Le Canada enverra à Londres sa plus importante délégation de judokas à des Jeux olympiques depuis ceux d’Atlanta en 1996.
Sergio Pessoa (bleu)
Les yeux des amateurs seront surtout rivés sur l’un de ces athlètes : Sergio Pessoa. Un incontournable, un talent brut. L’athlète de 24 ans originaire du Brésil, qui a immigré au Canada à l’âge de 15 ans, a tous les atouts nécessaires pour aspirer à une médaille chez les moins de 60 kg. Il a enfin atteint son rêve olympique, lui dont le père a représenté le Brésil aux Jeux de Séoul en 1988.
Alexandre Émond pourrait bien, de son côté, causer une surprise après avoir raté de justesse sa qualification pour les Jeux de Pékin en 2008. Le judoka de 27 ans, originaire de Varennes, se battra chez les moins de 90 kg. Surnommé la pieuvre, Émond a une prise peu orthodoxe qui pourrait en déséquilibrer plus d’un.
Antoine Valois-Fortier, 22 ans, est originaire de Vanier. Maintenant résident de Montréal, il en sera aussi à ses premiers Jeux.
Nicholas Tritton, qui aura 28 ans le 21 juillet, et Sasha Mehmedovic, 27 ans, en seront, eux, à leurs deuxièmes JO. Le premier, originaire de Perth, en Ontario, se battra chez les moins de 73 kg. Le second est né en Serbie et a immigré au Canada à l’âge de 8 ans, concourra chez les moins de 66 kilos.
Amy Cotton
Du côté féminin, Amy Cotton, 32 ans, d’Antigonish, en Nouvelle-Écosse, fera un retour aux Jeux olympiques après s’être classée 9e à Athènes en 2004. À Londres, elle fera partie de la catégorie des moins de 78 kg.
Quant à elles, Kelita Zupancic, 22 ans, de Whitby, en Ontario, chez les moins de 70 kg, et Joliane Melançon, 26 ans, de Blainville, chez les moins de 57 kg, en seront à leur première expérience olympique.
Le Canada montre une récolte de quatre médailles olympiques en judo. La plus récente est celle de Nicolas Gill, aujourd’hui entraîneur de l’équipe canadienne, en 2000 à Sydney (argent).
Au départ, il n'y avait pas de catégories de poids en judo. En théorie, la taille d'un judoka n'avait aucune importance, puisque la clé du succès se trouvait dans la qualité de la prise et le rythme du mouvement. La puissance d'un judoka est d'ailleurs souvent utilisée par son adversaire pour le vaincre.
L'arrivée du Néerlandais Anton Geesink a changé ces données, pourtant tenues pour acquises. En 1961, ce géant de 1,98 m (6 pi 6 po) et de 115 kg (252 lb) a décroché le titre de champion du monde en battant successivement trois concurrents japonais.
La croyance selon laquelle un judoka agile et talentueux pouvait toujours battre un concurrent plus grand et plus lourd que lui a été mise au rancart pour de bon.
Les trois catégories de poids initiales des Jeux de Tokyo (1964) sont passées à cinq aux Jeux de Munich (1972), puis à sept à Moscou (1980). C'est le nombre qu'on retrouve de nos jours, tant chez les hommes (de 60 kg et moins à plus de 100 kg) que chez les femmes (de 48 kg et moins à plus de 78 kg).
En judo, le but ultime consiste à marquer un ippon, l'équivalent d'un K.-O. à la boxe, pour remporter le combat de façon expéditive. Quatre situations différentes permettent à un judoka d'enregistrer un ippon : renverser un adversaire sur le dos à l'aide d'un mouvement rapide et puissant techniquement contrôlé, l'immobiliser au sol à l'aide d'une prise pendant 25 secondes consécutives, le forcer à abandonner en appliquant une prise d'étranglement ou une clé de bras. Dans ces deux derniers cas, le judoka adverse signifie son abandon en criant « maitta! » ou en frappant de la main ou du pied deux coups rapides sur le tapis ou sur le partenaire.
D'autres prises et mouvements, le waza-ari et le yuko, permettent aux judokas d'enregistrer des points qui mèneront à la victoire. Diverses pénalités peuvent être appliquées pour des fautes allant du manque de combativité jusqu'à la disqualification (hansoku make), comme dans le cas de mouvements considérés comme dangereux pour les régions de la colonne vertébrale ou du cou.
Pour bien différencier les concurrents, un des judokas revêt un judogi blanc, et son adversaire, un judogi bleu.
Au cours de ses recherches, le professeur Jigoro Kano a trouvé les éléments qui lui ont permis de développer une méthode d'éducation à la fois intellectuelle, physique et morale. Cela a mené à la création du judo en 1882. Le principe directeur devait être « la meilleure utilisation de l'énergie physique et mentale ».
Ce principe de portée générale englobe, en fait, toutes les activités humaines. Le « judo », dans le sens le plus large du terme, est une étude, un procédé d'entraînement applicable à l'esprit et au corps aussi bien en ce qui a trait à la direction de la vie qu'à celle des affaires.
La force physique, mentale, spirituelle, « l'énergie » ne s'éveillent que par l'effort. Il faut transpirer d'abord sur le tapis et ensuite, par un travail incessant, il faut développer la compréhension, l'intelligence, la vie intérieure faisant de nous des êtres sociaux et humanistes.
Inspiré des formes traditionnelles de combat comme le jiu-jitsu des samouraïs japonais, le judo — qui se traduit littéralement par « voie de la souplesse » — comprend diverses techniques pour projeter, maintenir au sol ou forcer l'adversaire à abandonner. Voilà pour la description de base.
Du côté de son histoire, il convient de souligner que les visées du professeur Kano ne se limitaient pas au Japon. Dès 1889, à l'âge de 29 ans, il effectue un premier voyage en Europe pour répandre ses théories. Vingt ans plus tard, il devient le premier représentant du Japon au Comité international olympique.
Le judo s'installe lentement mais sûrement dans un nombre croissant de pays. Une fédération internationale est créée en 1951. Cinq ans plus tard, les premiers Championnats du monde (masculins, cela va sans dire) ont lieu à Tokyo. La capitale japonaise ouvre aussi la porte des Jeux olympiques au judo, qui y fait son entrée en 1964.
Les premiers championnats du monde féminins ont lieu à New York en 1980. En démonstration aux Jeux olympiques de Séoul en 1988, le judo féminin fait son entrée officielle à Barcelone quatre ans plus tard.
L’ExCeL est le plus grand site de compétition des Jeux de Londres 2012. Il accueillera sept sports : la boxe, le judo, le tennis de table, la lutte, l’escrime, le taekwondo et l’haltérophilie.
Inauguré en l’an 2000, l’endroit a d’abord servi de centre de conférences et d’expositions international dans les Docklands de Londres. Il a été agrandi en 2010. Plusieurs évènements importants y ont été tenus pour tester l’état des lieux. Il est idéalement situé pour accueillir le plus grand rassemblement d’épreuves olympiques et paralympiques à l’extérieur du Parc olympique.
©AFP/LEON NEAL