La vie de Marc Aurèle

À 8 ans, on remarque à la cour impériale ce doux enfant triste, docile et incapable de mentir. À 18 ans, l’empire lui sera assuré. Sa jeunesse écoulée dans le calme baignera dans la pédagogie grecque parvenue à sa perfection.

Son amour pour la philosophie, nourri par la sage et sévère discipline de son maître Junius Rusticus, l’éloigne de l’affectation des rhéteurs en lui traçant un destin hors du commun. Il dira de celui-ci : " Je lui dois d’avoir connu les Entretiens d’Épictète, qu’il me prêta de sa propre bibliothèque ".

Dès l’âge de 12 ans, il apprend à coucher sur la dure et à pratiquer toutes les austérités de l’ascétisme stoïcien. Il étudie le grec, l’art, l’écriture élégante, la philosophie gréco-romaine. Mais celui qui l’influença le plus fut l’empereur Antonin, son parrain, qui était aussi un sage en même temps qu'une grande âme. Le soir où celui-ci se sentit mourir, il fit porter dans la chambre de son héritier la statue de la Fortune.

Si le futur empereur (161-180) n'est guère touché, c'est qu'il est déjà blasé de toutes les joies impériales même avant de les avoir goûtées. Ce détachement teinté de pessimisme recouvrira l'ensemble de ses écrits.

Placide Gaboury