de la Revue Notre-Dame, il y a aussi des propos de Madeleine Gauthier sur le thème " Devenir adulte aujourd'hui ", et plus particulièrement sur la difficulté de le devenir : il est de plus en plus long et compliqué de devenir adulte aujourd'hui…

" Pas de rite d'initiation, quelquefois encore le mariage, mais dans un tout autre contexte, départ sans l'assurance de l'autonomie financière, bref, absence de ces moments importants qui permettraient de caractériser l'étape du passage – à l'âge adulte. – Celle-ci [l'étape], de plus, a tendance à s'allonger. Il faut sans doute y voir l'effet d'une conjoncture difficile du point de vue de l'insertion professionnelle […]. " Entre autres choses... Plus rien n'est pareil, plus rien n'est comme avant, c’est sûr.

" Le long rituel de la scolarisation porte en partie ses fruits si on s'en tient à la comparaison du succès sur le marché du travail ",
observe par ailleurs Madeleine Gauthier.

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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