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Cette participation est en partie consciente et en partie inconsciente. Plus la forme de vie est évoluée, plus elle augmente sa participation : en évoluant, elle participe de plus en plus activement de/à la conscience universelle. À un stade de l'évolution, cette participation devient consciente. Plus l'être est avancé dans l'échelle de l'évolution, plus sa participation est consciente. Pour avancer, il faut augmenter sa participation consciente. Pour l'homme, cette participation à la conscience universelle se définit sur trois plans :
Notre démarche se définit sur les trois plans à la fois. Elle doit devenir, sur chacun de ces plans, de plus en plus consciente. |
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Il est également difficile d'imaginer comment cela a pu se passer. Un jour, l'homme est devenu conscient. C'est-à-dire qu'un homme, quelques hommes peut-être, sont devenus conscients. On peut supposer qu'ils ne savaient pas si ceux qui les avaient précédés avaient été conscients. Les hominiens étaient inconscients, mais ils n'en savaient rien. Il est probable que la conscience leur est venue petit à petit, comme par éclairs : un instant, ils étaient conscients d'être, comme on passe du sommeil à l'état de veille; puis, ils perdaient cette conscience, comme on s'endort... Puis, tout à coup, la conscience leur revenait à nouveau. C'est ainsi, peut-être, que l'homme est devenu de plus en plus conscient. À un moment, il a surmonté la peur du feu. Il devait alors être conscient. Plus tard, il a découvert le moyen d'entretenir le feu et de l'allumer. Il devait alors être de plus en plus conscient. Au cours des millénaires, la conscience s'est développée. Elle se développe encore et continuera de se développer. Qui pourrait dire où nous en sommes aujourd'hui par rapport à nos modestes débuts sur la voie de la conscience? Pas aussi loin qu'on voudrait le croire. Qui pourrait dire ce que représente ce qu'il y a de conscient en nous? Quelle est notre part consciente? Plus restreinte qu'on ne le voudrait. Tout le reste, c'est l'inconscient. Tout ce qui en nous correspond à l'évolution de la vie depuis la molécule originelle jusqu'au premier éclair de conscience est du domaine de l'inconscient. Tout d'abord, tout ce qui est du domaine des sensations et du domaine des émotions - les animaux ont des émotions. Tout ce qui se rapporte à la survivance et à la reproduction, qui sont d'ordre instinctif. Ce qui veut dire, par exemple, une bonne partie des rapports du couple, qui existent chez les animaux. De même que le territoire et une certaine sociabilité. Nos ancêtres, avant l'éclair de la conscience, étaient des animaux sociaux. Ce qui veut dire qu'il existait déjà une hiérarchie, un ordre social. Tout le reste est du domaine de l'inconscient. C'est-à-dire la plus grande partie : sécurité, désir sexuel, colère... Dans l'ensemble de notre fonctionnement, la part qui revient à l'inconscient serait encore supérieure à 90 %. La conscience est, par ailleurs, la chose du monde la moins bien partagée. Ce qui veut dire que la part qui revient au conscient n'est pas la même pour tout le monde. Il existe, par ailleurs, une tension entre le fonctionnement de la conscience et l'aspect obscur de notre définition : une grande difficulté d'être, à certains moments, découle de cette tension...
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| PAUWELS, Louis; L'apprentissage de la sérénité, Éd. Retz, 1978. |
travail sur soi
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Ces théories ne sont jamais accueillies avec enthousiasme. On voudrait que l'homme n'obéisse qu'à ses mobiles rationnels, qu'il ne doive rien, ou le moins possible, à la part animale en lui. Mais personne n'échappe à son appartenance animale, même l'esprit le plus rationnel ou se flattant de l'être. Personne n'échappe à la contradiction de notre psychisme où l'instinct se mêle à la raison, où se côtoient les tendances les plus évoluées comme les pulsions les plus élémentaires. C'est dans l'observation attentive de son propre fonctionnement qu'on s'éveille au conscient et qu'on peut parvenir à étendre le champ de sa participation consciente. Il faut d'abord reconnaître qu'on est rarement conscient d'être. En nous, " ça observe ", " ça parle ", " ça pense ", " ça rit "... On est rarement conscient d'être celui qui observe, qui parle, qui pense ou qui rit.
Comprendre cela est très important. Ceux qui savent cela en savent déjà beaucoup. Puis, développer cette attention à soi. Résister à l'état, comparable au sommeil, qui nous aspire; refuser d'être absorbé. Afin de s'éveiller petit à petit. C'est être de plus en plus ici-maintenant. Ni dans le passé, ni dans l'avenir. Mais dans l'instant présent. À une étape ultérieure, ni dans les sensations, ni dans les émotions, ni dans les pensées; mais devenir conscient dans la conscience même. Dans l'échelle de la participation consciente à la conscience universelle, c'est un des échelons les plus élevés. |
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l'inconscient
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Je ne dirais pas que l'entreprise est vouée à l'échec. Je n'irais pas jusque là. Mais il demeure que la communication à propos de l'inconscient est difficile. L'inconscient, je sais qu'il existe. Mais qu'il puisse jouer un rôle important dans mon vécu quotidien : que j'aie pris, par exemple, telle décision poussé par des mobiles obscurs, je ne le reconnais pas volontiers... Il existe un savoir considérable en psychologie, qui ne trouve pratiquement pas d'application dans notre vie individuelle et collective. Parce que nous avons peur de nous connaître vraiment. Parce que nous pensons que nous sommes des êtres rationnels, que nous préférons croire que nos mobiles sont conscients. Parce que l'homme est un animal qui se justifie.
Ce qu'on refuse de voir en soi, c'est souvent ce qui ferait mal de voir. Percer le mystère de l'inconscient est difficile parce que cette démarche s'inscrit dans ce qu'on pourrait appeler le travail sur soi. Et que personne n'aime travailler sur soi... Prendre conscience de l'inconscient est sans doute, au plan du travail sur soi, ce qu'il y a de plus difficile : tout simplement reconnaître que l'inconscient joue un rôle dans ma vie est difficile; commencer à comprendre dans quel sens il oriente mes sentiments et mes actions est encore plus difficile. C'est ce qu'on appelle conscientiser : prendre conscience des matériaux de l'inconscient; les faire monter à la surface; les rendre de plus en plus conscients... La conscientisation suppose un travail comparable à celui de l'archéologue : il poursuit ses fouilles avec méthode, il étiquette toutes les pierres qu'il trouve, tous les objets identifiables ou non; et, petit à petit, il reconstitue les fondations de la ville et pénètre le mystère de la vie quotidienne des êtres qui ont vécu là... Conscientiser consiste à poursuivre ses fouilles avec méthode, à étiqueter tout ce qu'on trouve, à identifier les objets mentaux : à mettre à jour, petit à petit, ses propres structures mentales, à pénétrer les mystères de ses motivations obscures. C'est le travail d'une vie... Et c'est sans doute le sens même de la vie. |
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| LEBRETON, Philippe. L'ex-croissance, Éd. Denoël. |
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inconscient individuelAvec le Dr FREUD, le père de la psychologie moderne, nous avons fait, en Occident, vers la fin du siècle dernier, la découverte de l'inconscient en tant que système ayant ses contenus, ses lois propres, son énergie et qui agit sur l'autre système, celui de la conscience. En fait, il existe entre les deux systèmes, le conscient et l'inconscient, une interaction : l'inconscient est constitué de contenus refoulés par le conscient. C'est-à-dire que le système conscient est, en ce sens, répressif : il renvoie dans l'inconscient, il refoule tout ce qui lui est insupportable : le vécu refoulé par le conscient fait désormais partie des contenus de l'inconscient. Et ce sont ces contenus refoulés qui vont agir sur le conscient, déterminant en grande partie l'individu, la plupart du temps sans qu'il puisse s'en rendre compte. Le fonctionnement de ce mécanisme n'a plus à être démontré. Il n'y a plus de doute que le vécu refoulé par le conscient se retrouve dans l'inconscient et qu'il agit sur l'individu à son insu : le souvenir d'un événement insupportable pour le conscient, qui a été refoulé dans l'inconscient, influence mon comportement à mon insu et continuera de le faire aussi longtemps que je ne l'aurai pas conscientisé, c'est-à-dire que je ne l'aurai pas fait remonter au niveau du conscient. Mais personne, à moins d'avoir fait un travail sur soi, comme par exemple une thérapie, ou certaines études, personne n'accepte de reconnaître que son comportement puisse être influencé par un vécu refoulé.
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le complexe d'infériorité
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Parmi les motivations obscures de l'homme, on trouve le sentiment d'infériorité. Je choisis cet exemple parce qu'il s'agit précisément d'un phénomène universel auquel personne n'échappe. C'est un des moteurs de la vie - qu'on en soit conscient ou non. Le Dr Alfred ADLER a joué un rôle déterminant dans la psychologie moderne : on lui doit en particulier ce qu'on appelle le complexe d'infériorité. Qui pousse l'homme à se dépasser. De ce sentiment d'infériorité que nous éprouvons tous, naît un processus de surcompensation, d'affirmation, de volonté de puissance. C'est ce qu'on appelle la loi de compensation : tout ce qui est inférieur, ou qui se perçoit comme tel, ce qui revient au même, tend vers la supériorité. Chacun éprouve donc un sentiment d'infériorité. Mais certains l'éprouvent plus que d'autres, à cause d'une sensibilité particulière : la perception de ce sentiment d'infériorité est plus grande chez eux; ou encore à cause d'un défaut réel, par exemple d'une infirmité, ou d'une faiblesse quelconque, ou de ce qu'ils perçoivent comme tel : être de petite taille pour un homme, par exemple, peut entraîner une surcompensation très grande. Il faut se garder, toutefois, de trop simplifier. La petite taille de NAPOLÉON n'explique pas une personnalité aussi complexe. Mais il n'y a pas de doute que le sentiment d'infériorité qu'il éprouvait à cause de sa taille a été un des moteurs, une des motivations obscures de sa vie. La surcompensation qu'entraîne le sentiment d'infériorité peut être positive ou négative. Parmi les exemples classiques d'une surcompensation positive, on trouve : DÉMOSTHENE qui fut bègue dans sa jeunesse, mais qui pourtant allait plus tard devenir le plus grand orateur de son temps en Grèce; le grand compositeur BEETHOVEN, qui a écrit ses plus belles symphonies alors qu'il était devenu sourd; ou encore le poète MILTON, dont les descriptions sont d'une grande richesse, alors qu'il était aveugle... La surcompensation peut donc conduire à des réalisations remarquables. Mais elle peut aussi conduire à la névrose, à ce que ADLER appelle le complexe de supériorité, qui entraîne à des objectifs disproportionnés, allant jusqu'à la perte de conscience de la réalité. |
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les meneurs d'hommes et les médiasL'histoire de l'humanité, hélas! est riche d'exemples d'individus névrosés dont la surcompensation a entraîné des guerres, des massacres, des bains de sang... Et toujours pour la bonne cause. Car l'homme peut tout justifier. Le sentiment d'infériorité est un moteur, une force, une énergie, qui peut être employé de façon négative aussi bien que positive. Lorsque les événements sont entrés dans l'Histoire, on découvre bien souvent qu'ils avaient été suscités par quelques individus en mal de surcompensation. Il est difficile de voir le jeu de la surcompensation lorsque les événements sont encore dans l'actualité. Mais il n'y a pas de doute qu'un très grand nombre d'individus règlent leurs problèmes personnels sur le dos de la collectivité. Les médias d'information traitent l'actualité comme si l'inconscient n'existait pas, alors que les événements ont été, sont encore et seront sans doute pour longtemps, en partie suscités par des personnalités maladives. Les médias constituent, à cet égard et sans qu'on s'en rende compte, une vaste entreprise de mystification. On parle presque toujours des événements et des hommes qui les commandent comme d'un processus qui obéit à des mobiles rationnels. L'information ainsi déformée des médias - tout se passe comme si la réalité était réfléchie dans un miroir déformant - témoigne de ce que les progrès de la psychologie ne sont pas passés dans le domaine de l'explication du phénomène social. |
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| JUNG, Carl Gustav. Ma Vie, Éd. Gallimard. |
la nécessité de conscientiser
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Que nous le sachions ou non, nous sommes tous engagés dans ce processus de conscientisation. Le fait de le savoir, de reconnaître ce processus en soi, a pour effet de l'activer. Pour l'activer encore davantage, on peut recourir à l'étude. Ceux qui éprouvent des tensions, des déchirements qui paraissent venir de contradictions entre leur être conscient et leur être inconscient, qui les empêchent de s'épanouir, peuvent faire appel à des techniques de déblocage telles que les groupes de rencontre en proposent ou même, si le vécu est particulièrement dramatique, à la thérapie individuelle. Il est difficile, souvent même impossible, de défaire ses nuds par soi-même. On refuse de voir ce qui fait le plus mal. Il faut ici avoir l'honnêteté de dire que ce n'est pas facile : on éprouve même un sentiment d'impuissance devant le très grand nombre d'individus qui ont de plus en plus de difficulté à vivre avec eux-mêmes et avec les autres. Pour pouvoir quelque chose pour soi, il faut le vouloir. Nous pouvons, tout au plus, je suppose, nous entr'aider et nous entraîner les uns les autres à vouloir : à vouloir quelque chose pour soi; à se prendre en mains? tout commence avec le travail sur soi. |
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le sur-conscientUne nouvelle tendance en psychologie insiste sur l'aspect positif de l'inconscient. L'inconscient renferme une énergie qui peut être canalisée dans un sens positif aussi bien que dans un sens négatif. Il y a, enfouie en nous, une nature animale qui est notre aspect obscur; mais il y a aussi une nature divine, qui est notre aspect lumineux. Nous sommes à la fois tirés par le bas, par la matière; et tirés par le haut, par l'esprit... Je n'aime pas cette dichotomie. En particulier, de séparer la matière de l'esprit. Ça nous a joué de mauvais tours dans le passé. Je dirais donc plutôt : tirés par le bas, par ce qu'il y a d'animal en nous; et tirés par le haut, par ce qu'il y a de divin en nous - partagés entre les deux aspects inextricablement liés de notre définition, qui ne sont souvent pas plus réalisés / conscientisés l'un que l'autre. Il s'agit, du reste, d'une conception millénaire de la nature humaine : les Anciens représentaient souvent l'homme comme un être à moitié animal et à moitié divin. Comme il fallait tantôt reconnaître l'obscur, il faut maintenant reconnaître la lumière. Comme il fallait permettre à l'obscur de se manifester, il faut permettre à la lumière de se manifester. Or, nous refoulons bien souvent les deux aspects : le divin, comme l'animal. L'inconscient apparaît de plus en plus comme une zone où s'opposent les deux natures de l'homme : ce que, pour la commodité, nous appellerons la nature animale, en nous souvenant que l'animal, lui, est incapable d'un comportement aussi agressif, violent, destructeur que l'homme, et ce que nous appellerons la nature divine. |
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| WILSON,
Colin. L'occulte :
histoire de la magie, Éd. J'ai lu.
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" L'univers est, Ce qui signifie, comme l'enseigne la pensée ésotérique, que tout participe de la conscience universelle; que la participation de l'homme est plus grande que celle de l'animal, que celle de l'animal est plus grande que celle de la plante, celle de la plante plus grande que celle du minéral, mais que tout participe de l'énergie cosmique. Parler de l'énergie cosmique à propos du minéral paraît moins discutable depuis que nous avons appris à libérer l'énergie contenue dans un minéral comme l'uranium... L'homme est le seul être au plan matériel, pour autant qu'on en sache, dont la participation peut être consciente. L'hominien est devenu homme en devenant conscient. L'homme, à force d'augmenter sa participation consciente à l'univers, franchira un jour une nouvelle étape de son évolution. S'éveiller, faire l'inventaire de l'obscur, et déboucher sur la lumière : nous n'avons désormais plus rien à conquérir sur cette planète que nous-mêmes. |
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