l'agenda ou la torture de la structure temporelle
aménager le temps
le temps social; le
temps vécu
les rythmes; les
saisons
la Lune
le Jour, la Nuit
la chronobiologie
le temps psychologique
le temps cyclique
Le temps
mécanique
le temps instant
science/mystique face
au temps
découvrir l'instant;
ici/maintenant |
|
L'homme est de plus en plus malade du temps.
Malade de s'imposer des horaires d'activité et de repos contre nature.
Malade de vivre sans tenir compte de son horloge interne.
De ne pas tenir compte de la Grande Horloge de la Nature.
''Je ne vis pas
dans l'infini,
parce que dans l'infini
on n'est pas chez soi.''
Gaston BACHELARD |
de l'espace et du temps
La façon dont nous aménageons l'espace, notre
environnement, est déterminante: l'homme façonne son environnement et son environnement,
en retour, le façonne. Or, la façon dont nous aménageons le temps est tout aussi
déterminante. Mais on parle assez peu de l'interaction de l'homme et du temps.
Du temps externe: des rythmes du milieu dans lequel nous vivons. Les saisons,
les heures du jour, les cycles lunaires...
Et du temps interne: des rythmes de notre propre organisme. De la périodicité
de nos glandes, de nos organes...
On tient peu compte de la nécessité de vivre en harmonie avec le temps. L'homme,
corps et psychisme, possède une organisation temporelle qu'il doit respecter. Et il est
lui-même, par ailleurs, un rouage à l'intérieur d'un vaste mécanisme temporel: cycle
du jour et de la nuit, cycle de la lune, des saisons.
L'homme doit aujourd'hui réapprendre à respecter ses horloges internes et se
redéfinir par rapport au vaste mécanisme temporel dont il participe.
l'agenda ou la torture de la structure
temporelle
L'agenda est une invention de la fin du XIXe siècle. Alors que
l'homme commençait à accepter de ressembler aux machines de son invention.
L'agenda témoigne du souci d'aménager le temps.
La succession des diverses fonctions de chacune de nos cellules, dans l'espace des
vingt-quatre heures de la journée, de la semaine, du mois, des saisons, de l'année, de
la vie même, ne se fait pas au hasard.
En ignorant que notre organisme possède aussi une structure temporelle et non
seulement spatiale, nous contribuons à détraquer nos ''horloges internes'', en nous
imposant des contraintes de temps inappropriées.
Depuis l'âge scolaire, l'homme moderne s'impose un emploi du temps qui ne tient pas
compte de sa propre structure temporelle.
Plus on a peur de l'avenir, plus on a peur du chaos, et
plus on croit nécessaire d'aménager le temps.
Notre société moderne est très normative, comme on dit, c'est-à-dire qu'elle impose
des cadres rigides, dans lesquels elle oblige les individus à s'insérer. Et une des
façons d'imposer des normes est d'agir sur le temps, sur l'emploi du temps. Très
souvent, ce n'est pas le travail accompli qui détermine la fonction, mais le fait qu'il
doit être accompli dans un certain temps, comme par exemple de 9 à 5, même si on
pouvait faire le travail en moins de temps.
Il faut voir avec quelle timidité on aborde la question des horaires flexibles.
Par exemple, les vacances optionnelles, la retraite plus tôt - ou semi-retraite - ou
encore, sous forme de vacances prolongées chaque année, d'année sabbatique...
Devant cette libération de temps individuel, nous éprouvons un sentiment
d'insécurité. Comme si nous avions peur du désordre, peur que les choses nous
échappent. Pourtant, tous ces ensembles se traduisent par une plus grande autonomie.
Mais encore faut-il que l'individu dont le temps se trouve libéré sache créer sa
vie. Trouver son centre...
Une certaine solitude est nécessaire pour posséder le temps.
Aménager son temps est un art de vivre.
le temps social
le temps vécu
À notre époque, le divorce entre
les deux s'accroît un peu plus chaque jour.
Le temps social est compté et linéaire. L'horloge, puis le chronomètre ont
transformé les conditions de notre vie quotidienne: l'industrie n'a cessé d'imposer aux
hommes une conception linéaire de la durée.
Alors que le temps vécu, lui, s'est effrité au point où nous avons le
sentiment de ne plus nous appartenir.
Pour s'appartenir, il faut avoir du temps à soi. Il faut exercer un certain contrôle
sur le temps - pouvoir prendre le temps de faire, par exemple, telle chose qui
m'est importante...
Ce n'est pas toujours facile.
les
rythmes
les saisons
Nous avons la chance de vivre dans une partie de la
planète où les saisons sont très marquées, chacune ayant une personnalité bien
définie.
Le temps de l'année s'ordonne en fonction de deux pôles:
le solstice d'hiver, avec le jour le plus court: c'est le moment de l'année où
il y a le moins de lumière, les jours sont de plus en plus courts, les nuits de plus en
plus longues, jusqu'au moment où, pour ainsi dire, nous touchons le fond de l'année, le
fond des ténèbres - c'est le début de l'hiver;
et le solstice d'été, avec le jour le plus long: c'est au contraire la
progression jour après jour de la lumière jusqu'au triomphe du soleil - c'est le début
de l'année. Ces deux pôles sont comme la nuit et le jour de l'année.
Le cycle annuel comporte en fait quatre points de repère: les solstices et
les équinoxes, alors que le jour et la nuit sont d'une durée égale, ce qui
marque le début de l'automne et du printemps.
Dans la plupart des sociétés qui ont hérité des rites agraires, on trouve
généralement quatre grandes fêtes qui se rattachent encore au symbolisme des saisons:
l'hiver, c'est la nuit, c'est le sommeil, c'est attente, l'espoir que revienne
la lumière;
le printemps, c'est le matin de l'année, le réveil de la nature, le retour de
la lumière, le moment de semer.
l'été, c'est comme le milieu du jour, le triomphe de la lumière;
et l'automne, c'est le soir de l'année, la nature s'endort, le déclin de la
lumière, le moment de récolter.
Le cycle annuel, c'est en fait celui de la lumière.
Depuis le solstice d'hiver jusqu'à celui de l'été, les jours sont de plus en
plus longs; ce qui revient à dire que dans cette période de l'année, nous sommes
exposés un peu plus chaque jour à la lumière solaire.
Or, c'est précisément le fait d'être exposés un peu plus chaque jour à la
lumière solaire qui finirait par avoir sur nous, au niveau de la sécrétion hormonale,
un effet qui déclencherait ce qu'on appelle la fièvre du printemps.
L'un des déclencheurs les plus puissants des
rythmes biologiques est précisément la lumière. Il existe en chacun de nous une
faculté de réaction rythmique à la lumière qui entraîne notre participation
physiologique et psychologique au cycle annuel.
Ce cycle annuel nous est familier. Pourtant, bien peu d'entre nous, à notre époque de
déracinement dans le temps aussi bien que dans l'espace, se rendent compte de l'influence
déterminante de ce cycle sur notre comportement.
Le progrès paraît nous entraîner vers un aplanissement des saisons: le chauffage en
hiver, la climatisation en été... Il ne s'agit pas de renoncer au progrès et de
retourner en arrière. Il s'agit plutôt d'apprendre à vivre en profitant des avantages
que nous offre la technologie, mais sans nous détacher de la nature, si on ne veut pas
vivre déraciné par rapport au temps.
"Le soleil et la
lumière ont une influence sur toutes nos cellules.
Aussi se modifient-elles au coucher et à nouveau à l'aube.
À la lumière du jour, les cellules deviennent actives,
et la nuit, elles sont plus réceptives à la vie extérieure.''
Taisen DESHIMARU, Zen et Arts Martiaux, Seghers.
Dans les ténèbres, l'énergie est rare; dans la lumière,
elle est abondante.
En hiver, lorsque les jours sont plus courts et que la lumière se fait rare, nous
manquons d'énergie; au contraire, l'été, lorsque les jours sont plus longs et que la
lumière est abondante, nous débordons d'énergie.
Les chercheurs sont aujourd'hui convaincus que c'est en hiver que nous avons le plus
besoin de repos, pour compenser précisément le manque d'énergie dû au peu de lumière;
c'est au moment où la nature est elle-même au repos que nous devrions l'être aussi et
prendre nos vacances, au lieu de nous imposer plus de travail en hiver, à un moment
difficile pour l'organisme et de prendre du repos en été alors que c'est le moment le
plus facile à vivre.
La lumière est énergie. Il faut rechercher la lumière. Il faut vivre comme le tournesol,
tourné vers le soleil.
«L'homme sage devrait donc prendre ses vacances l'hiver
et travailler l'été.''
Professeur Alain REINBERG, spécialiste en chronobiologie, Le temps, une
dimension biologique et médicale in L'homme malade du temps,
Pernoud/Stock.
Depuis HIPPOCRATE, les médecins savent que le risque de tomber
malade varie suivant la saison.
Des recherches on démontré:
qu'il existe un rythme de morbidité et de mortalité pour de très nombreuses
maladies. Dans le cas, par exemple du système cardio-vasculaire et de l'appareil
respiratoire, on constate que le sommet annuel se situe pendant l'hiver.
Ces variations, par ailleurs, résultent en partie de changements qui font aussi
l'objet d'un cycle annuel, de la susceptibilité humaine aux facteurs nuisibles de
l'environnement.
Nous sommes les descendants de générations de chasseurs, puis d'agriculteurs.
L'urbanisation n'est qu'un phénomène récent. Nous demeurons sensibles au rythme
saisonnier fait d'un temps de repos l'hiver et d'un temps d'activité l'été.
''En même temps que la nature.''
Équilibre qui a été respecté par nos ancêtres jusqu'à l'époque encore récente
où l'instruction est devenue obligatoire: avec la scolarisation des enfants est apparue
une période de vacances pour permettre aux jeunes de travailler aux champs. Avec la
conséquence que nous vivons aujourd'hui à contretemps: non seulement nous travaillons
trop l'hiver, mais pas assez l'été.
la Lune
Un des rouages de la Grande Horloge aura été et demeure pour nous la Lune. Les
anciens calendriers de l'humanité sont lunaires - en particulier ceux de l'époque où
régnait la Déesse-Mère. Les phases de la lune continuent d'ordonner nos vies, qu'on en
soit conscient ou non. Le cycle des phases lunaires a sur l'environnement et sur
nous-mêmes une grande influence. À commencer par les marées des océans.
Il existe un rapport étroit entre la Lune, le Soleil et la Terre. C'est ainsi que la
force attractive de la gravitation entre la lune et la terre varie en fonction des
positions relatives de la lune, du soleil et de la terre. L'attraction de la lune est à
son maximum quand la lune, le soleil et la terre sont alignés, comme cela se produit lors
de la nouvelle et de la pleine lune. On peut constater et mesurer l'effet précis
des interactions de la lune, du soleil et de la terre au niveau des phénomènes
atmosphériques et de leurs variables, du géomagnétisme terrestre, des processus vitaux,
de même que du comportement animal et humain.
Des chercheurs dans le domaine de ces interactions ont émis une théorie des marées
biologiques. L'hypothèse des marées biologiques stipule que le corps humain serait
sensible aux mêmes influences cosmiques que la terre; que les rythmes vitaux suivent
celui des marées comme le font les océans, la croûte terrestre et le champ magnétique
de notre planète. Au cours du cycle mensuel, la pression cosmique est la plus grande au
moment de la nouvelle lune et de la pleine lune. Ce sont les périodes de plus grande
activité: lorsque la marée biologique est à son plein, la machine est en tension.

le Jour, la Nuit...
On retrouve toujours, dans tous les cycles, une phase ascendante et une phase
descendante: dans le cycle de la lune comme dans celui de l'année. Comme, du reste,
dans le cycle des vingt-quatre heures, avec la nuit et le jour. Le monde qui nous entoure
est plein de rythmes, avec leurs phases ascendantes et descendantes. De même que le monde
qui se trouve en nous. Mais nous sommes, pour la plupart, totalement inconscients de nos
propres rythmes, de nos pulsations, de nos cadences internes.
Des études ont démontré, par exemple, que la température du corps s'élève et
s'abaisse d'un degré environ au cours de la période de vingt-quatre heures. Et que cette
variation correspond à certains changements dans l'activité quotidienne.
L'accomplissement de certaines tâches entraîne l'élévation de la température du
corps.
Nous savons aussi que plusieurs hormones interviennent dans la circulation sanguine
suivant un horaire de vingt-quatre heures; que la tension artérielle et le volume de
plasma sanguin suivent également un rythme circadien. Or, on commence à peine
aujourd'hui dans la médecine occidentale à tenir compte des rythmes biologiques.
Alors que la tradition médicale orientale, en particulier la médecine traditionnelle
chinoise, a pour ainsi dire toujours tenu compte du temps: on ne soigne pas un organe à
n'importe quel moment de la journée, car chaque organe a son propre rythme, avec sa phase
ascendante et sa phase descendante.
la chronobiologie
Mais depuis une vingtaine d'années, ce qu'on
appelle la chronobiologie, qui est l'étude objective des rythmes biologiques,
s'impose de plus en plus à la pensée scientifique: dans le monde de la médecine et de
la pharmacologie. Dans quelques années, la chronobiologie sera sans doute enseignée dans
les facultés de médecine de même qu'en pharmacologie: on saura, par exemple, à quelle
heure il faut prescrire tel médicament et surtout comment optimiser son
utilisation.
L'optimisation consiste à savoir de quelle manière on peut augmenter les effets
désirés d'un médicament et en réduire les effets non désirés - en particulier par
rapport au temps.
Le temps, il n'est pas en dehors de nous.
C'est de l'intérieur que nous participons du temps. Notre corps est comme une usine d'une
grande complexité, qui comporte des programmes intégrés de production: des centaines
d'hormones et d'autres substances parviennent aux bons endroits, au bon moment et dans les
quantités requises.
Tous les événements de notre corps: la division, le renouvellement de cellules, la
synthèse des enzymes et des hormones indispensables à la digestion, la régulation des
rythmes cardiaques et les rythmes de la reproduction sexuelle, pour n'en mentionner que
quelques-uns, sont parfaitement équilibrés et accordés rythmiquement par la
régularité de rythmes naturels, tels que le jour et la nuit, le sommeil et l'état de
veille...
Nous faisons partie de la Grande Horloge cosmique. Notre propre mouvement d'horlogerie
interne est la réplique en plus petit de cette Grande Horloge. Mais nous avons inventé
une culture urbaine qui contrecarre le mouvement d'horlogerie de l'individu; qui ne
s'inscrit pas harmonieusement dans le fonctionnement de la Grande Horloge
cosmique.Pourtant, nous faisons partie de la Terre, de la Lune, du Soleil, et au-delà, du
Cosmos.
Le
cinéma est une forme d'expression qui se définit à la fois dans l'espace et dans le
temps. Mais le 7e art n'est pas que visuel. Il obéit aussi à toutes les règles des
formes d'expression qui se définissent dans le temps, dont l'art-mère est la musique.
L'autre art-mère, celui des formes d'expression qui se définissent dans
l'espace, est l'architecture. Il est possible, au cinéma, de transformer le temps
réel en temps psychologique: de contracter le temps. - ces contractions dans le
temps entraînent parfois aussi une contraction dans l'espace; ou, au contraire, de l'étirer...
Ce sont deux règles qui permettent, en principe, de maintenir l'intérêt.
Il s'agit d'interpréter le temps, dans un sens ou dans l'autre, et d'imposer au
spectateur cette interprétation.
À vrai dire, il n'existe pour nous que le temps psychologique car nous n'avons
pratiquement jamais conscience du temps réel. Il s'agit toujours d'une interprétation
du mental: si nous sommes dans une situation positive, il nous semble que le temps
passe vite; au contraire, dans une situation négative, que le temps n'en finit plus.
On peut dire que si l'attention est concentrée, le temps passe vite. Si les
occupations sont variées, le temps passe vite. Tout est dans l'interprétation.
Le temps réel n'existe que pour les horloges - et encore!
Il y aurait beaucoup à dire là-dessus, car, ''tout est relatif'', comme disait
EINSTEIN...
représentation du temps;
représentation de l'univers
L'horloge,
c'est le point de rencontre de l'espace et du temps: un moyen, dans l'espace, de se
repérer dans le temps.
le temps cyclique
L'homme traditionnel avait trouvé que le déplacement de l'ombre, depuis le lever
du soleil jusqu'à son coucher, lui permettait de se repérer dans le temps: non seulement
au cours de la journée, mais aussi au cours de l'année, à cause de certaines variations
saisonnières.
Les Anciens avaient une conception cyclique du temps. Le cycle du jour et de la nuit;
celui de la Lune, des Saisons... Pour les Anciens, bien qu'il y eut aussi une continuité,
une partie du temps paraissait se renouveler; comme si le jour pouvait se reposer durant
la nuit et vice et versa, de sorte que c'était le même temps qui revenait avec le jour
suivant... Dans la pensée des Anciens, le temps se définissait à plusieurs niveaux: il
y avait le temps de la journée qui revenait chaque jour: il était donc normal de
répéter à peu près les mêmes gestes d'un jour à l'autre; il y avait le temps du
cycle lunaire: chaque fois que la lune est pleine, on observe les mêmes phénomènes; il
y avait le temps annuel, avec le retour des saisons...
Cette conception du temps cyclique peut sembler naïve, mais elle est apaisante en ce
qu'elle explique la répétition des gestes.
Il s'en dégage une grande Sagesse...
le temps mécanique
Pour nous, le temps n'est pas cyclique: il vient
de quelque part, du passé qui en est comme la source, et il va vers l'avenir, en passant
par le présent. Le temps nous échappe, alors que nous ne lui échappons pas... Le temps
vient à bout de tout.
Afin sans doute de surmonter l'angoisse qui découle de ce genre de réflexion, nous
avons adopté sur le temps un point de vue mécaniciste. C'est une façon de le retenir,
d'exercer sur lui un certain contrôle que de l'inscrire, si on peut dire, à l'intérieur
d'une mécanique. Comme si nous exercions un contrôle plus grand sur le temps structuré
mécaniquement que sur le temps cyclique. Notre façon de nous représenter l'univers et
notre façon de penser s'apparentent à notre façon de mesurer le temps.
le temps instant
Mais nous venons d'entrer dans l'Ère du
temps-instant. L'influence des micro-processeurs dans la façon de mesurer le temps se
fait déjà sentir sur notre conception de l'univers et notre façon de penser.
Aujourd'hui, à l'époque des micro-processeurs, l'instantanéité est entrée
dans nos vies. Avec ce que cela peut avoir d'inquiétant: il n'y a plus le sens de la
répétition rassurante des phases, comme à l'époque où le temps était cyclique; il
n'y a plus le sens de la continuité, comme à celle où le temps apparaissait comme un
vaste mécanisme. Il n'y a que l'instant qui compte.
Jetez un coup d'oeil sur une horloge digitale: 
le temps ne vient de nulle part, il ne va nulle part...
C'est l'instant.
Et la pensée moderne est obsédée par l'instant: la guérison-instant, la
fortune-instant, le sexe-instant... Il faut que tout se passe tout de suite.
Mais il y a sans doute un aspect positif à une vision de l'univers instant. À la
condition que s'élève le niveau de conscience, c'est l'opportunité pour les êtres qui
auront intégré la révolution du micro-processeur, de vivre de plus en plus l'instant-présent.
la Science/Mystique face au temps
Du point de vue de la mystique, le temps n'existe pas. Il fait
partie de la grande illusion du plan matériel, ce qu'on appelle la maya.
Mais il se trouve que plusieurs scientifiques ont avancé des théories sur le temps qui
recoupent l'enseignement de la Pensée traditionnelle...
Pourtant, dans le quotidien, notre perception est bien celle d'une continuité, d'un
déroulement dans le temps.
Le philosophe Henri BERGSON disait que le cerveau humain est un instrument de
réduction de la conscience, plus exactement un instrument d'adaptation au plan matériel,
programmé pour interpréter le monde en fonction du temps.
L'analogie qui m'a permis, quant à moi, de
commencer à y comprendre quelque chose est la suivante:
Tout se passe comme si chacun de nous se trouvait à l'intérieur d'une cage
disons cylindrique; de l'intérieur de ce cylindre qui tourne lentement sur lui-même, on
ne pourrait apercevoir le paysage que par une fente - alors qu'en réalité, il nous
entoure...
L'éternité nous entoure, mais de l'intérieur de notre prison, nous ne pouvons
en découvrir qu'un aspect: l'apparence de ce mouvement qui va du passé vers l'avenir;
l'instant qui s'écoule.
C'est par la toute petite fente de l'instant que la conscience peut tout à coup
déboucher sur l'éternité.
découvrir l'instant
"ici/maintenant"
Nous avons hérité du temps.
Du côté des racines, de l'origine, nous avons hérité du passé; du côté
des branches, du devenir, nous avons hérité de l'avenir... Mais nous avons
surtout, essentiellement, hérité du présent, car le passé n'existe plus et
l'avenir, pas encore.
Si je vis dans le passé ou dans l'avenir, la grande aventure du présent m'échappe.
L'aventure de l'instant présent. Pour s'appartenir, il faut à la fois (ce qui peut
paraître contradictoire) ne pas perdre le sens de la continuité, ne pas perdre de vue le
passé et l'avenir - que l'on conserve comme dans le champ de la vision périphérique...;
mais conserver l'attention centrée sur le moment présent: le mieux-être se trouve dans
l'instant.
Plus je développe l'aptitude de vivre ici/maintenant, plus je suis
centré...
... et plus je suis heureux
 
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