| Émission du lundi 13 mars 2000 | |||
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La double révolution du corps et du virtuel : |
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SERRES, Michel (Propos recueillis par LAROUSSERIE, David). " Deux révolutions pour un siècle ", Sciences et Avenir, janvier 2000. |
Avec l’informatique le corps semble se désincarner mais, d’autre part, un nouveau corps apparaît, et il y aurait complémentarité entre les deux, nous explique le philosophe des sciences, Michel Serres avec qui nous allons cheminer aujourd’hui, virtuellement. D’ailleurs, tout est virtuel dans cette émission, même moi, il y a des tas de moments où je n’y suis pas non plus, vous savez. [rires]
Quand nous nous sommes rencontrés, à l’occasion d’une entrevue qu’il accordait à l’émission Par 4 Chemins, Michel Serres et moi on s’est regardé très attentivement, puis on s’est sérieusement demandé l’un et l’autre lequel de nous deux avait les sourcils les plus longs. Mais en regardant cette photo récente de lui, j’ai l’impression qu’il se les taille maintenant, les sourcils, ce qui fait que c’est moi qui a les plus longs. [rires] Car moi, j’ose encore… Il a écrit un ouvrage qui s’intitule Variations sur le corps. On a dit, bien sûr, que ça paraissait un sujet assez inattendu pour un philosophe des sciences, d'autant plus qu'il s’intéresse particulièrement au sprint. |
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Michel Serres affirmait dans un entretien paru
récemment dans Sciences
et Avenir : " Nous vivons, depuis les années 60,
une nouvelle révolution, dit-il :
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| " Sur 100 livres consacrés au corps, j’en compte 99 qui ne retiennent du corps que la souffrance et les douleurs! " |
Puis Michel Serres parle de cette révolution anthropologique qui est, selon lui, l'une des principale de notre siècle. " Voyez, notre espérance de vie ne cesse d’augmenter, la médecine et la pharmacie sont une réussite, la mortalité infantile a quasiment disparu. Songez que là où nos grands-parents souffraient pendant trois mois, nous n’avons qu’une petite fièvre d’une journée. […] Tous ces progrès sont enthousiasmants, dit-il, mais paradoxalement, cette révolution est inconsciente. Sans doute parce que nos journaux passent leur temps à montrer des tragédies et des cadavres. Sur 100 livres consacrés au corps, j’en compte 99 qui ne retiennent du corps que la souffrance et les douleurs! J’ai voulu simplement rééquilibrer cette situation en célébrant le corps. " Il parle plus loin de cette révolution, et en particulier du fait que nous avons maintenant des tas de pouvoirs que nous n’avions pas autrefois. " Dans notre nouveau corps, la souffrance et la douleur sont liés à notre liberté. Nous faisons de la gym (ah ce que c’est français, de la gym…), de l’exercice ou des régimes si nous le voulons. Nous avons le pouvoir de fumer ou non, de trop manger ou pas, ou de mettre ou non le condom. Avant les microbes nous prenaient par hasard, maintenant nous savons les éviter. D’ailleurs, ce qui arrive est simple : la prévision finit par remplacer l’aléa. Depuis que la science est science, c’est cela qui nous guide. " |
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Serres fait ensuite des rapprochements avec la science d’autrefois, bien entendu. Ensuite, comment tout à coup, l’idée est venue à l’humanité de s’intéresser à la culture, etc. Il a lui-même une culture étonnante. " La domestication est une manière de supprimer le hasard dans le vivant ", fait-il observer. Mais dans la culture également. Par exemple, c’est dans la mesure où l’on souhaitait avoir du blé aussi régulièrement que possible que l’on a cessé de le cueillir sauvage dans les champs, et que l’on a commencé à le cultiver. Il poursuit : " Dans la procréation, le hasard est évidemment au centre du processus puisque parmi des millions de spermatozoïdes différents un seul rencontrera un ovule. " À propos de notre chance… Et vous dites que vous n’avez pas de chance dans la vie, messieurs, dames? Vous êtes le résultat de la rencontre d’un spermatozoïde sur des millions! C’eût été celui qui était à côté et ce n’eût pas été vous. Et vous dites que vous n’avez pas de chance… à moins que vous considériez que naître est une malchance, mais ça c’est autre chose… Ne faisons pas de philosophie noire! |
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| J’adore ce rapprochement que fait Serres quand il compare le processus du clonage avec la recette du canard aux olives! |
Il dira plus loin : " J’ajouterai que le clonage n’est pas extraordinaire. On peut le comparer à la recette du canard aux olives. Beaucoup de savoir-faire, quelques ustensiles, une température idéale, mais très peu de grande science. Dans un cas, vous dénoyautez des olives, dans l’autre, vous dénoyautez des cellules. " [Rires] Bon appétit! |
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| " Si je suis passé
des sciences à la philosophie, c’est à cause de Hiroshima. " |
Scientifique au départ, Michel Serres est historien et philosophe de la science. Il s’intéresse particulièrement à la responsabilité scientifique. " Le savant porte en lui sa conscience et sa responsabilité, affirme-t-il. Mon rêve est que chaque chercheur soit amené à signer une charte sur le modèle du serment d’Hippocrate pour les médecins. Si je suis passé des sciences à la philosophie, c’est à cause de Hiroshima. Je suis donc bien placé pour plaider pour une formation humaniste complète. " |
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Dans cette entrevue, Michel Serres souligne une chose bien importante à propos de l’ordinateur : " L’ordinateur a révolutionné la recherche et révolutionnera certainement l’enseignement. " Comme il est lui-même professeur, Michel Serres attache beaucoup d’importance à l’enseignement. " Il nous reste à inventer la pédagogie de l’ère informatique, souligne-t-il. Je note que, de toutes façons, la pédagogie que nous appliquons aujourd’hui ne s’est pas construite en un jour. Elle remonte à la paideia des Grecs. Le sens de l’offre et de la demande d’information va changer : actuellement l’information va de l’offre vers la demande (c'est-à-dire du savant à l’enfant – et on pourrait aussi dire de l’enseignant à l’enfant, de l’adulte à l’enfant); demain, avec Internet, le flux procédera de la demande vers l’offre. " C’est finalement le jeune qui demandera l'information, pour ainsi dire, pour utiliser l’internet d’une façon juste, c’est-à-dire comme demandeur de connaissances. |
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En conclusion, Serres affirme : " D’un côté avec l’informatique le corps semble se désincarner, de l’autre, un nouveau corps apparaît. Le formel, l’abstrait, le solitaire, véhiculé par Internet, est contrebalancé par la révolution du corps dont on se soucie de plus en plus. " |
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La nouvelle idéologie dominante : |
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Je vais maintenant vous parler de deux idéologies, que cet auteur – dont je vous parlerai plus loin – oppose dans son ouvrage : l’idéologie bourgeoise et l’idéologie de classe moyenne. Il suggère l’existence d’une sorte de zapping, de passage entre l’une et l’autre qui se serait produit.
Pour vous situer, l’idéologie bourgeoise est celle qui nous a précédé, et l’idéologie de classe moyenne est celle, bien que menacée dans certains endroits, qui paraît être en train de s’imposer malgré tout pour remplacer l’idéologie bourgeoise. C’est la transition de l’une à l’autre qui est intéressante. À propos de l’Histoire, par exemple, l’idéologie bourgeoise parle du mythe de l’Histoire alors que l’idéologie de classe moyenne parle de la fin de l’Histoire, du temps vertical, ici et maintenant, de l’incertitude sur le sens de l’avenir, de l’éphémérité, du no future, du mythe de la catastrophe par rapport au mythe du progrès, qui était de l’idéologie bourgeoise, une idéologie optimiste. Le mythe de la catastrophe, qui est de l’idéologie de classe moyenne, est davantage pessimiste, bien sûr. Il est ensuite question de l’analyse qualitative, qui appartient à l’idéologie bourgeoise, par rapport à l’analyse quantitative qui tient davantage de l’idéologie de classe moyenne. Le temps, autre exemple : pour l’idéologie bourgeoise, c’est la permanence, le temps vectoriel, l’orientation vers le futur, la fondation, le devenir, la conscience possible, l’idéologie du projet, la quête d’éternité, la croyance à la postérité, à la survie; alors que pour l’idéologie de la classe moyenne, le temps c’est l’accélération, le rythme vie-mort, la mémoire, les traces, l'archéologie, la volatilité, la diversité des scénarios, la consommation immédiate, l'éphémérité des modes dans tous les domaines (les arts, les idées, les théories, les systèmes politiques). C’est très riche comme réflexion sur toutes ces questions. Cet auteur parle de l’espace, également, qui pour l’idéologie bourgeoise représente : structure de linéarité, centre, symétrie, axes, montée des villes, des métropoles, civilisation urbaine; tandis que pour l’idéologie de classe moyenne c’est plutôt : structures nodales, en réseaux, mosaïques, structures afocales, croissance des banlieues, revalorisation de la campagne, hybridité ville/campagne, revalorisation du village (je pense au village du Plateau Mont-Royal à Montréal, par exemple). |
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C’est un ouvrage particulièrement passionnant qui a la grande particularité de ne pas se trouver en librairie. Il s’agit du livre virtuel de Hervé Fischer qui s’intitule Mythanalyse du futur. L’auteur est un gentleman dont je vous ai parlé à quelques reprises, à propos, entre autres, de ses activités en tant que directeur et co-fondateur avec Ginette Major de la Cité des arts et des technologies, l’organisme derrière Images du Futur, du Café électronique, de la compétition d’animation par ordinateur. Il était là et a même pris la parole lors du lancement du site Par 4 Chemins, lancement qui s’est d’ailleurs fait chez lui, dans son Café électronique. De plus, Hervé Fischer est co-fondateur de Sciences pour tous, un regroupement des organismes québécois de culture scientifique et de la Fédération internationale des associations multimédias. Il est enfin l’auteur de nombreux articles et d’ouvrages sur le sujet de l’art et des modes de communication en émergence. J’apprenais ces jours derniers que Hervé Fischer sera aussi le titulaire de la chaire Daniel Langlois à Concordia, lui qui est un ancien élève de l’École normale supérieure, philosophe spécialiste de Spinoza, maître de conférence à la Sorbonne en sociologie de la culture et de la communication. Il s’intéresse, depuis une vingtaine d’années, à la jonction entre l’art, la science et les nouvelles technologies. Cet ouvrage disponible seulement sur le Net compte environ
300 pages. |
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Dans son introduction, il le confirme :
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Ce livre remarquable, qui comporte vingt chapitres, traite de l’imaginaire social en recourant à la mythanalyse. Pour votre information, la mythanalyse, c’est une fusion, si l’on peut dire, de la sociologie et de la psychanalyse. C’est une vision sur la société qui tient davantage compte des mythes associés à la psychanalyse, et à la psychologie en général, " une nouvelle approche théorique développée à partir donc de la sociologie et de la psychanalyse ". " L’auteur analyse les mythes contemporains qui inspirent l’idéologie de classe moyenne et les grands enjeux du 21e siècle, notamment la révolution scientifique et technologique, l’intelligence artificielle, l’internet, la mondialisation, l’évolution de l’idée de nature et de l’art ", peut-on lire dans le communiqué diffusé lors du lancement virtuel de cet ouvrage passionnant, mais qui n’est pas toujours facile à mastiquer, si je puis dire. Il présente quelque difficulté parce que c’est un ouvrage très sérieux. |
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Il revient, à un moment, sur ce passage d’une idéologie à l’autre en ces termes : " On pourra noter la cohérence de chacune des deux idéologies et les recoupements incessants d’un terme à l’autre dans chaque système. Cela n’exclut pas les contradictions dans cette énumération – qui est plus importante que celle que je vous ai communiquée –, et il faut tenir compte de la coexistence de ces deux idéologies à certaines étapes de leur transition. L’idéologie de classe moyenne a aussi repris dans un premier temps des valeurs de l’idéologie bourgeoise précédente, dont elle ne se dégage pas d’un coup, du soir au matin. J’ai donc ici, écrit Fischer, schématisé l’opposition, pour mieux souligner les tendances fortes. Mais celles-ci se répercutent dans tous les domaines de l’image du monde, du corps, de la société, de la science, de l’autre, de l’art, etc. " De l’image donc et de la perception que l’on en a. |
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Ailleurs dans son ouvrage, Hervé Fischer parle de l’arrivée au pouvoir de la classe moyenne et du fait que " la bourgeoisie, qui a dominé la politique depuis un siècle et plus, a dû passé la main ". " Si le phénomène vaut pour des pays comme les États-Unis et le Canada (parce qu’au tout début, il parlait de l’Europe), nés sous le signe de la bourgeoisie puritaine, il faut cependant souligner que le changement s’y est fait beaucoup plus progressivement et il est beaucoup plus ancien. […] Cette domination d’une idéologie de classe moyenne n’existe pas dans les autres zones du monde, excepté peut-être le Japon. Même dans des pays d’Amérique latine comme l’Argentine et le Mexique qui avaient vu se développer une forte classe moyenne, les crises économiques ont eu raison de ce nouvel équilibre et on rétabli l’écart entre une riche bourgeoisie et une masse appauvrie. " C’est aussi, j’ajouterais, ce qui nous menace si nous ne retrouvons pas un certain sens des valeurs pour équilibrer l’économisme dans lequel nous sommes engagés. " Dans les pays européens les plus riches, poursuit l'auteur, on a assisté dans les années 70, à un recentrage politique, selon l'expression consacré. Les spécialistes des analyses de marché et des styles de vie des consommateurs ont mis en évidence cette augmentation de la mentalité dominante de recentrés. " |
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À propos de la vague de cocooning, Fischer mentionne plus loin le rapport de Madame Faith Popcorn publié en 1991 sous le titre Comment vivrons-nous à l’an 2000? Vous vous souviendrez peut-être qu’on en a parlé à l’émission à quelques reprises. " Aux États-Unis, le fameux Rapport Popcorn […] soulignait à son tour un profond changement de conscience politique et la métamorphose des citoyens en consommateurs – j’aime bien la formule… –, l’avènement du cocooning (le syndrome de rester chez soi), exprimant le souci dominant d’une meilleure qualité de vie, du retour aux valeurs traditionnelles, d’un respect plus strict de la nature, et de la morale dans les affaires, dans les sentiments, dans l’alimentation dite biologique, la montée de l’écologie, etc. " Une citation de Faith Popcorn en dit long, nous dit Fischer : ‘ Qu’est-ce exactement que la tendance SOS? Elle représente
tout effort contribuant à faire des années quatre-vingt-dix
la première décennie où nous serons vraiment
responsables sur le plan social : la décennie de la respectabilité,
consacrée aux trois secteurs cruciaux que sont l’environnement,
l’éducation et l’éthique. Ce sont les consommateurs
faisant un par un leur possible pour améliorer leur propre
conduite… Aux États-Unis, que cela nous plaise ou non, notre
seul espoir réside dans les capitalistes partisans de la respectabilité
qui souhaitent une transformation morale grâce au marketing. ’ " |
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Puis, Hervé Fisher parle du retour
de la
morale : " Cette tendance forte à l’avènement
de la classe moyenne dans les pays riches, " Il en résiste une refragmentation de la société dans le village global, le recentrage de l’individu sur lui-même, le cocooning, phénomène de forteresse dont parle Faith Popcorn : ‘ Plus que jamais nous nous retrancherons dans l’intimité de la forteresse – chaque foyer américain. À quoi sert la forteresse? À nous sentir en sécurité. La forteresse sera au cœur de la production (nous travaillerons à la maison), le lieu sûr par excellence (nous construisons des forteresses à l’abri des intrus) et le centre de la consommation. ’ ". Hautement tripatif! Mais, évidemment, vous n’êtes pas obligé d’être d’accord sur tout ça et ce que disent les auteurs des citations. Tout de même, c’est bon de se brasser un peu les méninges, de se les épivarder de temps en temps. |
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Hervé Fischer affirme, à un moment, que " la Terre semble être redevenue plate " : . " À l’aube du troisième millénaire, explique-t-il, le monde apparaît plus prosaïque que jamais. [...] Pourtant, c'est l'irrationnel qui domine ce monde en maître incontestable […]. Sous les apparences réductrices de notre monde trivial, […] l’irrationnel jaillit, surgit de toutes les fissures du discours comptable dominant. " " Dans quel imaginaire nous entraîne donc cette révolution scientifique et technologique douce et radicale à la fois, étrangement plus rapide que nos idées? Sommes-nous devenus des accélérateurs de pouvoir, de conscience et de liberté? Ou des apprentis sorciers dérivant vers de probables catastrophes?,. demande-t-il. […] . " Face à la complexité insaisissable du futur, la mythanalyse nous rappelle d’où nous venons; elle tente d’éclairer les fondements imaginaires de notre rationalité, de comprendre les vérités que nous imaginons. " .Bref, la mythanalyse tente de déchiffrer les mythes contemporains. |
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J’ai lu une partie de cet ouvrage, car je n’ai pas fini de tout imprimer, mais on peut aussi lire à l’écran, et c’est peut-être beaucoup plus écologique. Je suis peut-être mal placé pour défendre la publication de livres sur Internet parce que lis tout de travers. Je commence parfois par la couverture quatre, je passe ensuite à la Table des matières, je vais chercher quelque chose qui m’est familier pour voir comment l’auteur en a parlé. Je retourne en arrière, je reviens en avant, et ainsi de suite. Ce livre sur écran se prête bien à cela cependant puisque c’est une véritable mosaïque. Voici l’adresse du site où vous pouvez trouver ce livre qui s’intitule Mythanalyse du futur : http://hervefischer.montreal.qc.ca. Je vais certainement poursuivre la lecture de cet ouvrage fascinant et trouver sûrement d’autres choses tripatives à vous communiquer. |
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L’avenir de l'humanité |
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Que peut nous apprendre sur l’avenir un préhistorien, un spécialiste donc de la Préhistoire? Yves Coppens, dans une entrevue, répond par cette formule qu’il a trouvée au Sénégal : " Si tu ne sais pas où tu vas, retourne-toi et regarde d’où tu viens. " Il pense d’ailleurs que l’homme poursuivra dans les millénaires futurs l’ascension entamée il y a trois millions d’années. Comme, assez souvent, on a l’obligation de communiquer des points de vue quelque peu pessimistes sur l’avenir de l’humanité – et ce n’est pas généralement pas sans fondement –, c’est aussi très intéressant à l’occasion de faire une place à l’optimisme. Et Coppens est un optimiste…
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À propos de nos
origines animales, Coppens
explique : " L’homme continuera, selon moi, |
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| " Lorsqu’une tendance est inscrite depuis plus de trois millions d’années, pourquoi devrait-elle cesser? " |
" Le regard du préhistorien s’étend sur une telle distance que passé, présent et avenir se confondent en ‘ grandes tendances ’. Lorsqu’une tendance est inscrite depuis plus de trois millions d’années, pourquoi devrait-elle cesser?, se demande le préhistorien – et c’est là-dessus que repose son optimisme. – Le développement de notre cerveau a fait notre succès et devrait continuer. Je me sens donc scandaleusement optimiste! [rires] On me rétorque : ‘ Mais le monde va mal, vous n’avez pas lu les journaux? Je répond : ‘ Abonnez-vous au mien, il y a un numéro tous les cent mille ans! ’ [rires] Cela aide à prendre du recul. " Quand on fait remarquer à Yves Coppens
qu'il pense que " des technologies comme Internet permettront
même à l’homme de retourner à un état plus
naturel ", il explique :
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Pour finir en beauté… |
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