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LE PROFESSEUR ET LA DISCIPLINE |
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Les enfants aiment chercher et ils se désintéressent de ce qui n'a pas éveillé leur curiosité. Le grand souci des professeurs devrait être celui de savoir faire apprendre; or le souci de beaucoup d'entre eux, c'est la discipline. |
Quand une classe est agitée, c'est qu'elle sent la crainte du professeur de ne pouvoir se faire obéir |
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La discipline de la classe dépend de la qualité du travail que l'on y fait. On entend souvent dire que tel professeur ne sait pas tenir sa classe; ce n'est pas le professeur qui doit tenir la classe, c'est la classe elle-même qui doit se tenir par le désir qu'elle a d'apprendre, de s'instruire et de réussir. Il faut tenir les élèves en haleine, les intéresser prodigieusement à ce qu’on leur enseigne, par les exercices qui leur sont donnés continuellement à faire et par les questions qu’on leur donne l’idée de poser. À un collègue qui me dit un jour : " II paraît que dans votre classe, on entendrait une mouche voler ", j’ai répondu : " C'est une erreur mon cher, dans ma classe, une mouche ne se permettrait pas de voler. " Ce qui en inquiète plusieurs c'est la discipline : parce que les élèves les savent indulgents, ils craignent toujours qu'ils en abusent. Ils n’ont pas tort. Les enfants n'apprécient pas l'indulgence, ils n'apprécient pas davantage la sévérité, mais ils ont un goût très vif de l'ordre et de la justice. Ils ne nous pardonnent rien là-dessus. Ils ne nous veulent aucun mal, mais les fanfarons et les têtes légères peuvent causer bien des ennuis par leur indiscipline, et beaucoup de professeurs ou d'instituteurs ont peur de leurs élèves et ceux-ci le sentent avec un flair très sûr. Quand une classe est agitée, c'est qu'elle sent la crainte du professeur de ne pouvoir se faire obéir. Ce n'est point à cause de son savoir qu'un professeur a peur, mais à propos bien souvent de son sentiment de faiblesse et d'impuissance, devant la vie d'abord. Ce sentiment en a poussé plus d’un à se réfugier à l'école pour ne faire face qu'à des êtres faibles qui devront leur obéir. Ils sentent alors que leur autorité est fragile puisqu'ils se sentent fragiles. Ils n'ont plus que deux solutions, se faire aimer par leur indulgence ou se faire craindre par leur sévérité. Dans les deux cas, cela ne vaut rien. Il vaut mieux travailler bien que travailler beaucoup. Ceux qui travaillent très bien vont beaucoup plus vite, ils sont plus efficaces et se fatiguent moins. Vous corrigez et annotez environ 150 copies par semaine? Est-ce possible! Ce n'est pas la copie qu'il faut corriger, mais l'élève; ce ne sont point les fautes sur le papier qu'il faut corriger, mais les fautes dans la tête de l'élève, pour qu'il n'en fasse plus sur le papier. |
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Théo Chentrier
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