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| Art
de vivre L’attention à l’instant présent | ||
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| Conscience et présence | ||
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" En quelques mots, tout est dit : les plus hautes questions métaphysiques se trouvent résolues dans l’attention à l’instant présent. Le sens de la vie, le pourquoi du destin, l’énigme de l’absolu, la résolution des doutes, toutes questions sans réponses, sont tranchés par le fil, le diamant coupeur, de la présence au monde dans cet ici et maintenant qui fut la tarte à la crème des milieux branchés des années soixante ", [rires] nous dit notre ami Marc de Smedt, qui se moque, du reste, carrément de lui-même… | |
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Il cite son maître zen Taisen
Deshimaru : " Y aurait-il autre chose à dire? de poursuivre Marc de Smedt. Il faut le croire puisque nous avons consacré un ouvrage entier à ce thème. " | ||
| La présence à la mort | ||
| " L’accompagnement des derniers instants de vie d’un être humain requiert avant tout cette qualité d’être là. " |
Marie de Hennezel nous parle quant à elle de " L’état de présence à l’approche de la mort ". Ce passage, qui parle de la mort d’un autre, d’une forme d’accompagnement, si vous voulez, m’a beaucoup intéressé. " On sait que ceux qui s’approchent de leur mort entrent dans une sorte de temps suspendu. Peut-être que le passé est vécu, et que l’avenir leur est mystérieux et inconnu. Leur perception de l’espace change aussi. L’univers de l’agonisant ne se réduit souvent qu’à sa chambre, les échanges avec le monde extérieur s’appauvrissent. C’est peut-être parce que cet univers se rétrécit à ce point qu’on assiste, comme par compensation, à une dilatation de l’espace psychique, une intériorisation, une sorte de plongée dans les profondeurs de l’être. Aussi, les mourants deviennent-ils extrêmement sensibles à la qualité de présence de ceux qui les approchent. Ils perçoivent tout : les retraits, les angoisses, les malaises, mais aussi la moindre attention et le plus petit geste d’affection se chargent alors de tout son poids de communion humaine. | |
| " L’accompagnement des derniers instants de vie d’un être humain requiert avant tout cette capacité d’être là – présent, autrement dit –. Simplement être là, à l’écoute, disponible. On sait à quel point cette simple présence pose problème. Le fantasme d’être happé, englouti par la mort de l’autre – fantasme archaïque, inconscient –, empêche trop souvent cette présence ouverte et calme. On connaît toutes les stratégies défensives mises en œuvre par ceux que cette proximité avec la mort d’autrui angoisse. […] " La présence auprès d’un mourant convoque l’accompagnant dans toute sa corporalité. C’est avec son regard, sa voix, le contact peau à peau qu’il manifeste sa présence. On ne mesure jamais assez l’importance du contact tactile pour ceux qui connaissent l’angoisse face à la mort. […] Ceux qui ont l’expérience de l’accompagnement des personnes en fin de vie connaissent cette alchimie mystérieuse de la rencontre de deux présences : comment le souffle chaotique finit par se calmer, la paix adoucir les traits souffrants du visage. " | ||
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| Le flux orgasmique du présent | |
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Il s’agit maintenant d’un passage intitulé " L’attention, force de vie ", tiré des propos de Jacques Donnars, que j’ai retenu dans cet ouvrage L’Art de vivre au présent, chez Albin Michel, sous la direction de Éric Le Nouvel. " La présence est d’abord cette faculté d’être présent à soi-même et sensible à la manière dont ce flux de vie s’écoule en nous. En fait, nous sommes constamment occupés par la télévision, la radio, mais aussi par des discours intérieurs qui nous rabâchent une foule de systèmes de pensée plus ou moins appris, puis désappris, oubliés puis retrouvés – autrement –, le tout parcouru par des affects flous. | ||
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" Dans notre reçu quotidien, ce courant de vie se trouve ignoré, j’oserais presque dire ‘ bafoué ’. Il est tellement banal, tellement évident que nous avons perdu la capacité de le reconnaître, nous dit Jacques Donnars en parlant toujours de la présence. Il est aussi d’une absolue discrétion, comme s’il ne fallait surtout pas que l’Essence, c’est-à-dire l’essentiel vienne déranger le cours du jeu social. " Parfois, il faut tout à coup des événements dramatiques pour que ça puisse devenir conscient. Ce que les gens cherchent à retrouver avec les drogues – douces ou dures – c’est, pour une part non négligeable, ce qui est à l’intérieur d’eux. Hélas, ils le perdent aussi vite qu’ils l’ont trouvé et, à chaque fois, l’évidence lumineuse se révèle plus difficile à ressaisir. Or, cette merveille est tout le temps en nous. La force de vie est là en permanence; elle n’est pas banalisable si nous voulons bien accepter de la reconnaître. […] " L’éternelle vigueur symbolise l’éternel présent; mais ce n’est pas un présent qui serait dehors, c’est un présent qui est dedans " " […] La quête du monde du dedans n’est plus promise qu’au travers la quête du monde du dehors. Cette réalisation n’a plus aucun rapport avec un système intime et profond de prise de conscience de ce courant, de cette force, de ce flux. Le dedans sacrifié au dehors finit par en attraper une mauvaise conscience ", estime Jacques Donnars. " Les textes mystiques deviennent incompréhensibles, voire désuets, et ce sont des sectes qui ramassent dans le ruisseau où sont tombés les élans spirituels qui traînent. […] Ce n’est pas pour rien que les humains ont gardé le nom de l’endroit où les choses ‘ se font sacrées ’, le sacrum facere; cet endroit n’est pas très loin de notre appareil génital, d’où naît le courant de vie qui va faire les générations suivantes et où, par conséquent, le ‘ faire sacré ’ est particulièrement évident : car c’est du flux du désir que nous parlons, et ce désir – même et surtout quand nous jouons à en ignorer le but ultime – est toujours bien là, non pas pour nous donner un petit orgasme, mais pour assurer la suite de l’aventure de la vie dans les siècles qui viennent. " Le désir est là comme signe de la puissance […] à l’intérieur de nous. Il va monter comme le flux de la marée et chaque respir va devenir flux et reflux de la vague qui anime l’âme. La présence ouvre soudain sur la certitude d’un instant qui confine à l’éternité. " | ||
| Entre le temps et l’éternité (la voie du milieu) | ||
| " L’extase et la félicité se situent dans cette voie du milieu qui est la fois physique, psychique et spirituelle. " |
J’ai retenu également ce texte de Paule Salomon, intitulé : " La présence douce ". " Il est possible aussi de prendre conscience qu’à chaque instant je suis à la fois engagée dans la ligne du passé-présent-futur et posée dans l’éternité sans fin ni commencement. Ces deux états se superposent et c’est moi qui choisit d’orienter le fonctionnement de mon cerveau vers la logique analytique de l’événementiel – le cerveau gauche –, ou vers la logique plus synthétique de mon cerveau droit, ou encore dans une troisième voie moins connue et moins explorée. | |
" Cerveau droit ou cerveau gauche, il s’agit encore d’agir dans le monde, mais lorsque ces deux cerveaux entrent en communication une pause se produit, le temps se dilate, la fonction contemplative prend toute sa dimension. Je ne suis plus une théière, je suis un bol. Je reçois. Je n’ai plus rien à montrer, je suis pure sensation. – Ces deux images sont hautement tripatives : je reçois c’est être un bol; une théière, je donne. " L’extase et la félicité se situent dans cette voie du milieu qui est la fois physique, psychique et spirituelle. Le temps et l’espace vont se concentrer dans la présence d’un corps, présence horizontale et verticale. Nous pratiquons spontanément l’ici et le maintenant lorsqu’une intensité d’amour, de beauté ou de peur nous soustrait à nous-mêmes, à nos inquiétudes, à notre course en avant. Mais il est possible de pratiquer volontairement cette entrée dans l’ici et maintenant par la méditation. " | ||
Tout est dans la présence. | ||
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Par 4 chemins/ Le
15 avril 2001/3e heure | ||
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