Écologie
Une nouvelle vision toute féminine

Je vais maintenant vous entretenir du rapprochement que l’on fait actuellement entre deux mouvements de rébellion qui ont en commun de vouloir changer le monde. Parce qu’avant tout, la rébellion c’est de vouloir changer le monde. Mais cette fois, il s’agit d’un rapprochement qui est des plus prometteurs et qui se précise de plus en plus : celui de l’écologie – la question environnementale si vous voulez – et du féminisme. Ce qui donne lieu à l’écoféminisme. Qu’est-ce que l’écoféminisme? J’ai trouvé un élément de réponse dans le numéro de mai-juin de La Gazette des Femmes où Louise Desautels signe dossier qui s’intitule : " Nouvelle espèce : Les écoféministes ".

GUÉNETTE, Françoise.
" Qu’est-ce que l’écoféminisme, anyway? ",
La Gazette des Femmes
,
" Nouvelle espèce : Les écoféministes ",
mai-juin 2001,
Vol. 23, N° 1

Dans le dossier sur " Les écoféministes ", j’ai trouvé un entrefilet que signe Françoise Guénette dans lequel on le définit en ces termes :

" Le féminisme écologique est une nouvelle façon de penser la nature, la politique et la spiritualité. – Quelle approche! C’est ce que je trouve le plus extraordinaire avec les femmes. Si elles n’existaient pas, il faudrait les inventer…. En tout cas, moi je veux me réincarner en femme. C’est la raison d’ailleurs pourquoi je suis féministe. Je veux que ça change au mieux avant que je revienne. [rires] 

Les écoféministes croient que la domination des femmes est directement liée au viol de l’environnement. – Je trouve que c’est très intéressant ce rapprochement que l’on fait entre le sort de notre planète et nos rapports avec la nature, d’une part, et nos rapports avec les femmes, d’autre part. – Il est né au début des années 70, quand les Occidentales ont perdu leurs illusions sur les idéologies de l’époque. Le mouvement environnemental manquait d’analyse féministe. Le féminisme se souciait peu de la nature. Et la gauche ne portait attention ni aux femmes, ni aux animaux, ni à l’écologie. Les organisations politiques incluaient rarement des composantes spirituelles et très peu de groupes spirituels cultivaient une conscience politique.

" Le mouvement environnemental manquait d’analyse féministe. "

" Activistes, les écoféministes essaient de sauver l’environnement et de protéger les droits des animaux. "

" Dans une tentative de tout englober, l'approche interdisciplinaire de l’écoféminisme inclut la politique, la spiritualité, la nature et une compréhension prépatriarcale de l’histoire. Activistes, les écoféministes essaient de sauver l’environnement et de protéger les droits des animaux. Intellectuelles, elles élaborent de nouvelles théories basées sur la nature pour élargir l’analyse des enjeux traditionnels comme la race, la classe, le genre. Et pourtant, il n’y a pas de définition unique de l’écoféminisme. Dans un continuum qui va du politique au spirituel, de l’académique au militantisme local, on trouve des activistes véhémentes, d’autres qui réinventent une pratique spirituelle, des radicales sans compromis et des femmes qui œuvrent dans un cadre plus traditionnel. "

 Des sites à consulter

Il y a plusieurs autres articles tout aussi intéressants dans ce numéro de mai-juin 2001 de La Gazette des Femmes.

Incidemment, je tiens à mentionner qu’il existe sur le Web des sites très importants qui abordent ces questions.

  • www.ecofem.org : ressource éducative et globale qui renvoie aux sites d’une dizaine d’écrivaines écoféministes, américaines et canadiennes.

  • www.wedo.org : Women’s Environment and Development Organization, une association internationale mettant en valeur la vision des femmes sur le développement durable et la gouvernance.

  • www.enviroweb.org : Ecofeminist Visions Emerging/EVE ONLINE, l’introduction parfaite à l’écoféminisme puisqu’on y trouve histoire, définitions et tendances de ce mouvement polymorphe.

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Par 4 chemins/ Le 20 mai 2001/1ère heure
Micro : Jacques Languirand/ Transcription : Noëllise Turgeon/
Édition : Stéphanie Adam Le Roch/ Révision : Nicole Dumais

Documentation : Rosalie Dumontier /Infographie : Pascal Languirand
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