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| Sports
et psychologie | ||
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Un cas de transfert symbolique | ||
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RAGNI,
Patrice. |
Il y a des cas très curieux, comme celui-ci en particulier : il s’agit d’une sportive qui fait de la course professionnelle et qui vit une expérience difficile. En effet, elle qui réussit admirablement sur 60 mètres n’arrive pas à se classer convenablement sur 100 mètres. Son entraîneur se rend même compte qu’elle régresse d’été en été sur 100 mètres jusqu’à la 35e place nationale, alors qu’à l’opposé, elle progresse régulièrement sur 60 mètres. Son entraîneur, qui est aussi, entre autres, directeur du Groupe de Recherche et d'Étude Psychanalytique sur les Activités sportives, lui pose un jour cette question : " On dirait que quelque chose t’interdit de briller l’été en plein air alors que l’hiver tout se passe bien en salle? Pourquoi ne peux-tu pas être la première l’été comme l’hiver, en salle comme en plein air? " C’est curieux comme question. Alors il dit : " Cette question dont je n’attendais aucune réponse et qui n’a aucun contenu technique ou scientifique, a permis à M. – il ne la nomme pas – de dire ce qu’elle ne m’avait jamais dit de son histoire personnelle, de sa préférence, étant enfant, pour les jeux de poupée à la maison, jeux de fille, et pour les jeux de garçons, Thierry la Fronde, Lagardère, dehors, dans la rue… Elle s’est mise à parler de sa naissance, neuf mois après la mort d’un frère qu’il lui revenait de remplacer pour atténuer la douleur de ses parents… En quelques kilomètres, dit son entraîneur – qui se rendait avec elle à un " meeting international " –, elle en avait dit beaucoup plus que pendant les quatre années précédentes. | |
| " C'est à partir de cette conversation que M. qui refusait une simple séance de relaxation, a accepté de voir un ‘ psy ’. Au cours des séances, il est apparu que M. associait l’opposition salle/plein air à un intérieur/extérieur correspondant à ses difficultés d’identification, masculine à l’extérieur et féminine à l’intérieur. Au niveau inconscient, le 60 mètres indoor et le 100 mètres estival avaient des significations qui réveillaient le conflit ancien entre la petite fille qui jouait à la poupée à la maison et Thierry la Fronde, dans la rue, comme les garçons. Dans sa ‘ mythologie intime ’, faire des ‘ perfs ’ sur 60 mètres était possible pour M. parce qu’à l’intérieur, en indoor, elle était une petite fille, mais sur 100 mètres, en plein air, c’était dangereux car elle était ce garçon manquant à ses parents, ce garçon manqué des jeux de son enfance, de ses problèmes d'adolescente et de jeune adulte […]. "
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| L'acte sportif et l'état méditatif | ||
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DREYFUS,
Sacha.
| Le point le plus important peut-être dans l’entraînement des sportifs au plan psychologique, c’est la recommandation qui leur est faite d’observer le fonctionnement du mental, d’une part, puis de tenter ensuite d'en suspendre le babillage. Je me souviens
de toutes ces années où je faisais des exercices assez régulièrement
dans ce sens pour arriver à une forme de vide. C’est extrêmement
difficile d’arrêter la pensée. Je me souviens aussi d’une occasion, en particulier, où cela s’est produit : c’était en descendant une pente en ski, très vite, à l’époque où je pratiquais ce sport. Je descendais quand, tout à coup, je me suis rendu compte que j’étais devenu tout à fait identifié à mon corps, que c’était le corps qui m’emportait. | |
| C’est ce que dit un spécialiste, dans un autre article du dossier : " On veut que le corps parle et que la pensée s’arrête, mais cette mise en suspens, d’où peut découler l’exploit sportif, qu'est-ce d'autre si ce n'est le temps de la mise en acte, écrit Sacha Dreyfus, membre de L'Institut Psychologie et Sport : ‘ Ce court laps de temps où l'on change de rideau, le désir étant comme mis en suspens ’? Et le préparateur mental d'aider à la déconnexion de la pensée, rendre automatique le geste, mais le geste technique décomposé n’est pas la sensation. " On arrive ainsi à être entièrement dans ce que l’on fait, parfaitement dans l’instant présent, et c’est à ce moment-là qu’on est le plus performant. Vous me direz qu’il y a des gens qui arrivent à ce résultat au moment même où les circonstances vont les obliger à cette maîtrise sur leur mental. C’est vrai, pourquoi pas?
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| Les sports extrêmes comme fuite | ||
| SANTY,
Edwin. " Sport-épreuve : attention, danger! ", Psychanalyse Magazine, N° 9, mars 2001 |
" Poussé à l’extrême le sport n’est plus du sport ", dit un Edwin Santy, auteur d'un article sur les sports-épreuves. " Il est de l’ordre du paraître, du superflu. Poussé à l’extrême, le sport est une fuite. On contourne la confrontation avec soi. " Il s’agit alors de la démarche négative du sport : on cherche à se dépasser comme si on voulait ne plus revenir, en quelque sorte. Aller jusqu’au bout pour éviter de se confronter. Ça revient à ça. | |
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" Sur le plan thérapeutique, la relation corps-esprit est très importante, poursuit l'auteur. […] Nous oublions trop souvent que nos expériences sensorielles sont notre première vérité fondamentale. Les sens ont leur sagesse et leur logique. Certaines philosophies, entre autres le bouddhisme Zen, ont assimilé cette complémentarité. Dans Bouddhisme et psychothérapie, David Brazier précise que ‘ l'activité corporelle est la réalité de notre vie; c’est l’esprit qui doit s’harmoniser avec la réalité de notre vie ’. Et Nietzsche de rappeler, par la bouche du prophète Zarathoustra – le personnage principal de ses ouvrages – que ‘ derrière tes pensées et tes sentiments, mon frère, se tient un maître puissant, un Sage ignoré : il demeure en ton corps, il est ton corps ’. " | ||
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Par 4 chemins/ Le
18 février 2001/1ère heure | ||
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