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| Edgar
Morin Pour contrer la surspécialisation des sciences : développer une approche systémique et réintégrer l’éthique | ||
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MORIN,
Edgar |
" Nous vivons une époque paradoxale, dit Edgar Morin. À l’ère de l’information, les savoirs prolifèrent mais nous voyons que partout la connaissance se dégrade. On en sait plus dans tous les domaines. Mais plus il y a de connaissance, moins il y a de sagesse, comme si nous ne parvenions plus à tirer le sens de l’ensemble. On le voit partout, dans les sciences de la vie, les biotechnologies, etc. Pour en sortir, nous devons trouver une manière de réintégrer la complexité dans l’approche scientifique, de relier les connaissances entre elles. […] " Le premier principe que Descartes a établi, c’est que la science doit s’occuper des objets – son objectivité – du monde et des étendues, tandis que tous les problèmes de l’esprit et du sujet humain relèvent de la métaphysique. Descartes a aussi posé comme principe que la science est par nature ‘ amorale ’ […] Avec ces deux principes, la science a pu assurer son propre développement. Mais elle a aussi évacué l’éthique de son champ d’action parce que pour considérer l’éthique, il faut considérer le sujet; c’est-à-dire un être ayant une certaine autonomie, une certaine conscience et une certaine réflexivité. " | |
| " Mais plus il y a de connaissance, moins il y a de sagesse, comme si nous ne parvenions plus à tirer le sens de l’ensemble. " | ||
| Morin se lance alors dans un exposé où il est question des quatre principes qui ont permis à la science de s’épanouir. Or, avec la révolution de la physique et le développement des connaissances, dit Edgar Morin, les fondements scientifiques sont ébranlés… " Les principes qui fondent la science moderne nuisent aujourd’hui à son développement, et par là même à une vision globale, unifiée de l’homme et de la nature. " Pourquoi? Parce que Descartes a décidé qu’il s’agissait, pour comprendre le système, de le découper et d’en analyser chacune des parties séparément. Donc de fragmenter l’objet d’observation, tandis que Edgar Morin estime que maintenant nous sommes arrivés au point où nous devons, au contraire, lier les chose entre elles et avoir une vision plus globale que celle à laquelle nous sommes habitués. " Nous savons désormais que le désordre et l’ordre cohabitent là où les scientifiques ne cherchaient qu’ordre, explique-t-il. Cela signifie notamment que les déterminismes ne fonctionnent pas absolument. " Bref, que le tout est toujours plus grand que les parties, tout le monde sait ça. Dans cette entrevue, Morin le souligne en ces termes : | ||
| " De nouvelles connaissances comme l’écologie nous apprennent que le tout possède des propriétés que les parties n’ont pas. " | " De nouvelles connaissances comme l’écologie nous apprennent que le tout possède des propriétés que les parties n’ont pas. On ne peut donc plus seulement simplifier pour comprendre, ni seulement fractionner les problèmes pour saisir les problèmes dans leur ensemble. Il faut développer une approche systémique – et étudier, en particulier, le rapport qui existe entre les éléments du système. – […] " Voilà pourquoi, dit Morin, je crois que la science est à un tournant. Elle doit passer du paradigme de la simplification à une manière de connaître qui intègre la complexité. Elle doit aussi réintégrer l’éthique dans son approche, ce qui est en soi une révolution. " | |
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Par 4 chemins/ Le
25 mars 2001/1ère heure | ||
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