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J'ai insisté sur l'importance de pratiquer un art de vivre, en particulier sur la nécessité d'adopter de nouvelles altitudes face aux événements de la vie, personnelle et professionnelle – je devrais dire face au monde. Mais il est évident qu'il faut entreprendre plus en profondeur encore, à travers une interrogation sur le sens de tout cela – je veux dire de la vie en général, avec ses crises, ses satisfactions et ses frustrations, au bout de laquelle il y a la mort. Il y a nécessité pour chacun d'entre nous d'avoir sinon la conviction, du moins l'intuition du sens de la vie, afin de trouver le courage d'être. À notre époque de remise en question, nous avons pour la plupart renoncé au sens qui découlait de notre système de valeurs. Mais notre société technocratique de masse, axée sur une vision matérialiste, n'a guère de réponses à nous proposer sur le sens de la vie, pas plus du reste que sur le sens de la mort. C'est à chacun de trouver ses réponses au milieu du tumulte d'une civilisation en pleine mutation. J'ai pourtant remarqué, quant à moi, que les êtres qui parvenaient le mieux à survivre dans un système aussi débilitant sont ceux qui avaient trouvé pour eux-mêmes des réponses aux grandes questions de l'aventure individuelle, ou du moins qui se trouvaient engagés dans une quête du sens. |
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Le courage d'être, c'est l'affirmation de ma nature essentielle, " en dépit de " tous les éléments de mon existence qui offrent une résistance. Ma nature est double : elle participe à la fois de l'entropie qui tend à ramener la conscience au niveau des contingences matérielles de la vie et la néguentropie qui, au contraire, résiste à cette attirance vers l'état d'indifférenciation, qui favorise la naissance véritable de l'individu, l'affirmation de mon être essentiel. |
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Le courage procède de la force intérieure. Il témoigne de ce que l'être est essentiellement " d'ailleurs " – d'un autre niveau de conscience que celui, terre à terre, où se déroule le combat de la vie. Il prend appui sur l'intuition du sens de la vie. |
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| Le courage d'être, c'est la réponse
au problème de l'existence : qui Le courage d'être consiste à affirmer ce qu'il y a d'essentiel en moi, autrement dit la nature essentielle de l'être humain, par rapport à l'accessoire qui se trouve dans le principe du plaisir. Les sages de toutes les époques enseignent que l'adoption du principe du plaisir aboutit au dégoût et au désespoir devant la vie. |
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Le courage d'être suppose que je m'abandonne à quelque chose de plus grand, qui me comprend, autrement ce ne serait qu'une attitude absurde de plus dans un monde dépourvu de sens. Le courage d'être vient du centre même de l'être et témoigne de l'essentiel au-delà des désirs et des craintes. Par le courage d'être, je me place donc au-delà de la souffrance. Du moins, mon attitude me permet d'identifier, d'affirmer cet aspect de moi-même qui se trouve au-delà de la souffrance. Je m'identifie, ce faisant, à mon aspect divin : il est impossible au divin de souffrir, puisqu'il est au-delà. Comme être humain, je souffre; mais comme être divin, je suis moi-même au-delà de la souffrance. Or, l'aspect essentiel de moi-même ne peut se révéler qu'à travers le courage d'être. |
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Le courage d'être, c'est l'affirmation de soi, de son être essentiel; c'est la conscience de sa participation à l'acte universel. Le courage d'être, c'est la grandeur qui manque toujours au quotidien; c'est la dimension transcendante de la vie; et c'est à moi qu'il revient de la révéler par le courage d'être. Non pas la résignation, l'aplatissement, l'écrasement – attitudes qui découlent de l'inhibition; mais l'acceptation de ce qu'est la vie qui est, au contraire, une forme de participation consciente et lucide à la vie, avec au fond de l'être, l'intuition d'un sens qui trouve à s'exprimer dans le courage d'être. |
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