les neuf principes fondamentaux de Miyamoto Musashi |
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DEUX : |
Se forger dans la voie en pratiquant soi-même
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| "Ceux qui veulent connaître ma tactique doivent obéir aux principes suivants selon lesquels ils peuvent pratiquer la Voie..." | Cest dune pratique dont il sagit ici. Les principes de Musashi ninvite pas à la spéculation mais à lengagement dans une pratique. Pour le guerrier, la pratique régulière, assidue peut faire la différence entre la vie et la mort. Dans certaines disciplines des arts martiaux, on rappelle quil faut pratiquer tel mouvement, tel geste, "10 000 fois", cest-à-dire jusquà pouvoir le retrouver spontanément lorsque lon doit y recourir. Il en va de même pour celui qui considère plutôt ces principes comme les règles dun art de vivre. Cest dans la pratique que le guerrier se crée lui-même. |
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| Voir les ouvrages de Carlos Castaneda: Le Voyage à Ixtlan; Histoires de pouvoir; Le second anneau de pouvoir; Le Don de lAigle; Le feu du dedans (éd. Gallimard). | Le guerrier considère chaque situation qui se présente comme loccasion dun entraînement qui doit se traduire par des pensées justes, des paroles justes, des actions justes. La tradition samouraï commande en toutes choses lattitude juste. On trouve la même prescription dans la tradition amérindienne. Chez les Yaquis, Don Juan enseigne à son disciple limpeccabilité ou encore, si je me réfère à une autre tradition, occidentale et moyenâgeuse : une conduite sans peur et sans reproche devise du chevalier Bayard! Plus près de nous, Benjamin Franklin, lun des signataires de la Constitution américaine, qui était franc-maçon et rosicrucien, insiste dans son autobiographie sur la nécessité de pratiquer ce quil appelait les "vertus morales". Il simposait dailleurs tous les soirs un examen de ses comportements de la journée. |
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Les Entretiens de Confucius, I.4 (éd. Gallimard). |
On trouve aussi cette pratique dans la tradition chinoise. Maître Kong (Confucius) lénonce en ces termes : "Chaque jour, je mexamine plusieurs fois : Me suis-je fidèlement acquitté de mes engagements? Me suis-je montré digne de la confiance de mes amis? Ai-je mis en pratique ce quon ma enseigné?" |
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Je dirais même quil faut éviter de se prendre au piège de la spéculation. Comme le fait remarquer Carl Jung : "Labstraction représente le plus grand piège pour lOccident." Il semble en effet que nous ayons une forte tendance à la spéculation. Cest ainsi que dans le domaine du développement personnel, de la croissance, qui nous intéresse plus spécialement ici, on trouve aujourdhui un nombre considérable de livres sans doute valables mais dont la lecture se traduit rarement par une pratique sérieuse. On se contente le plus souvent daller dun livre à un autre sans trouver la motivation de mettre en pratique les enseignements. Il est vrai que, dans tous les domaines, passer à la pratique suppose que lon exerce déjà une certaine maîtrise sur sa vie. Quest-ce donc, en effet, qui empêche de passer à la pratique de lenseignement? On invoque le plus souvent le manque de temps. Il sagit pourtant du temps de sa propre vie. Est-il possible que lon ne puisse pas retenir pour soi une partie de son temps? On invoque alors les devoirs, les obligations pour expliquer, pour justifier le manque de temps pour soi. Cest bien ce que je dis : passer à la pratique suppose que lon exerce déjà une certaine maîtrise sur sa vie, sur son temps. Encore faut-il pouvoir agir, cest-à-dire pouvoir exercer son libre arbitre, plutôt que réagir, cest-à-dire se soumettre au destin... Ce qui ne va pas de soi. Tout se passe, en effet, comme si le libre arbitre devait faire lobjet dune conquête. Je vous soumets cette hypothèse troublante : il ny aurait pas de libre arbitre si ce nest la part de lénergie en devenir que lon parvient à libérer de son destin. Ce nest quune hypothèse, bien sûr. Mais je la crois susceptible de provoquer une prise de conscience de la difficulté dexercer son libre arbitre. Je narrive pas à mexpliquer autrement que lexercice du libre arbitre exige toujours un effort. Sil y a effort, cest quil y a résistance. Tout se passe comme si le destin résistait à toute tentative dexercer le libre arbitre. Cest ainsi que pour passer à la pratique de lenseignement, il faut faire un effort afin de trouver le temps, lénergie, la motivation... Mais peut-être, plus simplement, le libre arbitre est-il source dangoisse, ce qui expliquerait que lon préfère être lié par les événements, les circonstances, les conditions de la vie, commandés par le destin. La peur de la liberté découlerait en partie de la peur dêtre seul, isolé, différent, rejeté. Quoi quil en soit, jai quant à moi trouvé relativement le temps, lénergie, la motivation de passer à la pratique le jour où jai compris que je devais me libérer de certaines contraintes, faire des choix et me les imposer; que je devais exercer un certain libre arbitre sous peine de reconnaître que je nen avais pas, et que ma vie était entièrement commandée par des forces extérieures, par le destin. Mais peut-être est-ce là une autre illusion. Cette réflexion sur le destin et le libre arbitre ma permis relativement, encore une fois de trouver le temps, lénergie, la motivation pour passer à la pratique. Je reconnais toutefois quil me faut presque tous les jours, pour exercer mon libre arbitre, négocier résolument avec le destin. Passer à la pratique représente à mes yeux le plus exigeant des principes suggérés par Musashi. Ce principe, qui à prime abord paraît aller de soi, exige un effort considérable. |
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Les principes de Musashi 1 - Éviter toutes pensées
perverses "Sur le chemin le plus long on avance pas à pas. Réfléchissez-y sans vous hâter. Prenez la pratique de ces règles pour fonction de samouraï. [...]
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