| Révélation embarrassante pour Donald Rumsfeld Mise à jour le samedi 20 décembre 2003 à 16 h 00
 | | Donald Rumsfeld (archives) | Un document confidentiel, dévoilé vendredi par le quotidien américain Washington Post, révèle que l'actuel secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, s'était rendu à Bagdad en 1984 pour rassurer l'Irak à propos d'une déclaration américaine qui dénonçait l'emploi d'armes chimiques. Envoyé par le président Ronald Reagan, sa mission consistait alors à assurer au gouvernement irakien que cette déclaration n'entraverait pas les relations entre les deux pays. Cette condamnation dénonçait l'utilisation par Bagdad d'armes chimiques dans sa guerre contre l'Iran.
Selon les éléments du Washington Post, M. Rumsfeld a rencontré pendant 90 minutes le ministre des Affaires étrangères Tarek Aziz, en mars 1984. Cette rencontre suivait une autre visite de M. Rumsfeld à Bagdad, en décembre 1983, au cours de laquelle le responsable américain avait été chargé de persuader l'Irak de renouer ses relations diplomatiques avec les États-Unis. Selon le document confidentiel, M. Rumsfeld, alors émissaire pour le Proche-Orient, aurait alors rencontré Saddam Hussein et Tarek Aziz.Le document déclassifié est un télégramme envoyé à M. Rumsfeld par George Shultz, alors secrétaire d'État, dans lequel ce dernier indiquait avoir tenté d'assurer à l'Irak que les États-Unis souhaitaient que les relations avec Bagdad restent au beau fixe. Appuyant l'Irak dans sa guerre contre l'Iran, Washington et Bagdad avaient établi des relations diplomatiques en 1984. Interrogé sur ce voyage de décembre 1983 à Bagdad, Rumsfeld a récemment affirmé à la presse qu'il avait mis en garde Saddam Hussein contre l'utilisation d'armes chimiques, une affirmation fausse, écrit le Washington Post sur la base des documents diplomatiques déclassifiés. Ces informations surgissent alors que le débat sur la présence d'armes de destruction massive en Irak continue à agiter l'opinion publique américaine. Leur présence supposée, mais jamais prouvée jusqu'à ce jour, a été l'argument essentiel des États-Unis pour justifier le déclenchement de la guerre en Irak en mars.
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