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« Il a dit, en anglais:
“Je suis Saddam Hussein,
je suis le président de l'Irak, et je veux négocier.” »

— Le commandant Brian Reed, de la 1re Brigade de la 4e Division d'Infanterie


   

Saddam Hussein capturé vivant
Mise à jour le vendredi 13 février 2004 à 13 h 59


L'administrateur américain en Irak a confirmé dimanche matin que l'ancien président Saddam Hussein avait été arrêté samedi soir près de sa ville natale de Tikrit.

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«Mesdames et Messieurs, nous l'avons», a déclaré Paul Bremer lors d'une conférence de presse. «C'est un grand jour dans l'histoire de l'Irak», a-t-il ajouté. Des images de Saddam Hussein après sa capture ont ensuite été diffusées aux journalistes.

Ces images montrent l'ancien président irakien hirsute, avec une barbe poivre et sel. L'air résigné, visiblement en bonne santé, il est en train de subir un examen médical et se prête à un prélèvement de salive destiné aux tests ADN afin de l'identifier. Le médecin militaire chargé de l'examiner inspecte également avec attention sa bouche pour vérifier qu'il ne dissimule par une capsule de cyanure au cas où il aurait l'intention de se suicider.

Le général Ricardo Sanchez, commandant des forces américaines en Irak, a précisé que le raïs déchu en avril dernier avait été capturé samedi vers 20h locales dans la cave d'une habitation à Ad-Daour, à 15km au sud de Tikrit, lors de l'opération «Aube rouge».

«Il n'y a pas eu de blessés et aucun coup de feu n'a été tiré» pendant l'opération, a expliqué le général américain. Environ 600 militaires participaient à cette opération, avec des éléments de la cavallerie et des forces des opérations spéciales. La raid a débuté vers 18 h, «sous le couvert de l'obscurité et à la vitesse de l'éclair», a précisé le général.

L'ancien dictateur se trouvait «dans un trou de souris» dont l'entrée était cachée avec des briques et des ordures. «Il y avait seulement de la place pour qu'une personne reste couchée (...) Le trou avait un ventilateur pour la circulation de l'air», a-t-il indiqué.

Saddam Hussein avait en sa possession un pistolet, deux kalachnikovs et 750 000 dollars en liquide. Deux autres personnes ont été capturées en même temps, mais leur identité n'est pas encore connue.

Tikrit compte encore de nombreux partisans de Saddam Hussein, dont la tête avait été mise à prix par les forces américaines pour 25 millions de dollars.

Un Saddam Hussein «coopératif» et «résigné»

L'ancien dictateur se serait montré «coopératif» lors de son arrestation. «Il a pris une attitude de coopération, il était fatigué et je pense qu'il est résigné, a précisé le général Ricardo Sanchez. «Il s'est laissé conduire et s'est soumis à l'examen médical», a-t-il ajouté.

À la question de savoir depuis combien de temps Saddam Hussein demeurait dans cette cache, le général Sanchez a répondu: «nous n'avons pas encore de détails là-dessus».

Aucun téléphone ni radio ou autre moyen de communication n'ont été trouvés dans la cachette, ce qui indique a priori que l'ex-dictateur ne pouvait pas orchestrer les attaques anti-américaines à grande échelle.

Paul Bremer
Questionné sur l'éventualité de voir maintenant les troupes américaines se retirer du pays, l'administrateur américain Paul Bremer a répondu que la question n'avait pas encore été tranchée, notamment parce le commandement américain ne prévoyait pas que les attaques contre les forces de la coalition allaient s'arrêter du jour au lendemain.

Adnan Pachachi, président du Conseil interimaire irakien a ajouté: «Nous sommes au service du peuple d'Irak, nous ferons tout pour assurer une période de transition (...) Nous préparons une constitution qui sera soumise au peuple».

Procédure juridique contre le dictateur

Paul Bremer a précisé que le problème de savoir à quel endroit Saddam Hussein devrait faire face à la justice restait à traiter. Y aura-t-il un tribunal spécial ? «La question sera déterminée un peu plus tard», a-t-il répondu.

Combien de temps dureront l'enquête et l'interrogatoire ? «Le temps qu'il faudra pour obtenir les renseignements nécessaires», a affirmé le général Ricardo Sanchez.

Adnan Pachachi
La peine capitale sera-t-elle appliquée alors qu'elle a été suspendue en Irak ? À cette question, le président du Conseil intérimaire irakien Adnan Pachachi a répondu: «Le procès sera équitable et l'accusé pourra avoir recours à des avocats, ce ne sera pas un simulacre de procès comme ceux que l'ancien régime organisait».

«Nous allons continuer de le détenir dans un endroit qui doit rester secret», ont encore précisé les responsables américains.Parmi les journalistes présents, plusieurs ont manifesté vivement leur joie. «C'est un grand jour pour la démocratie, a lancé un journaliste irakien, nous voulons remercier les forces de la coalition provisoire et Paul Bremer». «À mort Sadddam», a scandé un autre journaliste.

La conférence de presse de Paul Bremer, Adnan Pachachi et du lieutnant-général Ricardo Sanchez depuis Bagdad.Extrait vidéo

Seconde partie de la conférence.Extrait vidéo



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