Textes
les gens sont vrais

 

  • Tu trouveras que la notion du vrai est née premièrement des sens et que les sens ne peuvent être réfutés. […] S'ils ne sont pas véridiques, la raison tout entière devient fausse elle aussi.
suivre les lois de la création

 

  • Après Épicure, j'enseigne dans mes leçons les lois qui président à toute création et la nécessité pour chacun de leur demeurer soumis : ce sont les lois solides du temps que rien ne peut déchirer.
rien ne naît de rien

 

  • Le principe que nous poserons, pour commencer, c'est que rien ne naît jamais de rien par opération divine. […] Dès que nous aurons vu que rien ne peut naître de rien, nous pourrons apercevoir plus droitement ce que nous cherchons et voir de quels éléments procèdent toutes choses et comment tout s'accomplit sans les dieux.
la nature n'a pas de fin

 

  • Toutes choses se composent d'éléments éternels jusqu'à ce qu'intervienne une force de choc capable de les mettre en pièces. […] La nature ne laisse jamais voir aucune fin. […] Car il faut que toutes choses ne retournent pas totalement au néant. […] Toute la nature se compose donc essentiellement de deux éléments : il y a les corps, et le vide où ils sont situés et où ils se meuvent en tous sens.
les atomes indivisibles

 

  • Il y a donc des éléments premiers d'une simplicité impénétrable qui forment des ensembles homogènes et cohérents de parties extrêmement petites : ce ne sont pas des assemblages formés par la rencontre de ces parties, ils se prévalent plutôt d'une simplicité éternelle dont la nature ne permet pas qu'on puisse rien retrancher ou soustraire, parce qu'elle les réserve pour être les semences des choses.
les atomes dans le vide
  • Lorsque, dans leur mouvement, ils se rencontrent et se heurtent, ils rebondissent aussitôt en sens contraire : rien d'étonnant à cela puisque ce sont des corps très durs, pesants et massifs, que rien n'arrête par-derrière. Et pour mieux comprendre l'agitation de tous les éléments de la matière, rappelle-toi qu'il n'y a pas de fond dans la somme des choses, qu'il n'y a pas de lieu où les corps premiers puissent se fixer, puisque l'espace est sans limite ni mesure et s'étend à l'infini dans toutes les directions…
les atomes en action

 

  • Puisque ce fait est reconnu, il est évident qu'aucun repos n'est accordé aux corps premiers dans la profondeur du vide; au contraire, agités constamment d'un mouvement divers, les uns, après s'être heurtés, se repoussent à de grands intervalles, les autres sont faiblement écartés par le choc.
la limite des figures atomiques

 

  • Les atomes comportent une variété finie de figures.
l'Univers infini

 

  • L'Univers existant n'est limité dans aucune de ses dimensions… il n'a ni limite ni mesure…
la matière naît et meurt

 

  • Puisque les corps sont tous formés d'une matière qui naît et meurt, il faut penser qu'il en va de même pour l'ensemble du monde…Quand je vois les membres immenses du monde mourir et renaître, je dois savoir que le ciel et la terre ont eu comme eux un commencement, et qu'ils périront.
les atomes à la base de toutes créations

 

  • À force d'errer dans l'infini du temps, d'essayer toutes les unions, tous les mouvements possibles, (les atomes) finissent par former ces assemblages qui, soudain réunis, deviennent l'origine de ces grandes existences, terre, ciel, océans, espèces animales…
l'ingéniosité de la vie

 

  • Il faut bien aussi que beaucoup d'espèces aient alors disparu sans pouvoir se propager en se reproduisant car toutes celles que tu vois jouir de l'air vivifiant possèdent ou la ruse, ou la force, ou la vitesse qui, dès le commencement, ont assuré leur protection et leur salut.
les hommes primitifs

 

  • Pendant de nombreuses révolutions du soleil, (les hommes du début) vivaient une vie errante, à la façon des bêtes. Point de paysan robuste pour diriger la charrue courbe : personne ne savait retourner la terre avec un soc, ni planter des pousses nouvelles… Ce que la terre créait spontanément suffisait à combler leur cœur… Ils ne pouvaient envisager le bien commun, ils ne savaient pas employer dans leurs rapports mutuels les coutumes et les lois. La proie que le hasard accordait, chacun l'emportait, instruit qu'il était à vivre et à user de sa force à son gré et pour soi… Plus tard, quand ils connurent les huttes, les vêtements de peau, le feu, quand la femme devint la compagne d'un seul homme…, quand ils virent croître la descendance de leur sang, alors le genre humain commença à perdre de sa rudesse… Alors aussi, l'amitié commença à nouer ses liens entre voisins désireux de ne pas se faire mutuellement violence.
la naissance des noms

 

  • Le besoin fit naître le nom des choses, à peu près comme les enfants sont amenés au geste parce qu'ils ne peuvent s'exprimer avec la lange, lorsqu'ils montrent du doigt les objets présents….
l'origine du feu

 

  • C'est la foudre qui a fait descendre sur terre le feu et c'est là la première origine de ce feu partout répandu.
l'esprit, maître et centre du corps

 

  • Maintenant je dis que l'esprit et l'âme se tiennent intimement unis et ne forment ensemble qu'une seule nature, mais ce qui est la tête et ce qui domine pour ainsi dire dans tout le corps, c'est ce conseil que nous nommes esprit ou pensée. Et il a son siège au milieu de la poitrine. Là bondissent l'effroi et la peur, c'est cette région que la joie fait palpiter : c'est donc là que se trouvent la pensée et l'esprit. L'autre partie, l'âme, répartie par tout le corps, obéit et se meut à la volonté et sou l'impulsion de l'esprit.
l'âme est corporelle
  • La nature de l'esprit et de l'âme est corporelle.
la paisible obéissance

 

  • Il vaut mieux obéir paisiblement que de vouloir soumettre le monde à son empire et tenir le pouvoir royal.
le boomerang des actes

 

  • La violence et l'injustice sont comme des filets : d'où qu'elles viennent, elles reviennent toujours sur leur auteur, et il n'est pas facile de mener une vie calme et paisible quand on a violé par ses actes les contrats collectifs de la paix. Même si on échappe aux dieux et aux hommes, on ne peut pas croire que l'acte demeurera éternellement inconnu.
le malheur révèle l'Homme

 

  • C'est dans l'incertitude de périls qu'il faut considérer l'homme, dans le malheur qu'il faut savoir qui il est. C'est alors que des paroles authentiques jaillissent de sa poitrine : le masque tombe, la vérité demeure.
l'illusion de la vie éternelle
  • Aucun plaisir nouveau ne naîtra de l'allongement de la vie. Mais quand ce que nous désirons est loin, il nous semble dépasser tout le reste. Quand nous l'avons atteint, la même soif de la vie nous tient toujours haletants.
l'avenir inconnu

 

  • Nous ne savons rien du sort que l'avenir nous réserve, des traverses et de la mort qui nous attendent. Et la prolongation de notre vie ne soustrait rien au temps réservé à la mort : nous ne pouvons rien lui enlever pour diminuer la durée de notre néant. Tu pourras enterrer toutes les générations que tu voudras : la mort éternelle t'attendra toujours.