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![]() Mon intérêt pour une philosophie de l'action m'a inspiré une recherche dans ce sens afin de redéfinir les valeurs et les principes attachés à ce que j'appelle le modèle du guerrier. J'entends par guerrier celui ou celle qui fait de son action dans le monde l'occasion d'un cheminement conscient et d'une croissance. Depuis quelques années, je suis donc à la recherche des éléments d'une philosophie de l'action qui répondent aux besoins d'une époque, trouble mais passionnante à vivre, alors que les repères que fournissait la religion ont éclaté, et que les valeurs de la société industrielle et matérialiste sont remises en question. Ce qui se traduit, au plan collectif, par de nombreux errements tels que : l'éclatement de la famille, la pollution de l'environnement, la détresse des jeunes face à l'avenir, pour n'en mentionner que quelques-uns. Mais il s'agit sans doute ici des signes d'un malaise profond et nécessaire qu'entraîne la naissance d'une société nouvelle et, en particulier, de la conscience planétaire. Et, au plan individuel, par la multiplication des difficultés d'ordre psychologique qui découlent de l'épuisement des mécanismes d'adaptation et qui se traduisent d'une part par divers états de mal-être et, d'autre part, par une recherche éperdue, consciente ou non, du sens de la vie et de l'action. |
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| "Même si je n'aime guère ceux qui font
profession de philosophie. Mais je pense que chacun doit philosopher pour son compte, sous
peine de rester un sous-développé intellectuel." Dieu des fourmis Dieu des étoiles (éd. Le pré aux clercs). |
Ce qui paraît manquer aux gens d'action, c'est non seulement une vision claire de la situation où nous sommes dans le monde actuel, mais aussi une réflexion sur le sens même de la vie, de la place de l'homme dans l'univers, autrement dit une réflexion philosophique qui leur inspire un véritable engagement par rapport au monde et aussi par rapport à eux-mêmes. C'est à ce besoin que paraît répondre une philosophie de l'action. Ce que je propose ici, c'est donc d'entreprendre et/ou de poursuivre une réflexion au niveau du fondement même des valeurs, qui débouche sur une vision élargie et qui se traduit par l'action : une action consciente sur le monde mais d'abord sur soi, car la transformation du monde ne peut être entreprise et menée à bien qu'à travers la transformation des individus et particulièrement des élites. Aujourd'hui je vous invite à vous familiariser avec un des niveaux de la philosophie chinoise, celui de l'en-deçà, en compagnie de Maître K'ong, dit Confucius. |
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| Mario de Sabato, Prophéties jusqu'à la fin du siècle (éd. Marabout). | La philosophie chinoise
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| Fong Yeou-Lan, Précis d'histoire de la philosophie chinoise (éd. Le Mail). | Je ne pense
pas, quant à moi, que la philosophie du IIIe millénaire nous vienne exclusivement de
Chine. D'autres écoles devraient aussi contribuer à alimenter notre réflexion, dont
certaines ressortent à la tradition occidentale : je pense ici en particulier aux
Stoïciens. Cela dit, il n'y a aucun doute que la philosophie chinoise est appelée à
contribuer largement à la définition d'une philosophie de l'action dont nous avons
déjà le plus grand besoin à la veille du IIIe millénaire. "La place que la philosophie a occupée dans la civilisation chinoise est comparable à celle de la religion dans d'autres civilisations. (...) Les Chinois ne sont pas religieux, parce qu'ils sont philosophes. Selon la tradition chinoise, la philosophie n'a pas pour but d'augmenter le savoir positif (j'entends par savoir positif un accroissement des connaissances se rapportant aux faits), mais d'élever l'esprit...". |
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| Il existe trois courants de la pensée philosophique chinoise : le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme. Dans la Chine où coexistent à un moment confucianisme et taoïsme, le bouddhisme viendra se greffer sur le taoïsme pour donner naissance à l'école du Tchan qui va plus tard devenir le zen au Japon. Selon la tradition chinoise, l'étude de la philosophie n'est pas une profession. Chacun doit étudier la philosophie, de même qu'en Occident chacun doit en principe aller à l'église... La philosophie chinoise est donc peu spéculative et métaphysique. La philosophie chinoise nous propose deux niveaux de réflexion :
La philosophie de l'au-delà répond au désir de tout individu de s'interroger sur l'existence d'une dimension du réel qui se définit au-delà du monde matériel, que ce soit dans l'une ou l'autre perspective : de la vie après la mort ou de l'existence ici et maintenant d'une réalité supérieure. Quant à la philosophie de l'en-deçà, elle a pour objet d'indiquer la voie qui permet à l'individu de parvenir à l'excellence dans l'action, non pas seulement en vue d'une plus grande efficacité, ce qui pourtant n'est pas exclu, mais surtout afin de mieux servir la société, le monde, les autres, et de parvenir ainsi à sa propre réalisation. C'est une philosophie qui insiste sur les données sociales telles que les relations, les affaires humaines et qui s'occupe directement ou indirectement du gouvernement qu'on peut aussi entendre au sens large de gestion dans les institutions publiques ou privées et dans les entreprises et de l'éthique. La philosophie de l'en-deçà s'intéresse principalement à la qualité de l'individu dans la société, plutôt qu'à sa relation à l'univers. Ce qui ne signifie pas que le niveau supérieur du fonctionnement humain soit exclu de la réflexion. Mais, selon la philosophie de l'en-deçà, il paraît souhaitable, pour la plupart d'entre nous, de s'employer plutôt à poursuivre une démarche consciente et positive au niveau de l'en-deçà, en sachant que le progrès à ce niveau entraîne nécessairement le progrès au niveau de l'au-delà, par suite de la répercussion de l'expérience et de l'évolution de la conscience d'un plan sur l'autre. Nous avons aujourd'hui en Occident le plus grand besoin d'une philosophie de l'en-deçà. De toute évidence, nos philosophies occidentales ne répondent plus aux exigences de notre époque : elles sont trop spéculatives, trop abstraites, et mal adaptées en particulier aux exigences qu'entraînent les changements rapides auxquels nous sommes soumis; et surtout, elles ne sont pas en mesure de nous fournir les modèles dont nous avons besoin, au plan collectif, pour redéfinir nos valeurs et, au plan individuel, pour inspirer des attitudes justes qui se tradui-sent par un art de vivre le quotidien et un engagement authentique dans l'action pour servir. Je vous propose donc de cheminer en compagnie du maître incontesté de la philosophie chinoise du niveau de l'en-deçà : Maître K'ong, dit Confucius. |
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