Arthur C. Clarke

Je vous ai parlé du film 2001 : l'Odysée de l'espace parce que j’ai sous les yeux un article de Arthur C. Clarke qui a paru dans Asiaweek de Hong Kong, puis dans Courrier international. Dans cet article, intitulé " Après 2001, l’odyssée des sciences ", Arthur C. Clarke se lance dans ce qu’il appelle des extrapolations sur le futur. Son propos est intéressant, le voici en partie.

  Autobiographie sommaire d’un extrapolateur

CLARKE, Arthur C.
" Après 2001, l’odyssée des sciences ",
Courrier international,
Nº 469, 28 octobre-3 novembre 1999.

 

 

 

 

 

" Je pensais faire preuve d’un optimisme forcené en suggérant une mission sur la lune en 1978 "

" Certains ont beau prétendre le contraire, nul n’est capable de prédire l’avenir et j’ai toujours refusé qu’on me colle l’étiquette de ‘ prophète ’. Je préfère le terme d’‘ extrapolateur ’. – Il me semble que ça fait très machine à café… – Dans mes écrits documentaires, j’ai surtout tenté de définir des futurs possibles – sans oublier, bien sûr, qu’un événement ou une découverte inattendue peuvent toujours survenir quelques années plus tard et rendre caduques toutes les prévisions antérieures Je pense à Internet qui a changé tellement de choses, et qu’on n’avait pas prévu.

" L’exemple le plus classique est le président de IBM, affirmant en 1940, qu’en termes d’informatique le marché mondial se limiterait à cinq ordinateurs. – Il est au repos depuis longtemps d’ailleurs. Puis Clarke d’ajouter – J’en ai moi-même plus de cinq dans mon bureau, et ils ne cessent de croître et de se multiplier. – Ah la vie qu’on fait mener aux machines ces années-ci!

" Mais peut-être ne suis-je pas en position de critiquer Thomas Watson, poursuit Clarke en parlant de ce président de IBM à l’époque. Dans Transit of Earth (Passage de la Terre), écrit en 1971, je situais le premier atterrissage sur Mars en 1994. Aujourd’hui, je pense que nous avons peu de chance d’y parvenir avant 2010. D’un autre côté, lorsque je publiais Prelude to Space (Prélude à l’espace), en 1951, je pensais faire preuve d’un optimisme forcené en suggérant une mission sur la lune en 1978. Neil [Amstrong] et Buzz [Aldrin] m’ont finalement devancé de presque 10 ans. "

Puis, A. C. Clarke en profite pour rappeler l’une de ses réussites dans le passé :

" Je suis plutôt fier de constater qu’aujourd’hui les satellites de communication sont bien là où je les avais placés en 1945, et qu’on emploie fréquemment le terme d’‘ orbite Clarke ’ – ne serait-ce que parce que c’est plus facile à prononcer que ‘ orbite géostationnaire ’. " Grand modeste va!

Curieux personnage que ce Clarke qui, au départ, est biologiste marin. On peut dire que c’est un enfant doué pour les sciences, en tous les cas. Entre autres choses, il avait imaginé, dans les années quarante, ce programme de satellites qu’on placerait autour de la planète et qui seraient géostationnaires.

" Et le bogue de l’an 2000 est mentionné pour la première fois dans l’histoire de la fiction – tout au moins dans le chapitre ‘ Le syndrome du siècle ’, de mon roman The Ghost from the Grand Banks (Le fantôme venu des profondeurs) ", rappelle fièrement A. C. Clarke.

 Le prochain siècle
vu par Arthur C. Clarke

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Par 4 chemins/ Le 22 octobre 2000
Micro : Jacques Languirand/ Transcription : Noëllise Turgeon/
Édition : Stéphanie Adam Le Roch/ Révision : Nicole Dumais

Documentation : Rosalie Dumontier /Infographie : Pascal Languirand
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