Mondialisation
Sortir de la pensée unique pour retrouver l’équilibre

Je n’ai pas du tout la prétention de pouvoir vous brosser un tableau complet de la problématique actuelle, si je puis dire, mais pour moi-même, j’ai pris une feuille de papier et je me suis posé quelques questions : Qu’est-ce que je suis capable de comprendre de la situation? Où est le problème du monde actuel qui donne lieu à des interrogations, voire même à des affrontements qui se préparent au cours de cette semaine?

J’ai d’abord écrit dans le coin gauche de la feuille : " l’existence de ce qu’on appelle la pensée unique ", la pensée articulée autour de l’économique, du marché néolibéral, qui tend à une forme de globalisation, avec de toute évidence une forte dimension états-unienne, du fait de leur hégémonie économique, bien sûr. J’aime bien employer ce mot, " États-uniens ", car nos voisins du Sud ont adopté pour se désigner le terme " Américains ", ce qui n’est pas très gentil pour les autres, dont nous, qui sommes aussi Américains qu’eux.

Qu’est-ce qu’il y aurait par rapport à une société bâtie sur l’économie? Je vois se dessiner maintenant de plus en plus, une certaine forme de communautarisme, une autre voie, une opposition à travers les ONG, par exemple, certains regroupements sociaux, à travers la communauté, pour ainsi dire. Vous avez compris que c’est de la société civile dont il s’agit maintenant.

 L'éveil citoyen

C’est un peu comme si on s’était dit : " L’État n’est plus en mesure de maintenir les acquis d’une société qui s’est battue pour une forme de société civile. " Je constate, en tous les cas, qu’il y a une opposition entre les valeurs et que l’économique domine.

  Le déséquilibre économie/politique

 

Quand on parle de l’économique, c’est aussi à nous tous que cela réfère et c’est là qu’on rejoint la mentalité de l’ouvrage de George Orwell : 1984.

C’est que nous devenons, en quelque sorte, notre propre ennemi puisque nous nous sommes laissés convaincre que nous étions faits pour consommer et que nous étions des consommateurs avant d’être des citoyens. C’est aller un peu loin peut-être mais ça n’est pas très loin de la réalité. L’économie l’emporte sur le politique. Le politique perd sa perspective, son autorité et, d’une certaine façon, sa représentativité.

J’ai écrit cette phrase :

" Désordre dans les priorités collectives. On ne comprend plus où sont les priorités. "

Par exemple, on ne met pas l’accent sur les transports en commun, alors qu’on devrait le faire, c’est l’évidence même. Le sujet ne revient même pas dans le discours. Les voies ferrées disparaissent, les tramways chez nous n’existent plus depuis longtemps, etc. Mais ils réapparaissent ailleurs, je vous le fais remarquer.

C’est dire que dans l’opposition économie-écologie,
il faut trouver un équilibre.

Pour l’instant, c’est l’économie qui domine, qui est prioritaire, et l’écologie est extrêmement secondaire. Dans les deux cas, que ce soit au gouvernement provincial ou au fédéral, les ministères de l’environnement font un plutôt pitié, pour ne rien vous cacher.

Quels résultats pourrait donner un meilleur équilibre? Par exemple, tout en poursuivant les activités de l’industrie de l’élevage du porc, on pourrait en même temps avoir des préoccupations bien solides qui visent à protéger les nappes phréatiques. Parfois je me dis : " Pourtant, on les a élus ces gens-là, alors qu’est-ce que ça donne? " Je crois que ces élus se sentent obligés de devenir les porteurs d’une société qui met l’accent sur cette pensée unique et sur l’économie et ainsi, ils sont en train de devenir une partie du problème. Ce ne sont pas au départ de mauvaises gens, mais ils ont adopté de mauvaises valeurs, me semble-t-il

Le mot " équilibre ", selon moi, est vraiment le seul qui permette de gouverner efficacement les institutions démocratiques.

L’idée n’est pas de renoncer à l’économie et de ne pas s’intéresser aux questions touchant notre survie au plan matériel, mais nous devons être capables de trouver un équilibre entre ces forces-là. Le mot " équilibre ", selon moi, est vraiment le seul qui permette de gouverner efficacement les institutions démocratiques. Il ne faut donc pas se gêner de penser qu’il est temps aujourd’hui de faire le ménage dans notre vision et d’essayer de la réorganiser de manière à ce que la société civile puisse se trouver une place par rapport à l’État et aux grands ensembles économiques qui sont en train de se créer.

 
  Globalisation VS Mondialisation

Si vous vous souvenez, il y a quelque temps de cela, j’avais parlé de la différence entre les mots globalisation et mondialisation. C’est un économiste, Henri Bartoli, qui s’est donné la peine de nous expliquer :

  • Globalisation :
    "  Ce qui se ‘ globalise ’ tend à devenir un ensemble régi par des règles telles que le tout organisé constitue un ‘ système ’. " Donc globalisation comporte l’idée d’un système.

  • Mondialisation :
    " Ce qui se ‘ mondialise ’ tisse de multiples liens et interconnexions entre les États-nations, les entreprises, les sociétés, de telle sorte que les événements, les décisions survenant en un lieu de la planète retentissent plus ou moins intensément sur les collectivités vivant en d’autres lieux. " Mais il ne s’agit pas de système comme tel; c’est important de s’en rappeler.

    Quand on parle de globalisation maintenant, on parle, en fait, d’un système.

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Par 4 chemins/ Le 15 avril 2001/2e heure
Micro : Jacques Languirand/ Transcription : Noëllise Turgeon/
Édition : Stéphanie Adam Le Roch/ Révision : Nicole Dumais

Documentation : Rosalie Dumontier /Infographie : Pascal Languirand
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