Vivez Londres - Du 27 juillet au 12 août 2012

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Martine Dugrenier Martine Dugrenier   ©AFP/CLAUS FISKER

En lutte, tous les yeux seront évidemment tournés vers Martine Dugrenier, triple championne du monde (2008, 2009 et 2010). Grand espoir de médaille chez les 63 kg à Pékin, elle avait finalement terminé 5e.

La Montréalaise de 33 ans sera, encore cette fois, l’une des favorites pour une médaille.

Il faudra aussi surveiller Carol Huynh et Tonya Verbeek. On se souvient de l’athlète de Hazelton, en Colombie-Britannique, et de celle de Grimsby, en Ontario, pour leurs victoires espacées de quelques minutes à peine il y a quatre ans à Pékin. Huynh avait alors remporté l’or et Verbeek, le bronze, après avoir gagné l’argent à Athènes en 2004. La première concourra chez les 48 kg et la seconde, chez les 55 kg.

Leah Callahan, 25 ans, de Calgary, en sera à ses premiers Jeux olympiques. Celle qui s’entraîne quotidiennement en compagnie de la championne olympique en titre, Huynh, fera partie de la catégorie des 72 kg.

Khetag Pliev (bleu) Khetag Pliev (bleu)   ©PC/Bernardo De Niz

Chez les hommes, l’histoire de Khetag Pliev, 27 ans, de Toronto, est pour le moins inspirante. Né en Ossétie, une région de la Russie, l’athlète était sans abri et passait ses nuits sur un banc de parc de la Ville-Reine il y a à peine quatre ans. Pourtant, il s’apprête maintenant à participer, à Londres, à ses premiers Jeux olympiques dans la catégorie des 96 kg. Il a mis la main sur la médaille de bronze aux Jeux panaméricains l’automne dernier au Mexique.

David Tremblay, 24 ans, de Montréal, a décroché son billet pour Londres en remportant le tournoi de qualification olympique chez les 55 kg en mars dernier. Cet étudiant de l’Université Concordia en sera à sa première expérience olympique, tout comme Arjan Bhullar, 26 ans, de Richmond, en Colombie-Britannique. Ce dernier a gagné l’or aux Jeux du Commonwealth en 2010. Il concourra chez les 120 kg.

De son côté, Haislan Garcia, 29 ans, un Cubain d’origine qui habite maintenant New Westminster en Colombie-Britannique, en sera à ses deuxièmes Jeux. Il s’était classé 16e à Pékin. Il en va de même pour Matt Gentry de North Vancouver, qui aura 30 ans le 30 juillet. Il avait pris le 18e rang à Pékin. Garcia luttera chez les 66 kg et Gentry, chez les 74 kg.

Le Canada a remporté un total de 14 médailles olympiques en lutte : 2 d’or, 6 d’argent et 6 de bronze.

À la base, les deux versions de lutte olympique se ressemblent. Une fois le combat engagé, les lutteurs tentent de clouer les épaules de l'adversaire au tapis et de les y maintenir assez longtemps pour que le contrôle soit évident.

La différence entre les styles gréco-romain et libre se situe presque entièrement au niveau des jambes. Dans le premier cas, les prises sont limitées de la tête à la ceinture, et l'utilisation des jambes est interdite. En lutte libre, les prises de jambes sont autorisées, mais pas les torsions, ni les étranglements ni les coups frappés.

Autres règles : les ongles doivent être courts, les barbes vieilles de quelques mois ou fraîchement rasées, la sueur doit être essuyée et chaque lutteur doit avoir un mouchoir, habituellement rangé dans la coquille athlétique. Ce dernier point est resté inchangé depuis l'époque où les mouchoirs étaient nécessaires pour essuyer le sang, la salive ou les humeurs visqueuses... s'écoulant du nez. La tradition, c'est la tradition!

Le temps réglementaire d'un combat est de six minutes. Il se déroule en deux rounds entrecoupés d'une pause de 30 secondes. En cas de match nul, un round supplémentaire de trois minutes est ajouté. Si l'impasse persiste, l'arbitre, le juge et l'officiel responsable du tapis passent au vote. Le lutteur avec le plus grand nombre de points techniques est habituellement déclaré vainqueur.

En lutte libre, la troisième manche peut durer plus de deux minutes pour déterminer le vainqueur. Dans le cas d’un match nul à l’issue des deux minutes réglementaires dans la troisième manche, le combat entre dans une phase de « point en or », au cours de laquelle le premier athlète qui marque un point est déclaré vainqueur.

Historique

La Grèce est autant associée à la lutte qu'à l'olympisme. Il n'aurait jamais pu être question de ressusciter les Jeux olympiques en 1896 sans y inclure des épreuves de lutte gréco-romaine.

Homère lui-même, grand poète, auteur de L'Iliade et de L'Odyssée, décrit dans son oeuvre un combat entre Ulysse et Ajax, et qui fut arbitré par nul autre qu'Achille. Un duel « homérique », comme ont dû l'être ces combats égyptiens peints en détail sur des fresques de la tombe de Baqet, la plus vieille et la plus intéressante des 39 tombes découvertes dans le petit village de Beni-Hassan.

Ces fresques, exécutées à l'époque de l'Empire du Milieu (environ 2000 ans av. J.-C.), décrivent la plupart des prises utilisées dans le style libre, qui a fait son apparition officielle au programme des Jeux olympiques d'Anvers en 1920.

Cette reconnaissance a mené à la création, un an plus tard, de la Fédération internationale des luttes associées (FILA), styles libre et gréco-romain.

Au cours des années qui ont suivi, les coups et les torsions ont été interdits par une codification de la lutte pour la réglementer et la distinguer des combats spectaculaires de la lutte professionnelle ou du catch américain.

Pour la première fois de l'histoire olympique, le tournoi de lutte a fait place aux femmes en 2004 à Athènes.

Si on fait exception de l'Amérique centrale et de l'Amérique du Sud, la lutte olympique se pratique dans ses deux versions à l'échelle mondiale.

Pour la petite histoire, mentionnons qu'il semble ne pas y avoir eu de limite de temps clairement établie pour les combats des premiers Jeux olympiques. On rapporte qu'un combat entre le Russe Martin Klein et le Finlandais Alpo Asikainen, aux Jeux de Stockholm en 1912, a duré 11 heures et 40 minutes. Le Russe a finalement gagné. Mais trop épuisé, il n'a pu combattre au tour suivant.

Beaucoup plus récemment, la lutte gréco-romaine a été marquée par un autre Russe, le formidable Aleksandr Karelin, septuple champion du monde et premier lutteur de l'histoire à décrocher trois médailles d'or olympiques consécutives. La marque de commerce de ce poids lourd de 130 kg (285 lb), surnommé le gorille : le « Karelin lift ». Il soulève son adversaire du sol et le lance plus loin à bout de bras!

L’ExCeL est le plus grand site de compétition des Jeux de Londres 2012. Il accueillera sept sports : la boxe, le judo, le tennis de table, la lutte, l’escrime, le taekwondo et l’haltérophilie.

Inauguré en l’an 2000, l’endroit a d’abord servi de centre de conférences et d’expositions international dans les Docklands de Londres. Il a été agrandi en 2010. Plusieurs évènements importants y ont été tenus pour tester l’état des lieux. Il est idéalement situé pour accueillir le plus grand rassemblement d’épreuves olympiques et paralympiques à l’extérieur du Parc olympique.

ExCel  ©AFP/LEON NEAL