Fort de 11 médailles aux Jeux olympiques, le Canada comptera sur un contingent de 15 athlètes pour ajouter à la récolte.
Clara Hughes ©AP Photo/Peter
Dejong
Sur route, le Canada s’est distingué à trois reprises grâce à Steve Bauer, l’argent à la course en ligne en 1984, et à Clara Hughes, médaillée de bronze du contre-la-montre et de la course en ligne à Atlanta en 1996.
Seize ans plus tard, Hughes revient à la charge avec le but bien avoué de devenir l’athlète olympique la plus décorée de l’histoire du pays. Également présente à Sydney, la Manitobaine de 39 ans a pris une pause de 12 ans des Jeux d’été afin de retourner à ses premières amours, le patinage de vitesse sur longue piste, sport dans lequel elle a ajouté quatre médailles olympiques (1 d’or, 1 d’argent et 2 de bronze).
Avec six médailles olympiques, Hughes se trouve sur un pied d’égalité avec sa coéquipière de longue piste Cindy Klassen. Seulement quatre athlètes dans le monde ont remporté des médailles aux Jeux d’été et d’hiver.
La sélection féminine sur route est complétée par Joëlle Numainville et Denise Ramsden, qui en seront à une première expérience à des JO.
À l’instar de Hughes, Ramsden, 21 ans, prendra part au contre-la-montre et à la course en ligne. La coureuse des Territoires du Nord-Ouest, qui a fait ses débuts professionnels l’an dernier, s’est classée 7e du contre-la-montre des Jeux panaméricains de 2011.
Numainville, elle, s’en tiendra à la course en ligne. La Québécoise de 24 ans a obtenu son premier podium international au début avril avec une 3e place au Tour des Flandres, l’une des manches de la Coupe du monde féminine.
Ryder Hesjedal ©AFP/Luk
Benies
Quant à Ryder Hesjedal, il sera le seul représentant masculin à la course sur route. Gagnant du dernier Tour d’Italie, le Britanno-Colombien de 31 ans disputera donc le contre-la-montre et la course sur route. À Pékin, il avait conclu l’épreuve chronométrée au 12e rang. En 2004, il avait aussi représenté le pays aux JO, mais en vélo de montagne. En route vers une médaille, Hesjedal avait fendu un pneu sur une roche. Cela avait mis fin à ses Jeux.
Sur la piste, les Canadiens ont rapporté six médailles. La dernière, la seule d’or, a été l’affaire de Lori-Ann Muenzer en 2004 dans l’épreuve de vitesse. Curt Harnett demeure toutefois le cycliste le plus décoré avec trois médailles, une d’argent en 1984 (contre-la-montre) et deux de bronze en 1992 et 1996 (épreuve de vitesse).
À Londres, le plus bel espoir de médaille repose sur Tara Whitten qui participera à l’omnium et à la poursuite par équipe. L’Albertaine de 32 ans a remporté le titre mondial à l’omnium en 2010 et en 2011. À la poursuite, Whitten sera accompagnée par les Britanno-Colombiennes Jasmin Glaesser et Gillian Carleton, qui vivront leurs premiers Jeux.
Le trio n’a pas tardé à attirer l’attention. À sa première compétition l’an dernier, il a pris le 2e rang de la Coupe du monde de Londres, l’épreuve test des JO, abaissant du coup le record canadien deux fois plutôt qu’une. Puis, aux mondiaux de 2012, il a ajouté le bronze.
Membre de l’équipe nationale depuis un an seulement, Glaesser, 20 ans, a aussi remporté l’argent à la course aux points aux mondiaux. Malheureusement, l’épreuve ne figure plus au programme des Jeux.
Carleton, 22 ans, a fait la transition de la route à la piste l’an dernier.
L’Albertaine Monique Sullivan, elle, prendra part au keirin et à l’épreuve de vitesse individuelle. Médaillée d’or aux Championnats panaméricains dans les deux disciplines, elle en sera aussi à ses premiers Jeux.
Zach Bell ©AFP/Mark
Gunter
Chez les hommes, Zach Bell pourrait également monter sur le podium. Spécialiste de l’omnium, le cycliste du Yukon a mis la main sur la médaille d’argent aux mondiaux de 2009 et de 2012. Aux Jeux de Pékin, Bell avait terminé 7e de la course aux points et 12e du Madison.
Pour son baptême olympique, l’Ontarien Joseph Veloce participera au keirin.
En vélo de montagne, Catharine Pendrel tentera d’ajouter aux succès canadiens chez les femmes, soit les médailles d’argent d’Alison Sydor (1996) et de Marie-Hélène Prémont (2004). Ce sont les deux seuls du Canada en cross-country.
Championne du monde en titre et gagnante de la Coupe du monde en 2010, la Néo-Brunswickoise de 31 ans (4e) avait échoué au pied du podium à ses premiers Jeux à Pékin.
Emily Batty fera ses débuts olympiques à Londres. L’an dernier, l’Ontarienne de 24 ans a conclu au 8e rang du classement général à sa première saison au circuit senior de la Coupe du monde. Cette année, elle a amorcé la saison avec une 2e position en Afrique du Sud, le premier podium de sa carrière en Coupe du monde.
Geoff Kabush ©PC/Jacques
Boissinot
Geoff Kabush et Max Plaxton ont obtenu les deux places disponibles du côté masculin. Kabush, un vétéran de 35 ans, a pris le 9e rang aux Jeux de Sydney et le 20e à ceux de Pékin. Champion canadien en titre et vice-champion des derniers Jeux panaméricains, Plaxton participera à ses premiers Jeux.
Puis, en BMX, nouvelle discipline depuis les Jeux de Pékin, le Canada ne comptera qu’un représentant : Tory Nyhaug. Neuvième aux Championnats du monde, le Britanno-Colombien de 20 ans a raté l’édition 2012, en mai, en raison d’une rupture de la rate lors d’un entraînement.
Le cyclisme olympique se divise en quatre disciplines depuis l'ajout du BMX (hommes et femmes) au programme olympique des Jeux de Pékin. La dernière modification datait des Jeux d'Atlanta en 1996, où le vélo de montagne avait acquis le statut de sport officiel.
Aux Jeux de Sydney (2000), on a ajouté des épreuves spectaculaires sur piste : le sprint olympique, le keirin, le madison et le 500 m pour les hommes, ainsi que le contre-la-montre pour les femmes.
En tenant compte de toutes les épreuves, la piste couronnera 10 champions, contre 4 pour la route, 2 pour la montagne et 2 pour le BMX.
La course sur route donne lieu à un départ de masse, où les équipes nationales sont placées en fonction de leur classement mondial à la fin de l'année précédant la présentation des Jeux. Les médailles sont remises à des individus, même si les stratégies d'équipe marquent nettement le déroulement de cette longue épreuve.
Par opposition, l'autre épreuve sur route, le contre-la-montre, fait uniquement appel à l'effort individuel. En effet, les concurrents partent à intervalles réguliers et doivent franchir la distance aussi rapidement que possible, sans l'aide de coéquipiers. Le meilleur temps désigne le vainqueur.
Le cross-country demeure la seule épreuve au programme du vélo de montagne. Après un départ de masse, là aussi, les concurrents s'affrontent sur un parcours accidenté, où leur force et leur vitesse de réaction devant les obstacles sont déterminantes. Contrairement aux compétitions sur route et sur piste, aucune assistance technique n'est permise. Une trousse de réparation fait donc partie de l'équipement de base.
L'histoire du vélo ne date pas d'hier. Il y eut d'abord le célérifère, que le comte de Sivrac dévoila à Paris en 1791, après avoir eu un éclair de génie en observant un jouet d'enfant : un cheval de bois sur roues.
Les racines latines de cette appellation initiale, « celer » pour rapide, et « ferre » pour porter, ont laissé leur place à « veloce » (vitesse) et « pedes » (pieds) quand l'ingénieur badois Drais de Sauerbronn a ajouté un gouvernail pour faire pivoter la roue avant en 1818.
Les développements majeurs du vélocipède, comme l'ajout de pédales et d'un mécanisme à chaîne pour assurer une traction arrière, sont revendiqués par différentes personnes dans le monde au 19e siècle.
Le vélo en tant que moyen de transport se répand à la vitesse de l'éclair, et un nouveau sport naît. On croit que la première compétition officielle sur route s'est déroulée à Paris en 1868.
Avant la fin du siècle, des compétitions font leur apparition dans des parcs en Angleterre, mais il a fallu attendre le 20e siècle pour voir les premières pistes conçues expressément pour les compétitions de cyclisme.
Les innovations technologiques — freins, pneus, braquets, dérailleurs — se succèdent, et les premiers championnats du monde pour cyclistes professionnels ont lieu à Cologne en 1895. Impossible pour le baron Pierre de Coubertin d'ignorer ce sport quand il décide de ressusciter le concept des Jeux olympiques.
Une épreuve de cyclisme fait donc partie des premiers Jeux en 1896. Six cyclistes roulent d'Athènes à Marathon, signent leur nom pour des raisons de contrôle et retournent dans la capitale grecque.
Étonnamment, les femmes devront attendre jusqu'en 1984, à Los Angeles, avant de pouvoir se mesurer entre elles sur la route. Quatre ans plus tard, à Séoul, elles pourront participer aux épreuves sur piste.
Les innovations technologiques n'ont jamais cessé. Les vélos modernes sont de plus en plus aérodynamiques et efficaces.
©AFP/BEN STANSALL
Situé au nord du Parc olympique, le vélodrome est l’un des sites les plus écologiques et les plus caractéristiques des Jeux de Londres 2012.
L’architecture du vélodrome comprend une aération naturelle et laisse largement entrer la lumière naturelle. Le besoin en énergie pour l’alimentation de l’éclairage artificiel s’en trouve ainsi réduit. Son toit collecte l’eau de pluie. Cela permet de diminuer l’utilisation du réseau de distribution d’eau de plus de 70 %.
Les concepteurs ont travaillé en étroite collaboration avec une commission de design, y compris le cycliste médaillé or olympique Sir Chris Hoy, pour dessiner la géométrie de la piste. Ils en ont adapté la température et les conditions environnementales pour créer une piste prête à battre tous les records.
Le vélodrome peut accueillir jusqu’à 6000 spectateurs, avec une tribune sur deux niveaux. Un mur de verre autour du site, entre les deux étages de la tribune, offrira aux spectateurs une vue à 360 degrés du Parc olympique.
©AFP/ERIC FEFERBERG
La course sur route commencera et se terminera à l’endroit appelé « The Mall ». C’est un lieu symbolique du centre de Londres, où ont lieu des cérémonies officielles et d’importantes épreuves sportives.
Les cyclistes passeront aussi par Box Hill, un sommet de North Downs à Surrey, à environ 30 km au sud-ouest de Londres. Célèbre pour ces vues panoramiques du sud de l’Angleterre, il accueille de nombreux visiteurs depuis la période victorienne.
Les hommes effectueront neuf tours du circuit Box Hill et les femmes deux tours.
©AFP/JUSTIN TALLIS
En pleine campagne de l’Essex, sur un terrain appartenant à l’Armée du Salut, se dresse l’Hadleigh Farm. Le site d’une superficie de 275 hectares comprend des prairies et un bois magnifiques. La ferme est au coeur de l’Hadleigh Castle Country Park.
La construction a débuté avec le parcours de VTT en juillet 2010 et a été achevée à temps et sans dépassement de coût en mars 2011. Au total, 500 tonnes de roche et 3500 tonnes de pierres écrasées ont été utilisées.
Le circuit de cinq kilomètres se trouve sur le coteau ouvert, un nouveau concept pour les épreuves de VTT, qui ont généralement lieu dans des zones boisées.
©AFP/David Poultney
La toute nouvelle piste de BMX longue de 400 mètres est située près du vélodrome au nord du Parc Olympique.
Un concepteur de piste de BMX mondialement connu a aidé à la création d’un parcours rapide et stimulant. Il comprend une rampe de huit mètres de haut au début, suivi par des sauts, des bosses et des angles légèrement inclinés.
Environ 14 000 mètres cubes de terre ont été employés pour la construction de cette piste olympique. La terre a été récupérée ailleurs sur le site du Parc olympique. Après un nettoyage, on l’a étalée pour créer une série de niveaux allant jusqu’à quatre mètres de haut. Puis, on y a installé la piste définitive.