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ÉTÉ

 

solstice

D'après :

Les Quatre Saisons
dans la vallée du St-Laurent
,
Jean Provencher,
Boréal, 1988

" Fin mai, début juin, c’est déjà l’été. Si, invariablement, le 21 mars, le printemps retarde, souvent, au début de juin, l’été s’installe. Les jours rallongent. On a terminé les semailles. On a remis les bateaux à l’eau. Les animaux couchent dehors. La semaine dernière encore, on recevait la visite d’un quêteux. Colporteurs, " crampeurs " de poêles, fondeurs de cuillers, raccommodeurs de faïence ont repris la route. Les oiseaux sont revenus…les matins sont roses…."


Symboles

 

 

D'après :

Dictionnaire des symboles,
Robert Laffont, 1969


Les saisons ont été diversement représentées dans les arts. Pour suggérer l’été : le dragon crachant des flammes, la gerbe de blé, la faucille, le soleil. Couleurs : le jaune, le rouge, le vert brillant.

Le dragon :

Il est le gardien des trésors cachés et comme tel l’adversaire qui doit être vaincu pour y avoir accès. En Occident, c’est le gardien de la Toison d’Or et du Jardin des Hespérides. En Chine, c’est celui de La Perle. La légende de Siegfried confirme que le fameux trésor gardé par le dragon n’est autre que l’immortalité.

La gerbe de blé

Symbole de la moisson, de l’abondance, de la prospérité. Des rites célèbrent la premier ou la dernière gerbe, tombée sous les coups de la faucille. Elle est saturée de force sacrée. Toute l’énergie de la végétation réside dans cette gerbe, de même qu’elle est concentrée dans les quelques épis qu’on évite de faucher. Propice, elle apporte avec une nourriture assurée, la bénédiction céleste, la protection contre tous les maux, le bonheur et parfois, un don de prophétie. Et tant qu’elle est liée, tiges rassemblées, faisceaux, elle symbolise la réduction du multiple à l’Un.

La faucille

En raison de sa forme, la faucille est fréquemment mise en rapport avec le croissant de la lune. Elle est l’attribut de plusieurs divinités agricoles comme Saturne et Silvain. Les armes recourbées sont en général en rapport avec le symbolisme lunaire et avec celui de la fécondité : signe de féminité. Elle symboliserait aussi le cycle des moissons qui se renouvellent : la mort et l’espoir des renaissances.

Ce symbole est manifestement bipolaire : il signifie la mort et la moisson. Mais la moisson elle-même ne s’obtient qu’en tranchant la tige qui relie, comme un cordon ombilical, le grain à la terre nourricière.

C’est également un attribut de Cérès, déesse des moissons, ainsi que de l’espérance

Le soleil

Le symbolisme du soleil est aussi multivalent que la réalité solaire est riche de contradictions. S’il n’est pas dieu lui-même, le soleil est chez beaucoup de peuples une manifestation de la divinité.

Le soleil est source de lumière, de chaleur et de vie.

Ses rayons figurent les influences célestes (ou spirituelles) reçues par la terre. Outre qu’il vivifie, le rayonnement du soleil manifeste les choses, non seulement en ce qu’il les rend perceptibles, mais en ce qu’il figure l’extension du point principiel, en ce qu’il mesure l’espace.

Le soleil est au centre du ciel, comme le cœur au centre de l’être.


Les fêtes d’été
(Voir:
solstice)


La Fête-Dieu

D’abord appelée la Fête du Saint-Sacrement, elle est celle qui dans l’esprits des gens clôt le printemps. Elle avait lieu 60 jours après Pâques et quatre jours après le D de la Trinité. C’est l’évêque de Liège, en Belgique, qui en eut l’idée en 1246, et le pape Urbain IV qui la consacra fête universelle et obligatoire. En 1317, le pape Jean XXII recommanda de l’accompagner d’une procession solennelle. Cette pratique se perpétuait encore avec beaucoup de ferveur dans le monde chrétien plusieurs siècles plus tard. Chez nous, jusqu’au début des années soixante.

La Saint-Jean (24 juin)

Même si l’Église a cherché tôt à encadrer la fête de la lumière, de nombreuses pratiques dites païennes et rattachées à cette fête se perpétueront jusqu’à l’avènement de la civilisation industrielle. On retrouvera d’ailleurs en Amérique du Nord plusieurs de ces coutumes apportées par les Européens. La Saint-Jean Baptiste, " fête nationale des Canadiens français ", provient de l’initiative d’un journaliste, Ludger Duvernay, qui, en 1834, croit qu’il est urgent de regrouper les Canadiens autour d’une fête, pour leur donner plus de force politique. Les Anglais fêtent la Saint-Georges, les Gallois la Saint-David, les Écossais la Saint-André, les Irlandais la Saint-Patrick. Le 24 juin, à cette fin, il organise à Montréal un grand banquet auquel assistent plus de 60 personnes. Deux ans plus tard, plusieurs paroisses de la région de Montréal et de la Vallée du Richelieu célèbrent la Saint-Jean Baptiste avec banquets, discours et chansons. En 1842, à la suggestion d’un autre journaliste, Napoléon Aubin, on fonde la Société St-Jean Baptiste de Québec qui organise à son tour un grand banquet précédé d’un défilé. Ce sera une pratique qui, au fil des ans, ne fera que gagner les faveurs populaires.

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