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Émission du jeudi 28 mai 1998

   

Le stress

   

Trop de stimulation ou pas assez sont des facteurs de stress égaux.

D’après :
" Le stress quotidien selon Georges Kohlrieser ", Le journal des psychologues, N° 157, Paris, mai 1998.
  Selon Georges Kohlrieser, un spécialiste allemand du stress quotidien, les facteurs de stress sont les suivants, qu’il regroupe en sept catégories :
  1. La perte;
  2. Les buts poursuivis et les valeurs;
  3. Les relations difficiles et tendues avec les autres;
  4. La solitude et l’absence de relation;
  5. Les petites contrariétés quotidiennes;
  6. La vitesse et le rythme accéléré;
  7. L’environnement extérieur.
  D’après : " Ennemi public, ami intime : le stress ", Le journal des psychologues, N° 157, Paris, mai 1998.  
Dans un encadré qui accompagne un article de Mireille Irion, on écrit :

La perte. C’est le facteur le plus stressant de tous.

D’abord, la perte d’une personne avec laquelle une relation était établie : la mort, le divorce, la séparation, le départ des enfants. – Dans les échelles du stress, on place d’abord le décès du conjoint, la séparation, la perte d’un travail, la prise d’une hypothèque sur la maison, un déménagement, une contravention... bref, les petits ennuis de la vie quotidienne. –

La vie professionnelle aussi est remplie de ‘ pertes ’. Par exemple, un système de gestion des cadres, qui prévoit des mutations tous les trois ou cinq ans, occasionne une perte régulière des connaissances et des amis. Les enfants quittent leurs camarades d’école. – À propos des enfants, on se dit souvent que ce n’est pas grave, qu’ils vont comprendre, s’adapter. Mais c’est là le problème : quitter l’école, les camarades, se dire que je ne le ou la reverrai peut-être plus... cause de la souffrance. Il n’y a pas de déménagement sans stress. – Point à la ligne, c’est clair. –

Ensuite, il y a les pertes de tout ce qui nous est cher ou familier : les animaux, les objets, l’argent, le produit qu’on était chargé de promouvoir, le service dont on était responsable. – Il y a des gens qui ont l’impression qu’on leur retire le tapis sous les pieds!

 

   
  1. Les buts poursuivis et les valeurs. Toute incohérence ou contradiction est source de stress. Par exemple : ‘ J’ai un but moral qui s’oppose aux buts que je dois poursuivre dans une partie de ma vie professionnelle. ’ – Autre exemple : ‘ Je suis un homme honnête, mais il faut que je roule un peu les gens pour les amener à signer le contrat. ’ Dans une situation comme celle-là, il y a un décalage entre les valeurs de préférence et les valeurs de référence.
  2. Les relations difficiles ou tendues avec les autres. Tous les problèmes de communication, d’incompréhension sont source de stress. – Personnellement, cela m’est extrêmement difficile d’avoir des tensions avec les gens : je le supporte très mal. Il y a des gens, il me semble, qui ont plus de facilité pour ça…
  3. La solitude et l’absence de relations. Ne plus avoir accès aux autres, à un milieu, à un groupe. Souvent la personne souffre moins de relations négatives que de l’absence totale de relations.
  4. Les petites contrariétés quotidiennes – mes favorites et les vôtres aussi je suis certain… – : embouteillages, pas de place de stationnement, retards, petits échecs professionnels, réunions ennuyeuses, légères humiliations... La dose est faible, mais la répétition peut-être tout à fait contraignante et lourde à porter.
  5. La vitesse et le rythme accéléré. Cette obsession du temps est le fléau des temps modernes et en particulier des grandes villes. Il faut tout le temps aller vite, manger vite, prendre son métro en courant, répondre vite aux demandes... Vies agitées, surmenées, tendues sont des sources de stress – que l’on n’arrive pas à apaiser parce que, entraîné par le flot, on ne peut résister... et ça devient un autre facteur de stress. –
  6. L’environnement extérieur. Le bruit apparaît comme la source principale de stress avec le froid, le chaud, la laideur et le béton. " Le béton est peut-être un facteur de stress par rapport à la nature, se promener dans le gazon est tellement plus agréable. C’est sûr qu’il y a une différence!

Voir, prendre conscience de ce que sont les facteurs de stress, c’est déjà une forme d’intervention en soi. Il y a d’autres interventions : s’il fait vraiment froid, il faut vous réchauffer; si le béton vous stresse, il faut aller dans la nature de temps en temps; essayer de vivre au ralenti aussi, d’échapper autant que possible aux petites contrariétés quotidiennes. Mais là, elles vous attendent, parce qu’elles sont nerveuses et nombreuses! Intervenir autant que l’on peut, accepter ce que l’on ne peut pas transformer... discours connu mais tellement d’actualité. Avant tout, pour l’instant, en prendre conscience.

Il y a aussi un autre point de vue que celui d’un sociologue. Remarquez que ce n’est pas très différent comme approche mais c’est un regard d’une autre perspective.

  D’après : TOFFLER, Alvin.
Le choc du futur, Éd. Denöel, 1971.
 


le stress de l’environnement

Dans notre type de société – le type même d’environnement moderne, post moderne – quels sont les facteurs de stress les plus ressentis d’après Alvin Toffler? On a parlé de lui très souvent, et l’information suivante est extraite d’un livre important qu’il a écrit Le choc du Futur.

Voici les 17 facteurs de stress les plus ressentis dans la société moderne, selon Alvin Toffler :

  1. Accélération du temps. – Le temps nous entraîne comme un flot contre lequel on ne peut rien. Alors, il convient de se situer en-dehors et de le regarder passer.
  2. Augmentation de la densité de l’information et des communications. – On est soumis consciemment et inconsciemment à un très grand nombre d’informations et de communications, desquelles on doit se protéger. Personnellement, j’en suis venu à regarder tout cela avec une certaine distance. Je ne vis pas les informations de l’intérieur, ce qui fait que je me sens moins atteint. Sinon on est constamment comme des boxeurs épuisés par tous les coups qu’ils ont reçus.
  3. Besoin de nouveauté (mais aussi choc provoqué par celle-ci).
  4. Augmentation de la population globale. – Si je pense, par exemple, à la piste cyclable du canal Lachine : la semaine c’est agréable, un cycliste à l’occasion, quelques patineurs, mais la fin de semaine, c’est la foule; donc il y a beaucoup moins de plaisir et de détente.
  5. Augmentation de la population des villes.
  6. Production et consommation accrues.
  7. Accélération des transports et de la vitesse des véhicules.
  8. Accélération de l’invention. – Je ne sais pas où vous en êtes avec votre ordinateur, mais avez-vous fait des mises à jour récemment? Êtes-vous encore compatible avec la voisine?
  9. Instauration de l’éphémère.
  10. Société du ‘ prêt à jeter ’.
  11. Désymbolisation des objets.
  12. Éloignement entre la résidence et le lieu de travail.
  13. Mobilité géographique, sociale, familiale. – On déménage, on bouge dans l’échelle sociale.
  14. Rupture de l’équipe de travail (tâches parcellaires).
  15. Besoin de changements de toutes sortes.C’est intéressant ici, car le changement entraîne un stress, mais le besoin de changement aussi.
  16. Rotation scolaire accrue. – Les garderies, l’école, le service de garde, le mouvement des enfants.
  17. Relâchement des liens parentaux et familiaux. La famille, le milieu, la société, l’encadrement humain sont extrêmement importants pour amortir le stress.
   


les femmes et le stress

Je ne sais pas, mesdames, si vous serez d’accord avec ce que je vais dire, mais c’est apparemment " une idée très répandue que les femmes sont moins exposées au stress que les hommes ". Tout d’abord, je n’aime pas l’expression " moins exposée à ", car je crois qu’elle le sont tout autant, sinon même plus. Peut-être ont-elles une meilleure faculté d’adaptation, une souplesse, une malléabilité, une flexibilité, une adaptabilité particulières?

Des études françaises sur le sujet indiquent quelques points intéressants sur les relations que les femmes entretiennent avec le stress :

les femmes verbalisent plus facilement leurs difficultés, extériorisent leurs émotions.

les femmes compensent avec plus facilement leurs insatisfactions personnelles par des satisfactions personnelles et familiales.

les femmes consacrent plus de temps à leur santé et à leurs soins corporels.

Prendre soin de soi, c’est aussi une solution!

 

  D’après : " Anticyclone, programme audiovisuel de ‘ gestion de stress ’ " avec Michel Galabru.  


les stresseurs

Dans un autre encadré du dossier paru dans Le Journal des psychologues, on retrouve une liste de stresseurs et d’anti-stresseurs. Les voici :

  • La frustration  grand facteur de stress – : privation, non-satisfaction d’un besoin, d’un désir, d’une attente – et de ce qui en découle... la frustration.

Quoi faire? " Évacuer : ‘ Respirer ’ ".

  • L’ancrage. Concept emprunté à la PNL. Sensation ou image qui réactive une expérience désagréable (ex. : la sonnerie du téléphone – qui évoque ce qui a été vécu précédemment –). Le phénomène d’ancrage peut aussi être utilisé positivement.
 
On suggère ici de " recadrer ", de raisonner autrement dit, de voir le problème dans sa perspective réelle : " ‘ Au fond, de quoi s’agit-il? ’ "
  • Les ‘ timbres ’ : Concept emprunté à l’Analyse Transactionnelle. Menus désagréments que nous collectionnons pour les échanger – quand le carnet est plein… – contre un ‘ cadeau ’ (colère, déprime, accident). Tout à coup, survient le petit incident final qui va provoquer une réaction inattendue, car depuis un moment, on a accumulé des petits facteurs de stress qui vont se traduire par une colère surprenante!

Solution? " Transformer. D’un même scénario, en faire une tragédie... ou une comédie. "

  • L’espace : Le non-respect de l’espace propre à chacun (sentiment d’être bousculé, envahi, étouffé).
   

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La modernité et le concept de Dieu

" Dieu ", un dossier de L’Agora, Québec, vol. 5, N° 3, mai-juin 1998.

 

Lorsque j’ai touché à des sujets portant sur la spiritualité, je n’ai pour ainsi dire jamais employé le mot " Dieu ". Quelques personnes me l’ont déjà fait remarquer. J’étais au courant, bien sûr, parce que j’avais volontairement évité la question. Pourquoi? Parce que le mot " Dieu " a une connotation et que je n’ai aucun contrôle sur ce que ce mot peut évoquer pour vous personnellement.

Est-ce que c’est pour vous un dieu personnel, impersonnel, concret, abstrait? Est-ce qu’un dieu intervient dans vos vies ou pas? Etc. Alors, j’emploie des formules comme la conscience universelle, l’essence supérieure, le cosmos… Bref, des termes assez nouveaux, de manière à ce que vous puissiez être libérés des conditionnements ou des résonnances qui sont attachés au mot " Dieu ".

D’après : DUFRESNE, Jacques. " Un regard divin sur le visible, plutôt qu’un regard humain sur l’invisible ", L’Agora, Québec, vol. 5, N° 3, mai-juin 1998.  
Tiens, justement, j’ai été pas mal jeté sur le dos lorsque j’ai reçu le dernier numéro de L’Agora des idées et des débats, publication que dirige Jacques Dufresne, dont le thème est : " Dieu ".

Nous avons voulu dans ce numéro dire notre reconnaissance à nos maîtres, faire appel à des amis, pour parler de Dieu ", écrit Jacques Dufresne dans son éditorial : " Un regard divin sur le visible, plutôt qu’un regard humain sur l’invisible ". Il ne faut pas se défaire du passé sous prétexte que c’est passé. Il y a des enseignements qui viennent du passé et qu’il faut reconnaître.

D’après :PROULX, Jean. " De la mort des idoles aux signes du divin ", L’Agora, Québec, vol. 5, N° 3, mai-juin 1998.  
Dans un article, " De la mort des idoles aux signes du divin ", Jean Proulx reprend certains des points que, personnellement, j’aurais eu envie de soulever. " Il faut bien que meurent les idoles, dit-il d’entrée de jeu. Pour cela, la réflexion critique est nécessaire. Par une part d’elle-même, en effet, la réflexion se présente comme l’exercice du soupçon ou comme la pratique du doute. Sa tâche est de démystifier ou de briser la naïveté de certains mythes religieux et de détruire les illusions nées de l’infini du désir humain. La conscience fausse du sacré et du divin doit être dénoncée. Il y a des masques à faire tomber, surtout en ce qui concerne l’image de Dieu et son intervention dans le monde. "
  D’après :
DUFRESNE, Jacques. " L’homme incapable de Dieu ", L’Agora, Québec, vol. 5, N° 3, mai-juin 1998.
 
Puis, dans un autre article remarquable, Jacques Dufresne s’interroge sur l’effet de la modernité sur le concept de Dieu. " La vague de la modernité, au sommet de laquelle nous surfons encore, même si elle a commencé à se briser il y a longtemps déjà, aura-t-elle à jamais éloigné les hommes de Dieu? " se demande J. Dufresne en introduction. Puis, il fait le tour de plusieurs philosophes du passé en Occident, et de scientifiques également, pour montrer jusqu’à quel point certains d’entre eux, malgré leur dimension philosophique ou scientifique, avaient une croyance en Dieu. Je pense notamment à Descartes ou à Newton, mais il y en a beaucoup d’autres.
   


" Dieu ", un dossier de L’Agora, Québec, vol. 5, N° 3, mai-juin 1998.

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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