| Émission du mardi 4 avril 2000 | ||||
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Alarme écologique : |
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Tout d’abord, il sera question d’écologie. Je vous le dis tout de suite, je n’en abuserai pas parce que je vous dirai que le problème que nous avons dans le monde de la communication, c’est de savoir que cette question de l’écologie, de la crise de l’environnement n’en est pas une que les gens aiment beaucoup que l’on soulève : parce que ce n’est pas très excitant et qu’on n’a pas vraiment de solution à proposer ou même à suggérer. Finalement, on se sent un petit peu dépourvu (moi en tous les cas) et on se demande : Qu’est-ce que je peux faire pour aider à traverser cette crise de l’environnement? Évidemment, j’ai la chance considérable de pouvoir vous en parler à vous, mais on est tous un peu pris avec la question de savoir comment on pourrait militer davantage, s’engager davantage, pour être encore plus éveillé à cette question. Ne nous le cachons pas, le risque est très grand que la vie sur Terre soit de plus en plus étriquée pour finir par s’étioler et, au bout du compte, disparaître et nous avec. En tout cas, ce n’est pas une impossibilité. Pour le moment, je vous dirai que ce que je
trouve difficile, quand on anime une émission comme celle-ci, c’est
de penser qu’il est absolument important de tenir des propos qui ne seront
peut-être pas ceux qui vont nous permettre d’être aussi populaire
qu’on le souhaiterait dans le fond de notre cœur… [rires]
Que voulez-vous! Il y a des causes perdues
comme ça, mais j’espère bien que celle de l’écologie
ne l’est pas, maintenant que la
Terre porte six milliards d’individus…,
qu'elle en portera sept milliards et demi dans un quart de siècle
et 10 milliards dans une cinquantaine d’années. |
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| La menace qui pèse actuellement sur l’environnement est une menace qui vise tout le monde, pays nantis comme pays pauvres. |
L’explosion urbaine, par exemple, est fulgurante : c’est un phénomène inédit, comme nous le fait remarquer Ignacio Ramonet dans l'introduction du N° 50 de Manière de voir dont le thème est : " Soulager la planète ". " Londres a mis 130 ans pour passer de 1 million d’habitants à 8 millions, écrit M. Ramonet. Tandis que Lagos (Nigeria), qui n’en avait que 290,000 en 1950, en comptera 24,4 millions dès 2015. Brasilia, capitale artificielle créée ex nihilo (de rien du tout) en 1960, approche déjà les 4 millions d’habitants. […] Si tous les humains avaient le niveau de vie des citoyens [de l’Occident], la planète pourrait à peine subvenir aux besoins de 700 millions de personnes. Si, au contraire, ils acceptaient de vivre comme les habitants du Mali, de 18 à 20 milliards de personnes pourraient subsister. " Il y a donc un déséquilibre entre les pays riches et les pays pauvres. Mais ce déséquilibre n’est pas la seule problématique, si je puis dire : la menace qui pèse actuellement sur l’environnement est une menace qui vise tout le monde, pays nantis comme pays pauvres. Que faire? On pourrait peut-être contribuer chacun selon sa mesure. Certains d’entre nous pourraient peut-être donner du temps aux organismes qui s’occupent de cette question. Bref, il y a qu’il faut s’engager. |
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| " La mondialisation,
dont la rationalité est celle des grandes entreprises et des marchés
financiers, écrit plus loin Ignacio Ramonet,
fait planer une lourde menace sur ces villes. […] Que l’État
prenne garde car les villes ont la vertu d’augmenter les tensions. Et c’est
d’elles, de leurs millions de marginaux, d’exclus et de pauvres que viendront
désormais au Sud comme au Nord la contestation et la révolte.
C’est pourquoi le modèle de croissance fondé sur une main-d’œuvre
bon marché, une monnaie sous-évaluée, des exportations
à outrance, des taux d’intérêt élevés
pour attirer les investisseurs et spéculateurs internationaux, le
tout encadré par un régime politique autoritaire, apparaît
désormais comme dangereux. " |
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| " Le productivisme
à outrance reste pourtant le premier responsable de la mise à
sac de la planète. " Ignacio Ramonet |
" La Conférence de Berlin sur les climats, en avril 1995, avait ratifié l’idée que le marché n’est pas en mesure de répondre aux défis des mégapoles, ni aux risques globaux sur l’environnement. Le productivisme à outrance reste pourtant le premier responsable de la mise à sac de la planète. L’étendue des désastres écologiques et les problèmes qu’ils soulèvent concernent tous les citoyens du monde. Protéger la biodiversité, la variété de la vie par le développement durable devient un impératif. " " L'idée de développement durable est simple, dit Ramonet : le développement est durable si les générations futures héritent d'un environnement d'une qualité au moins égale à celui qu'ont reçu les générations précédentes. "
J’ai fait un bout de chemin, maintenant à chacun de faire le sien. Remarquez que ça ne me satisfait pas d’être ici au micro à vous communiquer ce genre d’informations, alors j’essaie le plus possible d’intervenir auprès des organismes, des groupes, etc., pour faire en sorte que nos dirigeants prennent davantage conscience de la situation au lieu d’être obsédés littéralement par l’économisme à tout prix, qui est la cause, en particulier, de cette grande menace qui pèse sur l’humanité. |
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| Le virtuel et le réel | ||||
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S’agit-il là d’une opposition? Pas nécessairement. Virtuel, qui vient du latin virtus (force, vertu), signifie ce qui est en puissance dans le réel. Donc, le virtuel comporte en soi toutes les conditions essentielles à sa réalisation. Alors, que peut bien être une réalité qui en soi a toutes les conditions de sa réalisation? C’est encore un de ces mots dont le sens va évoluer avec les années, les mois, les semaines, etc. et dont on va maintenant parler. La réalité virtuelle… Comme si on n’avait pas assez de mal à assumer la réalité… Nous allons devoir, dans les années qui viennent, assumer aussi la réalité virtuelle. Il s’agit en fait de techniques de stimulation visant à faire apparaître comme une réalité le monde fabriqué par des images informatiques. Bien qu'encore malgré tout à l’état embryonnaire, on peut déjà utiliser certains casques qui vont nous permettre de nous déplacer dans un paysage conçu à l’aide d’ordinateurs sophistiqués et très puissants On parle cependant de plus en plus de
ce nouveau média de communication comme, encore une fois, la plus
grande invention depuis l'imprimerie. On revient toujours avec cette
référence de l’imprimerie parce qu’elle a provoqué
un véritable bouleversement culturel en permettant à des
gens ordinaires de prendre connaissance de certains textes qui, jusque-là,
n’étaient accessibles que par des ouvrages recopiés par
des moines. C’était très rare et extrêmement coûteux,
du reste, alors que maintenant toutes ces informations sont accessibles
grâce à l’imprimerie. C’est un peu ce qui est en train de
se produire avec la réalité virtuelle. |
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Le premier exemple de réalité virtuelle remonte à 1958, alors que la General Electric a réalisé le premier simulateur de vol. (On a tous vu ça déjà à la télévision.) Les simulateurs d’ailleurs sont devenus de plus en plus sophistiqués, au point qu’ils reproduisent presque parfaitement la réalité. Les pilotes en apprentissage prennent place dans une cabine de pilotage (cockpit) identique à celle de l’avion. " Tous les mouvements qu’aurait l’avion dans la réalité, en fonction de la puissance des réacteurs, des inclinaisons des ailerons, des vents, des perturbations, etc., sont modélisés par un ordinateur ", écrit Frédéric Vasseur dans Les médias du futur, de la collection " Que sais-je ". Il n’y a pas un cerveau humain qui pourrait ramasser tout ça. Mais, au fond, l’ordinateur est un imbécile : il répète tout ce qu’on lui dit, il va à gauche si on lui dit d’aller à gauche, ou à droite si on lui dit d’aller à droite, il ne se pose pas de questions, il n’a que des réponses. [rires] " Le paysage, simulé par des montages vidéo, défile devant les yeux des pilotes. Les inclinaisons, les secousses sont reconstituées par un jeu de vérins hydrauliques qui fait bouger le cockpit ", poursuit l'auteur. C’est une technologie qui, à la suite de l’usage qu’on en a fait pour la simulation de vol, a été reprise, en particulier, par les salles d’amusement. Tout à coup tu vois une image qui t’entraînes vers la gauche : normalement, si tu es entraîné vers la gauche, tu sens une pression à droite et l’endroit où tu es assis (parfois ce sont 40 personnes qui sont assises) crée un mouvement qui donne l’impression que ce que tu vois correspond à ce que tu ressens dans ton corps, etc. C’est excitant mais tout de même assez simple. J’aime bien partir de zéro pour voir où l’on est maintenant. Sans cela, on se dit : d’où ça vient toute cette technologie? Alors je suis retourné dans une documentation que j’ai recueillie au cours des années pour vous en parler, puisque c’est tellement dans l’air. |
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| Ce à quoi on assiste de plus en plus, c’est l’hybridation des technologies de simulation de la réalité et de celles du jeu télévisé. |
On assiste aussi depuis quelques années à l’hybridation des technologies, à l’hybridation des médias. Le principe de l’hybridation est le suivant : vous prenez deux technologies (ou deux médias) et de ce mariage, pour ainsi dire, va naître une nouvelle technologie. Par exemple, le téléphone et la machine à écrire, ça a donné le télécopieur. C’est un bon exemple d’hybridation. Certains préfèrent employer le mot " hybridisation ", mais ne nous compliquons pas la vie davantage. Marshall McLuhan accordait toujours beaucoup d’importance dans ses exposés au phénomène de l’hybridation, car il était convaincu que c’était vers cela qu’on allait toujours. Ce à quoi on assiste de plus en plus, c’est l’hybridation des technologies de simulation de la réalité et de celles du jeu télévisé : parce qu’il n’y a rien qui ressemble plus à un jeu télévisé que la réalité virtuelle. Je pense aux simulateurs de vol, par exemple. On peut voir dans certains jeux télévisés qu’ils empruntent directement de l’information qui vient des simulateurs de vol.
Puis on s’est éloigné de ce
cheminement héroïque,
ce qui est très dommage parce que tout ce qu’on a conservé
c’est, la plupart du temps, la dimension violente qu’on retrouvait parfois
dans les aventures initiatiques. Par exemple, lorsque le héros
doit s’attaquer à des monstres qu’il doit vaincre, ou écarter
des obstacles de sa route, ça peut devenir violent. Mais il y avait
une dimension autre, celle de la démarche héroïque,
l’affrontement avec le mal, l’épreuve dont le héros sort
grandi. Le
héros, c’est vous et moi parce
que la vie, on peut dire que c’est virtuel tout en étant une aventure
initiatique et bien réelle. |
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| Il faut comprendre que la perspective n’existe pas dans la réalité. |
" Le casque de visualisation (head mounted display) permet l’immersion dans un décor en trois dimensions, poursuit F. Vasseur. Deux petits écrans à cristaux liquides, un devant chaque œil, sont maintenus par une lunette. " Je n’en ai pas encore fait l’expérience, mais si ça peut se présenter, je ne manquerai pas de la faire. Il paraît que c’est comme de se promener dans un trip. Ça peut m’intéresser vivement, trippeux comme je le suis. Toujours est-il que l’image est perçue en relief parce que chaque œil ne voit pas exactement la même chose. Le cerveau fait le même travail que dans la vie : il fait apparaître la réalité en trois dimensions. Il faut comprendre que la perspective n’existe pas dans la réalité. La perspective est une perception non pas des yeux mais du cerveau. Regardez un mur dans la perspective puis approchez-vous, vous constaterez qu’il est droit. La perspective n’existe que dans la représentation que l’on en a. Il paraît du reste que l’une des choses les plus difficiles pour les gens qui ont souffert de cécité toute leur vie ou pendant très longtemps, et qui tout à coup recouvrent la vue, c’est d’arriver à se déplacer dans un univers qui n’est plus rectiligne. Au moment, si je regarde la vitre devant moi, un côté me semble plus haut que l’autre parce que c’est l’effet de la perspective. Alors que si j’étais aveugle et que je touchais cette fenêtre, ce serait pour moi un rectangle parfait. Le casque de visualisation, donc, permet l’immersion dans un décor en trois dimensions et qui apparaît en perspective parce que c’est programmé ainsi. " Des capteurs, d'autre part, analysent en permanence la position de la tête ", explique l'auteur. Si donc vous penchez la tête, l’image suit. Mais il paraît que ça ne suit pas toujours dans l’immédiateté : ça peut se faire par petits coups, dit-on. Quand la machine est puissante, il n’y a pas ce problème. " Des petits haut-parleurs, disposés tout autour du casque, reconstituent enfin les déplacements des bruits (spatialisation du son). " " Le gant de données (Dataglove) est l'équivalent de la souris des micro-ordinateurs, mais appliqué à un espace à trois dimensions ", explique notre auteur : tu avances la main, tu touches quelque chose et ça te donne l’impression du réel, etc. Je me rends compte que je vous ai déjà communiqué un peu de ces informations. J’y reviens aujourd’hui parce que ça nous est devenu plus familier. C’est tout de même incroyable la vitesse à laquelle évolue cette technologie! Il y a, par exemple, un aspect qui m’intéresse beaucoup, à propos de la danse et du cinéma. On va demander à un danseur, qui porte des senseurs un peu partout sur le corps, de faire tel ou tel mouvement; s’il bouge le bras, par exemple, on va voir apparaître sur l’écran le bras d’un squelette qui bouge dans le même sens, ou un personnage virtuel qui bouge commandé par les mouvements du corps du danseur. J’ai parlé tout à l’heure du
casque de visualisation (head mounted display), des gants de données
(Dataglove), mais il y a aussi la combinaison de données
(Datasuit) qui est utilisée par le danseur. Avec toute cette
technologie, on est en train de créer un art virtuel qui permet
de voir des formes en mouvement, grâce à des humains qui
se meuvent et des capteurs qui communiquent le mouvement à une
forme qui se déplace dans l’espace, et ça devient spectacle.
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On a abordé cette question récemment
lorsqu’on a parlé des
Otaku, ce phénomène
qu’on rencontre surtout chez les jeunes au Japon mais qui gagne le monde
entier. Il faut dire que ces jeunes n’ont pas vu naître le phénomène,
ils sont tombés dedans quand ils étaient petits – si
j’ose dire. Pour eux, la réalité virtuelle est-elle plus
vraie que la réalité? |
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" La réalité virtuelle n’est pas sans danger, soutient Philippe Quéau (qui était en 1993 directeur de recherche à l'Institut national de l'audiovisuel) ", peut-on lire dans un article de Édouard Launet paru dans Science & Vie il y a plusieurs années. " ‘ L’illusion du virtuel sera demain si parfaite, si troublante, qu’on risque d’assister à une virtualisation du réel chez ceux qui s’informeront et agiront au travers d’un écran de virtuel ’ ", affirme P. Quéau. Puis, on donne pour exemple – même si ça n’est pas aussi au point que ce le sera dans quelques années – ce qui s’est produit à bord d’un croiseur de l’armée américaine, lors de la guerre du Golfe : Les militaires américains du croiseur Vincennes ont abattu un avion de ligne iranien en le prenant pour un avion de chasse. Coupés du monde extérieur dans leur salle de contrôle, ces militaires étaient plongés dans un environnement peuplé de consoles radar et d’écrans d'ordinateurs. Isolés dans cette cellule, ils ont déclenché le drame dans le monde réel. " " La réalité virtuelle, en
somme, ne fait qu’amplifier ce décalage et le risque de déresponsabilisation
qu’il induit ", poursuit l'auteur
de l'article. |
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| Il est entre autres maintenant possible de " voyager " dans un organe, dans une partie du système sanguin. |
On ne peut pas toujours parler de malheur car il y a une foule de bonnes choses à tirer de cette nouvelle technologie. Par exemple, l’utilisation qu’on en peut faire dans la recherche médicale. On peut profiter de cette technologie comme d’un véritable système d’immersion. Il est entre autres maintenant possible de " voyager " dans un organe, dans une partie du système sanguin. Il y a un autre truc dont j’ai entendu parler
dans quelques ouvrages, c’est la possibilité d’entrer dans le rêve
d’un patient pour le soigner. Pas de blagues… Je ne suis pas pressé
de m’étendre sur un canapé et qu’on me dise : " Dites-nous
tout ce qui se passe dans votre tête, Monsieur Languirand. "
Puis que, tout à coup, je sente que quelqu’un est en train de visiter
mon fonctionnement interne, en soupesant mes fantasmes, comme s’il y était…
" Bienvenue dans mon cauchemar, docteur! " [rires] |
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Le récit de vie comme outil thérapeutique |
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Je n’apprécie pas, en général, qu’on se complaise dans son vécu pour justifier une victimite maladive. Déjà, la victimite, c’est passablement maladif, si vous me permettez le pléonasme. La victimite a existé de tout temps, mais maintenant elle est en train de devenir une des grandes maladies du siècle, surtout en Occident où l’on attend le bonheur au coin de la rue, dans la Loto, etc. En revanche, le vécu, dans le but de se comprendre ou de mieux comprendre sa relation au monde, me paraît beaucoup plus intéressant. Il y a parfois des gens qui me font l’honneur de penser que je serais capable de les aider à répondre à la question : " Qu’est-ce que je serais capable de faire pour me soigner dans la tête? " Je leur suggère alors de se tourner vers les récits de vie.
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" Certains chercheurs en sciences humaines ont fait du récit de vie une véritable méthode de travail, structurée, dans laquelle le sujet prend une place centrale ", écrit-on en introduction d'un article de Michel Legrand paru dans Sciences Humaines en février dernier. L’idée n’est pas de justifier ses malheurs mais bien de comprendre quelque chose; l'idée n'est pas de se plaindre, d’être pris en charge ou d’entraîner les autres dans le sillage d’une morosité qu’ils n’ont pas du tout envie de partager avec vous. " Récit de vie : Expression générique employée où une personne raconte sa vie ou un fragment de sa vie à un ou plusieurs interlocuteurs ", explique Michel Legrand. Il faut savoir que le récit de vie est verbal et qu'il se pratique souvent en groupe, dans des ateliers. Une autre forme qui m’est plus familière et que j’ai rencontrée chez certains interlocuteurs, c’est le récit de vie écrit, c’est-à-dire de se donner la peine de tenir un journal personnel, de raconter à soi ou à un interlocuteur virtuel (on y est encore!) ce qui va permettre de trouver le sens de sa vie. Voilà qui est hautement tripatif! En somme, le récit de vie est l’expression d’une forme de créativité, puisque les " conteurs " ont la chance d’exprimer leur vécu à travers leurs créations. |
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