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Le
Nouveau Planète 1.
Évolution 2.
Mondialisation 3.
Futur | ||
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| Les
revues Planète : racines de la pensée contemporaine | ||
Planète est mort de quoi, en 1971? Tout simplement d'avoir fait école. C'est curieux mais c'est comme ça. Voilà une démarche qui a été entreprise par un groupe particulièrement brillant de journalistes, d'hommes de sciences, de psychologues, de sociologues, etc., qui se sont regroupés autour de l'équipe de rédaction dirigée par cet homme tout à fait remarquable qu'est Louis Pauwels. Ils abordaient des tas de questions qui apparaissaient toutes nouvelles, et petit à petit leur influence s'est répandue dans les journaux, dans les magazines, un peu partout dans le monde. | ||
Je précise que Planète a eu une influence mondiale non pas au niveau des masses, de la foule, mais davantage au niveau des leaders d'opinion. Je ne crois pas qu'il y ait eu un très grand nombre de gens qui ont lu Planète aux États-Unis. Et pourtant, si vous prenez la bibliographie de l'ouvrage de Margaret Ferguson, L'Âge du Verseau, vous retrouvez mentionnés des ouvrages de Louis Pauwels et de Jacques Bergier, ainsi que plusieurs articles parus dans Planète. Ce qui suppose toute une intelligentsia américaine qui a donné lieu à une évolution des valeurs dans la culture nord-américaine et occidentale. J'y reviens, parce que ça me paraît un phénomène curieux et très intéressant. Planète a connu autour de 1970 des difficultés financières et la situation aurait probablement pu s'arranger, mais le problème était tout autre : les questions qui auraient pu être abordées par la revue étaient déjà reprises un peu partout dans le monde. Je ne voudrais pas faire de rapprochement trop lourd de sens, car je n'accorde pas trop d'importance à cette observation, mais je vous dirai que c'est un peu ce qui s'est produit avec l'émission Par 4 chemins. Nous avons été les premiers à mentionner à la radio le terme " écologie ", par exemple, et à le définir; à parler de Alvin Toffler et d'un certain nombre de personnages importants de notre époque qui sont devenus des maîtres à penser. Alors, certains de ces sujets ont été repris par des plus jeunes qui se sont mis à aborder ces questions dans des émissions. Certaines ont aussi adopté des chroniques qui pouvaient s'inspirer de la démarche qu'on a suivie dans l'émission Par 4 chemins, ce qui est tout à fait normal d'ailleurs. Mais comme je tiens à survivre, je m'adapte et je me renouvelle. Et puis, je me dis qu'il y a au moins une chose qu'on ne sera pas capable de reprendre : mon rire… Après toutes ces années, je crois qu'il est important de prendre le temps de reconnaître que la revue Planète aura été l'une des racines de la pensée contemporaine. | ||
| Les consciences sont endormies! | ||
Ce
que je voulais démontrer en me plongeant dans ces articles écrits
en 1970, c'est qu'il me semble que nous n'évoluons pas assez vite.
| J'ai eu le plaisir de travailler avec Louis Pauwels, qui était mon rédacteur en chef alors que je faisais mes débuts à Paris dans le journalisme, à l'époque de mon exil volontaire. J'écrivais alors dans le journal Arts et Spectacles. Imaginez… j'avais 19 ou 20 ans… C'était pour moi un véritable privilège que de travailler auprès de gens comme Pauwels ou d'autres comme, par exemple, François Truffaut qui était journaliste à ce moment-là avant de devenir réalisateur plus tard, comme chacun sait. Il participait aux mêmes séances de rédaction et on le considérait, bien sûr, comme un homme qui avait beaucoup plus de poids que moi qui couvrait presque les chroniques des chiens écrasés. À l'époque, je faisais des comptes-rendus très modestes d'expositions de peinture tenues à Paris. | |
Toujours est-il que j'ai eu cette chance de revoir Pauwels, il y a quelques années, chez Roger Fournier, le romancier-réalisateur à Radio-Canada qui est un grand ami de Louis Pauwels. Évidemment, il ne m'a pas reconnu, puisque j'étais un gamin à l'époque. Je lui ai parlé de l'influence de Planète au Canada, au Québec particulièrement. Je pouvais enfin lui faire part de cette dette de reconnaissance que j'avais à l'égard de la revue Planète. Je sais bien depuis très longtemps que les thèmes dont on discute aujourd'hui étaient déjà abordés il y a 20 ou 30 ans. Il faut quand même préciser que tout le monde, dans ces années-là, n'avait pas les préoccupations de ceux qui écrivaient dans Planète. Alors que maintenant les problèmes du monde sont devenus les thèmes familiers des mass media. Ce que je voulais démontrer en me plongeant dans ces articles écrits en 1970, c'est qu'il me semble que nous n'évoluons pas assez vite. Par exemple, quand je réalise qu'en 1968, Le Courrier de l'UNESCO avait consacré un numéro entier aux risques d'extinction de toute vie sur la Terre, j'en déduis que l'information n'a pas été reprise. Voilà des gens sérieux, dont la publication paraît dans toutes les langues du monde ou presque, qui ont lancé un cri d'alerte, et qui se souvient de cela? On nous prévenait des effets de la pollution et des pesticides, on parlait de la menace qui pesait sur la couche d'ozone (je vous ai déjà cité un passage d'inspiration écologique, dans lequel il était question des menaces qui pesaient sur la couche d'ozone). | ||
On
ne s'engage pas assez, pas autant que nous le devrions en tout cas. | On ne va pas assez vite, je vous le dis! Il y a des problèmes qu'il va falloir résoudre beaucoup plus rapidement que cela. Pourquoi est-ce qu'on ne va pas vite? Parce que nos machines sont trop lourdes, parce que nos bureaucraties sont trop lourdes, parce que l'intelligence humaine ne fonctionne pas à son niveau normal. C'est du moins ce que pense mon chien… Il y a tellement de possibilités qui viennent de l'intelligence humaine mais qui ne débouchent sur rien, car nos règlements, nos contraintes sont trop lourdes, finalement. Mais il y a aussi le fait que les consciences elles-mêmes n'ont pas tellement évolué. Dans l'ensemble, je ne trouve pas qu'on soit beaucoup plus éveillé. Sur certains sujets peut-être, mais pour ce qui est des questions majeures, on ne s'engage pas assez, pas autant que nous le devrions en tout cas. | |
Mondialisation | ||
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Les
deux citations qui suivent n’ont pas pu être vérifiées et
rendues conformes aux textes originaux. | ||
" La consommation des produits extra-nationaux ne choque plus le patriotisme, dit-on. Et la grande internationale, si elle est encore bafouée par des adversaires et par quelques-uns de ses laudateurs est désormais à l'origine d'un verbe sans usure. En avant-garde de cette Europe unifiée, le mondialisme trace la voie des utopies rationnelles. Sans doute la communauté mondiale, but du mondialisme, n'est qu'une idée, mais l'autorité des gouvernements se voit contestée ou soumise par l'impulsion des communautés économiques et les grands maîtres de l'industrie. La technique ne se passe plus à l'échelle des continents, voire de l'univers, et des patrimoines nationaux rétrogrades qui affichent leur faiblesse. " L’auteur cite, dans le cadre de Citoyens du monde, Jean Rostand qui déclarait : " Le patriotisme doit être remplacé par un loyalisme envers l'humanité toute entière. " En 1971! | ||
| La déclaration de Davis | ||
| Dans ce même texte, on rapporte une déclaration faite par un personnage très important de l'époque. Il s'agit de Gary Davis qui avait planté sa tente en face de l'édifice de l'ONU et avait fait la déclaration suivante : | ||
" Monsieur le président, messieurs, Au nom des peuples du monde qui ne sont pas présents ici, je vous interromps. Mes paroles seront sans doute insignifiantes pour vous et pourtant, notre besoin d'un ordre mondial ne peut plus être longtemps négligé. Nous, le peuple, nous voulons la paix que seul un gouvernement mondial peut nous donner. Les états souverains que vous représentez ici nous divisent et nous mènent à l'abîme, la guerre. J'en appelle à vous pour que vous cessiez de nous entretenir dans l'illusion de votre autorité politique. J'en appelle à vous pour que vous convoquiez une assemblée constituante mondiale qui lèvera le drapeau autour duquel tous les hommes peuvent se rassembler, le drapeau d'un seul gouvernement pour un seul monde. Si vous manquez à cette tâche, écartez-vous. Une assemblée du peuple surgira des masses mondiales pour bâtir ce gouvernement, car rien de moindre ne peut nous servir. " Depuis cette déclaration, le mondialisme se manifeste par l'action des minorités, avec l'appui matériel et moral des grands humanistes. Ce qu'on a appelé " l'utopie rationnelle ". En quelle année croyez-vous qu'a été faite cette déclaration de Davis? Je vous le donne en mille… c'est en 1948! Le 19 novembre 1948. | ||
| Futur Prévisions pour l’an 2000 | ||
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" Le
futur à domicile ", | " Les 33 années à venir, d'ici l'an 2000, vont éclipser tous les progrès et les découvertes antérieures, de même que le 20e siècle a déjà dépassé tous les siècles écoulés pour sa création et ses réalisations. – Jusque-là, c'est assez vrai. – Mais il faudra payer le prix de ce progrès : les droits, les préférences des individus viendront après ce que l'on jugera, probablement à raison, être pour le bien du groupe. […] " L'homme n’usera plus ses forces en vue de la destruction nucléaire : il visera à des buts plus pacifiques afin de préserver la vie sur notre planète, qui est hospitalière, mais devient de plus en plus petite. […] " De plus en plus ce seront les ordinateurs qui feront le diagnostic dans les hôpitaux et proposeront le traitement, si bien que les hôpitaux tels que nous les connaissons disparaîtront. " Ça ne s'est pas produit encore que je sache. " L'homme maîtrisera les éléments hostiles de l'atmosphère et créera un climat idéal. Il se nourrira de pilules, et peut-être pourra-t-on perpétuer la race chimiquement en éliminant tous les gènes indésirables. Mais il est possible que toutes ces précautions impersonnelles destinées à prolonger une existence confortable obligent l'homme à prendre des pilules. " | |
" Transport terrestre : De nouveaux ‘ métros ’ souterrains, propulsés par air ou par une magnéto, assureront une grande partie des transports en commun à l’intérieur des villes et entre les agglomérations. – On a assisté, au contraire, à une multiplication des voitures, de la pollution, des pluies acides causées surtout par les émanations des voitures, etc. Mais cela fait partie des 36 vérités pas bonnes à dire. – Dans de nombreux cas, il y aura aussi des monorails aériens pouvant atteindre de grandes vitesses. – Il y en a bien quelques-uns, au Japon en particulier, mais ça n'a pas beaucoup bougé de ce côté. – Le contrôle par ordinateur éliminera tout risque d'accident. Pour le transport individuel, des véhicules pouvant s'accrocher les uns aux autres permettront de se déplacer rapidement, en toute sécurité et confortablement, en éliminant les impondérables dus aux conducteurs humains. – C'était faire preuve d'un bel optimisme… – […] " Transport aérien : Hommes et objets voyageront autour du monde dans des vaisseaux spatials ressemblant à nos missiles et à nos fusées téléguidés actuels, mais cela se fera à grande échelle et avec des moyens de contrôle plus complexes. […] " Durant les 30 prochaines années, l'homme fera d'extraordinaires progrès dans le domaine des communications. – C'est la partie la plus valable de leurs prédictions. Peut-être les travailleurs de Xérox possédaient-ils plus d'information sur le sujet... – […] En outre, il sera possible de retrouver immédiatement la trace d'une communication et de la reproduire. Des centaines de millions d'individus s'entendront et se verront parfaitement. Ceux qui disposeront de postes de télévision miniatures pourront communiquer les uns avec les autres, à n’importe quelle distance, en utilisant une ligne personnelle semblable aux lignes téléphonique. Les satellites transmettront le courrier d'outre-mer en reproduisant un fac-similé. – C'est le fax, en fait. – Par les satellites de télévision, plusieurs centaines de millions de téléspectateurs regarderont les mêmes émissions en même temps, à l’aide d’une traduction simultanée dans leur langue. L'électronique permettra d'imprimer les journaux et les revues dans plusieurs points du monde à la fois. […] " Il existera un vaste éventail de services d'information et de distraction – visuelles, auditives ou graphiques. Grâce à des câbles co-axiaux pas plus gros qu'un tuyau ordinaire, on disposera de ces services chez soi, au bureau ou à l'école. – C'est la transmission par câble… – Par le même moyen, on pourra obtenir :
C'est intéressant de voir qu'il n'ont pas prévu la révolution extraordinaire que représenterait la micro-informatique avec les petits ordinateurs personnels, etc. " En l’an 2000, l'homme ne travaillera plus que 20 heures par semaine; il consacrera le reste de son temps à son éducation et à ses loisirs. – Cette idée n'a pas abouti du tout parce que la vérité c'est qu'on travaille encore plus qu'avant, finalement. Dans les faits, le temps de travail a augmenté depuis 1973. Mais il faut calculer aussi, évidemment, tous les problèmes liés au transport, car c'est bien beau de diminuer le temps de travail, mais s'il faut passer des heures pour se rendre au travail, c'est encore un problème. – Les progrès réalisés dans la compréhension du processus d’assimilation des connaissances, l'utilisation des ordinateurs et de l'électronique permettront à l'étudiant d'apprendre en quatre ans ce qui nécessite maintenant (en 1970) 12 ans d'étude. – Il faudrait vérifier cela auprès des professeurs maintenant. – […] Plus besoin d'aller à l'école! Leur maison étant reliée directement à un ordinateur, les étudiants pourront étudier à distance. – Cela suppose l'existence de la micro-informatique, remarquez, mais ça n'est pas très clair. " Finances : On n'aura plus besoin de monnaie ni de chèques. Toutes les transactions financières se feront par ordinateurs […]. " Mines et exploration : Les ordinateurs dresseront une carte du fond des mers et des autres planètes, indiquant automatiquement les ressources minières du sol. Le 21e siècle sera le début d'une ère qui verra la libération de l'homme des besoins matériels. " Commerce de détail : Le consommateur achètera de chez lui. La maîtresse de maison pourra voir sur un écran, en trois dimensions, les articles qu'on lui propose. […] Pour l'édition, ce qu'on prévoyait est très curieux : " Édition : Les dernières nouvelles seront transmises par la télévision. Le monde de l'édition subira une véritable révolution. On aura beaucoup moins besoin de textes imprimés. – Eh bien, on n'a jamais autant imprimé de textes… – Dès qu'un auteur aura terminé son texte, il sera directement transmis par ordinateur au lecteur qui le réclame. " | ||
| En
guise de conclusion Il faut donner du temps au temps | ||
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| En prenant connaissance de ces articles, j'ai découvert que les choses restent plus longtemps ce qu'elles sont qu'on ne le pense. Alors quand on me demande après une conférence : " Monsieur Languirand, croyez-vous que cette nouvelle conscience va émerger rapidement? ", généralement je réponds : " Oui, je le crois. Je pense que tous les facteurs pour permettre l'émergence d'une nouvelle conscience sont réunis et qu'elle va émerger très rapidement. D'ici 200, 300 ou 400 ans environ... " Cela crée toujours un effet d'étonnement, car tout le monde souhaite toujours voir cela durant sa vie. Mais pour ce faire, il faudrait vivre au moins 200 ou 300 ans, je vous le dis très franchement… | ||
L'évolution
de l'humanité, Qui disait que le temps ne respecte pas ce que l'on fait sans lui? Il y a des choses qu'il ne faut pas se cacher. Je me dis que les progrès de la science jusqu'ici ne sont pas accompagnés d'un changement véritable au niveau des consciences. Je trouve qu'en dépit des jeunes qui sont plus éveillés que nous l'étions dans les années 40 ou 50, les mentalités n'ont pas beaucoup évolué. Le temps prend son temps. Il y a, d'autre part, chez moi, cette inquiétude à l'effet que cela risque de prendre justement trop de temps. Allons-nous manquer de temps? | ||
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Par 4 chemins/ Le
20 avril 2001 | ||
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