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Le
Nouveau Planète 1. Introduction 2.
Herbert Marcuse | |
| Introduction Planète ouvre de nouveaux horizons | |
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Courrier.
| Dans le Courrier des lecteurs du 3e numéro, j’ai trouvé ce mot qui parle de l’ancien et du Nouveau Planète en s’adressant à son directeur : " Vous avez eu le mérite d’ouvrir des horizons nouveaux, de tenter de briser la croûte protectrice des fausses certitudes, de creuser un abîme sous le lit moelleux de nos croyances et de nos conventions, et tout cela n’est pas rien; vous avez su rassembler une équipe intéressante et dynamique. " |
DINÉ,
Daniel. | Je rappelle que les articles dont il sera question au cours de l’émission ont paru à la fin des années 60, début des années 70. Voici un exemple des préoccupations que l’on pouvait trouver dans Le Nouveau Planète : " L’audiovisuel envahit de plus en plus notre vie. Nous subissons l’image sans savoir très bien quoi en faire. La saturation est encore loin d’être à son niveau maximum – on doit s’en rapprocher maintenant… – et déjà l’homme abdique graduellement le pouvoir de critiquer, c’est-à-dire le pouvoir de l’intelligence. À force de consommer de l’image, il reste sans réaction, comme hébété. " Je crois qu’il y a pas mal de vrai dans tout cela. |
| Herbert
Marcuse L’asservissement des individus par la société technologique | |
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| Une société insatisfaite | |
O’NEIL,
Robert. | Robert O’Neil, quand il présente certains points majeurs de la pensée de Marcuse, rappelle que des forces et des énergies ignorées se dévoilent à notre époque. " De tout temps, écrit-il, l’homme a revendiqué pour ses libertés. Il n’est aucune guerre qui n’ait trouvé ses justifications et sa légitimité dans l’idée d’une liberté à conquérir ou à défendre. Dans une société, les revendications sociales aboutissent la plupart du temps à une augmentation du salaire et du bien-être des individus. Le temps de travail diminue au profit du temps libre, les conditions de l’habitat, de l’éducation, du transport s’améliorent. Les transistors, la télévision, les appareils électroménagers, les automobiles sont distribuées à un nombre toujours croissant d’individus. Les facilités de paiement, les possibilités de crédit rendent accessible et nécessaire ce qui, il y a quelques décennies, semblait être du domaine du superflu et de l’impossible. Chacun bénéficie des congés payés et peut prétendre quitter sa résidence habituelle pour changer d’air. |
" C’est
la société elle-même qui engendre sa propre contradiction,
germe de toute contestation. " | |
" Devant de telles perspectives de bien-être, devant de telles promesses d’une amélioration incessante des conditions de vie, on comprend comment le seul but est de lutter contre les ‘ invasions barbares ’ qui pourraient venir détruire l’espoir qu’offre l’avenir. Cependant, il apparaît que tous ces avantages, toutes ces facilités que procure la société technologique sont loin de satisfaire les esprits. " Des forces et des énergies ignorées jusqu’à présent se dévoilent, et ébranlent tout le système de la civilisation industrielle, poursuit R. O’Neil. Des répercussions se font sentir un peu partout; la violence se déchaîne en Amérique, en Europe et même dans les sociétés socialistes de l’Est. […] Une société entière se remet en cause. […] Le réel fondement de toutes les revendications et de toutes les violences commises ne saurait s’expliquer par le souhait d’un simple rehaussement du niveau de vie. Il est question de la vie ou de la mort d’une civilisation. Encore une fois, deux fois, on peut tenter de tranquilliser les esprits en jouant le jeu des avantages sociaux, en proposant des réformes, en s’enfermant dans son propre confort. Le système sera replâtré pour six mois, peut-être davantage. " Mais une menace inéluctable pèsera encore sur la société, car c’est la société elle-même qui engendre sa propre contradiction, germe de toute contestation. Que se passe-t-il donc qui fasse que ‘ nous sommes tous concernés ’ et que nous le savons tous sans vouloir l’admettre vraiment? ", demande le psychosociologue. Une bien sérieuse question… qui mérite réflexion. | |
| Les visages de l’asservissement | |
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" Les progrès
technologiques ne libèrent pas l’homme; ils l’asservissent grâce
à des armes nouvelles de plus en plus redoutables et puissantes... " | Robert O’Neil aborde ensuite un autre point important de la pensée de Marcuse : le fait que s’éloignent de nous les perspectives d’une liberté réelle. " L’abondance n’apporte pas la paix et la liberté, explique-t-il : elle semble créer un état de guerre imminente et de répression. Le degré de perfectionnement du système aurait pu devenir tel que sur Terre on pourrait combattre efficacement la misère et les scandales, créer la joie, la richesse, la paix, la solidarité. Il n’en est rien. |
| " Plus la machine et l’automation peuvent décharger l’homme de l’urgence d’un labeur trop rude, plus s’éloignent de nous les perspectives d’une liberté réelle et de paix. Les progrès technologiques ne libèrent pas l’homme; ils l’asservissent grâce à des armes nouvelles de plus en plus redoutables et puissantes; ils amplifient plutôt que ne réduisent la nécessité des répressions arbitraires, tant politiques, économiques qu’intellectuelles. Et des émeutes, des manifestations, des rébellions apparaissent pour exprimer le refus de cette violence institutionnalisée, légitimée, mais profondément inutile. " | |
" ‘ Si
cessait le gaspillage qui est profitable à quelques-uns, la richesse
sociale qui peut être distribuée augmenterait alors… ’ " | Voilà un des points majeurs de la critique de Herbert Marcuse. " ‘ Le standard de vie que les secteurs industriels les plus avancés ont atteint n’est pas un modèle valable de développement si on a en vue la pacification, écrit Marcuse. Si on considère ce que ce standard de vie a fait de l’homme et de la nature, on doit se demander à nouveau si les sacrifices, les victimes consentis pour sa défense en valaient bien la peine… Dans ces conditions, se libérer de la société d’abondance ne signifie pas retourner à une robuste, à une saine pauvreté, à la pureté morale, à la simplicité. Au contraire, si cessait le gaspillage qui est profitable à quelques-uns, la richesse sociale qui peut être distribuée augmenterait alors… ’ et peut-être, de poursuivre O’Neil, se dissiperaient aussi les répressions qui, sous prétexte d’administrer les biens de la communauté, préservent les privilèges d’une infime minorité. " |
| " La
machine et la mécanisation sont envisagés premièrement comme
moyens de répression économique... " | Quelques idées sur la répression et l’asservissement : " La société technologique est avant tout une société guerrière, écrit R. O’Neil. La machine et la mécanisation sont envisagés premièrement comme moyens de répression économique – et aussi comme moyen de répression politique… – En effet, les progrès technologiques permettent de dominer le travailleur par un contrôle de plus en plus sévère de la technicité que l’on réclame de lui. La spécialisation des tâches et la suppression de nombreux postes de travail entraînent une insécurité de l’emploi telle que l’employé doit se soumettre passivement. Le remorcellement du travail avait pour but primitif un accroissement du rendement; l’automation du travail permet une insécurité de l’emploi : le chantage des licenciements. Le chômage est le plus sûr moyen de pression exercées dans le marché du travail. " |
" S’il est vrai que la société industrielle a besoin pour son propre développement d’engendrer des guerres, des guerres oppressives et vaines, il n’en est pas moins vrai que l’histoire de l’homme est en dernier ressort l’histoire de sa répression ", explique plus loin notre auteur. Toute forme d’éducation peut être envisagée comme une arme déguisée capable d’endoctriner, de conditionner l’enfance. On peut lui apprendre la liberté mais aussi l’asservissement. " | |
| La tromperie de la société de consommation | |
| " Toute
l’économie de la civilisation industrielle est liée à l’accroissement
des besoins. " | La société crée des faux besoins. Quels sont-ils? O’Neil explique. " Dans la société moderne, les faux besoins qui découlent des répressions que doit supporter l’enfant, sont étudiés et mis scientifiquement au point pour étayer la société de consommation. – Au fond, tout le monde est acteur dans ce système. – Toute l’économie de la civilisation industrielle est liée à l’accroissement des besoins. Dans une société d’abondance, il ne s’agit plus tant de produire des biens et des services, il faut pouvoir les écouler; il faut créer des besoins nouveaux de plus en plus insatiables et impérieux. Il faut que la consommation vienne à bout de la production. Alors, on apprend aussi les besoins de gaspillage et d’instabilité pour que les biens puissent circuler. |
" Pendant que des millions d’hommes peuvent mourir de faim, les abus les plus odieux se perpétuent afin que soit protégé l’état d’abondance et de richesse. Les classes les moins aisées, celles qui auraient pu protester contre cet état de fait, se sentant concernées, sont elles-mêmes poussées vers un certain mieux-être qui les conduit peu à peu à un ‘ état d’asthénie ’ et d’asservissement au système. La société technologique est fondée sur ce bien-être factice qui pousse l’individu, comme l’enfant, à penser, en guise de consolation, qu’il est méritant. Comment et pourquoi lutter contre ce qui apparaît image de bonheur et de satisfaction? " J’ai beaucoup apprécié le passage suivant : " Un
lent conditionnement, un
pieux endoctrinement s’est emparé de la majorité. Il fallait convaincre
tout un chacun de prendre la réalité (que les groupes de pression
proposaient), pour ses propres désirs. Et la réussite a été
quasi totale. La
publicité a suscité un mode de vie collectif. L’opinion publique
exerce un contrôle permanent sur la vie privée la plus intime des
individus. Pour conséquence première, on peut signaler un nouveau
besoin : l’attirance pour la conformité au groupe et pour l’uniformité
des conduites et des désirs; le rejet de toute excentricité, de
toute imagination. Si l’on se précipite sur un article de consommation
vedette, la satisfaction qui s’ensuit n’est pas tant due au besoin qu’on en éprouvait,
mais plutôt au plaisir de ne pas résister à la manipulation. "
Notre société nous entraîne
à une forme de conformisme mais, malheureusement, l’individu n’en est pas
vraiment conscient. " Cette manipulation, ce conditionnement, qui se traduisent par une attirance impérative, une exigence débridée, se fondent sur l’utilisation rationnelle de la répression sexuelle dans la société " , ajoute R. O’Neil. | |
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" La société
technologique se dévoile comme la forme la plus évoluée de
domination et de répression. " | " La société technologique se dévoile comme la forme la plus évoluée de domination et de répression. Mais la teneur de la persuasion et de la domination est telle que l’idée que l’individu peut s’en faire est celle d’une administration légitime et libérale. Le conditionnement, l’endoctrinement d’une part, l’insécurité et l’asservissement de l’autre, sont si poussés et si bien intégrés par l’opinion publique, que ceux qui refusent l’ordre établi sont non plus rejetés en tant que déviants, mais intégrés en dépit d’eux-mêmes. " On les prend en charge, en quelque sorte. |
| Deux avenirs contradictoires | |
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" Créer des
besoins qui coïncident avec la répression est depuis longtemps devenu
un aspect de travail socialement nécessaire... " | Qu’en sera-t-il de l’avenir de notre société? Selon Marcuse, la société actuelle oscille entre deux avenirs contradictoires :
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" La politique de la société actuelle est centrée sur cette nécessité de créer toujours en plus grand nombre de faux besoins chez l’individu, explique Robert O’Neil, des besoins-écrans qui lui voilent en partie la force à laquelle on lui demande de participer, et le dissolvent dans une pseudo-participation communautaire truquée. " ‘ Si les gens peuvent supporter qu’on crée sans cesse des engins nucléaires, qu’il y ait des retombées radio-actives, des matières nutritives contestables, il ne peuvent pas supporter (précisément pour cette raison) d’être dépossédés du loisir ou de l’éducation grâce auxquels ils sont conditionnés et qui les pousse à reproduire les armes de leur défense ou de leur destruction…. Créer des besoins qui coïncident avec la répression est depuis longtemps devenu un aspect de travail socialement nécessaire, nécessaire au sens où, s’il n’existait pas, le mode de production établi ne pourrait pas se maintenir. ’ " Jusqu’à présent, poursuit O’Neil, on pouvait expliquer, légitimer la domination et les répressions de tout ordre par l’état de précarité et de pénurie dans lequel la société se trouvait. Le monde était trop pauvre pour vivre sans restriction, sans renonciation. L’avènement de la société industrielle technologique prouve par l’ampleur de ses réalisations qu’il n’en est plus ainsi. Les classes sociales les plus défavorisées accèdent à un mode de vie de plus en plus décent. Elles sont de moins en moins convaincues de l’opportunité de remettre en cause le peu de bien-être acquis au prix de leurs efforts. | |
| " L’anesthésie
qu’apporte l’espoir de ce genre de confort est bien la plus grande arme que manipule
le système actuel. " | " C’est même parmi la classe ouvrière que l’on trouvera l’appétit le plus convaincu – après de longues privations et un labeur acharné en vue de la satisfaction – pour les consommations de type réfrigérateur, télévision, machine à laver, automobile, etc. Ainsi, l’anesthésie qu’apporte l’espoir de ce genre de confort est bien la plus grande arme que manipule le système actuel. Et il est bien entendu qu’on ne peut pas réprouver cette aspiration qui est vécue par chacun comme l’accession à la réussite sociale et à la restauration d’une dignité humaine fondée sur le mérite. |
| " Objectivement,
le refus de l’administration totalitaire de la société actuelle,
ne peut venir que de ceux qui ne font pas le jeu de la société.
" | " Il découle donc de cet état de fait de la société de consommation que les forces de constatation ne sauraient jaillir de ceux mêmes qui acceptent, voire souhaitent, l’état de fait en question. Objectivement, le refus de l’administration totalitaire de la société actuelle, ne peut venir que de ceux qui ne font pas le jeu de la société. Ceux qui craignent de n’avoir plus rien à gagner devant les forces technologiques, ceux qui pensent n’avoir rien à perdre, ceux-là seuls représenteront peut-être les forces capables de passer outre à l’administration totale. " |
| Le malaise des opprimés et des jeunes | |
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On n’a qu’à réfléchir au nombre de suicides qui prévaut maintenant chez les jeunes. Il y a un message quelque part; en tout cas, c’est l’indication d’un état de malaise relativement généralisé chez les jeunes. Le suicide comme moyen d’expression… | Ici, Robert O’Neil aborde la situation des parias, des persécutés, des inadaptés, des exploités… : des Noirs, des Jaunes, ou des Blancs qui ont " les mains nues " en quelque sorte, et qui s’élèveraient progressivement contre l’esclavage et l’asservissement. Mais je ne suis pas absolument certain que cela se passe de cette façon, puisqu’on est en train de les embrigader à l’intérieur du même type de société, de détruire leur culture, etc…. " Ce sont les jeunes qui, par leur attente même de l’avenir, se laissent de moins en moins dissuader. Ils souffrent sans doute plus que les adultes de la répression institutionnalisée. Ils ne possèdent pas encore les moyens de se préserver, de se défendre contre l’anxiété qui découle de l’état de fait créé par la société technologique. |
" Pour eux, la liberté apparaît ‘ urgence ’ devant le choix visant à leur insertion sociale. Ils se heurtent très vite à l’asservissement mécanique : ‘ Les choses tourbillonnent, elles ne pressent plus, elles font tourbillonner l’instrument humain tout entier, corps, esprit et âme. ’ Plus qu’aucun autre, le jeune est celui qui adhère à la société de consommation. Il en arrive à un niveau d’acceptation si poussé des faux besoins, qu’une lassitude précoce et une crise de conscience peuvent jaillir des propres contradictions économiques auxquelles il est soumis. En effet, par définition, le jeune possède un faible pouvoir d’achat et reste dans une entière dépendance économique vis-à-vis de la société. L’état de bien-être qu’on lui propose apparaît alors plus comme récompense à laquelle il doit prétendre pour l’avenir qu’en tant que réelle satisfaction pour le présent. " La jeunesse vit cela avec d’autant plus d’acrimonie qu’elle est plus revendicative des possibilités de choix dans le présent. Elle accepte de moins en moins que ses potentialités soient entravées par le rendement qu’on réclame d’elle. Par ailleurs, la lutte contre la répression est pour elle la condition majeure de son propre développement instinctuel et intellectuel, de sa réelle adaptation à la société. Et comme ‘ la libération instinctuelle suppose la libération intellectuelle, d’autant plus que la lutte contre la liberté de penser et l’imagination est devenue l’instrument puissant du totalitarisme ’, nombre de jeunes craignent de sombrer dans la dépendance complète et aveugle des maîtres à penser qui leur semblent affranchis. " | |
" La
société ne demande aux jeunes que de bien apprendre leurs leçons,
aux bons moments. Peu importe que vous vous en souveniez ou pas plus tard. " | " Que ce soit à l’ombre des patrons, des idoles, ou des professeurs, la relation du maître à l’esclave est de plus en plus renforcée. Contrairement à ce qui se passait dans les expressions culturelles de la société passée, les caractères légendaires des héros nationaux, des vedettes, des démons, des vamps ou des beatniks ne servent plus même à nier l’ordre établi, elles servent à l’appuyer, à l’affirmer. La créativité, la libre expression, l’imagination apparaissent comme des fleurs superflues. La société ne demande aux jeunes que de bien apprendre leurs leçons, aux bons moments. Peu importe que vous vous en souveniez ou pas plus tard. Plus tard, vous avez toutes les chances d’être persuadés de la nécessité d’un bien-être et de la pérennité de l’ordre établi pour lutter contre l’insécurité et l’instabilité du système. |
" Aujourd’hui, les qualités humaines qui sont requises ‘ pour obtenir une existence pacifiée semblent asociales et antipatriotiques – par exemple, avoir l’esprit troublé par ce qui est en train de s’accomplir; s’engager dans des actions de protestation et de refus, même si elles sont sans effet et ridiculisées. ’ " Toutefois, précise R. O’Neil à propos de l’éducation, l’espoir demeure, il n’ira qu’en s’intensifiant avec une démocratisation de l’enseignement. Car parmi les jeunes demeurent toujours l’intrépidité, l’avidité de comprendre, d’être heureux, de partager le bonheur et la compréhension. " | |
| Que faire? | |
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" Se sentir violemment
concerné et tenter de comprendre l’attitude de ceux qui refusent et contestent
un ordre qui n’est qu’un désordre maquillé..." | " Un contrôle rigoureux de l’opinion s’acharne à faire croire aux masses que l’état de fait actuel est le seul possible, qu’il est le seul légitime car il est le seul existant, poursuit plus loin notre auteur. N’est-ce pas manquer d’imagination que de se laisser aller à de telles supercheries? L’endoctrinement est si perfectionné de nos jours que la vérité semble être engendrée par les institutions ou par les hommes qui sollicitent notre confiance par la persuasion ou la dissuasion armée; la crainte et son conditionnement si général que la liberté n’est plus goûtée que lorsque l’on se heurte à une puissance, une autorité répressive, que l’on se plaît à croire protectrice. |
" Que peut-on faire dans un tel tissu de contradictions? Se sentir violemment concerné et tenter de comprendre l’attitude de ceux qui refusent et contestent un ordre qui n’est qu’un désordre maquillé; ‘ réveiller et organiser la solidarité en tant que besoin biologique de se tenir ensemble contre la brutalité et l’exploitation, telle est la tâche. – Cela paraît très fort comme discours, mais oublions les promesses des diverses lotos et rappelons-nous les problèmes réels qui existent dans notre société : la difficulté qui est faite aux familles monoparentales, aux femmes dans bien des domaines, etc. Prendre conscience de la réalité, c’est d’abord cerner la situation. – " ‘ La tâche commence par l’éducation de la conscience, du savoir, du regard et du sentiment qui saisissent ce qui advient : le crime contre l’humanité. La justification du travail intellectuel réside dans cette tâche et aujourd’hui le travail intellectuel a besoin d’être justifié ’ ", disait Marcuse. | |
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Par 4 chemins/ Le
30 mars 2001 | |
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