TEXTES

 

 

l'Homme
de qualité
et
l'Homme vulgaire

 

 

 

 

 

 

 

 

  • L'homme de qualité n'écrase personne. Il se comporte avec dignité, jamais avec orgueil. L'homme vulgaire lui, agit toujours par orgueil, jamais avec dignité.

  • L'homme de qualité est large d'esprit, sans parti pris. L'autre est mesquin et sectaire.

  • L'homme de qualité est droit, mais pas rigide.
    [
    …] Il est lent à la parole et prompt à l'action.

  • L'homme de qualité œuvre à la racine; celle-ci une fois assurée, l'ordre moral naît. La piété filiale et le respect des aînés sont les racines mêmes de l'humanité.
l'amitié
  • Ne recherchez pas l'amitié de ceux qui ne vous valent pas.
corriger ses fautes
  • Quand vous commettez une faute, n'ayez pas peur de vous corriger.
l'homme inhumain
  • Un homme dépourvu d'humanité ne saurait supporter longtemps ni l'adversité ni la prospérité.
la vertu
  • Un disciple demande :

– En quoi consiste la vertu suprême?
– Aimer les autres.
– En quoi consiste la connaissance?
– Connaître les autres.

être conséquent
  • Ne faites pas, en employant vos inférieurs, ce qui vous déplaît chez vos supérieurs. Ne faites pas, en servant vos supérieurs, ce qui vous déplaît chez vos inférieurs. Ne faites pas, pour devancer ceux qui sont en arrière, des choses qui vous déplaisent chez ceux qui sont en avant. Ne faites pas, pour atteindre ceux qui sont en avant, des choses qui vous déplaisent chez ceux qui sont en arrière. Ne faites pas vis-à-vis de la gauche ce qui vous déplaît à droite. Ne faites pas vis-à-vis de la droite ce qui vous déplaît à gauche.
servir l'État
  • Pour un homme de qualité, servir l'État reste un devoir, même s'il sait d'avance que la vérité ne prévaudra jamais.
l'engagement politique
  • La raison pour laquelle l'homme de qualité s'engage dans la politique est qu'il considère cela comme juste, quoiqu'il sache que son principe ne pourra prévaloir.
penser
à l'avenir

  • Qui ne se préoccupe pas de l'avenir lointain, se condamne aux soucis immédiats.
la qualité du gouvernement
  • Quand le gouvernement a des principes, parlez droit et agissez droit. Quand le gouvernement est sans principes, agissez droit, mais parlez prudemment.
le non-agir
  • Savoir ce contre quoi on ne peut rien et l’accepter comme sa destinée : voilà la vertu suprême.
l'unité et la multiplicité confondues
  • Ce qu’il aimait et ce qu’il n’aimait pas était tout un. L’unité et la multiplicité se confondaient ainsi, son unité relevant du ciel, sa multiplicité de l’homme.
la substance de l'être
  • Tout ce que l’homme ne peut changer traduit la substance intime des êtres.

la vie et la mort :
vississitudes alternantes du destin

 

 

 

 


  • Bénie soit la vie et par cela même bénie soit également ma mort.

  • La mort et la vie, la durée et la destruction, la misère et la gloire, la pauvreté et la richesse, la sagesse et l’ignorance, le blâme et la louange, la faim et la soif, le froid et le chaud, voilà les vicissitudes alternantes dont le cours constitue le destin. Ils se succèdent comme le jour et le nuit, sans qu’aucune intelligence humaine puisse fixer leur origine. Quiconque ne se laisse pas affecter de ces événements garde l’âme intacte. Il conserve alors de jour et de nuit son équilibre, son aisance et sa bonne humeur. Bienfaisant comme le printemps, il s’adapte à tous et à toutes les circonstances. Celui-là possède la capacité intégrale.
le Tao

  • Les poissons naissent et vivent dans l’eau, comme les hommes naissent et vivent dans le Tao.

s'accomoder du changement

 

 


  • Le sage Mong-souen ignore ce que sont la vie et la mort, l’avant et l’après. Il accepte l’évolution et attend ce qu’elle lui réserve et dont il ne sait rien. Qui sait si nos transformations incessantes n’aboutissent pas à un état sans transformation? Qui sait si les changements incessants de l’Univers ne nous modifient pas à tout moment, sans que nous nous en rendions compte? Toi et moi, nous ne sommes que des rêveurs encore mal éveillés. Devant la mort, le sage Mong-souen éprouvait un effroi corporel mais non la douleur spirituelle. Il paraissait effrayé mais n’avait pas le sentiment profond de la mort. [ …] Celui qui parle maintenant est-il un homme éveillé ou bien un dormeur rêvant? En rencontrant l’objet de son bonheur, le sage ne rit pas; en perdant l’objet de son bonheur, il garde encore son rire. Seul celui-là qui s’accommode de toute perte et de tout changement rejoindra l’unité du ciel pur.
l'invariable

  • Tous les êtres naissent spontanément sans savoir pourquoi ils naissent; ils ont reçu telles ou telles qualités sans savoir comment ils les ont reçues. En un mot, l’état de nature est resté invariable depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours sans que rien y manque.
se perdre dans l'Autre
  • Excellent est celui qui ne compte que sur sa nature originelle et sur ses dispositions innées. […] Celui qui ne voit pas lui-même mais voit l’autre, qui ne comprend pas lui-même mais comprend l’autre, celui-là possède les qualités d’un autre et perd les siennes propres. Ainsi il réalise l’idéal d’un autre et abandonne donc le sien propre.
la tolérance
  • On doit laisser le monde à lui-même et être tolérant à son égard et non le gouverner. On doit le laisser à lui-même afin que les hommes ne s’écartent pas de leur nature innée. On doit être tolérant afin qu’ils n’altèrent pas leur vertu propre. Si chacun ne s’écarte pas de sa nature et conserve intacte sa vertu, est-il besoin d’un gouvernement?
veiller à sa personne
  • Tenez votre esprit au sein de la quiétude et votre corps se rectifiera de lui-même. Soyez calme et pur, ne fatiguez pas votre corps, n’ébranlez pas votre âme et vous vivrez longtemps. [ …] Que votre esprit ne connaisse rien, que votre âme veille sur votre corps, et vous vivrez longtemps. Veillez sur votre intérieur, fermez-vous à ce qui vous est extérieur. Car vouloir trop apprendre amène la ruine. [ …] Appliquez-vous seulement à veiller sur votre personne, et tous les êtres s’épanouiront d’eux-mêmes.
l'infini est sans limite
  • Vidons notre ambition : nous nous en allons sans savoir où nous arrivons; nous partons et revenons sans avoir où est notre but. Errant dans l’infini, une grande intelligence n’en connaît pas les limites. Ce qui fait que les choses sont les choses n’est pas limité par les choses.

il n'y a pas d'ultime


  • La vie est la mort ne dépendent-elles pas de quelque chose d’autre? Car chacune d’elles a son existence propre. Ce qui naît avant le ciel et la terre est-il encore une chose? Ce qui fait que les choses sont les choses n’est pas une chose. [ …] Si l’apparition d’une chose repose sur une autre chose, on n’aboutit jamais à un résultat qui soit vraiment le dernier.