Vivez Londres - Du 27 juillet au 12 août 2012

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Éric Lamaze Éric Lamaze   ©AP Photo/Francois Mori

Les Jeux olympiques ont rapporté six médailles en sports équestres au Canada, dont quatre en saut d’obstacles. Du lot, Éric Lamaze en a gagné deux, soit l’or en saut d’obstacles individuel et l’argent par équipe à Pékin.

Lamaze reprendra le collier à Londres, mais sans son partenaire olympique Hickstead, mort subitement en novembre dernier. En raison de la jeunesse de son cheval, cela prendrait un miracle pour qu’il défende son titre, croit-il.

Pour l’occasion, Lamaze sera accompagné de Ian Millar et de Jill Henselwood, également membre de l’équipe vice-championne olympique en Chine. Millar, qui montera Star Power à Londres, bat tous les records de longévité avec ses 10es Jeux de suite (de 1972 à 2012). Il a aussi participé aux Jeux alternatifs en 1980 après le boycottage des Jeux de Moscou. L’Ontarien de 65 ans a dû attendre à ses neuvièmes Jeux avant de monter enfin sur le podium.

Quand le Canada a enlevé l’argent au concours par équipe, le 18 août 2008, il mettait ainsi fin à une disette de 32 ans en sports équestres. Michel Vaillancourt avait décroché la dernière médaille, l’argent au concours individuel aux Jeux de Montréal.

À 49 ans, Henselwood en sera à ses deuxièmes Jeux. Elle aussi sera en selle sur un jeune hongre, George.

Les Ontariens Yann Candele (Carlotta Singular La Magnifica) et Tiffany Foster (Victor), qui vivront leur baptême olympique, compléteront l’équipe de saut d’obstacles. Né en Normandie, Candele, 41 ans, porte les couleurs de l’équipe canadienne depuis 2008. Aux Jeux équestres mondiaux de 2010, sa première compétition internationale pour le Canada, il a aidé son nouveau pays à finir 5e de l’épreuve par équipe pour ainsi décrocher une place pour les Jeux de Londres.

Foster, qui célébrera ses 28 ans avant la cérémonie d’ouverture, sera le bébé de l’équipe. Entraînée par Lamaze depuis 2006, l’Ontarienne a émergé sur la scène équestre en juillet 2011 avec une victoire dans un Grand Prix à Spruce Meadows. Cette victoire lui a ouvert la porte de l’équipe nationale. Deux mois plus tard, elle prenait part à sa première Coupe des nations, toujours à Spruce Meadows, aux côtés de Lamaze et de Millar. Elle avait contribué aux succès de l’équipe, soit une 2e position.

En concours complet, Peter Barry, Hawley Bennett-Awad, Rebecca Howard, Michele Mueller et Jessica Phoenix porteront les couleurs du Canada, qui n’a remporté qu’une médaille olympique dans cette discipline, le bronze en 1956.

Par contre, les Canadiens s’amènent à Londres forts d’une médaille d’argent historique aux Jeux équestres mondiaux de 2010. Bennett-Awad et Phoenix sont les seules rescapées de l’équipe vice-championne du monde. Par contre, seulement Bennett-Awad, 35 ans, a déjà vécu l’expérience olympique, à Athènes, en 2004. À Londres, elle sera en selle sur Gin & Juice.

Jessica Phoenix Jessica Phoenix   ©AFP/Hector Guerrero

Phoenix, elle, n’avait malheureusement pas pu recevoir sa médaille, puisqu’elle avait dû déclarer forfait avant la dernière portion, celle de saut d’obstacle. Sa monture Exponential, la même que pour les JO, souffrait d’une blessure à un genou.

Toutefois, Phoenix s’est distinguée aux Jeux panaméricains, en octobre dernier. Montant Don Good’s Pavarotti, l’Ontarienne de 28 ans a gagné l’or de l’épreuve individuelle et l’argent par équipe.

Howard (Riddle Master), 33 ans, a également participé aux Jeux équestres de 2010, sa première compétition internationale. Elle s’était classée 23e à l’épreuve individuelle.

Mueller (Amistad), 48 ans, a retenu l’attention en 2010 avec sa 10e place au concours Rolex du Kentucky, l’une des épreuves les plus prestigieuses de la planète. Quant à Barry (Kilrodan Abbott), 56 ans, il a terminé 11e de cette même épreuve en 2011. Il devient aussi le premier Québécois depuis Yves Landry en 2000 à représenter le Canada au concours complet.

En dressage, Ashley Holzer (Breaking Dawn), Jacqueline Brooks (D Niro) et David Marcus (Chrevi’s Capital) sont les heureux élus de l’équipe canadienne, dont la seule médaille remonte aux Jeux de 1988.

Ashley Holzer Ashley Holzer   ©Cealy Tetley

À 49 ans, Holzer sera le pilier de l’équipe. L’une des plus douées cavalières de dressage du pays, Holzer avait obtenu le meilleur résultat canadien aux Jeux olympiques de Pékin avec une 12e place. En 2010, elle avait pris le 8e rang aux Jeux équestres mondiaux. L’Ontarienne prendra part à ses troisièmes Jeux.

Ironiquement, Holzer a inspiré Brooks à poursuivre une carrière en dressage. En 1991, Brooks agissait comme palefrenière pour Holzer aux Jeux panaméricains. Après une première performance internationale remarquée aux Jeux panaméricains de 2003 (médaille d’argent par équipe), l’Ontarienne a représenté le Canada aux Jeux équestres mondiaux de 2006 et aux Jeux olympiques de Pékin. Elle a aidé le Canada à finir 8e par équipe en Chine.

Marcus, lui, vivra ses premiers Jeux à 31 ans. Citoyen canadien depuis la fin de 2011, le natif du Nebraska s’entraîne au Canada depuis 1996, mais il représentait les États-Unis jusqu’à l’an dernier.

Le dressage, le saut d'obstacles et le concours complet présentent un volet individuel et une compétition par équipe. Il est à noter que les hommes et les femmes s'inscrivent aux mêmes épreuves.

Le concours complet ouvre le bal, un honneur qui va de soi, puisqu'il représente la synthèse des sports équestres. Il y a le dressage pour commencer, suivi le lendemain d'un cross-country (épreuve de fond contre la montre sur un parcours truffé d'obstacles naturels en forêt), avant de finir par un concours de saut d'obstacles qui comprend 12 sauts.

Au cours de l'épreuve de saut d'obstacles, inspiré de la chasse au renard en Irlande, on pénalise en points et en secondes chaque faute commise par les cavaliers et leurs chevaux, sur un parcours parsemé d'obstacles de couleurs vives et amplement décorés.

Finalement, le dressage, issu de la tradition du manège militaire et du cirque, nécessite une parfaite complicité entre le cavalier et sa monture. Le cheval doit exécuter des figures et des mouvements précis tels que le piaffer, le passage, les pirouettes au galop et les changements de pied au temps.

Historique

L'arrivée des chevaux et de leurs cavaliers dans la famille olympique ne s'est pas déroulée avec la grâce qui caractérise les concours de dressage. En fait, les écueils ont été aussi nombreux que dans une chasse à courre.

Curieusement, le manque de bonne volonté n'était pas en cause. Le baron Pierre de Coubertin avait d'ailleurs inscrit les sports équestres dans le programme des premiers Jeux olympiques modernes à Athènes en 1896, mais des problèmes de logistique ont obligé le comité organisateur à les rayer de la liste.

Les premières épreuves équestres sont donc apparues aux Jeux de Paris en 1900. On y a organisé des sauts en hauteur, en longueur et d'obstacles. Les deux premiers types de sauts ont été abandonnés aux Jeux suivants. L'honneur d'accueillir les premières compétitions équestres olympiques selon la formule encore en vigueur aujourd'hui a donc échu à Stockholm, aux Jeux de 1912.

Étrangement, 44 ans plus tard, c'est aussi vers cette ville qu'ont dû se tourner les Australiens lorsqu'ils ont accueilli les Jeux pour une première fois. Les procédures très strictes de quarantaine animale en vigueur à l'époque, interdisant l'introduction d'animaux étrangers sur le sol australien, ont obligé les dirigeants du comité organisateur de Melbourne à déménager les compétitions équestres vers la capitale suédoise, à l'autre bout du monde.

Fait à souligner, le Comité international olympique s'est ainsi vu « contraint de violer sa propre charte en dissociant les sports équestres de l'ensemble des Jeux d'été », comme le souligne Robert Parienté dans sa Fabuleuse histoire des Jeux olympiques.

La Fédération équestre internationale (FEI), fondée en 1921, est établie à Lausanne depuis 1991. Elle compte près de 120 fédérations nationales associées.

Les épreuves d’équitation seront présentées à Greenwich Park. Le parc royal le plus ancien de Londres date de 1433. Il fait partie du site du patrimoine mondial de Greenwich et abrite la ligne du premier méridien.

D’une superficie de 74 hectares, il se trouve tout juste à 20 minutes du centre de Londres. Ce parc offre des vues incroyables sur la Tamise, de la cathédrale Saint Paul, et plus encore.

Un parcours temporaire a été conçu pour l’épreuve de cross du concours complet. De plus, une piste principale temporaire est également en cours de construction en face de la Queen's House, sur les terrains du National Maritime Museum.

Le parcours de cross de 5,7 km comptera 42 obstacles. Les cavaliers et leur monture franchiront des fossés d’eau, des buttes et des collines.

Greenwich Park  ©AFP/ROBERT GRAHN