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| Bonheur Petite philosophie du bonheur |
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VERGELY,
Bertrand. |
" Ce que la douceur a de féminin, c’est qu’elle est un courage sans violence, une force sans dureté, un amour sans colère, dit il. […] La douceur est d’abord une paix, réelle ou souhaitée : c’est le contraire de la guerre, de la cruauté, de la brutalité, de l’agressivité, de la violence... La paix intérieure est la seule vertu qui soit une vertu. Souvent nouée d’angoisse et de souffrance, parfois illuminée de joie et de gratitude, mais toujours dépourvue de haine, de dureté, d’insensibilité… " |
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Le bonheur est une rencontre |
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| " Une rencontre réussie entre nous et la vie ", c’est une belle formule pour définir le bonheur. |
" Le bonheur existe, dit Bertrand Vergely. […] Nous cherchons le bonheur dans les choses à l’extérieur de nous, alors qu’il est un état d’esprit à l’intérieur de nous. […] C’est notre bonheur qui donne une réalité heureuse aux objets qui nous entourent, et non les objets extérieurs qui donnent une réalité à notre bonheur. On en a la preuve tous les jours. Nombre de gens possèdent quantité d’objets qui pourraient les rendre heureux s’ils étaient heureux. Or ils ne le sont pas. Aussi, les objets ne sont pour eux que des objets. |
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" Notre langage l’a compris. C’est pour cela qu’il a appelé le bonheur bonheur. Le bonheur est en effet ‘ bonne heure ’. Bona hora en latin. La bonne heure. Ce qui vient à temps. Ni trop tôt. Ni trop tard. Juste comme il faut. À point nommé. Cela ne pouvait pas mieux tomber, dit-on d’une chose heureuse. […] " La vie est toujours là pour qui sait voir. […] Cela s’appelle avoir de bonnes dispositions, être bien disposé. […] Aussi le bonheur commence-t-il dans nos pensées. Nos belles pensées. Nos pensées heureuses. Le bonheur est une rencontre. Une rencontre réussie entre nous et la vie. […] Le grand bonheur. Être si heureux que non seulement notre vie est heureuse, mais que la vie même est heureuse. Et donc pouvoir dire, sans que cela ne soit une parole en l’air : au commencement était le bonheur! "
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| Le temps du bonheur | ||
| " On ne sait pas vivre au présent. Tout le malheur de l’homme vient de là. " |
" Est-il vrai que le bonheur n’est pas de ce monde? " se demande B.vergely. C'est une belle interrogation. Puis il y a une citation de Pascal, tirée des Pensées, qui dès le début situe exactement où se trouve le problème : " Nous ne tenons jamais au temps présent. Nous rappelons le passé; nous anticipons l’avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours, ou nous rappelons le passé pour l’arrêter comme trop prompt, si imprudents que nous errons dans des temps qui ne sont point nôtres et ne pensons point au seul qui nous appartient, et si vains que nous songeons à ceux qui ne sont rien et échappons sans réflexion le seul qui subsiste. " |
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PASCAL Pensées |
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" Il n’est pas sage de s’identifier au monde dans lequel nous vivons, dit Bertrand Vergely. Mais attention au fait de s’en abstraire complètement. Ainsi beaucoup de gens ne sont pas heureux faute de savoir vivre au présent. Sans cesse, il faut qu’ils soient ailleurs. Dans le passé ou dans l’avenir. Dans le passé pour comparer leur bonheur présent avec leur bonheur passé, en craignant que leur bonheur ne puisse durer dans l’avenir ou pour attendre de l’avenir davantage de bonheur qu’ils n’en ont eu dans le passé. On ne sait pas vivre au présent. Tout le malheur de l’homme vient de là ", d’estimer l’auteur. " Nous ne voulons pas seulement être heureux, poursuit plus loin Vergely. Nous voulons avoir l’assurance que nous pourrons l’être toujours. […] Celui qui veut avoir l’assurance d’un bonheur absolu n’aime que lui. Résultat : il détruit tout autour de lui, à commencer par le bonheur qui s’offre à lui. Pensez donc, ce n’est pas assez bien pour Monsieur! En ce sens, la sagesse consiste à dire que le bonheur est de ce monde car tout bonheur se vit au présent. " " Le jour est levé, il faut le vivre ", disait Paul Valéry. |
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| Le mythe de Sysyphe | ||
| CAMUS,
Albert. Le mythe de Sisyphe |
" De l’amour, je ne connais que ce mélange de désir, de tendresse et d’intelligence qui me lie à tel être. Ce composé n’est pas le même pour tel autre. Je n’ai pas le droit de recouvrir toutes ces expériences du même nom. Cela dispense de les mener des mêmes gestes. L’homme absurde multiplie encore ici ce qui ne peut unifier. Ainsi découvre-t-il une nouvelle façon d’être qui le libère autant qu’elle libère ceux qui l’approchent. Il n’y a d’amour généreux que celui qui se sait en même temps passager et singulier. Ce sont toutes ces morts et toutes ces renaissances qui font pour Don Juan la gerbe de sa vie. C’est la façon qu’il a de donner et de faire vivre. Je laisse à juger si l’on peut parler d’égoïsme. " |
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Cette citation de Camus est tirée de son ouvrage Le mythe de Sisyphe. Un intéressant personnage que ce Sisyphe qui est pris avec un immense rocher – qu’on suppose rond ou à peu près – et dont le travail consiste à le pousser tout en haut de la côte. Mais dès qu’il est arrivé au sommet, il le lâche et le rocher redescend. Alors, il se replace derrière et reprend le rocher puis remonte. Et ça, évidemment, c’est l’image de l’homme, c’est l’image de notre vie. Dans la nuit, le rocher descend et le lendemain matin, il faut que nous lui fassions remonter la côte. Mais quand on le sait, quand l’on connaît les règles du jeu, on se dit : la vie c’est comme ça. |
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| La santé : gage de bonheur | ||
| Mieux vaut mourir de rire que de mourir de tristesse. |
Tout à l’heure, il était question de santé mais il ne faut pas que ce soit obsessionnel non plus. D’où cette réflexion que je vous communiquais en début d’émission : |
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" À quoi bon durer si durer consiste à vivre sans plaisir, en tuant le plaisir de vivre par le fait de se surveiller tout le temps? Il vaut encore mieux un excès de plaisir qu’un excès d’ennui, dit B. Vergely. Quitte à vivre dans l’excès, au moins que cela soit plaisant! Mieux vaut mourir de rire que de mourir de tristesse. Ce qui est sage. […] " Vivre avec passion est un signe de vie, alors que vivre sans passion est un signe de mort. […] " La santé est un bien précieux. Soyons en bonne santé, et nous soulageons l’humanité. Et, s’agissant de la santé, ayons cette santé de l’âme consistant à se réjouir de la santé comme du bonheur des autres, et nous soulageons encore l’humanité. La générosité envers autrui commence avec le souci de soi. D’où la moralité de la santé. […] " Comme il est beau de sentir la vie couler en soi. Cela s’appelle la forme. En grec, la forme se dit eidos, idée. La santé est une certaine idée de la vie. Une belle idée. " Puis il y a le sourire. |
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| Le sourire : poésie du monde | ||
| " Le sourire est une expression d’absolu au niveau du monde. " |
" Quand on a l’âme joyeuse, cela se voit sur le visage, dit Bertrand Vergely. On a, comme on dit, le visage en large. […] Le sourire n’est pas un rire. Il est l’en deça et l’au-delà du rire. Alors que le rire est une explosion d’énergie refoulée, expression qui peut être moqueuse et donc blessante quand elle consiste à rire de quelqu’un, le sourire est une retenue. […] |
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" Le sourire, en un sens, est l’éthique même. Entre le silence et la violence; il est le ton juste. Ce ton est celui de l’amour, de l’amour des hommes qui s’adresse aux hommes. Il faut sourire. C’est là une forme de détachement, de rupture sans violence. Le sage a toujours été représenté de façon souriante. Bouddha sourit. Il voit tout du point de vue d’une conscience supérieure. Il se garde d’alimenter les passions humaines par sa propre passion. […] " Par le fait d’accompagner la vie d’un sourire, on indique qu’il y a autre chose. La vie n’est pas que la vie! Il est possible d’y glisser autre chose, sous la forme d’une distance avec la vie, et donc d’une pensée. L’homme peut rire de lui-même? C’est donc que l’homme peut être sauvé par cette miraculeuse distance et l’humour. Le sourire est une expression d’absolu au niveau du monde. […] " Tout comme
il y a la poésie qui est le sourire du langage, " Une poésie à la portée de tout un chacun. Il suffit pour cela de sourire. Cela commence par le fait de desserrer les lèvres ", nous dit Bernard Vergely dans Petite philosophie du bonheur, de la Collection " Les Essentiels Milan ".
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Par 4 chemins/ Le 10 juin 2001/3e
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