Saison
1999-2000
Émission du mardi 14 mars 2000
 

Mâlitude : Où en sont les hommes?

D'après : HALPERN, Sylvie. " Nos hommes : tous au le bord de la crise de nerf? ", Elle Québec, mars 2000.

Aujourd'hui, on va parler des femmes et de la misogynie, mais on va d'abord parler des hommes. On va se demander si les hommes sont au bord de la crise de nerf ou pas (s’ils ont encore des nerfs, d’ailleurs…) [rires] C’est là toute l’interrogation que soulève Sylvie Halpern, dans un très bon article intitulé Nos hommes : tous au le bord de la crise de nerf? ", qui vient de paraître dans l'édition de mars de Elle Québec.

" On a voulu savoir où en étaient les hommes, les nôtres, écrit-on en introduction de cet article. Le féminisme les a-t-il à ce point ébranlés qu’ils ne savent plus où donner de la tête et du cœur? Sommes-nous responsables de ce désarroi? Pas si sûre, les gars se cherchent, c’est vrai, mais à force de farfouiller, ils vont finir par se trouver… et nous retrouver ", espèrent-elles. C’est un reportage très éclairant.

 

  • Les hommes ont changé

S’adressant aux lectrices, bien sûr, l'auteure dit : " Regardez autour de vous. Cherchez bien… Si vous n’êtes pas déjà en train de le faire depuis des années : on n’a plus les hommes qu’on avait! Ceux des phrases péremptoires et des franches poignées de main, ceux qui s’engagent vraiment et n’ont qu’une parole. Ceux qui savent tout et se connaissent par cœur. Les dieux descendus sur Terre, les mâles, les vrais, les séducteurs et les hommes de fer sur qui on pouvait compter. Envolés, pulvérisés dans le cosmos, évanouis! " Sa réflexion amène l'auteure à s’interroger sur la nature de cette crise.

Elle rappelle les quinze ans d’existence de Autonhommie, un centre de ressources pour hommes de la région du Québec qui a organisé en novembre dernier le premier forum québécois sur la condition masculine : " La rencontre est un franc succès, dit-elle. Quelque 400 participants et des débats animés sur autant de questions clé que l’identité masculine, la paternité, les relations avec les femmes. – Et elle mentionne le fait que je m’y trouvais – : Le constat de Jacques Languirand qui a prononcé la conférence d’ouverture est tombé comme un couperet : ‘ La mâlitude est bien maganée. ’ "

 

Puis Sylvie Halpern cite Pierre Bourgault :

" Je n’ai aucune considération pour les hommes qui se laissent faire. Prenez votre place en exigeant tout le respect qu’on vous doit! "

Mais est-ce que ça ne passe pas un peu à côté du problème?
Ce n’est pas aussi simple…

C’est évident que les hommes sont obligés de se redéfinir après le féminisme et toute la remise en question des rapports entre les hommes et les femmes.
Comme le dit ici Richard Martineau
 :

" S’il y a un désarroi que je comprends c’est bien celui des femmes, qui ne saisissent absolument pas ce qui arrive aux hommes. "

 
  • Les valeurs masculines

Cet article du Elle Québec comporte aussi une enquête qui porte sur les valeurs masculines, et c’est là où je voulais en venir. Les conclusions sont assez troublantes…

" La crise chez les hommes, on ne l'invente pas, nous dit l'auteure, Sylvie Halpern. Voici ce que révèle un récent sondage CROP-3SC sur les valeurs et les comportements des Québécois d’aujourd’hui. "

Or, de ce sondage CROP-3SC, voici ce que la journaliste a extrait, soit les principaux points qui l’ont frappée – et qui m’ont passablement frappé moi-même, je vous dirai :

" Ils ont entre 27 et 44 ans, ils sont célibataires et le vacuum dans lequel ils flottent a de quoi faire réfléchir. […] Tellement plus simple et sécurisant de se lover dans un individualisme anticonformiste en rêvant de jours meilleurs. "

" Ils ont relégué tant
de valeurs aux
oubliettes qu’on ne
sait plus du tout à
quel saint homme se
vouer! "

" Ils ont relégué tant de valeurs aux oubliettes qu’on ne sait plus du tout à quel saint homme se vouer! Ils affirment majoritairement qu’ils n’attachent pas assez d’importance à la vie familiale pour lui sacrifier leurs priorités personnelles. Dans le même ordre d'idées, rares sont ceux qui ont l’intention de léguer un quelconque héritage moral ou matériel aux leurs ou à la société. D'ailleurs, […] c’est tout juste s’ils savent que le mot ‘ religiosité ’ existe. Ils ont une faible conscience de l’éventualité de leur mort et de celle de leurs proches – ça va les prendre par surprise… – Et ils n’affichent guère de responsabilité sociale, celle qui valorise l’entraide et l’ouverture aux autres.

" Tous les grands
courants éthiques et
idéologiques
semblent avoir glissé
sur eux comme la
pluie sur une vitre "

" De quoi se vengent-ils?, se demande l'auteure. Allez donc savoir. Toujours est-il que tous les grands courants éthiques et idéologiques semblent avoir glissé sur eux comme la pluie sur une vitre. Écolos? Pantoute! Rien ne les ennuie davantage qu’une promenade à la campagne, et l’idée de vivre un jour loin de la ville leur donne des haut-le-cœur. "

 

Je ne sais pas si ça représente l’ensemble de la population masculine, mais parfois, j’ai des doutes à ce sujet-là. C’est parfois tellement invraisemblable ce que les hommes ont raconté et les réponses qu’ils ont données aux questions qu’on leur posait sur leur mâlitude et leurs valeurs, qu’on peut se demander si on n’a pas réuni un paquet de niaiseux ensemble au Centre Molson ou dans quelque lieu semblable…

 

" À ce propos, poursuit-elle, ils semblent détester le bricolage et le jardinage, activités trop simplistes pour eux qui sont tellement férus de technologie. Égalitaires? Ils ne détestent pas se percevoir comme supérieurs aux étrangers. Résistant à la société de consommation? Voyons! Ils préfèrent de loin marcher à pas cadencés dans la culture populaire, consommer à gogo en écoutant avec ferveur (oui, cette ferveur-là, ils l’ont!) les sirènes de la publicité ", note Sylvie Halpern.

Donc ce sont des citoyens qui sont d’abord des consommateurs, et fiers de l’être, ce qu'elle précise plus loin.

" Ils sont fiers d’être les premiers à essayer le tout nouveau produit sorti sur le marché. Adeptes, donc, de ce que les maisons de sondage appellent, dans leur jargon, la ‘ consommation précoce ’. "

Bon!
Après l’éjaculation précoce,
nous avons maintenant la consommation précoce…

 

Quelques points forts encore :

" Ils affirment que leur permissivité sexuelle est bien supérieure à celle de l’ensemble de la population. […] Bien plus guidés par leur quête jamais assouvie du plaisir que par leur sens du devoir. […] Nos célibataires tant convoités assurent qu'ils n’ont aucune difficulté à s’adapter à n’importe quelle situation, qu'ils sont intuitifs, souples et spontanés – croient-ils…

Quelle belle opinion ils ont d’eux-mêmes!
Je suis bien content pour eux.

" Mais quand on les entend crier aussi haut et fort qu’ils sont sans peur devant la complexité et les incertitudes de la vie, qu’ils ont la passion du risque et qu’ils savent gérer leur temps avec beaucoup moins de difficulté que la plupart d’entre nous, on reste un peu perplexe ", de commenter Madame Halpern.

Et moi aussi, je dois dire que ça me laisse perplexe…

 

Cela dit, nous allons aborder la grande question du jour :
les trois religions monothéistes ont-elles peur des femmes?

 


   
 

Dieu serait-il contre les femmes?

D'après :
FESTRAËTS, Marion,
avec ANGEVIN,
Patrick au Caire,
GHAZI, Siavosh
et LAGARDE,
Dominique.
" Dieu est-il misogyne? ",
L'Express,
9 mars 2000.

Des questions très importantes sont en train d’être posées : Dieu est-il contre les femmes? Autrement dit, Dieu serait-il misogyne? " Les trois religions monothéistes ont-elles peur des femmes? ", se demande une journaliste de L'Express. " On pourrait le croire, car c’est souvent à leur seul profit que les hommes ont interprété les Écritures. Qu’elles soient musulmanes, juives ou chrétiennes, elles ne l’acceptent plus. "

Je dois dire que, pour moi, c’est du jamais vu. Il s’agit d’un article percutant de L’Express du 9 mars qui fait la synthèse des valeurs véhiculées par les grandes religions monothéistes concernant les femmes, non pas tellement dans leurs propos mais dans les faits de l’Histoire. Il y a aussi plusieurs textes sacrés (Coran, Talmud, Bible) que des journalistes ont rassemblé afin d’obtenir des informations provenant de milieux culturels différents. Quand ils disent, par exemple : " Qu’elles soient musulmanes, juives ou chrétiennes ", on voit qu’il s’agit de milieux bien différents.

On fait aussi état de la publication de trois livres récents dont je vous donnerai tout ce que je puis vous en dire au fur et à mesure de mon propos. Les questions qui sont posées ici le sont d’une façon directe, claire, voire brutale. Par exemple :

" Les religions monothéistes ont-elles peur des femmes? Dieu est-il misogyne? Dieu aurait-il une dent contre les femmes? Bonne question, au lendemain de la Journée internationale des femmes. "

 

  • Les dernières horreurs faites aux femmes au nom des religions

Je ne sais pas si vous avez lu ça dans les journaux, mais on apprend ici que :
" L’Église catholique écossaise a avoué en octobre dernier avoir payé les parents d’une gamine de 12 ans pour que celle-ci n’avorte pas. Au Koweït, le Parlement – en majorité islamiste – vient de rejeter un décret-loi de l’Émir accordant aux femmes le droit de vote et l’éligibilité. Depuis novembre [1999], les juives ultra-orthodoxes de Jérusalem ne doivent plus utiliser leur téléphone portable en public car, selon quatre rabbins, cela ‘ porte gravement atteinte aux règles de la pudeur ’.

" En mai 1999, le Vatican a condamné la distribution par l’ONU de pilules abortives aux femmes kosovares violées par la soldatesque serbe. En novembre dernier, une veuve indienne acclamée par la foule s’est jetée dans les flammes du bûcher funéraire de son mari selon la tradition hindoue du sati. En septembre, une Jordanienne de 20 ans a été abattue de trois balles et massacrée à coups de couteau par son cousin. Comme une vingtaine de femmes chaque année, Chérine a été victime d’un ‘ crime d’honneur ’, absous par les religieux islamistes et un article du Code pénal jordanien qui assure l’impunité à tout homme châtiant l’une de ses proches soupçonnée d’adultère. – Soupçonnée…

" La litanie des offenses faites aux femmes au nom de Dieu
est encore longue ",
rappelle-t-on.

 
  • Le ras-le-bol des victimes

Les auteurs poursuivent :

" Si, reflétant et légitimant la phallocratie ambiante, les religions furent forgées en des temps où la femme ne comptait guère, on comprend moins pourquoi, à l’heure d’Internet et du robot mixeur, leurs interprétations et les lois qui en découlent ont si peu évolué. "

Ce que je comprends mal, et je ne peux m’empêcher de le dire parce que ça me trouble depuis fort longtemps, c’est que ces femmes, parfaitement conscientes de ce qui se passe, continuent de s’identifier à ces religions. Excusez-moi, je vais sans doute me faire lancer des œufs pourris en sortant de Radio-Canada, mais c’est le fond de ma pensée. Dieu c’est Dieu, mais les religions sont des institutions socio-politiques au fond, pourrais-je dire.

" Nombreuses, elles réclament dans toutes les confessions une lecture nouvelle, débarrassée des scories de l’histoire, des livres saints qui les ont mises au pas pendant des siècles. "

" Les croyantes ont de plus en plus de mal à admettre que Dieu leur a joué un vilain tour de les vouloir niées, persécutées, cantonnées à des rôles subalternes, poursuit-on. – On dirait que Dieu le Père se retrouve sur la sellette, ces années-ci.  Nombreuses, elles réclament dans toutes les confessions une lecture nouvelle, débarrassée des scories de l’Histoire, des livres saints qui les ont mises au pas pendant des siècles. "

 
  • Du matriarcat aux sociétés guerrières

" À l’aube des civilisations, rappelle-t-on, les premières idoles du Paléolithique et du Néolithique sont incontestablement des dames, pourvues des attributs rebondis d’une féminité triomphante ". On ne sait toujours pas si à ces époques-là les hommes avaient une conduite correcte avec les femmes…

" L’apparition des sociétés guerrières et,
sans doute, une meilleure compréhension de la procréation
désacralisent la femme et mettent un terme à l’âge d’or des déesses fertiles. "

" Les civilisations antiques donnent naissance aux polythéismes dominés par des figures masculines. Le symbole phallique prend le pas sur les douces rotondités maternelles. ‘ C’est la revanche des dieux mâles ’, explique l’historien des religions Odon Vallet, auteur de Femmes et religions : déesses ou servantes de Dieu? (Gallimard) ", apprend-on. C’est l’un de ceux qu’on cite dans cet article foudroyant.

" Sur des bases solides, va s’édifier l’histoire de la misogynie sacrée. "

 

On va citer plusieurs personnes importantes de l’histoire de la religion, chrétienne en particulier, dont Saint Augustin qui décrète :

" Homme, tu es le maître, la femme est ton esclave, c’est Dieu qui l’a voulu. "

" Plus tard, poursuivent les auteurs, Saint Thomas enfonce le clou : ‘ La femme a été créée plus imparfaite que l’homme, même quant à son âme. ’ Juifs et musulmans ne disent pas le contraire. La première et unique femme rabbin de France, ordonnée par la communauté libérale, raconte :

‘ Le Talmud comporte un texte qui dit que Dieu a créé la femme à partir d’une côte de l’homme car, s’il avait choisi les yeux, elle aurait été curieuse; les mains, elle aurait été chapardeuse; la bouche, elle aurait été bavarde, etc. Mais le texte conclut que, malgré ces précautions, la femme est quand même curieuse, chapardeuse, bavarde... ’ " On croit rêver…

Puis les auteurs nous entraînent ailleurs dans l’Histoire.

" La mythologie
hellénique est
fondée sur la légende
de Pandore, première
femme de
l’humanité, qui
ouvrit la funeste
boîte à fléaux et
répandit le malheur
sur le monde. "

  • Du côté des civilisations grecque et romaine

" Les civilisations grecque et romaine ne tiennent pas la femme en plus haute estime. Aristote la voit comme ‘ un mâle stérile ’, Périclès décrète que ‘ la plus grande vertu d’une femme, c’est de savoir se taire ’ – il doit se retourner dans sa tombe depuis les 25 dernières années où la femme joue un rôle tellement important dans le domaine de la communication… –, tandis que la mythologie hellénique est fondée sur la légende de Pandore, première femme de l’humanité, qui ouvrit la funeste boîte à fléaux et répandit le malheur sur le monde. " Retenez cette image, parce qu’elle peut nous mener quelque part dans la réflexion. L’idée que, dans cette mythologie, la première femme c‘est Pandore, ça me parle comme on dit.

 
  • Jésus, le cas d'exception

Dans cet article sur la misogynie divine, on essaie d’expliquer la position du Christ, pour autant qu’on puisse la définir, qui apparaît comme un prophète du féminisme. C’est important de le signaler. Guy Bechtel, l’historien, auteur d’un ouvrage remarquable dont je vous donnerai le titre dans un moment, dit à ce propos :

" Alors que ses contemporains de Palestine tiennent les femmes pour impures, [Jésus] ne craint pas de se souiller en les fréquentant. "

Le titre du livre de Guy Bechtel est : Les quatre femmes de Dieu : la putain, la sorcière, la sainte et Bécassine, paru chez Plon en 2000. Ce qu’il y révèle est troublant. Mais c’est bien, c’est parfait, j’aime beaucoup.

" Il va jusqu’à dire
que les prostituées
entreront au
royaume des cieux
avant les pharisiens "

Les auteurs de l'article rappellent la thèse Bechtel et le rapport qu'entretient Jésus avec les femmes :

" Le Christ n’hésite pas à leur parler, il les guérit, accepte qu’elles le suivent sur les routes de Galilée. Il va jusqu’à dire – suprême extravagance –, que les prostituées entreront au royaume des cieux avant les pharisiens. " Jésus, c’est une chose, mais les Pères de l’Église, c’est autre chose…

 
  • La déchéance phallocratique du christianisme

" Leurs interprétations des Évangiles justifieront vingt siècles de phallocratie. ‘ Les commentaires sur Adam et Ève vont se multiplier, analyse Guy Bechtel. La confiture sacerdotale s’accumulera sur le palimpseste d'origine, au point qu’on ne pourra plus lire le premier message de Jésus. ’ Alors qu’elle était avant tout mère chez les juifs, la femme n’aura même pas droit à cette consolation dans le christianisme. […] La maternité inspire même le dégoût : saint Jérôme trouve aux femmes enceintes ‘ un aspect hideux ’ et saint Ambroise clame : ‘ Heureuses les stériles! ’ Si les femmes n’engendrent point, à quoi diable peuvent-elles bien servir? À rien ", conclut-on ironiquement. Désolant! Même pas respectée comme mère, la femme, chez les chrétiens. La preuve, c’est qu’on fait de la mère de Jésus, une vierge.

" En 1958, le Vatican
choisit une photo
de Brigitte Bardot
dansant le mambo
dans Et Dieu créa la
femme
afin
d’illustrer la salle de
son pavillon consacré
au mal. "

Là-dessus, Bechtel explique :

" Vers 880, Hincmar de Reims, muni d'on ne sait quelles informations, fournit les détails anatomiques : Marie avait mis son enfant au monde ‘ vulve et utérus fermés. ’ "

" En 1854, poursuivent les auteurs, Pie IX, parfait le tableau : il proclame le dogme de l’Immaculée Conception qui fait de Marie l’unique femme née sans la marque infamante du péché originel. Dès le début, les théologiens conspuent l’amour physique et avec lui l’objet et la source de toutes les concupiscences : si l’homme désire la femme c’est de sa faute à elle, tentatrice et démoniaque. Et les préjugés ont la vie dure : lors de l’Exposition universelle de 1958 (vous pensiez qu’on était moderne..), le Vatican choisit une photo de Brigitte Bardot dansant le mambo dans Et Dieu créa la femme afin d’illustrer la salle de son pavillon consacré au mal. "

Les auteurs de cet article paru dans L’Express de mars 2000 rappellent que :

" Pendant des siècles, les plus brillants cerveaux du christianisme vont rivaliser de zèle fielleux pour éreinter la femme. Et c'est la surenchère. "

Si vous en doutez, voici ce qu’écrivait Odon de Cluny (le saint homme…) au 10e siècle à propos de la femme :

" Nous, qui répugnons à toucher du vomi et du fumier, comment pouvons-nous désirer serrer dans nos bras ce sac de fientes? "


Je pense que c’est la phrase la plus horrible que j’aie entendu au sujet des femmes!

" Cette domination va asseoir pour des siècles la suprématie masculine chez les catholiques, de poursuivre les auteurs. On tiendra les femmes soigneusement éloignées de toute instruction. On leur enjoindra successivement d’être vierges puis mères, ou tout à la fois, ce qui est malcommode. On les brûlera à l’occasion quand on les croira sorcières et que la rudesse des temps y trouvera son exutoire. Malgré cela, ce sont les religieuses qui constituent le gros des troupes dans les monastères et les couvents – elles sont encore 800 000 dans les ordres, contre 400 000 hommes (mais je ne sais pas si ces chiffres se rapportent seulement à la France).

" Rome n’a jamais
débordé d’affection
envers ses pieuses
filles "

Pourtant, Rome n’a jamais débordé d’affection envers ses pieuses filles (c’est ce qui m’étonne toujours) : pendant des siècles, avec leur consentement et surtout celui de leurs familles, on les enferme dans des froides clôtures (le chauffage étant un confort à proscrire), on leur défend de se laver de crainte qu’elles ne se souillent en se touchant; on les maintient dans une ignorance crasse en leur interdisant la lecture des Évangiles et des théologiens; on les empêche de se parler, de dormir, de sortir. Bref, on les désespère consciencieusement, etc. "

" L’on considère que
les femmes portent
toutes sortes de
souillures, elles
doivent se purifie
r régulièrement par
des ablutions
rituelles "

  • L'incohérence du judaïsme

Chez les juifs, ce n’est pas beaucoup mieux, c’est même aussi pire.

" Soumise à une double injonction déconcertante, la femme juive est sensée connaître les 613 commandements de la mitsva, mais n’a pas le droit de les étudier. Le Talmud le stipule :

‘ Mieux vaut brûler la Torah que de la confier à une femme. ’ "
C’est une bonne façon de devenir schizo après un moment, parce que l’on considère que les femmes portent toutes sortes de souillures, elles doivent se purifier régulièrement par des ablutions rituelles.

" ‘ Il y a incompatibilité entre la sexualité féminine et le sacré ’,
écrivent Agnès Finn et Claudine Leduc dans
Femmes et religions ",
un autre livre paru sur la question aux Presses universitaires du Mirail.

 
  • L'oppression de l'Islam

Dans cet article, il est aussi question des ambiguïtés du Coran qui permettent depuis des siècles la pluralité de ses lectures :

" ‘ [Ces ambiguïtés] ne résident pas dans la question de savoir si les femmes sont inférieures aux hommes, mais dans celle des droits qui leur sont accordés à l’intérieur des limites posées par cette infériorité ’, analysent Sophie Bessis et Souhayr Belhassen. Ainsi ce passage de la 4e sourate :

‘ Les hommes ont autorité sur les femmes, du fait que Allah a préféré certains d’entre vous à certains autres, et du fait que les hommes font dépense de leurs biens en faveur des femmes. Celles dont vous craignez l’indocilité, admonestez-les. Reléguez-les dans les lieux où elles couchent. Frappez-les. "
C’est grave! Ça va mal.

On cite aussi la sociologue Juliette Minces, auteure de l’ouvrage Du Coran et des femmes (Hachette), dans lequel elle dit :

" Bien avant l’Islam, les femmes étaient voilées et recluses,
y compris chez les juifs et les chrétiens. "

Il ne faut pas oublier ça.

 
  • La Réforme et le chemin vers l'égalité des sexes

On est beaucoup plus doux pour ce qui est de la Réforme (le protestantisme) :
" Les Européens ont commencé à s'émanciper timidement depuis la Réforme, qui pose, dès le 16e siècle, les premiers jalons en encourageant les femmes à étudier les textes religieux, puis en les associant au ministère de leurs époux. Les chrétiennes, qui, malgré tout, ne subissent ni la polygamie ni l’enfermement, et auxquelles la sphère publique n’a jamais été interdite, font définitivement prendre au 19e siècle le chemin de l’égalité. "

C’est le seul moment de répit qu’on trouve dans l’Histoire, l’arrivée de la Réforme.

" La meilleure voie possible passe par la réinterprétation des textes religieux "

Il y a quelque chose d’intéressant ici :

" Pour le sociologue et spécialiste de l’Iran, Farhad Khosrokhava, maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales, la meilleure voie possible passe par la réinterprétation des textes religieux. – Là, on parle de l’Islam. Il rappelle ceci et c’est important d’en tenir compte. 

‘ Les pays musulmans n’évolueront que si les femmes bougent au nom du Coran, si elles changent la religion plutôt que d’invoquer la modernité occidentale, source de suspicion et de rejet. […] Si elles demandent d’abord le foulard, la société, choquée, se rétractera. Le plus important, c’est de faire passer tout ce qui concerne leur statut, le divorce, etc. Pour obtenir ce qu’elles veulent, elles doivent garder le foulard, garant de leur fidélité à l’Islam ’ ", et pour éviter des affrontements pénibles…

 
  • De l'importance des femmes au sein de l'Église

Encore ici, on parle des protestants, et des dogmes qui ont été balayés par la Réforme. Guy Bechtel rappelle que :

" Les protestants n’ont jamais établi de couvents pour y parquer les femmes : Luther n’a pas fait de la virginité une marque d’excellence; et enfin, le mariage des pasteurs leur donne de la femme une connaissance bien réelle. "

Le renouvellement des générations ne se fait pas dans l’Église : " Depuis trente ans, écrivent les auteurs, les femmes se détournent du culte et les églises se vident. " À ce sujet, on dit que chez les Français, 90 % des catéchistes chez les catholiques sont des femmes et que sans elles, la foi catholique ne serait plus transmise en France. Comme quoi, les femmes ont la couenne dure ou la tête dure, l’une ou l’autre. Ou les deux… [rires]

" En perdant les femmes, l’Église perd tout, estime Bechtel. En s’attaquant à la moitié de l’humanité, elle a commis une erreur grossière. Elle a perdu la guerre des femmes. Y aura-t-il une seconde manche? "

L’avenir le dira…

 


   
 

Le lifting : les femmes et la peur de vieillir

D'après : HURET, Marie et
OLIVIER, Vincent.
" La tyrannie du
jeunisme ",
L'Express,
9 mars 2000.

 

Comme je suis généralement prêt à changer d’opinion, j’en suis venu à me demander sérieusement si, pour continuer de paraître à l’occasion à la télévision, je ne devais pas faire comme beaucoup de gens : me faire " lifter " la face. Je vois que c’est de plus en plus à la mode. J’ai appris que l’âge du premier lifting est passé de 50 ans, dans les années 90, à 42 ans aujourd’hui. Si ça continue, on nous dira : " Si vous avez 25 ans, faites-vous donc faire un lifting ", du cœur et de la tête aussi peut-être.

Voici textuellement ce qu’écrivait récemment la scénariste-réalisatrice, Agnès Jaoui dans Libération , tel que le rapporte les auteurs d'un article de L'Express intitulé " La tyrannie du jeunisme " :

" ‘ Vieillir ça me fait chier, lançait-elle dans Libération. Je ne devrais pas pourtant, mais je suis victime de l’idéologie dominante. Il n’y a pas une femme à la télé qui a l’air d’avoir plus de 35 ans.  ’ "

Il faut bien le dire, la télévision, c’est la catastrophe pour les gens qui prennent de l’âge. Sauf pour ceux qui sont à la direction. Eux, ils peuvent avoir l’air vieux, laid, boiteux, obèse ou n’importe quoi d’autre, mais à l’écran, pas question.

 

D'après :
COLLANGE,
Christiane.
" Non au lifting! ",
L'Express,
9 mars 2000.

Christiane Collange, l’une des fondatrices de L’Express, est l’auteure de l’ouvrage Merci mon siècle, paru chez Fayard, un très beau livre dont je vous ai parlé à l’époque. Dans un article de L'Express intitulé " Non au lifting! ", elle dit :

" Non, je ne me ferai pas lifter.

  1. Esthétiquement. P pour faire preuve de cohérence, il faudrait restaurer l’ensemble, pas seulement le chapiteau. […]
  2. Physiologiquement. La peau n’est pas une toile de peinture : une fois tirée, elle ne reste pas tendue à jamais. […]
  3. Psychologiquement. Je ne suis pas sûre qu’on m’aimerait plus avec un autre look et surtout je me méfierais des sentiments de ceux qui préféreraient cette personne qui ne serait plus tout à fait moi. "

Donc, avant tout chose, la fidélité à soi

 

 Vieillir, ça s'apprend!

 


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