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| Scénarios
de vie Des clefs pour les voir et pour en sortir | |
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COTTRAUX,
Jean. |
Nous sommes à une époque où l’on parle volontiers de son vécu… " Chacun pourrait raconter sa vie comme un film, fait de scènes reconstruites par la mémoire, et le raconter à un auditeur de son choix. […] Le récit de vie s'adresse toujours à un témoin, et le plus intime des journaux espère le lecteur ", écrit Jean Cottraux. " De fait, une vie sans histoire n’existe pas, poursuit l’auteur dans l’introduction. Pour le dire autrement, une vie sans histoire serait une histoire sans vie. Il suffit d’examiner n’importe quelle existence à la loupe pour voir qu’elle n’est qu’une suite de problèmes plus ou moins bien résolus. " Puis il s’amuse à citer le monsieur Fenouillard mythique : " Comme le disait l’excellent Monsieur Fenouillard : ‘ La vie est un tissu de coups de poignards qu’il faut boire jusqu’à la lie. ’ " [rires] |
| " Qu’est-ce qui distingue ce qu’on peut appeler un scénario de vie de la bêtise ordinaire? ", demande-t-il un peu plus loin. Parce qu’il s’agit ici de scénarios qui ne vont pas du début à la fin de la vie, mais qui sont plutôt des moments qui reviennent périodiquement dans la vie. Ce qui fait la différence entre la bêtise humaine et un scénario de vie, selon lui, c’est l’intelligence. " La bêtise se satisfait d’elle-même : la personne prise dans un scénario souffre du caractère répétitif de sa vie. " | |
| Les grands thèmes de scénarios | |
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Je vais vous donner certains exemples et peut-être allez-vous vous reconnaître un peu dans certains scénarios de vie. Toujours les mêmes problèmes avec toujours le même genre de personnes. |
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Au travail
Sexe et sentiments
Les traumatismes
Les conduites impulsives et à risque
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| Destin et inconscient | |
| L’entreprise n’est pas toujours facile. Je dirais même, au contraire, que c’est toujours difficile de prendre conscience d’un scénario de vie avec lequel on est pris. | " La vie est-elle un film? s’interroge l’auteur. […] Ceux qui sont pris dans un scénario de vie en souffrent : ils répètent jusqu’à la nausée ce qu’ils devraient éviter de faire. […] Certes, la vie n’est pas un film, mais les scénarios de vie répètent les scénarios de films, tout comme les scénarios de films répètent les scénarios de vie ", explique-t-il. |
Il y a des propos clairs et tripatifs qui nous renvoient à la notion de destin. " La notion de destin nous renvoie au problème central qui nous préoccupe, affirme Jean Cottraux : nos actions sont-elles totalement déterminées par un scénario qui nous contraint à agir, ou bien sommes-nous libres? – Si on estime que nos actions sont déterminées par un scénario, peut-on se libérer de ce scénario? Toute la question est là, finalement. – Et si nous sommes libres, quel est notre degré de liberté? Le dilemme responsabilité/irresponsabilité apparaît dans toutes les conceptions du destin qui se présentent sous forme contradictoire. Il pourrait s’énoncer de la manière suivante : ‘ tu es programmé, mais tu es libre ’. L’entreprise n’est pas toujours facile. Je dirais même, au contraire, que c’est toujours difficile de prendre conscience d’un scénario de vie avec lequel on est pris. Parce que ça repose sur des facteurs très divers. Il faut compter, par exemple, avec des facteurs biologiques, des facteurs psychologiques, des facteurs environnementaux. Tant et aussi longtemps que tu en arrives à dire pour te défendre : " Ce n’est pas moi, c’est mon inconscient qui a fait cela. Je ne suis pour rien dans mes pulsions ", etc. On se doute bien que les causes profondes de ces conduites scénarisées, pour ainsi dire, se situent en partie dans l’inconscient. Or, il y a trois inconscients, précise notre auteur. " Il est possible de distinguer trois formes d’inconscients, dont l’origine et les fonctions sont différentes, bien qu’elles soient reliées les unes aux autres :
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| Les grands traits de la personnalité | |
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On arrive ici aux grands traits de la personnalité qui viennent jouer un rôle important dans la formation de ces scénarios de vie. Voici les quelques dimensions des deux pôles : Ouverture aux expériences, contrainte, extraversion, altruisme agréable pour l’un, et fermeture à la nouveauté, impulsivité, inhibition (introversion), comportement antisocial pour l’autre | |
Il y a beaucoup de termes scientifiques dans cet exposé. On parle de neuroticisme (ou névrosisme), par exemple. Mais, au fond, ce sont des phénomènes qui nous sont familiers. " Le neuroticisme (ou névrosisme), explique Cottraux, est opposé à la stabilité émotionnelle. C’est une dimension qui correspond à certains nombres de traits : l’anxiété, la dépression, les sentiments de culpabilité, l’estime de soi basse, la tension, l’irrationalité, la timidité, les sautes d’humeur, l’expression exagérée des émotions. Plusieurs études ont montré qu’un score élevé de neuroticisme s’accompagnait de vulnérabilité à la dépression et à de dépendance à autrui. " | |
| Génétique et tempérament | |
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La génétique, ce n’est pas le destin. Mais… " Napoléon disait : ‘ L’anatomie, c’est le destin. ’ Ce fatalisme biologique se retrouve à l’orée de toute vision réactionnaire du monde : si l’anatomie est un destin et la génétique un sort, ceux qui ne sont pas bien nés n’ont plus qu’à se résigner à l’inévitable… de dire notre auteur, Jean Cottraux. Heureusement, la génétique moderne ne donne pas raison à Napoléon. – Il faut dire que Napoléon était assez petit, et c’est peut-être ce qui lui a donné cette formidable énergie de se dépasser, en quelque sorte. | |
" Il a notamment été montré que les sources de variation dans la personnalité étaient constituées à 50 % par des facteurs héréditaires et à 50 % par des facteurs environnementaux. – Incidemment, ça correspond à ce que disait Boris Cyrulnik, à la blague, récemment : " Tout est à 100% génétique et tout est aussi à 100% environnemental. " Ce qui revient au même mais il voulait frapper l’imagination. – […] " Il faut donc considérer tout ce qui a trait au tempérament avec beaucoup de prudence. Des études longitudinales sur les enfants ont montré la grande difficulté à prédire la personnalité future à partir du tempérament initial. Les enfants ont une grande capacité à absorber une expérience traumatique : tout comme chez les adultes, seuls 20 à 25 % des enfants traumatisés développent des troubles; c’est le phénomène bien connu de ‘ résilience ’ ou capacité à rebondir – que nous avons abordé à quelques reprises, entre autres, avec Boris Cyrulnik. | |
| Trouver le bon scénario | |
| " Le désir de changement peut conduire à sortir du piège que représente un scénario de vie débutant, souvent consciemment vécu, bien que la personne qui en subit les effets ait du mal à trouver la porte de sortie. " |
À une certaine étape de sa vie, il arrive parfois qu’on a envie de dire : " On s’est trompé d’histoire. " " Voilà ce que perçoivent et expriment les personnes qui n’arrivent pas à bien vivre leur vie, explique Jean Cottraux. Confusément, elles sentent qu’un piège s’est refermé sur elles et qu’elles vont répéter, à contrecœur et à l’infini, un rôle qui n’est pas celui qu’elles auraient choisi. " Certes, le rôle actuel a des avantages, qu’il faudra bien peser avant de chercher à modifier le scénario. Changer, c’est mourir un peu, car c’est renoncer à une partie de soi, et quelquefois à des relations très proches. Changer, c’est partir un peu, vers une terre étrangère. – J’aime beaucoup cette formule. – Le tout est de savoir si l’émigration vaut le voyage. " |
On nous montre ici finalement comment, par fidélité à certains schémas mentaux, nous devenons, sans en être conscient, prisonnier d’un rôle, d’un personnage. En tombant amoureux systématiquement de la mauvaise personne, par exemple. Vous en connaissez sûrement des gens qui vivent cette expérience. En nous obstinant dans une voie qui n’est pas la nôtre, en multipliant les conflits, les conduites à risque, etc. Il y a des mécanismes psychologiques qui sous-tendent ce genre de comportement. Ils impliquent des conséquences dramatiques, ils véhiculent des grands mythes et expriment des grands types de personnalité. Tout est dit pour permettre à chacun de sortir du piège de la répétition et de réinventer sa vie. Incidemment, comme toujours, je ne le répéterai jamais assez : il faut d’abord VOIR. " Le désir de changement peut conduire à sortir du piège que représente un scénario de vie débutant, souvent consciemment vécu, bien que la personne qui en subit les effets ait du mal à trouver la porte de sortie. Il sera activé par un sentiment d’ennui, lié au fait de toujours répéter les mêmes situations, par l’impression d’‘ avoir déjà joué le film ’ ou d’‘ avoir déjà donné ’, ou encore par la perception de sa propre souffrance. " Les sept étapes du changement sont les suivantes :
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La méthode de résolution de problème | |
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Tout problème a sa solution, c’est ce que vous pouvez vous dire. " La méthode de ‘ résolution de problèmes ’ se fonde sur un modèle circulaire comprenant sept étapes, explique Jean Cottraux, qui ramène souvent à l’étape 1, car la première solution trouvée est rarement la plus adaptée. " | |
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17 juin 2001/2e heure | |
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