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L'homme
Averty |
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Lorsque j’apparais, je fais beaucoup de vent, cela
fait partie de mon personnage.
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La folie
" Je suis le maître absolu
de tout et Dieu me pardonne, car, personnellement, évidemment, je suis
un enfant. "
Un fou de l’asile
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" Je suis fou, tout le monde le sait. Mais je vais vous dire pourquoi.
À Nantes, en 1940, nous habitions en face de l’asile de fous. Nous connaissions
une infirmière et son mari qui travaillaient à l’asile. Ils étaient, bien
sûr, complètement fous. J’allais visiter l’asile avec ma mère. J’ai vu des
gens extraordinaires. […] Tous ces fous étaient des gentils fous, je les
aimais bien. D’ailleurs, qu’est-ce que cela veut dire, " fous " ? On est
entourés, dirigés par des fous, menacés par des fous, du matin au soir.
Personne n’est normal. "
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Le musicien
" J’abandonnais les études pour le jazz. Mais je jouais mal. Ne
pas être musicien aura été un de mes grands désespoirs. Car j’aurais
aimé être musicien, plus que toute autre chose. Seulement, pour être
un bon musicien, il faut être doué. Je ne l’étais pas, mais absolument
pas. J’ignorais tout, j’étais obtus, complètement bouché. Il a fallu
que j’apprenne la musique en me bottant le derrière, position acrobatique
et très inconfortable.
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1953, pianiste au Club de la Huchette
dans l'orchestre dPierre Atlon
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" Cela m’a tout de même permis de jouer – mal
– et, plus tard, de travailler sur la musique lorsque j’ai fait de la
télévision. Il a fallu vraiment que je me contraigne, ça a été un travail
mental terrible, un effort complet. "
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Le spectacle
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" Tout spectacle est une fiction. […] Tout spectacle
est une pure illusion. Et, en illusion, tous les trucs sont permis, tous
les coups sont permis, à condition que le résultat soit bon. "
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L’antispectacle
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" J’ai toujours été fasciné
par l’antispectacle. Dans un mode qui croit bon d’encenser des gens et
de les présenter comme le fin du fin, il est bon, de temps en temps, de
faire apparaître l’antispectacle comme démythification. L’antispectacle
dans son décati, dans son échec confirmé, dans sa vieillerie. Je trouve
très moral d’inquiéter ce monde de la consommation triomphante, de le
rendre dérisoire par son contraire : la déchéance, le bide noir, le spectacle
en perdition. "
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Sur son travail de metteur en scène à la télévision
" Les variétés de 1959, de 1960,
de 1961 et de 1962 étaient ce qu'elles sont redevenues depuis 1970 :
un produit de pure consommation qu'on n'a pas besoin de présenter
ni de mettre en scène d'une manière exceptionnelle. Il suffit
de balancer, devant la caméra et derrière le micro, des
artistes dont on suppose que le seul nom suffit à attirer le public.
Apparemment, c'est vrai. Aujourd'hui, dans mes moments de dépression,
je me demande si toute ma carrière n'est pas un leurre, un mythe.
Si je ne me suis pas donné du mal pour rien. Il y a très
peu d'artistes de variétés qui valent la peine qu'on se
donne du mal pour les présenter en images. Moi, je me suis toujours
donné du mal, du plus infime jusqu'au plus grand. Est-ce que ce
n'est pas totalement vain? Qu'un chanteur soit bien ou mal présenté,
le public s'en fout. Pourvu qu'il voit derrière le micro le type
dont il a lu le nom sur une pochette de disque ou qu'il a entendu à
la radio, il est content. Ce sont les critiques de télévision
qui m'ont encouragé, qui m'ont fait le peu que je suis, dans la
mesure ou ils connaissaient le music-hall, le cinéma, où
ils ne dissociaient pas le fond de la forme. Ce sont eux qui m'ont sanctifié,
sinon, mon travail serait peut-être passé inaperçu. "
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Le combat perdu
" Ce qu'on a appelé l'école des
Buttes-Chaumont est, pour moi, l'erreur la plus tragique qu'on ait jamais
pu commettre à la télévision. Au nom de la ‘ culture ’,
on a enfermé la télévision dans le carton-pâte,
sans chercher à savoir ce que pouvait être sa vraie vérité.
D'une part, celle qui vient de l'extérieur, le ‘ cinéma-vérité ’,
qui, personnellement, ne m'intéresse pas, mais enfin, cela existe.
D'autres
part, l'électronique, cet outil spécifique fondamental,
qui n'a jamais vraiment été reconnu, et pour lequel, après
dix ans de ‘ vedettariat ’, je suis encore obligé de
me battre. On n'admet pas que la télévision puisse être
un phénomène électronique. C'est cela qui peut réaliser
la synthèse de toutes les techniques : la technique
du direct, la technique du cinéma, du théâtre, du
music-hall, du dessin animé, du pictographe d'Abel Gance, du ‘ simplifilm ’.
C'est ce que j'essaie de faire. C'est encore resté lettre morte,
mais peu s'en faut. Les variétés sont retombées dans
leur lénifiante médiocrité, c'est évident.
[…] J'ai cru ouvrir une voie où toute la télévision
pourrait entrer. Et je suis le seul héros d'un combat perdu. "
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Metteur en scène
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" Quand on est un metteur en scène digne de
ce nom, on fait les choses d’abord pour soi et, ensuite, tant mieux si cela
plaît aux autres. Il faut souhaiter que cela plaise, mais pas faire les
choses pour que cela plaise absolument et par n’importe quels moyens. " |
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Sur sa carrière
" J'ai toujours rencontré les gens qu'il fallait, mais
toujours un peu trop tard. Je suis dix ans en retard sur moi-même.
J'ai eu 45 ans en 1973, j'aurais dû en avoir 35. C'est tragique.
[…] La télévision a été inventée à
temps pour que j'en fasse, mais un petit peu trop tard pour que je le
fasse trop tôt.
Jacques Siclier : C'est une belle formule
- Et c'est la triste vérité. "
" Le malheur, c'est que je suis resté seul à
concevoir la télévision de cette manière. […] Je
n'ai jamais voulu être un petit génie solitaire. Je voulais
être un précurseur. "
Sur la connerie, la mort et Dieu
(à partir de la réaction des téléspectateurs
des Raisons verts, dont il était le réalisateur.)
" J'ai toujours été surpris d'une chose :
les gens lisent avec délectation les faits divers dans les journaux
qui sont pleins d'histoires de guerres, de morts sur les routes, dans
les accidents d'avion, d'histoires d'enfants battus, massacrés
par des parents indignes. Ils s'apitoient, ils réprouvent, mais
ils ne vont pas au-delà du sursaut sentimental, comme s'ils étaient
conditionnés par des maux, des fléaux inévitables.
Mais introduire, dans un spectacle de divertissement, un diable caché
dans un confessionnal, une boucherie où l'on vend –
d'après des étiquettes purement fictives –
des rognons de loulou ou des yeux de chat, montrer un bébé
en celluloïd transformé en chair à pâté,
alors, ça les fait bondir, hurler, voir rouge. La fiction est insupportable.
C'était vraiment de la fiction.
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" On
ne broyait même pas le poupard! Du pur trucage. Le trucage a quasiment
été inventé pour passer le bébé dans
la fameuse moulinette qui n'est qu'un hachoir à viande. […] L'apparition
de l'électronique, ce foutu trucage, a permis de faire passer
le bébé dans le hachoir et de faire ressortir de l'autre
côté de la chair à pâté. C'était
tellement énorme qu'on ne pouvait pas y croire. Eh bien, on y
a cru! Je me suis attaqué à un tabou, au fondement de
la race humaine : le bébé, c'est sacré. […]
" Quant aux animaux domestiques, le conformisme humain est
tel qu'il accepte, du moins en Europe, que l'on mange du bœuf ou du mouton,
mais pas que l'on mange du chien. Alors que dans d'autres peuplades, on
mange du chien, on balade les moutons en laisse. En Inde, on ne tue pas
les vaches, elles sont sacrées et les gens crèvent de faim.
Je voulais attaquer ce conformisme imbécile qui consiste à
respecter certains animaux, alors qu'à vrai dire, dans le monde,
tout se bouffe et tout s'entre-bouffe. C'était encore une démarche
intellectuelle. […] En faisant cette ‘ moulinette ’ j'étais
conscient de m'attaquer à Dieu. Parce que Dieu à fondé
son système de la création et de la vie sur l'entre-dévorement.
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| " Dans un article contemporain des
Raisins verts, François Mauriac a écrit que le petit
surréaliste attardé que j'étais était un des
rares êtres humains à l'avoir fait douter de l'existence de
Dieu. Parce que je mettais à découvert l'entre-dévorement
qui est le fondement même de la vie. C'est Dieu qui devrait être
condamné à mort. Son système de création est
détestable, ignoble, ce système qui consiste, du haut en bas
de l'échelle des espèces, à manger des êtres
vivants, donc à les faire souffrir, à les tuer, pour ensuite
être mangé! J'ai bouffé des bêtes et je serai
bouffé par des asticots. Cela ne me servirait à rien d'être
végétarien. La vies est absurde, ça, ce n'est pas nouveau,
mais sa perduration est quelque chose de dégueulasse, puisqu'elle
n'est fondée que sur la mort. " |
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" Je passais le bébé dans le
moulin. C'est devenu ma marque de fabrique, mon blason, ma croix gammée. "
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La choux-moulinette
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| Le petit cirque ou ce qui fascine Jean-Christophe
Averty |
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" Un jour de week-end, nous étions allés nous
balader à Gien. C'était un reportage en direct sur des chiens
de chasse et on avait vu ce petit cirque. Je l'ai recherché, pour
faire un court métrage. Je l'ai retrouvé en Bretagne. La
principale bête était un mouflon. Avec un renard, un dindon
et un sanglier, ça faisait une drôle de ménagerie.
Les gens du cirque ne voyageaient qu'avec des voitures à chevaux,
ce qui les contraignait à n'aller que dans les villages qui avaient
des pacages communaux. C'est dire le public qu'ils pouvaient toucher.
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1962, le tournage sur le petit cirque en Bretagne
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" C'était incroyable. J'adorais
déjà les situations dérisoires, j'étais fasciné
par le dérisoire. Le spectacle était dérisoire et plus
touchant, plus émouvant qu'un spectacle réussi. J'ai fait
un petit film qui est sorti au début de 1962, dans les salles de
cinéma… "
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Avec Salvador Dali
" Il y a une chose importante en 1966, c'est ma rencontre avec
Salvador Dali. C'est capital. J'ai fait avec lui un film auquel je tiens
beaucoup parce qu'il a prouvé à un certain nombre de crétins
que j'étais capable de me servir d'une caméra de cinéma.
J'ai vu un individu génial – ô combien
génial! – qui m'a appris à vivre et à
me comporter, en tant que metteur en scène et en tant qu'homme,
dans la société, à ne plus avoir ces complexes imbéciles
et cette pudeur crétine qui, souvent, paralysent l'activité
sociale et artistique. Et puis, j'ai pu accomplir un film qui restera,
quoi qu'il en pense, lui, Dali, car il le déteste. Il dit :
C'est-le-plus-mau-vais-fi-lm-qu'-on-ait-ja-mais-pu-faire-sur-Da-li.
Il faut bien préciser que c'est le seul! Je l'ai tourné
pendant l'été 1966, mais il n'a été vu en
France qu'en 1972, parce que c'était une production pour les
États-Unis, et que cela coûtait fort cher d'en établir
une version française. Cela a mis un temps fou. C'est un truc qui
restera hors du temps, Dali le déteste. Il m'a dit : Ce
film est trr-ès mauvais, son seul mérite c'est qu'il montre
que Dali ne fonctionne pas comme tout le monde. Ce qui était
le meilleur des compliments! Et comme Dali est une vieille coquette, il
savait très bien ce qu'il disait.
" Dali est l'être le plus formidable que
l'on puisse rencontrer. Mais travailler avec lui, c'est un enfer, c'est
le cauchemar organisé. Il terrorise tout le monde. Il a horreur
des gens qui lui tiennent tête, que ce soit sur le plan artistique,
humain, social, caractériel. Il aime piétiner, déchirer,
écraser, jouer les sadiques. Et moi, je lui ai tenu tête,
évidemment. Parce que quand je suis derrière une caméra,
il n'y a pas n'importe qui derrière la caméra! Alors Dali
tempêtait, c'était effroyable. Le résultat est donc
qu'il a trouvé le film mauvais, et que, dans le monde entier, on
s'est accordé à le trouver très très bon.
Il le trouve mauvais parce qu'il considère que je lui ai volé
un peu de lui-même, qu'il s'est livré, que l'image que je
donne de lui est une image peut-être pas conforme à ce qu'il
pense de lui. C'est certain que Dali ne fonctionne pas comme tout le monde.
Il y a eu une lutte, une jalousie terrible, alors que je n'en méritais
pas tant. Entre moi et Dali, il y a tout de même une sacrée
différence. Je suis un ‘ petit génie ’, mais lui,
c'est un génie tout court. Je ne lui arrive pas à la cheville.
Il aurait dû le savoir. C'était me faire bien de l'honneur
que de faire de telles colères devant ma caméra.
" Dali n'avait pas vu mes émissions,
je ne crois pas. Mais il m'avait CHOISI. Il avait absolument voulu faire
ce film avec moi. Il avait donc entendu parler de moi, et, son premier
désir, c'était sûrement de m'emmerder. J'ai vécu
un mois à Cadaquès, dans la poussière, le sable et
le vent, par une chaleur terrible et sans flotte! J'ai quand même
vu un être exceptionnel. Je savais qu'il l'était. Mais c'était
très important de vivre avec lui. J'ai eu de la chance, dans ma
vie professionnelle, d'avoir fait ce film avec Dali et sur Dali, et je
me suis servi de Dali pour faire un bon film. Autrement dit, je l'ai un
peu cocufié, et comme lui adore cocufier les gens, cela ne lui
a pas plu. […]
" On s'est quand même bien amusé,
on a écrasé du bébé, on a balancé des
pianos dans la mer, un certain nombre de conneries monumentales, délirantes,
et quand on pose des questions sur ce film, il faut répondre ce
que dit Dali : Je-ne-le-com-prends-pas-moi-même.
" Dali est un hyper-humoristique. […] Il neutralise
la connerie autour de lui en la repoussant par un faux masque. Mais c'est
un homme timide et extrêmement sensible, un écorché
vif. Il a une peur atroce de mourir. Comme moi. Il a le sens du tragique
de l'existence humaine, de son absurdité, et il essaie de lui donner
une cohérence. Mais c'est l'homme le plus sensé de la Terre.
[…] Dali est un monsieur qui a la philosophie la plus saine du monde en
disant : Le paradis est sur terre. L'important est de cultiver
notre jardin. Dali est un humaniste. […]
" Oui, Dali c'est une expérience fabuleuse. "
Le travail avec les comédiens (à propos de
la réalisation de Ubu roi)
" Le comédien a toujours été un élément
réactionnaire dans une entreprise de spectacles, dans la mesure
où il porte le texte, où il a à se défendre
lui-même en servant le texte. Le comédien est un élément
fragile, qui se protège tant et plus, et c'est un frein. Généralement,
90 % des metteurs en scène, au théâtre ou au
cinéma, servent le comédien plutôt que de s'en servir,
et ils peuvent s'en trouver fort bien. Moi, j'ai eu à forger toute
une technique, tout un langage, et il fallait bien que les comédiens
se plient à cette nouvelle discipline qu'était l'électronique,
c'est-à-dire à la négation du décor, du lieu,
de l'espace, du temps, à la négation de leurs propres dimensions
humaines, et même de leurs voix. "
De la direction d'acteurs
" J'ai eu et j'ai toujours des problèmes avec les comédiens,
c'est vrai. Je ne sais pas expliquer aux gens. Mais c'est que je ne crois
pas à la direction d'acteurs. Je pense que c'est une fumisterie
inventée par certains metteurs en scène pour se faire mousser.
Ils disent : ‘ Moi, je dirige mes comédiens. ’ Ils
aiment qu'on le dise. Mais, de par ma chandelle verte, merdre de merdre,
comme dit le père Ubu, les comédiens ne se dirigent pas.
On les choisit, et quand ils sont bien choisis, on n'a plus besoin de
s'occuper d'eux. Ils s'occupent très bien d'eux, ils savent très
bien ce qu'ils font. On peut influencer le rythme d'une action, intervenir
dans la mise en scène plastique. On ne peut pas modifier un comédien,
le diriger. […] Quand je tourne avec Montand (Yves), je ne lui dis pas
comment chanter ni comment faire. Il fait son boulot, moi, je fais le
mien, et ça donne des résultats qui sont bons. "
Faust et Alice
" Paul Valéry disait : Il faut que chacun écrive
son Faust. Moi, je pense que chaque metteur en scène devrait faire
son Alice. J’ai fait la mienne. "
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Jacques Siclier : " Averty s’affirme, en 1967
au concours du prix Italia, comme le roi de la couleur en son domaine.
Il éblouit par de nouvelles recherches graphiques, par sa maîtrise du
spectacle électronique. Mais, quand je lui demande ce que la couleur
lui a apporté à ce moment-là, il me dit qu’il ne sait pas quoi répondre,
même si la question n’est pas particulièrement conne (merci).
Jean-Christophe Averty : " La couleur est un
tel faux problème… Je dirai : la couleur, c’est la couleur, et le noir
et blanc, c’est le noir et blanc! On ne peut rien dire d’autre, parce
que la couleur, c’est tellement différent du noir et blanc, qu’une image
en couleurs vue en noir et blanc n’est pas laide, mais se présente comme
une espèce de fantôme. … Toute photo en noir et blanc est une photo
abstraite, quoi qu’elle représente, alors que la couleur a toujours
une vocation – du moins si on l’utilise au premier degré – réaliste. "
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La vieillesse
" La vieillesse me fascine. J’ai toujours été
pour les vieillards contre les jeunes dans la mesure où les vieillards
sont devant moi, ont vécu plus longtemps que moi. Les jeunes vous poussent,
les vieillards, on les pousse ! Faut toujours être du côté des vieillards
plutôt que des jeunes qui vous poussent. Quand on se moque d’un vieillard
en disant : " Il est vieux, il est vieux, il est vieux ", eh bien, le
vieux vous emmerde, parce que, de toute manière, il a au moins vécu
plus longtemps que vous ! Vous n’êtes pas sûr d’en faire autant. "
L’Histoire
" L’attention minutieuse et un peu maniaque
aux petits faits de l’Histoire fait que, brusquement, on se rend compte
que la petite Histoire est plus importante que la grande, et que, souvent,
de votre vie, il ne reste que des chansons. Et c’est merveilleux, alors
qu’on nous embête avec des dates, des faits importants. "
La continuité
" Quant je me retourne sur mon passé, au lieu
d’être effrayé comme la plupart des hommes, je me rends compte que,
sans suivre une ligne bien précise, il se dégage de mon travail une
certaine continuité. "
Le rêve
" Moi, je considère le rêve comme une chose
vraie. Et la machine électronique permettait d’aller dans ce sens, de
supprimer la pesanteur, de rendre les gens légers, de confondre le présent
et le souvenir. "
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Extraits tirés
de
Un homme Averty,
de Jacques Siclier,
Éd. Jean-Claude Simoën,
Coll. " José Artur ",
1976. |

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Édition : Stéphanie Adam Le Roch/ Révision :
Nicole Dumais
Infographie : Pascal Languirand/ Documentation : Rosalie Dumontier
© Les Productions Minos Ltée/ Tous
droits réservés pour tous pays |
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