Couple
Quelques différences notables entre les hommes et les femmes

Les hommes et les femmes, c’est bien différent. C’est le thème principal d’un livre que j’ai lu avec beaucoup de plaisir récemment, et tout le monde autour de moi également. Il est un peu dans la veine d’un autre ouvrage dont je vous ai déjà parlé, et qui a fait grand bruit il y a quelques années : Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus. Mais je dois dire que cet ouvrage que j’ai sous les yeux est beaucoup plus documenté, tout en étant plein d’humour, avec un petit sourire en coin. Il est aussi plus près des sources, sans nécessairement les indiquer comme telles parce qu’il y a beaucoup de recherches qui sont faites dans le monde sur la différence entre les sexes.

  L’explication biologique revient

PEASE, Allan et Barbara.
Pourquoi les hommes n’écoutent jamais rien et les femmes ne savent pas lire les cartes routières,
Éditions Générales First,
1999

On est discret sur le sujet de la différences entre les femmes et les hommes parce qu’il y a beaucoup de découvertes qui ont été faites dans le monde scientifique ces dernières années et qui ne sont pas à la mode, qui ne sont pas " tendances ", pas in du tout. Par exemple, je ne sais pas si je suis juste en disant une chose comme celle-là, mais il me semble qu’avant 1950 – excusez-moi de parler de cette lointaine époque, mais après tout j’y étais moi! – l’explication de la différence entre les sexes était relativement d’ordre biologique. Et puis, un jour, on est venu nous dire que tout était culturel, donc du domaine de la sociologie si on veut chercher à l’expliquer.

Madame de Beauvoir écrivait : " On ne naît pas femme, on le devient ", signifiant par là que ce n’est pas à sa naissance qu’on est femme mais que c’est en grandissant qu’elle est conditionnée à devenir un être de ce sexe, avec les comportements qui sont commandés par la culture, autrement dit. Maintenant, le balancier est passé de l’autre côté, mais il y a des glissements : il y a des interprétations qui seraient encore probablement sujettes à débat. Ce qu’il faut savoir c’est qu’il y a plus de scientifiques qui travaillent actuellement dans le monde que tous les scientifiques qui ont existé depuis le début des temps. Quelqu’un disait que 95 % des scientifiques sont encore vivants, pour nous donner à comprendre qu’on est dans un univers où il y a une recherche constante, surtout depuis les 50 dernières années, dans le domaine scientifique.

On doit faire attention à la tendance que nous avons tous à ne pas accepter une opinion parce qu’elle dérange nos attitudes, de part et d’autre.

Moi, je m’étais habitué à l’explication biologique, puis il a fallu que je m’habitue à l’explication environnementale, et maintenant voilà que je me retrouve, en grande partie, avec l’explication biologique présentée autrement. Vous voyez comment c’est dans la vie.

Le livre dont je vais vous entretenir s’intitule Pourquoi les hommes n’écoutent jamais rien et les femmes ne savent pas lire les cartes routières, de Allan et Barbara Pease, et a paru aux Éditions Générales First. Je trouve que c’est très important qu’on tienne compte du fait qu’il s’agit d’un couple-auteurs parce ça aide beaucoup à se familiariser avec le contenu.

Les hommes n’écoutent jamais rien, je suis sûr de ça, mais les femmes et les cartes routières, j’aurais pensé, en effet, que c’est vrai, mais étant donné que ma compagne est très douée pour la lecture des cartes routières alors là… Donc tout n’est pas aussi absolu qu’on le dit.

" Le problème fondamental est simple, disent les auteur dans l’introduction – et ça rejoint la pensée scientifique – : les hommes et les femmes sont différents. Ni pires ni meilleurs – mais différents. Scientifiques, anthropologues, socio-biologistes savent cela depuis des années. Mais ils étaient terriblement conscients du fait que s’ils avaient publiquement fait part de leur savoir dans notre monde si ‘ politiquement correct ’, ils seraient devenus des parias. Aujourd’hui, la société est persuadée que les hommes et les femmes possèdent les mêmes capacités, les mêmes aptitudes et le même potentiel – juste au moment où, paradoxalement, la science est sur le point de prouver qu’ils sont totalement différents ".

Pour illustrer le propos, on donne un exemple qui vous paraîtra sans doute familier : le cas glissant du beurre porté disparu.

 La vision périphérique des femmes
" Les hommes peu habitués ont le sentiment qu’il s’agit d’un subterfuge et accusent les femmes de toujours cacher les choses dans les tiroirs et les placards. "

" Toutes les femmes du monde ont eu, au moins une fois dans leur vie, une conversation semblable à celle qui va suivre avec un homme planté devant le frigo ouvert, écrivent les auteurs de l’ouvrage.

  • David : ‘ Où est le beurre? ’
  • Jeanne : ‘ Dans le frigo. ’
  • David : ‘ Je regarde à l’intérieur, mais je ne vois pas de beurre.  ’
  • Jeanne : ‘ Je l’ai rangé il y a dix minutes! ’
  • David : ‘ Non, tu l’as sûrement mis ailleurs. Je ne trouve aucune trace de beurre dans le frigo! 
 

" À cet instant, Jeanne entre dans la cuisine, tend son bras vers le frigo et, comme par magie, en ressort une plaquette de beurre. Les hommes peu habitués ont le sentiment qu’il s’agit d’un subterfuge et accusent les femmes de toujours cacher les choses dans les tiroirs et les placards. Chaussettes, chaussures, sous-vêtements, confitures, beurre, clés de voiture, portefeuille – pourtant tout est là, simplement ils ne peuvent pas le voir. Parce qu’elles disposent d’un grand angle de vision périphérique, les femmes peuvent, précisent les auteurs, sans même bouger la tête, voir tout ou presque ce que contient un réfrigérateur ou un placard. Les hommes, eux, bougent la tête de gauche à droite et de bas en haut à la recherche de l’objet ‘ porté disparu ’.

Un couple se retrouve dans un salon où ils sont invités. D’un coup d’œil qu’elles ne donnent même pas, juste avec la vision périphérique, elles ont vu toutes les femmes qui sont là; elles savent celles de qui elles ont quelque chose à craindre sans même regarder fixement. Oh, la, la! Messieurs, attention… [rires]

" Cette différence dans la vision a des implications importantes dans tous les aspects de notre vie, expliquent les auteurs. Les statistiques des assurances automobiles montrent, par exemple, qu’il est moins probable qu’une conductrice soit impliquée dans un accident à une intersection qu’un conducteur. Sa vision périphérique plus grande lui permet de voir rapidement les voitures arrivant sur les côtés. En revanche, il est plus probable que cette même conductrice subira un choc à l’avant ou à l’arrière de la voiture lorsqu’elle tente de faire un créneau dans la mesure où cette mesure met en jeu ses capacités spatiales moins développées. […]

" La vision périphérique plus large dont bénéficient les femmes explique pourquoi elles sont rarement piégées alors qu’elles sont en train de lorgner les hommes. – Ah messieurs, vous ne saviez pas ça? – Il n’est pas un homme ou presque qui n’ait été accusé, à un moment ou un autre, de reluquer le sexe opposé, mais très peu de femmes ont eu droit au même reproche de la part des hommes. Il ressort des recherches sur le sexe, un peu partout dans le monde, que les femmes regardent autant le corps des hommes, parfois même plus, que les hommes ne regardent celui des femmes. Pourtant, les femmes, grâce à leur vision périphérique supérieure, se font rarement prendre. "

 

Sexuellement parlant

Quand on lit ce livre, on a l'impression, nous les hommes, que nous sommes extrêmement dévoués, prêts à répondre absolument à tous les appels des femelles en rut afin de contribuer à assurer la survie de l’espèce. [rires]

Ce qui vous intéresse, c’est que j’aborde maintenant pour vous les différences au plan sexuel, non?

" Pourquoi les hommes ne peuvent pas se retenir? L’appétence sexuelle impulsive et enthousiaste des hommes a un objectif clair : assurer la survie de l’espèce. " " Comme la plupart des autres mammifères mâles, l’homme pour garantir son succès a dû évoluer en fonction de plusieurs éléments. D’abord, son désir sexuel devait être très concentré sans être facilement distrait. Cela lui permettait de faire l’amour dans pratiquement n’importe quelles conditions, comme la présence, à proximité, d’ennemis potentiels menaçants, ou dans n’importe quel endroit où pouvait se présenter une occasion sexuelle. "

 

Il faut comprendre que nos auteurs vont chercher beaucoup d’information à la suite des scientifiques qui les ont précédé dans le passé de l’humanité. Pendant des centaines de milliers d’années, c’est ainsi qu’on a vécu, alors il en reste forcément quelque chose. Il reste que la femme, la femelle, a adopté un comportement qui répond à des exigences particulières et l’homme à un autre comportement. En gros, la base du raisonnement est que l’homme est chasseur et s’éloigne du nid, alors que la femme doit prendre soin du nid pendant qu’il n’est pas là. Ça a l’air simpliste, vous me direz, et c’est sûr que ça doit faire mal à certains d’entre vous de lire ces propos-là, mais que voulez-vous? C’est comme ça qu’on a vécu pendant très longtemps et ça a profondément marqué les hommes et les femmes, de part et d’autre.

" L’homme doit également dispenser sa semence aussi loin et aussi souvent que possible. Aux États-Unis, […] l’Institut Kingsey soutient que, sans règles sociales, tous les hommes auraient des mœurs légères, comme 80 % de toutes les sociétés humaines l’ont été depuis que l’homme est homme. Toutefois, depuis l’avènement de l’ère de la monogamie, le besoin biologique des hommes a provoqué des tensions constantes chez les couples essayant de bâtir une relation durable. Il est la cause numéro un des problèmes de relations modernes. "


" Pourquoi les femmes sont fidèles?
demandent les auteurs. L’hypothalamus de la femme est plus petit que celui de l’homme et elle ne dispose que d’une toute petite quantité de testostérone pour l’activer. C’est pourquoi les femmes dans leur ensemble ont considérablement moins de désir sexuel que les hommes et sont moins agressives. Alors pourquoi Mère Nature n’a-t-elle pas fait de la femme une nymphomane enragée pour assurer la perpétuation de l’espèce? La réponse tient dans la longue période de temps nécessaire pour concevoir et élever un enfant jusqu’à l’autosuffisance. […]

" Chez l’espèce humaine, les femmes sont physiquement limitées pendant une grande partie de la période de grossesse. Et il faut au moins cinq ans avant qu’un petit d’homme puisse se nourrir ou se défendre seul. – Et encore… On en connaît qui, à 45 ans, ne le font pas encore... [rires] – Pour cette raison, les femmes étudient très attentivement les caractéristiques du père potentiel telles que sa capacité à fournir nourriture et abri et combattre les ennemis. – Il me semble qu’il y a bien des femmes aujourd’hui qui n’ont pas eu l’œil juste pour trouver le père potentiel, parce que plusieurs d’entre elles se retrouvent avec un père en vadrouille. Elles n’avaient pas été capables de mettre l’élastique à la ceinture.

" Le cerveau d’une femme est programmé pour trouver un homme qui prendra l’engagement de rester suffisamment longtemps pour s'occuper de ses enfants. Cela se reflète dans ce que recherchent les femmes dans un partenaire au long cours. "

Il y a des dessins comiques dans cet ouvrage.

Par exemple, une illustration montre des femmes qui disent : " Des excuses, des excuses, c’est rempli d’excuses pour les hommes! 

Ou encore cell-ci :

Il y a une explication, à propos des mœurs légères des hommes, qui est intéressante; je suppose qu’elle doit être fondée.

" C’est pourquoi avoir un harem était une stratégie efficace pour assurer la survie de la tribu. "

" Le vagabondage est inscrit dans le cerveau masculin et il est un héritage de l’histoire de notre évolution. À travers l’histoire de l’humanité, les guerres ont considérablement réduit le nombre d’hommes, aussi était-il logique d’agrandir la tribu aussi souvent que possible. Le nombre d’hommes revenant des guerres était habituellement moins important que ceux qui y partaient – quelle observation ironique… [rires] –, donc, il y avait toujours un grand nombre de veuves. C’est pourquoi avoir un harem était une stratégie efficace pour assurer la survie de la tribu. […]

 

" Toutefois, on doit comprendre en parlant du besoin des hommes d’avoir des mœurs légères, que nous parlons de leurs tendances ou inclinations biologiques. Nous ne faisons pas la promotion ou l’apologie du comportement léger ni ne fournissons aux hommes aucune excuse pour leur infidélité. Nous vivons aujourd’hui dans un monde entièrement différent de celui de notre passé, et notre propre biologie est souvent totalement perdue face à nos attentes et nos exigences. " C’est important de le mentionner également.   L’adultère


La suprématie biologique

" Notre biologie n’a pas tellement changé, rappellent nos auteurs Les garçons aiment jouer avec les choses; les filles aiment dialoguer avec les gens. Les garçons veulent contrôler, dominer et atteindre le sommet, mais les filles sont préoccupées par la moralité, les relations et les gens. Les femmes sont encore minoritaires dans le monde des affaires et la vie politique, non à cause de l’oppression masculine mais simplement parce que les femmes ne s’intéressent pas à ces choses-là. – Ça vaut la peine de se poser la question, il y a peut-être du vrai là-dedans.

" En dépit des meilleures intentions des employeurs prônant l’égalité, les garçons s’obstinent à chercher un travail faisant appel à l’espace et à la mécanique et les filles semblent obligées de trouver un emploi impliquant un dialogue avec les autres. "

" Pendant des années, les kibboutz en Israël – genre de communes organisées, si on peut dire – ont tenté de gommer les stéréotypes sexués entre filles et garçons : les vêtements, les chaussures, la coupe de cheveux, le mode de vie. Les enfants étaient conçus selon un modèle neutre et asexué. On encourageait les garçons à jouer avec des poupées, à coudre, tricoter, cuisiner, faire le ménage, et on incitait les filles à jouer au football, grimper aux arbres et jouer aux fléchettes.

" L’idée généreuse du kibboutz était d’aboutir à une société sexuellement neutre dans laquelle n’existerait aucun carcan rigide pour chacun des deux sexes, et chacun des membres du kibboutz avait une égalité des chances et des responsabilités au sein du groupe. Le langage sexiste avec des expressions telles que ‘ les grands garçons ne pleurent pas ’ et ‘ les filles ne se roulent pas dans la poussière ’ étaient bannis du langage, et les kibboutzniks affirmaient pouvoir démontrer la totale interchangeabilité des rôles entre les deux sexes. Et que s’est-il passé?

" Après 90 ans d’existence, les études ont montré que les petits garçons dans les kibboutz continuaient de manifester constamment un comportement agressif et désobéissant, à créer des groupes de pouvoir, à se battre entre eux, à former des hiérarchies induites et à parler des ‘ accords ’, tandis que les filles coopéraient les unes avec les autres, évitaient les conflits, agissaient avec affection, se faisaient des amies et partageaient les unes avec les autres. Ayant la liberté de choisir leurs propres cours et sujets, chacun choisissait des cours spécifiques en fonction de leur sexe, les garçons optant pour la physique, la mécanique et les sports, les filles devenant enseignantes, conseillères, infirmières, directrices du personnel. Leur biologie les a dirigées vers des emplois et des occupations correspondant à leurs connexions cérébrales respectives.

" Des études réalisées sur des enfants élevés de manière neutre dans ces sociétés ont montré que la suppression du lien mère/enfant n’a pas réduit les différences entre les sexes ou les préférences chez ces enfants. Cela crée même plutôt une génération d’enfants qui se sentent négligés et confus et qui deviendront probablement des adultes perturbés. "

Pour résumer :

" Les hommes veulent du pouvoir, de la réussite et du sexe. Les femmes veulent des relations, de la stabilité et de l’amour. "

En même temps que je vous dis ça, je suis conscient que chacun participe de l’autre aussi. Tout comme dans le Yin et le Yang où il y a toujours un point blanc dans la masse noire comme il y a un point noir dans la masse blanche, on trouve un aspect féminin dans le masculin et vice-versa.

En conclusion :

" Les relations deviennent difficiles quand les hommes et les femmes refusent d’admettre qu’ils sont biologiquement différents et que chacun attend de l’autre qu’il vive en fonction de ses propres attentes. La majeure partie du stress que nous subissons dans les relations vient de la fausse idée que les hommes et les femmes sont pareils. Ils ont les mêmes priorités, les mêmes envies et les mêmes désir. " Mais ils sont bien différents.

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Par 4 chemins/ Le 29 avril 2001/2e heure
Micro : Jacques Languirand/ Transcription : Noëllise Turgeon/
Édition : Stéphanie Adam Le Roch/ Révision : Nicole Dumais

Documentation : Rosalie Dumontier /Infographie : Pascal Languirand
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