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| Ce
billet m'a été suggéré par la lecture d'un remarquable ouvrage: Animal, mon
prochain de Florence Burgat (éd. Odile Jacob) qui parle, entre autres, de
"la superbe ignorance de la douleur tonitruante d'animaux dont nous avons
manqué la rencontre et qui, au fond de leur cachot, attendent quelque chose que
nous ne leur donnons pas." |
Nous répugnons à reconnaître notre dimension animale. C'est du moins ce que j'ai constaté à plusieurs reprises. Notamment à l'occasion de conférences au cours desquelles je faisais état des recherches du Dr Michel Odent sur les conditions les plus favorables à l'accouchement, l'une de ces conditions étant, selon lui, d'accoucher dans la pénombre " comme le font naturellement tous les mammifères ". Cette formule ne plaisait guère à mon auditoire. Et encore moins le titre de son ouvrage dont je suggérais la lecture : Votre bébé est le plus beau des mammifères!, titre qui suscitait chez plusieurs un certain malaise. La science reconnaît pourtant de plus en plus qu'il n'y a pas de coupure entre l'animalité et l'humanité, mais plutôt une continuité; que c'est même de l'animalité que nous avons hérité plusieurs de nos plus belles qualités. En particulier, la sociabilité: l'être humain ne se définit-il pas comme un animal social? Malgré qu'en son temps, Montaigne faisait remarquer que l'amitié est la qualité que les bêtes manifestent le plus vivement et avec le plus de constance et ce, précisait-il, "plus sûrement que les hommes". On soutient même aujourd'hui que les animaux éprouvent des émotions. Tout le monde sait que chez les animaux la séparation entraîne la tristesse et que les retrouvailles sont une occasion de joie. Qu'il ait fallu mesurer scientifiquement certaines de leurs réactions pour l'admettre m'agace un peu. Mais peut-être que les comportements positifs ne suffisent pas à démontrer qu'une continuité existe bel et bien entre l'animalité et l'humanité. Or, il se trouve que l'on a aussi observé des comportements agressifs, voire sadiques chez les chimpanzés qui les inciteraient à faire la guerre. Au dire des éthologistes, il arrive même qu'ils prennent plaisir à faire souffrir... En quoi je le souligne ils seraient une exception chez les animaux. Mais une exception qui plaide, hélas!, en faveur de la théorie de la continuité... | |
| L'entraide,
un facteur de l'évolution (Éd. Hachette) |
On aura compris que mon objet était de m'interroger sur notre animalité réprimée, voire occultée, et sur la qualité de nos rapports avec les animaux. | |
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