Signe d’une belle représentativité, ce sport a vu défiler 29 pays sur les podiums olympiques depuis sa première présence en 2000. Le taekwondo demeure toutefois dominé par son pays fondateur, la Corée, avec un total de 12 médailles, dont 9 d’or. Le Canada vient au 13e rang avec le bronze de Dominique Bosshart en 2000 et l’argent de Karine Sergerie en 2008.
Fait inusité, les trois membres de la délégation canadienne à Londres sont membres du même club, celui de Sainte-Foy. Entraînée par le maître Alain Bernier, l’équipe est composée de Karine Sergerie, Sébastien Michaud et d’une recrue olympique, en fait presque.
François Coulombe-Fortier (27 ans, +80 kg) était aux Jeux de Pékin en tant que partenaire d’entraînement de Sébastien Michaud. Luttant alors dans la même catégorie, François a ajouté du muscle à sa charpente de 1,90 m (6 pi 3 po) pour combattre dans la catégorie supérieure. Détenteur de plusieurs médailles internationales, il est le champion canadien. Il a aussi gagné le bronze aux Jeux panaméricains en 2011.
Karine Sergerie (rouge)
©PC/Paul Chiasson
La championne du monde en 2007 Karine Sergerie (27 ans, -67 kg) a remporté l’argent olympique (ou perdue l’or) à Pékin, face à la Sud-Coréenne Hwang Kyung-sun dans une finale sans controverse de 2-1. Déçue de sa performance, Karine choisit alors d’adopter la ville de Québec et l’entraîneur Alain Bernier. Convaincue de ses choix, elle vient d’inscrire sur son avant-bras, en anglais, « Notre seule décision est de décider du temps qu’on nous alloue ». La phrase est suivie des anneaux olympiques et des dates de son combat de Pékin et de celui à venir à Londres.
Quelques blessures ont ralenti sa carrière, dont une opération à la hanche en 2009. Mais elle demeure l’une des favorites pour remporter une autre médaille olympique, forte d’une quatrième médaille (bronze) aux Championnats du monde en 2011.
Troisième des mondiaux de 2007 et de 2009, Sébastien Michaud (25 ans, -80 kg) est sans doute celui qui a eu le plus de difficulté à s’adapter aux nouveaux plastrons électroniques. Il a dû modifier son style plutôt défensif pour accumuler les points nécessaires à la victoire. Rien n’a été facile pour lui cette année, sa victoire aux Championnats canadiens lui a toutefois permis cette seconde chance olympique.
L’Associated Press prédit des médailles d’argent à Karine Sergerie et à François Coulombe-Fortier, mais ne soyez pas surpris si Michaud s’invite à la fête.
Une fête sans trouble-fête, s’il vous plaît.
Chez les hommes et les femmes, un combat se déroule en trois rounds de deux minutes, entrecoupés de pauses d'une minute. Les adversaires, chung (bleu) et hong (rouge), tentent de marquer des points avec des coups de pied ou de poing sur des zones bien définies de la tête et du corps. Après plusieurs controverses aux Jeux de Pékin, les équipements dotés de senseurs électroniques feront leur entrée à Londres.
Un concurrent peut inscrire une victoire par K.-O., par l'accumulation du plus grand nombre de points à l'issue du temps réglementaire, par forfait si son adversaire accumule quatre points de pénalité, ou par disqualification pure et simple.
Un combat peut également prendre fin s'il y a un écart de 7 points entre les deux athlètes, ce qui arrive plus souvent qu'on le pense. Même chose lorsqu'un des athlètes atteint 12 points. C'est dire qu'à 11-11, le prochain point détermine le gagnant.
Finalement, dans le cas d'une égalité au pointage final, il y a un round additionnel au cours duquel le premier point marqué donne la victoire. C'est ce qu'on appelle la mort subite, ou le point d'or.
Dans le cas où aucun des adversaires ne marque de point au cours de ces 2 minutes additionnelles, la victoire sera accordée au combattant ayant été le plus agressif ou ayant le plus souvent pris l'initiative dans ce round de prolongation, sans tenir compte des rounds précédents.
Un art martial vieux de 2000 ans, devenu une épreuve sportive aux Jeux de l'an 2000, peut-il devenir le « sport olympique du troisième millénaire »? Cette thèse des dirigeants de la Fédération mondiale de taekwondo (WTF) a fait partie de l'arsenal d'arguments percutants et efficaces qu'ils ont dû déployer pour convaincre les membres du Comité international olympique (CIO) de faire une place dans la programmation des Jeux à « la voie des mains et des pieds ».
Il faut convenir qu'en moins de 40 ans, cet art martial, originaire de Corée et autrefois appelé su-bak, a connu un essor fulgurant. Les premiers témoignages de la riche histoire de ce sport viennent de peintures murales qui ornent les tombes royales de la dynastie Koguryo, découvertes par des archéologues au milieu des années 30. La construction de ces tombes daterait d'un peu plus de 2000 ans.
Le su-bak aurait connu ses heures de gloire au 13e siècle. Il était alors pratiqué par de nombreux Coréens et les compétitions attiraient de grandes foules. Longtemps confinées au territoire coréen, les diverses variantes du su-bak ont presque disparu au cours de la première moitié du 20e siècle parce que les occupants japonais en avaient interdit la pratique, de peur qu'elle n'attise la volonté de résistance de la population.
La libération de la Corée au terme de la Deuxième Guerre mondiale a permis de faire revivre les arts martiaux. Leurs nombreuses variantes ont été regroupées sous une entité unique, la Fédération coréenne de taekwondo.
Au cours de la décennie suivante, des émigrants sud-coréens ont grandement contribué à la propagation universelle du taekwondo. Le premier Championnat du monde a attiré des concurrents de 19 pays à Séoul, en mai 1973. Un événement qui a aussi servi de scène à la création de la WTF.
Sept ans plus tard, le CIO en a reconnu le caractère international et a accepté que le taekwondo soit en démonstration aux Jeux de Séoul en 1988, puis à ceux de Barcelone en 1992. En moins de 40 ans, le taekwondo s'est implanté dans plus de 150 pays.
L’ExCeL est le plus grand site de compétition des Jeux de Londres 2012. Il accueillera sept sports : la boxe, le judo, le tennis de table, la lutte, l’escrime, le taekwondo et l’haltérophilie.
Inauguré en l’an 2000, l’endroit a d’abord servi de centre de conférences et d’expositions international dans les Docklands de Londres. Il a été agrandi en 2010. Plusieurs évènements importants y ont été tenus pour tester l’état des lieux. Il est idéalement situé pour accueillir le plus grand rassemblement d’épreuves olympiques et paralympiques à l’extérieur du Parc olympique.
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