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| On attribue cet aphorisme à plusieurs, dont André MALRAUX. | le bonheur une notion subjective''Le bonheur est pour les imbéciles.''
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| Jacques ATTALI in Fernand SÉGUIN, Le sel de la semaine, Québec-Science éditeur. |
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Même le bonheur. Mais la volonté de mesurer le bonheur à l'aide d'enquêtes d'opinion devait rapidement devenir un casse-tête :
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Pour une société plus heureuseSi on entend le mot bonheur au sens relatif qu'on lui donne, par exemple, dans le contexte d'une Déclaration des droits de l'homme, il est évident que la collectivité, ou plutôt que les choix collectifs peuvent contribuer au bonheur. Les dessins d'enfants sont très révélateurs sur ce point : ils y prennent la défense de certaines valeurs axées autour de la qualité de vie et dont on peut dire qu'elles contribuent, en effet, au bonheur des individus. On y trouve le thème de la sécurité. Comme le besoin d'un minimum de confort. Comme d'un lieu où se replier dans la tempête. De la nécessité de regarder venir le lendemain sans éprouver un sentiment de panique. On y trouve aussi le thème de l'exploration. Comme le besoin d'un minimum de stimulation. Dans l'échelle de la vie, plus une espèce est évoluée, plus son besoin d'explorer l'environnement est grand. On y trouve encore le thème de l'imaginaire. Comme le besoin d'une fuite peut-être. Mais la fuite dans l'imaginaire s'entend ici dans le sens que lui donne le scientifique pluridisciplinaire Henri LABORIT, c'est-à-dire ''de la création de sa propre vie''. Aujourd'hui, on fait du dressage d'enfant. On cherche à l'introduire le plus tôt possible dans le système de production-consommation. ''Alors que l'imaginaire, écrit LABORIT, permet de créer sa vie par rapport aux autres, de sorte qu'ils vous laissent vivre.'' |
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la satisfaction des besoinsAbraham MASLOW, un des chefs de file de la nouvelle psychologie, qu'on appelle parfois la psychologie humaniste, accorde une grande importance aux aspirations de l'individu à cet état de bien-être subjectif qu'on peut appeler le bonheur. Pour MASLOW, l'homme doit d'abord satisfaire des besoins primordiaux : manger, se protéger, se soigner, se reproduire... Ce sont les besoins physiologiques par opposition à ce qu'il appelle les besoins existentiels ou méta-besoins. C'est à travers ces besoins que s'exprime ce qu'on appelle la dimension hédonique de la personnalité, ou si on veut l'instinct du bonheur, et que s'effectue la comparaison entre l'état actuel et l'état souhaité. Mais il y a des personnalités que leur organisation psychique dispose au bonheur; des êtres qui disposent d'une plus grande aptitude au bonheur que d'autres. Ces êtres sont réalistes, indépendants, spontanés. Leurs préoccupations sont tournées vers les problèmes concrets plus que vers le moi. Leurs jugements sont fréquemment éloignés de la norme sociale. Ce portrait nous founit deux facteurs importants de cette aptitude au bonheur :
D'après MASLOW, le bonheur reposerait donc en grande partie sur l'aptitude à conduire sa vie comme on l'entend, avec le maximum d'efficacité. Les métabesoins s'expriment dans une relation à autrui, relation où interviennent à part égale les dispositions personnelles du sujet, l'environnement socio-économique et le perpétuel échange entre les deux.
Pour MASLOW, l'état de bien-être positif qu'il appelle le bonheur serait obtenu par l'accession à un degré supérieur de réalisation de soi - self actualization. |
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la concentrationQu'est-ce qu'il y a de commun entre un cordonnier, un coureur à pied, un technicien en électronique, un enfant qui met l'oeil au microscope et moi-même en train d'écrire? Il y a la concentration de l'attention : nous sommes tous engagés dans une activité qui exige une attention concentrée. Chaque fois qu'on est engagé dans une activité qui absorbe totalement l'attention, on éprouve une sensation de bien-être. On perd alors le sens de soi-même et du temps. Certains vont même jusqu'à dire : ''On se trouve alors dans un état extatique au point de perdre le sentiment d'exister.'' C'était un jeune compositeur qui répondait à un questionnaire dans le cadre d'une étude fait par le Dr Pihaly CSIKSENTMIHALI, psychologue de l'université de Chicago, sur les activités qui sont en elles-mêmes gratifiantes. Cette recherche devait convaincre ce psychologue et ses collaborateurs que les moments les plus heureux de la vie sont ceux où l'individu échappe à lui-même, échappe au temps : il n'y a plus ni passé, ni avenir, il échappe à l'espace, pour vivre dans l'instant présent, complètement absorbé par une activité mentale ou physique. C'est la concentration du joueur d'échecs, de l'alpiniste, du danseur, comme, aussi bien, celle de l'artisan. Un ébéniste expliquait :
On a alors le sentiment d'être fondu dans l'action. ''Être malheureux'', à la lumière de ces informations, ce serait donc : ne pas parvenir à se concentrer, à échapper à soi-même, à ses pensées, à ses émotions, au passé comme à l'avenir; ou encore ne pas parvenir à échapper à un problème obsédant... Certaines professions, certains métiers, sont plus favorables que d'autres, suscitant un sentiment de participation profonde. |
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| In Jean BIES, J'ai
dialogué avec des chercheurs de vérité, RETZ.
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Le bien-être que l'on tire de la concentration de l'attention dans les activités quotidiennes recoupe un point important de l'enseignement de la Pensée traditionnelle. Comme dans les occupations décrites plus haut, il s'agit de concentrer son attention sur un point : un son, une image réelle ou mentale, mais aussi un geste, voire même une attitude du corps. Le but consiste à être le plus possible ici/maintenant dans sa conscience. Ce qui exige un grand contrôle du mental - qui est le jeu complexe des pensées et des émotions dans le champ de la conscience. Lorsque les pensées et les émotions s'agitent, il est impossible de centrer l'être. Le bonheur se définit ici comme un état de sérénité et de paix. Il faut, pour l'atteindre, concentrer l'attention sur un objet réel ou mental et, sans créer de tension ni dans le corps, ni dans la tête, maintenir l'attention fixée sur ce point. Ça paraît facile, mais c'est très difficile. Pendant qu'on s'y emploie, le mental, qui ne veut pas être contrôlé, monte à l'assaut : ce sont les sensations, ce sont les émotions, ce sont les pensées qui assaillent le méditant. Il faut alors les regarder passer, tout en maintenant l'attention aussi concentrée que possible sur l'objet choisi. Cet exercice permet d'apaiser le fonctionnement du mental et d'atteindre un état relatif de sérénité et de paix. Ce qui recoupe parfaitement les conclusions de l'étude faite dans un cadre scientifique. À propos de cette vigilance, qu'on appelle parfois la présence à soi, qui consiste à être attentif et conscient, à vivre ici/maintenant, Arnaud DESJARDINS disait :
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la participation cosmique de l'hommeLe bonheur, c'est peut-être le sentiment de participer à quelque chose de plus grand qui nous englobe et qui nous comprend. À la naissance, l'être fait l'expérience de la séparation, du rejet; et toute sa vie, il cherchera à se rattacher à quelque chose de plus grand qui l'englobe, qui soit à la fois sécurité et stimulation. Car au moment de la naissance, il y a eu cette rupture dont on se remet mal tout au long de la vie. Cette rupture d'avec quelque chose qui nous englobait, qui nous contenait, qui nous nourrissait. Avec cette rupture a commencé l'incarnation et aussi l'angoisse. Et c'est aussi le commencement de la quête du bonheur, partagé entre le besoin de sécurité et de stimulation. Le sentiment de n'être plus rattaché, d'être isolé, c'est le mal-être que nous éprouvons et que nous appelons la tristesse, que nous appelons la souffrance; et que nous cherchons à compenser par notre quête incessante de bonheur. Le sens de la vie, c'est peut-être finalement de se demander si, oui ou non, je suis rattaché à quelque chose de plus grand qui m'englobe et me contient. À chacun de trouver la réponse pour soi-même. Cette conviction de participer à quelque chose de plus grand qui m'englobe et qui me contient n'est pas communicable. C'est la conviction de ma participation cosmique. |
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| ''... le bonheur ne doit être recherché ni dans la solitude, ni dans la foule. Il est en Soi.'' RAMANA MAHARSHI |
le bonheur ici/maintenantLa Pensée traditionnelle, contrairement à l'opinion qu'en peuvent avoir les profanes, parle assez peu d'un bonheur accessible dans l'au-delà, après la mort. Elle parle plutôt d'un bonheur accessible ici/maintenant. Ce qui ne manque pas de surprendre. Pourtant, l'expérience d'un certain nombre de Maîtres qui sont parvenus, selon les Écoles, au Nirvana, au Samadhi, au Satori, à l'illumination, à la réalisation, etc., et qui, dans le quotidien, parviennent à se maintenir, sinon dans cet état, du moins dans un état de sérénité aussi près que possible de l'expérience absolue, tout en vaquant à leurs occupations, témoigne en effet de la possibilité qui s'offre de parvenir au bonheur ici/maintenant. C'est même la condition essentielle pour y parvenir que de vivre dans l'instant présent ici-maintenant. L'enseignement ne cache pas que la Voie qui permet de parvenir à cet état est difficile : l'objectif pourrait être défini comme le parfait-être. Avec, au cours de l'évolution sur la Voie, le bien-être et le mieux-être. Ce que nous cherchons se trouve déjà en partie dans le bien-être physique et psychologique. Et un peu plus dans l'état de mieux-être. Pour se trouver tout entier dans celui de parfait-être. Le but peut paraître lointain. Mais DOSTOIEVSKY faisait dire à RASKOLNIKOV dans Crime et châtiment : ''Ce n'est pas le but qui compte, mais le cheminement vers le but...'' Dans le cheminement vers le but, dans le bien-être et le mieux-être, il y a déjà ce qu'on cherche. Il faut garder à l'esprit que la Voie n'est pas à l'extérieur : vers l'objet; elle passe plutôt par l'intérieur : vers le sujet. Personne n'a jamais trouvé le bonheur, avec ou sans guillemets, en dehors de l'être, même si certaines conditions extérieures peuvent le favoriser, mais tous ceux qui l'on trouvé témoignent de ce qu'il faut plutôt chercher en-dedans de l'être. |
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