Vivez Londres - Du 27 juillet au 12 août 2012

Consultez la
zone des sports

Sport

Adam Van Koeverden Adam Van Koeverden   ©AFP/MANAN VATSYAYANA

Le canoë-kayak a toujours souri au Canada. Il a décroché 21 médailles olympiques dans ces disciplines. À Londres, Adam van Koeverden, qui a largement contribué à cette récolte avec trois récompenses, et Mark Oldershaw seront à la tête d’une équipe canadienne de neuf membres, sept en vitesse et deux en slalom.

Médaillé d’or du K-1 500 m aux Jeux d’Athènes en 2004 et vice-champion olympique de la distance quatre ans plus tard à Pékin, van Koeverden participera à ses troisièmes Jeux. Cette fois, par contre, il s’alignera uniquement sur 1000 m, puisque le 500 m a été remplacé par le 200 m. Le natif d’Oakville, en Ontario, a été sacré champion du monde au 1000 m l’an dernier. Il avait aussi enlevé le bronze sur la distance à Athènes.

Oldershaw, lui, en sera à ses seconds Jeux. Cette fois, il prendra part au C-1 1000 m après avoir pris le 10e rang en C-1 500 m à Pékin. Aux mondiaux l’an dernier, il a fini 5e.

L’Ontarien de 29 ans est un athlète olympique de troisième génération. Son père Scott, entraîneur de l’équipe nationale, a participé aux Jeux olympiques de 1984, tandis que son grand-père Bert a pris part à ceux de Londres en 1948.

Émilie Fournel Émilie Fournel   ©PC/JONATHAN HAYWARD

Émilie Fournel, 25 ans, est la seule autre Canadienne avec une expérience olympique. La Québécoise faisait partie du
K-4 féminin sur 500 m qui avait pris le 10e rang. Dans la capitale britannique, Fournel sera en solo, au K-1 200 m.

Fournel est également membre d’une famille de kayakiste. Son père Jean a concouru aux Jeux olympiques de Montréal et sa mère Guylaine aux Championnats panaméricains. Son frère Hughes, membre de l’équipe canadienne, vivra son baptême olympique à Londres.

Hughes, 23 ans, participera aux épreuves de K-2 avec Ryan Cochrane, de la Nouvelle-Écosse. Le duo a récolté sa première médaille en Coupe du monde en mai, avec le bronze au 200 m.

Mark de Jonge a été le dernier membre de l’équipe à assurer sa qualification en gagnant ses deux courses en K-1 200 m aux essais nationaux à la fin juin, à Montréal. Chaque fois, il a défait le Québécois Richard Dober fils pour le priver de ses troisièmes Jeux. Le kayakiste d’Halifax avait assuré une place olympique pour le Canada en terminant 6e des derniers mondiaux sur la distance.

À 19 ans seulement, Jason McCoombs complétera l’équipe de vitesse. McCoombs sera du C-1 200 m. Il avait réussi sa sélection lors d’une Coupe du monde en Allemagne au printemps.

Épreuves en eaux vives

Dans les épreuves de slalom, le Canada sera représenté par la recrue Michael Tayler en kayak.

Tayler, 20 ans, a dominé les sélections olympiques pour arracher la seule place disponible pour le Canada. Alors membre de l’équipe B, il a été promu dans l’équipe A après sa performance.

Les épreuves de vitesse (les sprints) sont disputées en eaux calmes, dans un bassin artificiel, comme c'était le cas à Sydney et à Athènes, ou sur un lac, comme à Atlanta. Par contre, les épreuves de slalom nécessitent les eaux turbulentes d'une rivière ou d'un bassin artificiel. Cette dernière option a été retenue par le comité organisateur des Jeux de Londres.

Le bassin des épreuves de vitesse comprend neuf couloirs pour accueillir un nombre maximal de concurrents dans chacune des vagues. Chaque compétiteur se voit assigner un couloir. Les canoës ou les kayaks sont alignés derrière des barrières qui s'ouvrent en même temps au moment du départ.

En slalom, les concurrents s'élancent les uns après les autres sur un parcours d'au moins 300 mètres de longueur qui compte de 20 à 25 portes suspendues au-dessus de l'eau. Comme en ski alpin, l'objectif consiste à se rendre à la ligne d'arrivée le plus rapidement possible, en traversant toutes les portes.

Les kayakistes ne doivent pas les toucher, sous peine de recevoir une pénalité de temps. Six de ces portes doivent être placées de façon à ce que les concurrents remontent le courant pour les passer.

En slalom comme en sprint, les épreuves de canoë sont réservées aux hommes. Bref, 9 des 12 épreuves de sprint et 3 des 4 épreuves en eaux vives sont masculines.

Historique

Le premier homme qui a eu l'idée de creuser un tronc d'arbre, de s'y installer en équilibre, puis de se servir d'un objet quelconque pour propulser son embarcation sur une rivière ou un lac était loin de se douter qu'un jour, ce mode de transport rudimentaire deviendrait un sport olympique.

Il a évidemment fallu des millénaires d'évolution pour que les populations indigènes d'Amérique du Nord et du Sud, de Polynésie et de l'Arctique raffinent leurs techniques pour qu'on en arrive aux canoës et aux kayaks utilisés aujourd'hui. Sur la côte ouest américaine, des tribus utilisaient des arbres entiers pour les transformer en canoës capables de transporter une cinquantaine de personnes.

L'expression espagnole « piragüismo », utilisée pour nommer ce sport, rend vraiment justice au fait que c'est la pirogue qui en est l’ancêtre. Cependant, c'est en Angleterre, au tournant du 19e siècle, que des clubs nautiques ont adopté ces embarcations pour leur donner une vocation sportive.

Un avocat anglais, John MacGregor, a joué un rôle déterminant dans la popularisation de ce sport. Il a construit son propre kayak, inspiré des embarcations inuites, et a passé une vingtaine d’années à pagayer sur les rivières et les lacs d'Europe.

Ses récits de voyage et ses conférences ont poussé de nombreuses personnes à l'imiter. En 1866, MacGregor a donné une poussée encore plus décisive à ce sport en fondant le Royal Canoe Club.

En 1867, plus de 300 concurrents se sont inscrits pour rivaliser de vitesse à la première régate organisée par ce club. Et ils devaient respecter les premières règles édictées pour encadrer le déroulement des compétitions.

De ce côté-ci de l'Atlantique, les plus vieilles associations nationales, celles du Canada et des États-Unis, ont vu le jour au début du 20e siècle. En 1924, les délégués de plusieurs pays se sont réunis à Copenhague pour fonder une fédération internationale dans le but d'harmoniser les règles à l'échelle de la planète.

L'idée d'intégrer ce sport au programme officiel des Jeux olympiques a été rejetée à trois reprises par le Comité international olympique avant que les premières médailles de canoë-kayak soient attribuées, aux Jeux de Berlin, en 1936, à des concurrents originaires de 19 pays.

Depuis ce temps, le changement le plus important a été l'ajout des épreuves de slalom en eaux vives lors des Jeux de Munich en 1972. Absentes des Jeux de 1976 à 1988, ces épreuves sont revenues au programme olympique en 1992 à Barcelone.

Canoë-kayak, course en ligne

Installé dans un parc de 162 hectares, au milieu d’un site naturel protégé, le centre d’aviron de Dorney Lake est considéré comme l’un des meilleurs du monde.

Eton Dorney   ©AFP/MIGUEL MEDINA

Situé à environ une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Londres, il a accueilli des compétitions de très haut niveau. Le centre sert aussi à la communauté.

Les installations comprennent un parcours de 2200 mètres à 8 couloirs et des couloirs d’entraînement. Même si elles étaient déjà de classe internationale, des améliorations ont été apportées pour répondre aux exigences particulières des Jeux.

Canoë slalom

Le Lee Valley White Water Centre se trouve à 30 kilomètres au nord du Parc olympique, près du parc River Lee Country grand de 500 hectares. Il fait partie du parc régional de Lee Valley.

Le centre compte deux parcours différents. Le parcours de compétition olympique standard est long de 300 mètres avec une descente de 5,50 mètres. Et il y a un parcours intermédiaire d’entraînement de 160 mètres avec une descente de 1,60 mètre.

Les deux parcours ont été entièrement construits à partir de rien. Un lac de 10 000 mètres carrés alimente un système de pompes qui produit 15 mètres cubes d’eau par seconde. L’eau vive est créée par ces pompes et les obstacles placés tout au long du parcours.

Lee Valley White Water Centre  ©AFP/LEON NEAL