Vivez Londres - Du 27 juillet au 12 août 2012

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Sport

La natation est parmi les sports les plus populaires aux Jeux d'été, mais aussi parmi les plus compétitifs.

Depuis l'arrivée de Pierre Lafontaine à la tête du programme canadien, en 2005, il s'acharne pour redonner aux nageurs unifoliés leurs lettres de noblesse. Ayant récolté une seule médaille lors des Jeux de Sydney en 2000 (Curtis Myden, bronze au 400 m) et après avoir été écarté du podium à Athènes en 2004, la pente n'allait pas être facile à remonter.

Les premiers signes d'un programme en meilleure santé sont apparus avec la médaille de bronze de Ryan Cochrane au 1500 m libre à Pékin. Depuis, les succès sont plus nombreux sur la scène internationale. Lafontaine a fixé un objectif de trois médailles à Londres. C’est un objectif ambitieux, mais tout de même réaliste.

Comme le dit si bien Pierre Lafontaine : « On frappe à la porte pour trois médailles, c'est certain. Est-ce qu'on va revenir avec trois médailles? Je n'ai pas de boule de cristal... »

Fait intéressant, les espoirs de podium sont répartis entre les vétérans et les recrues.

Brent Hayden Brent Hayden   ©PC/Graham Hughes

Comme en 2008, beaucoup de regards sont tournés vers Brent Hayden. Co-champion du monde de 2007 au 100 m libre (avec l'italien Filippo Magnini), il avait pourtant raté la finale un an plus tard à Pékin. Cette fois, il se dit mieux préparé à faire face à l'immense pression. Sans tenir pour acquise la médaille olympique, l’athlète de 28 ans avoue candidement qu'il s'attendait presque à ce que les choses tournent en sa faveur. Une erreur qu'il promet de ne pas répéter à Londres à sa troisième expérience olympique. Le Britanno-Colombien se frottera aux meilleurs de la planète au 100 m libre, sa spécialité, ainsi qu'au 50 m libre. Il sera aussi membre de deux relais

De son côté, Ryan Cochrane a sauvé l'honneur du Canada en natation en 2008. Lors de sa première expérience aux Grands Jeux, il a été le seul à monter sur le podium, au 1500 m libre. Même si cette médaille est un fait saillant important dans sa carrière, il admet avoir ressenti une certaine déception d'être si près du titre, sans pouvoir l'atteindre. C'est donc avec la soif de victoire qu'il nagera à Londres. Réservé mais déterminé, il exerce son rôle de vétéran au sein de l'équipe canadienne. À seulement 23 ans, il fait preuve d'une grande maturité. Ryan Cochrane a montré, au cours des quatre dernières années, qu'il serait une menace à Londres. Si personne ne l'attendait à Pékin, ses rivaux le craignent maintenant. Le Britanno-Colombien nagera le 1500 m libre et le 400 m libre, deux épreuves dans lesquelles il pourrait faire des vagues.

De nouveaux visages

C'est à la brasse que les femmes ont les meilleures chances de s'illustrer à Londres. Tera Van Beilen, 19 ans, et Martha McCabe, qui célébrera ses 23 ans pendant les Jeux, n'ont pas l'intention de prendre à la légère leur première expérience olympique. Leur plan est déjà bien établi : prendre une course à la fois pour franchir chaque étape avec succès jusqu'à la finale. Une fois la finale atteinte, tout devient possible. McCabe l'a prouvé aux mondiaux de Shanghai en s'emparant de la médaille de bronze au 200 m brasse. Les deux jeunes femmes s'entraînent au même club, en Colombie-Britannique, sous la gouverne de Jozef Nagy, un entraîneur reconnu pour sa grande exigence envers ses athlètes. Elles sont convaincues d'avoir eu une préparation à la hauteur de leurs attentes. Pendant la saison 2012, les chronos réalisés par ces deux brasseuses les ont couramment placées dans le top 10 mondial.

Plus expérimentée, puisqu'elle était à Pékin en 2008, Jillian Tyler (23 ans) de Calgary peut, elle aussi, rêver d'un podium. Elle a terminé 7e au 100 m brasse aux derniers mondiaux à Shanghai.

Négligée et heureuse de l'être

Anamay Pierse n'est sans doute pas la nageuse qui fait le plus peur à ses adversaires, mais c'est parfait pour elle! À 28 ans, l’athlète de Vancouver croit en ses chances de surprendre à Londres. Ayant participé à 11 courses il y a 4 ans, elle a réalisé qu'elle devait concentrer ses efforts sur ses forces pour améliorer ses chances de réussite. C'est donc au 100 m dos, au 200 m QNI et au relais 4 x 100 QN que nous la verrons s'illustrer à Londres. Attention, derrière son immense sourire et sa bonne humeur se cache une compétitrice redoutable!

Les relais canadiens, surtout chez les femmes, ont aussi de bonnes chances de médailles. Dans bien des cas toutefois, les participants aux relais ne sont pas encore déterminés.

Audrey Lacroix Audrey Lacroix   ©PC/Graham Hughes

Quant à Audrey Lacroix, elle sera sa propre ennemie. La nageuse de papillon de 28 ans de Pont-Rouge a touché le fond avant de refaire surface. Atteinte de graves problèmes d'anxiété, elle a failli tout abandonner. Grâce à l'aide de son entraîneur Benoît Lebrun et des spécialistes de l'Institut national du sport du Québec, elle est parvenue à surmonter ce trouble pour obtenir son billet pour Londres. Le plus important pour elle serait de nager à la hauteur de ses capacités, tout en profitant du moment. Chose qu'elle n'a pu faire depuis longtemps. Selon elle, la démarche réalisée ces dernières années lui permettra des jours meilleurs pendant et après sa carrière sportive.

Pour Katerine Savard, 19 ans, les Jeux de Londres seront une occasion parfaite pour prendre de l'expérience. Son objectif à court terme est d'atteindre les finales au 100 m brasse... Mais pour 2016, c'est le podium qu'elle a dans sa ligne de mire.

Charles Francis avait raté de peu les sélections olympiques de 2008, mais il avait pris la chose avec philosophie. Après quatre ans d'efforts supplémentaires à l'entraînement, le nageur de 23 ans vivra son baptême à Londres. Il serait satisfait s'il atteignait les finales.

Formation masculine

  • Joe Bartoch, London (Ontario), 100 m papillon, 4 x 100 m QN
  • Ryan Cochrane, Victoria (Colombie-Britannique), 400 m libre, 1500 m libre
  • Scott Dickens, Burlington (Ontario), 100 m brasse, 4 x 100 m QN, 200 m brasse
  • Andrew Ford, Guelph (Ontario), 200 m QNI
  • Charles Francis, Cowansville (Québec), 100 m dos, 4 x 100 m QN
  • Thomas Gossland, Vancouver (Colombie-Britannique), 4 x 100 m libre
  • Brent Hayden, Vancouver (Colombie-Britannique), 100 m libre, 50 m libre, 4 x 100 m libre, 4 x 100 m QN
  • Richard Hortness, Medicine Hat (Alberta), 4 x 100 m libre
  • Tobias Oriwol, Toronto (Ontario), 200 m dos
  • Alec Page , Victoria (Colombie-Britannique), 400 m QNI
  • Colin Russell, Burlington (Ontario), 4 x 100 m libre
  • David Sharpe, Halifax, 200 m papillon
  • Blake Worsley, Victoria (Colombie-Britannique), 200 m libre

Formation féminine

  • Hilary Caldwell, Surrey (Colombie-Britannique), 200 m dos
  • Samantha Cheverton, Pointe-Claire (Québec), 200 m libre, 4 x 200 m libre
  • Stéphanie Horner, Beaconsfield (Québec), 400 m QNI
  • Barbara Jardin, Montréal (Québec), 200 m libre, 4 x 200 m libre
  • Savannah King, Vancouver (Colombie-Britannique), 400 m libre, 800 m libre
  • Alexa Komarnycky, Etobicoke (Ontario), 800 m libre
  • Audrey Lacroix, Pont-Rouge (Québec), 200 m papillon
  • Brittany MacLean, Etobicoke (Ontario), 400 m libre, 4 x 200 m libre
  • Heather MacLean, Etobicoke (Ontario), 4 x 100 m libre
  • Martha McCabe, Toronto (Ontario), 200 m brasse
  • Erica Morningstar, Calgary (Alberta), 200 m QNI
  • Victoria Poon, Montréal (Québec), 4 x 100 m libre, 50 m libres
  • Amanda Reason, Windsor (Ontario), 4 x 200 m libre
  • Sinead Russell, Burlington (Ontario), 100 dos
  • Katerine Savard, Québec (Québec), 100 m papillon, 4 x 100 m QN
  • Jillian Tyler, Calgary (Alberta), 100 m brasse, 4 x 100 m QN
  • Tera Van Beilen, Oakville (Ontario), 100 m brasse
  • Julia Wilkinson, Stratford (Ontario), 100 m dos, 4 x 100 m QN, 200 m QNI

En eaux libres, Richard Weinberger, de Victoria, et Zsofia Balazs, de Toronto, représenteront le Canada à Londres.

Dans l’histoire des Jeux olympiques, les athlètes canadiens ont remporté un total de 40 médailles (7 d’or, 13 d’argent et 20 de bronze).

Avec la diversification des styles et leur ajout successif au programme olympique (libre en 1896, dos en 1900, brasse en 1908, papillon en 1956), 34 médailles d’or seront remises aux Jeux de Londres.

Les Jeux de Pékin (2008) ont accueilli une nouvelle épreuve : le 10 km en eau libre, autant chez les hommes que chez les femmes.

Le reste des médailles seront gagnées à la piscine. Les programmes masculin et féminin — les nageuses ont été admises aux Jeux dès 1912 — comprennent un nombre égal d'épreuves (16). La distance maximale de l'épreuve en style libre constitue la seule différence : 800 m pour les femmes, et 1500 m pour les hommes. Treize des 16 épreuves de chaque programme sont individuelles, les 3 autres sont des relais.

Il convient de souligner que la règle du départ unique depuis les Jeux de Sydney a fait augmenter la pression sur les concurrents. Un faux départ se traduira par une disqualification automatique.

Historique

Ce n'est pas d'hier que l’eau des rivières, des lacs et des mers sert d'élément de détente, car le corps humain y acquiert une légèreté toute relaxante. Mais la nature compétitive de l'homme refaisant toujours surface, le seul plaisir de se mouvoir dans l'eau n'a pas suffi.

Très tôt, les premières courses ont été organisées. C'est au Japon, il y a un peu plus de 2000 ans, que la natation a commencé sa métamorphose en sport organisé.

Les historiens désignent l'an 36 avant Jésus-Christ comme étant le moment où se serait déroulée la première de toutes les courses. Les Japonais sont demeurés fidèles à la natation et lui ont reconnu de telles valeurs qu'ils en ont fait un cours obligatoire dans leurs écoles dès le début du 17e siècle.

En Europe, la natation gagnait aussi de plus en plus d'adeptes. Au milieu du 19e siècle, de nombreuses compétitions se déroulaient en Angleterre, mais les styles connus (une brasse très calme et la nage du « petit chien ») n'étaient pas très efficaces.

Il a fallu l'intervention de Flying Gull et de Tobacco, deux Amérindiens invités à Londres par la Société de natation, pour donner du mordant à ce sport. Des témoins de ces séances d'exhibition ont comparé leurs bras à des « ailes de moulin à vent battant l'eau ». Et on a rapidement rangé ces démonstrations dans le grand placard des curiosités.

Cependant, vers la fin du siècle, les « curiosités » ont été dépoussiérées et recyclées pour devenir le crawl, qui demeurera longtemps la pierre d'assise de la natation de compétition.

Étrangement, les premiers Jeux olympiques de l'ère moderne n'ont pas attiré beaucoup de concurrents. Seulement trois nageurs ont sauté à partir d'une barque dans l'eau froide de la Méditerranée, au large du Pirée, pour tenter de franchir en style libre les 1200 mètres de la seule et unique épreuve au programme. Le gagnant, un Hongrois de 19 ans nommé Alfred Hajos, n'a pas dominé grâce à sa supériorité technique. « Le désir de survivre a obnubilé mes pensées », aurait-il déclaré.

La natation a fourni sa large part de héros parce que le nombre d'épreuves est élevé et que ce sport universel a été défini comme la porte d'entrée garantissant le principe d'accès aux athlètes de tous les pays. Il sport ne possède pas de limite d'inscriptions prédéfinie aux Jeux olympiques.

Les annales de la natation olympique sont donc extraordinairement bien remplies, comme en témoignent les cinq médailles d'or de Johnny « Tarzan » Weismuller, gagnées aux Jeux de Paris (1924) et d'Amsterdam (1928). Notons pour la petite histoire que Weismuller a été le premier être humain à nager les 100 m en moins d'une minute.

Les sept médailles d'or de Mark Spitz aux Jeux de Munich en 1972 ont été pendant longtemps la référence du monde de la natation. Mais le roi incontesté de la discipline est désormais Michael Phelps. L’Américain s’est couvert d’or huit fois en huit épreuves aux Jeux de Pékin en 2008.

Bonne nouvelle, Phelps nagera aussi dans le bassin londonien.

Les compétitions de natation, de nage synchronisée et de plongeon seront présentées dans un centre aquatique construit expressément pour les Jeux. Il pourra asseoir 17 500 spectateurs.

L’ensemble architectural impressionnant intègre un bassin de compétition de 50 m, un bassin de plongeon de 25 m, un bassin d'échauffement de 50 m et une aire d'échauffement sèche pour les plongeurs.

En raison de sa complexité, le toit du site a été l'un des plus grands défis d'ingénierie des travaux du Parc olympique. Sa structure squelettique repose sur seulement deux appuis en béton situés à l'extrémité nord du bâtiment et sur un mur porteur à l'extrémité sud. La charpente métallique de 3000 tonnes a d'abord été élevée sur des appuis temporaires avant d'être soulevée de 1,30 m d'un seul mouvement pour être placée sur ses appuis en béton définitifs.

Centre aquatique  ©AFP/ANTHONY CHARLTON