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Le bonheur

     

 

 

Tout ce qu'on fait dans la vie tend vers un but : le bonheur. Qu'il s'agisse de la satisfaction des besoins; ou de la satisfaction des désirs... Pourtant, il est très rare que deux personnes aient la même définition du bonheur. Pour vous, le bonheur, c'est quoi?

On attribue cet aphorisme à plusieurs, dont André MALRAUX.  

le bonheur une notion subjective

''Le bonheur est pour les imbéciles.''

En ce sens, peut-être qu'il est utopique de croire qu'on peut atteindre un état absolu, alors qu'on se trouve dans un monde relatif. Et qu'il faut être un imbécile pour croire y parvenir un jour. Ou encore, que les êtres un peu simples ont plus de chance d'être heureux... Quoiqu'il en soit, voilà qui témoigne de la difficulté, voire de l'impossibilité peut-être, de définir le bonheur - une notion essentiellement subjective.

   


la quête du bonheur dans la société contemporaine

Les critiques de notre société sont nombreux qui estiment que la quête du bonheur se complique dans un monde de production / consommation, parce que notre société s'emploie à fixer notre conscience sur l'extérieur. Le bonheur serait alors comme la carotte attachée devant l'âne, qui le fait trotter.

Notre société multiplie les besoins qui croissent plus vite que les possibilités de les satisfaire. L'homme technologique obsédé par la recherche exclusive du bonheur vit dans un état de perpétuelle insatisfaction : il demeure indifférent à ce qu'il possède et avide de ce qu'il lui manque.

Parmi les critiques de notre société, j'en ai retenu trois :

  • Tout d'abord, Gustave THIBON qui écrit dans L'Équilibre et l'harmonie, Fayard.

''... On ne sépare pas impunément la recherche du bonheur de l'ensemble des activités, des devoirs et des vertus qui sont le tissu de toute existence authentique.''

Et plus loin, à propos du bonheur : ''Moins on y pense, plus on a de chance de l'obtenir.''

  • Quant à François de CLOSETS, dans Le bonheur en plus, Denoël-Gonthier, il estime qu'aujourd'hui les machines sont admirables et les visages fermés. Notre avenir, c'est certain, n'est plus inscrit dans le progrès technique.

''Nous sommes confrontés à un problème de civilisation; un problème que la technologie, si perfectionnée soit-elle, ne peut résoudre.''

L'environnement technique et l'usage qui en est fait attire l'homme vers l'extérieur. C'est l'évasion dans l'avoir, plutôt que la recherche de l'être. Cette opposition, on la retrouve chez tous ceux qui s'interrogent sur la recherche du bonheur dans la société contemporaine. Notre société croit que le mieux s'obtient par le plus.

François de CLOSETS pose en principe les points suivants :

  • ''Une civilisation doit viser le bonheur de tous et non de quelques-uns.''

  • ''Le bonheur est un état psychologique qui se réalise dans la personne. C'est là que se trouve la réalité première de toute civilisation. Les réalisations matérielles n'en sont jamais que le décor.''

  • ''Un bonheur authentique ne peut naître que de la justice, de la solidarité et de l'accomplissement de soi, non de l'injustice, de l'agressivité et de la domination.''

Le divorce est de plus en plus apparent entre le progrès économique et social et, par ailleurs, le bonheur.

  • Jean FOURASTIÉ, dans Le long chemin des hommes, Robert Laffont, fait une grande différence entre le plaisir et le bonheur.

Il s'en prend à ce qu'il appelle la ''frénésie'' comme une agitation indéfinie à la recherche de nouveaux plaisirs, de nouvelles sensations : spectacles, radio, T.V., copulations, voyages, lectures, actions décousues et disparates...

''La frénésie autorisée par le haut niveau de vie et la bonne santé, étend l'individu en surface et le réduit en profondeur.'' Il ajoute plus loin : ''Elle tue la méditation et ainsi interdit l'édification de la personnalité : l'être devient une mosaïque de sensations éphémères qui, à long terme, s'émoussent et se contredisent. Elle aboutit à l'instabilité, à l'inquiétude, à l'angoisse.''

On comprend bien que, loin de construire le bonheur, les plaisirs le démembrent et finalement le détruisent.

Jacques ATTALI in Fernand SÉGUIN, Le sel de la semaine, Québec-Science éditeur.    

les objets de consommation

''Notre société pense plus en termes de stockage d'objets que de vécu des rapports.''

Jacques ATTALI

   


Ce que l'on construit est de plus en plus éphémère : les objets qu'on stocke sont de durée de plus en plus brève. Le bonheur, à travers les objets, se trouve associé au quantifiable : à l'illusion de pouvoir mesurer le bonheur à la quantité d'objets qu'on possède ou dont on a la jouissance.

La quantité rassure : la quantité de vêtements qu'en fin de compte on porte assez peu; comme, aussi bien, la quantité, par exemple, d'objets de sports ou de jeux qui déterminent un certain style de vie; le personnage qu'on affiche, autant d'objets dont on ne se sert pas tellement non plus.

La liberté, l'érotisme, un style de vie - tout se trouve associé à des objets. Le bonheur lui-même. Nous projetons sur des objets : le bonheur se trouve associé à la liberté, à l'érotisme, à un style de vie - à travers les objets.

   

 
Croyez-vous au bonheur?
Est-ce que l'argent fait le bonheur?
Êtes-vous heureux?
Le bonheur, c'est quoi?
Qu'est-ce qui vous empêche d'être plus heureux que vous ne l'êtes?
Croyez-vous que le bonheur peut se mesurer?

   


Notre époque technologique et mécanique est marquée par l'idée que tout doit pouvoir se mesurer.

Même le bonheur.

Mais la volonté de mesurer le bonheur à l'aide d'enquêtes d'opinion devait rapidement devenir un casse-tête :

· Par exemple, si on demande :''Êtes-vous très heureux, plutôt heureux, plutôt malheureux ou très malheureux'', on découvre que 90% des personnes répondent qu'elles sont très heureuses ou plutôt heureuses... Alors que selon d'autres enquêtes, le taux de consommation médicale augmente, de même que le nombre de suicides, aussi bien que le mécontentement politique...

L'image de la réussite et du bonheur que nous impose notre société est telle qu'un aveu de non-bonheur équivaut à celui d'avoir raté sa vie.

· Dans un second temps, toujours dans la perspective de mesurer le bonheur, on est alors passé au questionnaire de satisfaction comportant de nombreuses rubriques : santé, logement, loisirs, travail, vie familiale, vie sexuelle, etc.

Mais l'objectivité apparente de ces questionnaires ne tient pas compte de la disposition de la personne interrogée à accepter ou à refuser la vie telle qu'elle est, disposition qui détermine, en somme, la capacité d'être heureux.

Les méthodes quantitatives sont insuffisantes pour mesurer le bonheur. On pourrait donc dire que les enquêtes finissent par démontrer qu'en général il vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade, sans jamais parvenir à nous éclairer vraiment sur le bonheur.

     

Pour une société plus heureuse

Si on entend le mot bonheur au sens relatif qu'on lui donne, par exemple, dans le contexte d'une Déclaration des droits de l'homme, il est évident que la collectivité, ou plutôt que les choix collectifs peuvent contribuer au bonheur. Les dessins d'enfants sont très révélateurs sur ce point : ils y prennent la défense de certaines valeurs axées autour de la qualité de vie et dont on peut dire qu'elles contribuent, en effet, au bonheur des individus.

On y trouve le thème de la sécurité.

Comme le besoin d'un minimum de confort. Comme d'un lieu où se replier dans la tempête. De la nécessité de regarder venir le lendemain sans éprouver un sentiment de panique.

On y trouve aussi le thème de l'exploration.

Comme le besoin d'un minimum de stimulation. Dans l'échelle de la vie, plus une espèce est évoluée, plus son besoin d'explorer l'environnement est grand.

On y trouve encore le thème de l'imaginaire.

Comme le besoin d'une fuite peut-être. Mais la fuite dans l'imaginaire s'entend ici dans le sens que lui donne le scientifique pluridisciplinaire Henri LABORIT, c'est-à-dire ''de la création de sa propre vie''.

Aujourd'hui, on fait du dressage d'enfant. On cherche à l'introduire le plus tôt possible dans le système de production-consommation. ''Alors que l'imaginaire, écrit LABORIT, permet de créer sa vie par rapport aux autres, de sorte qu'ils vous laissent vivre.''

     

la satisfaction des besoins

Abraham MASLOW, un des chefs de file de la nouvelle psychologie, qu'on appelle parfois la psychologie humaniste, accorde une grande importance aux aspirations de l'individu à cet état de bien-être subjectif qu'on peut appeler le bonheur. Pour MASLOW, l'homme doit d'abord satisfaire des besoins primordiaux : manger, se protéger, se soigner, se reproduire...

Ce sont les besoins physiologiques par opposition à ce qu'il appelle les besoins existentiels ou méta-besoins. C'est à travers ces besoins que s'exprime ce qu'on appelle la dimension hédonique de la personnalité, ou si on veut l'instinct du bonheur, et que s'effectue la comparaison entre l'état actuel et l'état souhaité.

Mais il y a des personnalités que leur organisation psychique dispose au bonheur; des êtres qui disposent d'une plus grande aptitude au bonheur que d'autres. Ces êtres sont réalistes, indépendants, spontanés. Leurs préoccupations sont tournées vers les problèmes concrets plus que vers le moi. Leurs jugements sont fréquemment éloignés de la norme sociale.

Ce portrait nous founit deux facteurs importants de cette aptitude au bonheur :

  • une attitude qui vise à régler des problèmes concrets plutôt qu'à vivre replié sur soi;

  • et une attitude qui tend à échapper aux normes sociales, autrement dit aux conditionnements sociaux.

D'après MASLOW, le bonheur reposerait donc en grande partie sur l'aptitude à conduire sa vie comme on l'entend, avec le maximum d'efficacité. Les métabesoins s'expriment dans une relation à autrui, relation où interviennent à part égale les dispositions personnelles du sujet, l'environnement socio-économique et le perpétuel échange entre les deux.

''Il est évident que le bonheur dépend en partie des circonstances extérieures et en partie de l'homme. Et les principales causes d'une diminution du bonheur sont dûes pour une part au système social, pour une autre part à la psychologie individuelle...''

Pour MASLOW, l'état de bien-être positif qu'il appelle le bonheur serait obtenu par l'accession à un degré supérieur de réalisation de soi - self actualization.

     

la concentration

Qu'est-ce qu'il y a de commun entre un cordonnier, un coureur à pied, un technicien en électronique, un enfant qui met l'oeil au microscope et moi-même en train d'écrire? Il y a la concentration de l'attention : nous sommes tous engagés dans une activité qui exige une attention concentrée.

Chaque fois qu'on est engagé dans une activité qui absorbe totalement l'attention, on éprouve une sensation de bien-être. On perd alors le sens de soi-même et du temps. Certains vont même jusqu'à dire : ''On se trouve alors dans un état extatique au point de perdre le sentiment d'exister.''

C'était un jeune compositeur qui répondait à un questionnaire dans le cadre d'une étude fait par le Dr Pihaly CSIKSENTMIHALI, psychologue de l'université de Chicago, sur les activités qui sont en elles-mêmes gratifiantes.

Cette recherche devait convaincre ce psychologue et ses collaborateurs que les moments les plus heureux de la vie sont ceux où l'individu échappe à lui-même, échappe au temps : il n'y a plus ni passé, ni avenir, il échappe à l'espace, pour vivre dans l'instant présent, complètement absorbé par une activité mentale ou physique. C'est la concentration du joueur d'échecs, de l'alpiniste, du danseur, comme, aussi bien, celle de l'artisan.

Un ébéniste expliquait :

''Vous êtes à tel point engagés dans ce que vous faites que vous ne vous sentez plus séparés de votre activité immédiate...''

On a alors le sentiment d'être fondu dans l'action.

''Être malheureux'', à la lumière de ces informations, ce serait donc : ne pas parvenir à se concentrer, à échapper à soi-même, à ses pensées, à ses émotions, au passé comme à l'avenir; ou encore ne pas parvenir à échapper à un problème obsédant...

Certaines professions, certains métiers, sont plus favorables que d'autres, suscitant un sentiment de participation profonde.

   


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Dans cette étude, on a défini cinq règles qui suscitent cet état ou le favorisent :

  • Il faut ajuster la difficulté du défi et l'aptitude de la personne à l'affronter. Si la demande est trop insignifiante, on s'ennuie; si la demande est trop forte, on est anxieux.

  • Il faut concentrer son attention pour permettre la fusion de la conscience avec l'activité.

  • Il faut oublier le temps. Être ici/maintenant, entièrement à ce qu'on fait : même s'il s'agit de vider les ordures ou de changer un pneu de sa voiture...

  • Il faut se relaxer et, pourtant, avoir l'attention bien éveillée. Être aussi détendu que possible - même si l'activité exige un effort musculaire - et, à la fois, pleinement conscient.

  • Enfin, il faut s'entraîner à ce qu'on pourrait appeler l'art de plonger.

Toute activité qui exige une concentration de l'attention ici/maintenant nous rapproche de cet état.

In Jean BIES, J'ai dialogué avec des chercheurs de vérité, RETZ.

 

   

Le bien-être que l'on tire de la concentration de l'attention dans les activités quotidiennes recoupe un point important de l'enseignement de la Pensée traditionnelle. Comme dans les occupations décrites plus haut, il s'agit de concentrer son attention sur un point : un son, une image réelle ou mentale, mais aussi un geste, voire même une attitude du corps. Le but consiste à être le plus possible ici/maintenant dans sa conscience. Ce qui exige un grand contrôle du mental - qui est le jeu complexe des pensées et des émotions dans le champ de la conscience.

Lorsque les pensées et les émotions s'agitent, il est impossible de centrer l'être.

Le bonheur se définit ici comme un état de sérénité et de paix. Il faut, pour l'atteindre, concentrer l'attention sur un objet réel ou mental et, sans créer de tension ni dans le corps, ni dans la tête, maintenir l'attention fixée sur ce point. Ça paraît facile, mais c'est très difficile.

Pendant qu'on s'y emploie, le mental, qui ne veut pas être contrôlé, monte à l'assaut : ce sont les sensations, ce sont les émotions, ce sont les pensées qui assaillent le méditant. Il faut alors les regarder passer, tout en maintenant l'attention aussi concentrée que possible sur l'objet choisi. Cet exercice permet d'apaiser le fonctionnement du mental et d'atteindre un état relatif de sérénité et de paix. Ce qui recoupe parfaitement les conclusions de l'étude faite dans un cadre scientifique.

À propos de cette vigilance, qu'on appelle parfois la présence à soi, qui consiste à être attentif et conscient, à vivre ici/maintenant, Arnaud DESJARDINS disait :

''Si l'on est entièrement dans ce que l'on fait, tout entier présent à soi-même et à l'acte accompli, alors l'infini se révèle, la porte de l'éternité s'ouvre au coeur de l'instant. En cet instant réside un état d'être absolument libre, une parfaite conscience de soi au-delà de tout, une conscience impersonnelle.''

     

la participation cosmique de l'homme

Le bonheur, c'est peut-être le sentiment de participer à quelque chose de plus grand qui nous englobe et qui nous comprend.

À la naissance, l'être fait l'expérience de la séparation, du rejet; et toute sa vie, il cherchera à se rattacher à quelque chose de plus grand qui l'englobe, qui soit à la fois sécurité et stimulation. Car au moment de la naissance, il y a eu cette rupture dont on se remet mal tout au long de la vie. Cette rupture d'avec quelque chose qui nous englobait, qui nous contenait, qui nous nourrissait. Avec cette rupture a commencé l'incarnation et aussi l'angoisse. Et c'est aussi le commencement de la quête du bonheur, partagé entre le besoin de sécurité et de stimulation.

Le sentiment de n'être plus rattaché, d'être isolé, c'est le mal-être que nous éprouvons et que nous appelons la tristesse, que nous appelons la souffrance; et que nous cherchons à compenser par notre quête incessante de bonheur.

Le sens de la vie, c'est peut-être finalement de se demander si, oui ou non, je suis rattaché à quelque chose de plus grand qui m'englobe et me contient.

À chacun de trouver la réponse pour soi-même.

Cette conviction de participer à quelque chose de plus grand qui m'englobe et qui me contient n'est pas communicable. C'est la conviction de ma participation cosmique.

   


cela est

Au plan individuel, trouver le bonheur passe par le travail sur soi : la prise de conscience de la réalité et l'orientation lucide de la démarche.

Chacun a plus ou moins d'aptitude au bonheur. Cette aptitude, elle se trouve dans la capacité qu'on a d'accepter ou non la vie telle qu'elle est. Non pas d'une façon passive : non pas de renoncer, par exemple, à tout combat avant de l'entreprendre...

Arnaud DESJARDINS dit que ''nous portons au cœur la nostalgie d'une coïncidence parfaite de notre monde et du monde.''

Si j'attends que cette coïncidence entre le monde que j'ai dans la tête et le monde réel, je risque de passer une bonne partie de ma vie à l'attendre en vain. Il y a ce que je crois qui devrait être, qui pourrait être, qui aurait pu être, qui aurait dû être... et il y a ce qui est.

Le monde que j'ai dans la tête n'est pas le monde réel. C'est l'opposition entre les deux qui me rend malheureux. La non-coïncidence entre le monde dans ma tête et le monde réel.  Chez la plupart d'entre nous, il y a une illusion : celle de venir à bout du monde réel, de parvenir à le contrôler.

Si le monde réel coïncide rarement avec le nôtre, aussi bien alors entreprendre la démarche contraire et faire coïncider son monde à soi avec le monde réel. Avec ce qui est. Puisqu'il n'y a que le monde réel qui soit, l'autre étant le produit du mental. Autrement dit, accepter la vie telle qu'elle se présente, plutôt que de lui résister pour être finalement entraîné malgré tout.

Cela est.

Les bouddhistes - dont l'enseignement est aussi une psychologie - disent qu'il faut être comme le ruisseau qui coule.

 

''... le bonheur ne doit être recherché ni dans la solitude, ni dans la foule. Il est en Soi.''

RAMANA MAHARSHI

   

le bonheur ici/maintenant

La Pensée traditionnelle, contrairement à l'opinion qu'en peuvent avoir les profanes, parle assez peu d'un bonheur accessible dans l'au-delà, après la mort. Elle parle plutôt d'un bonheur accessible ici/maintenant. Ce qui ne manque pas de surprendre.

Pourtant, l'expérience d'un certain nombre de Maîtres qui sont parvenus, selon les Écoles, au Nirvana, au Samadhi, au Satori, à l'illumination, à la réalisation, etc., et qui, dans le quotidien, parviennent à se maintenir, sinon dans cet état, du moins dans un état de sérénité aussi près que possible de l'expérience absolue, tout en vaquant à leurs occupations, témoigne en effet de la possibilité qui s'offre de parvenir au bonheur ici/maintenant. C'est même la condition essentielle pour y parvenir que de vivre dans l'instant présent ici-maintenant.

L'enseignement ne cache pas que la Voie qui permet de parvenir à cet état est difficile : l'objectif pourrait être défini comme le parfait-être. Avec, au cours de l'évolution sur la Voie, le bien-être et le mieux-être.

Ce que nous cherchons se trouve déjà en partie dans le bien-être physique et psychologique. Et un peu plus dans l'état de mieux-être. Pour se trouver tout entier dans celui de parfait-être.

Le but peut paraître lointain. Mais DOSTOIEVSKY faisait dire à RASKOLNIKOV dans Crime et châtiment : ''Ce n'est pas le but qui compte, mais le cheminement vers le but...''

Dans le cheminement vers le but, dans le bien-être et le mieux-être, il y a déjà ce qu'on cherche. Il faut garder à l'esprit que la Voie n'est pas à l'extérieur : vers l'objet; elle passe plutôt par l'intérieur : vers le sujet.

Personne n'a jamais trouvé le bonheur, avec ou sans guillemets, en dehors de l'être, même si certaines conditions extérieures peuvent le favoriser, mais tous ceux qui l'on trouvé témoignent de ce qu'il faut plutôt chercher en-dedans de l'être.

     
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