Vivez Londres - Du 27 juillet au 12 août 2012

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Sport

Dans ce sport dominé par les Asiatiques et quelques nations européennes, les Nord-Américains n’ont pas la tâche facile. Néanmoins, le Canada aimerait bien voir l’un ou l’une de ses protégés atteindre les quarts de finale à Londres. Un objectif pour le moins ambitieux.

Pierre-Luc Hinse Pierre-Luc Hinse   ©Gerry Broome

Premier Québécois membre de l’équipe olympique canadienne de tennis de table en simple, Pierre-Luc Hinse, 24 ans, de Montréal, a interrompu ses études universitaires en anthropologie pour vivre à plein son année olympique. Après avoir agi comme substitut en Chine en 2008, le voilà sur la grande scène. Hinse est classé au 307e rang mondial.

Andre Ho, 20 ans, de Richmond, en Colombie-Britannique, a obtenu son laissez-passer londonien en défaisant ce même Hinse en finale du tournoi de qualification tenu en avril dernier, aux États-Unis.

Eugene Wang, 26 ans, chez les hommes, et Mo Zhang, 23 ans, chez les dames, tous les deux d’Ottawa, seront les autres représentants canadiens en Grande-Bretagne. Wang, qui a été reçu citoyen canadien au début du mois de juin, est classé meilleur joueur en Amérique du Nord et 107e dans le monde. Il ne disputera toutefois que l’épreuve par équipe à Londres, n’ayant pas obtenu sa citoyenneté à temps pour disputer la qualification en simple.

Quant à elle, Zhang est la seule pongiste de l’équipe canadienne à avoir vécu l’expérience olympique. En effet, elle a participé aux Jeux de Pékin, s’inclinant au premier tour. Elle est actuellement classée 175e joueuse mondiale.

Le Canada n’a jamais remporté de médaille olympique en tennis de table.

À Londres, les pongistes s’affronteront en simple et en double. Les épreuves se disputeront selon le format de l’élimination directe. Les joueurs et les équipes seront sélectionnés par tirage au sort pour s’affronter jusqu’aux finales. Les matchs se joueront au meilleur de cinq manches, à l'exception des préliminaires en double, qui se feront au meilleur de trois manches seulement.

Historique

Les origines du tennis de table sont aussi mystérieuses que les divers noms sous lesquels ce sport a été connu : gossima, flim-flam, whif-whaf et, bien entendu, ping-pong.

On semble cependant s'entendre sur le fait que des officiers de l'armée britannique, postés en Inde et en Afrique du Sud dans les années 1880, auraient été les pionniers de cette discipline sportive.

Un bouchon de champagne taillé tenait lieu de balle, des livres empilés de démarcation du milieu de la table de jeu et des couvercles de boîtes de cigares comme raquettes... Tout ce qu’il faut pour meubler de longues soirées loin de la mère patrie! De retour à la maison, ces officiers auraient effectué des démonstrations dans des soirées mondaines, où on se serait vite passionné pour ce jeu de salon original.

En 1900, un Anglais nommé James Gibb ramène d'un voyage en Amérique des balles en celluloïd. En plus de révolutionner ce sport naissant, Gibb invente aussi l'expression ping-pong. « Ping » pour le choc sur la raquette, « pong » pour le choc sur la table.

Un compatriote plus futé, le fabricant d'articles de sport John Jacques, s'empresse de transformer cette onomatopée en marque déposée. En homme d'affaires avisé, il vend même les droits d'utilisation pour les États-Unis à une jeune entreprise, qui, depuis une vingtaine d'années, s'était taillé une place de choix dans le domaine des jeux de cartes et de société : la Parker Brothers.

En moins de 20 ans, le monopole exercé par la Parker Brothers et son associé britannique John Jacques conduit le ping-pong sur les listes américaine et britannique des espèces sportives en voie d'extinction. Tel un phénix, le sport renaît de ses cendres dans les années 20. Ses adeptes ont contourné la mainmise de Jacques et des Parker en adoptant un nouveau nom : tennis de table.

Une fédération internationale a vu le jour en 1926. Les Américains et les Hongrois ont dominé les premières compétitions internationales avant d'être renversés par un raz-de-marée asiatique à partir des années 50.

Les Jeux panaméricains, laboratoire d'essais du grand frère olympique, en ont fait un sport officiel à Caracas, au Venezuela, en 1983. Cinq ans plus tard, les premières médailles olympiques officielles sont attribuées aux Jeux de Séoul. Cinq des 12 médailles à l'enjeu sont remportées par des pongistes chinois, et 4 par des Coréens.

Depuis que le tennis de table s’est joint au programme olympique, la Chine a remporté 20 des 24 médailles d’or en jeu. Le seul médaillé d’or olympique européen a été jusqu’ici le légendaire joueur suédois Jan-Ove Waldner, surnommé « le Mozart du tennis de table ». Waldner a gagné l’épreuve masculine en simple à Barcelone en 1992. 

La Fédération internationale de tennis de table (ITTF) compte maintenant plus de 180 associations nationales affiliées, et plus de 30 millions de joueurs, sans compter les millions d'autres pour qui le ping-pong est encore et toujours un simple prolongement du « jeu de salon » du début du siècle.

L’ExCeL est le plus grand site de compétition des Jeux de Londres 2012. Il accueillera sept sports : la boxe, le judo, le tennis de table, la lutte, l’escrime, le taekwondo et l’haltérophilie.

Inauguré en l’an 2000, l’endroit a d’abord servi de centre de conférences et d’expositions international dans les Docklands de Londres. Il a été agrandi en 2010. Plusieurs évènements importants y ont été tenus pour tester l’état des lieux. Il est idéalement situé pour accueillir le plus grand rassemblement d’épreuves olympiques et paralympiques à l’extérieur du Parc olympique.

ExCel  ©AFP/LEON NEAL