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Le point de vue du Canada
(Dernière mise à jour : avril 2003)
Le 18 février 2003, le premier ministre du Canada,
Jean Chrétien, a affirmé que le Canada ne participerait
pas à une guerre contre l'Irak qui ne serait pas entérinée
par les Nations unies. L'intention du président des
États-Unis, George Bush, de mener une coalition d'alliés
dans un conflit avec l'Irak, et ce sans l'aval des Nations
unies, avait suscité l'inquiétude des députés
canadiens. Mais cette décision d'Ottawa n'a pas satisfait
tous les députés, dont certains, comme les Alliancistes,
souhaitaient épauler les États-Unis.
Le 8 avril, Jean Chrétien
a dû défendre la décision du gouvernement
devant la Chambre des communes. Par une résolution
qu'il a soumise au Parlement, il a riposté à
une résolution déposée par l'opposition
officielle, mettant en cause la politique choisie par Ottawa
dans le conflit. Jean Chrétien a cependant souhaité
une victoire rapide de la coalition en Irak. Il en a aussi
profité pour indiquer que le Canada entendait participer
à la reconstruction de l'Irak après la guerre.
Selon lui, le temps est venu de mettre l'accent sur l'aide
humanitaire, et la reconstruction de l'Irak après la
guerre.
La résolution libérale
vise toutefois à renforcer l'amitié canado-américaine,
quelque peu écorchée par les propos virulents
de certains membres du parti ministériel à l'endroit
du président Bush et des Américains en général,
dans la foulée du déclenchement des hostilités
en Irak. La motion libérale précise également
que le pays continuera de lutter contre le terrorisme en Afghanistan.
Jean Chrétien a d'ailleurs rappelé qu'à
l'heure actuelle, le Canada a 1280 soldats, trois navires
et des avions qui participent à la mission contre le
terrorisme dans le golfe Persique et la mer d'Arabie.
Une position longtemps restée
floue
Le 18 février, Jean Chrétien
répondait au chef du Bloc québécois,
qui l'interpellait : « Nous n'avons pas
été sollicités et nous n'avons pas l'intention
de participer à un groupe volontaire. »
Mais à la suite d'une réunion du caucus libéral,
plusieurs membres du parti de Jean Chrétien avaient
ensuite nuancé ces propos, en précisant que
le Canada gardait ouvertes toutes les options.
En
effet, dans la même conférence de presse, M. Chrétien
n'avait pas contredit son ministre de la Défense, John McCallum,
qui, après une rencontre avec son homologue américain Donald
Rumsfeld, le 9 janvier, n'avait pas exclu que le Canada
participe à une action militaire qui n'aurait pas reçu l'aval
onusien. Toutefois, M. McCallum
avait tenu à préciser, lors d'une entrevue à l'émission Le
Point diffusée le 15 janvier 2003, qu'il serait étonné
si le Canada décidait d'aller de l'avant sans consensus international.
Jean
Chrétien s'était déjà dit favorable à
ce que les inspecteurs des Nations unies disposent de plus
de temps pour achever leur mission en Irak. Le
ministre des Affaires étrangères du Canada, Bill Graham, avait
demandé à tous les pays, le 22 janvier, de soutenir fermement
le processus des Nations unies sur la question irakienne.
M. Graham disait préférer attendre le dépôt
du rapport des inspecteurs au Conseil de sécurité des Nations
unies avant de s'engager. « Je ne crois pas qu'il
y a ait une érosion du soutien international en faveur d'une
intervention en Irak. Ce que nous voyons [...], c'est une
résolution 1441 [adoptée le 8 novembre par le Conseil
de sécurité] qui est en cours de réalisation sur le terrain
avec une équipe d'inspecteurs crédible comme celle de [Hans]
Blix. Nous pensons qu'il faut donner une chance à ce processus »,
avait ajouté M. Graham, en répétant la position officielle
du Canada selon laquelle la guerre devait être considérée
comme une solution ultime.
Enfin, le premier ministre Jean Chrétien
avait refusé, le 27 janvier, jour du dépôt par le chef
des inspecteurs de l'ONU en Irak de son rapport devant le
Conseil de sécurité, de clarifier la position du Canada sur
la question irakienne, affirmant qu'il fallait laisser aux
inspecteurs le temps de compléter leur travail. M. Chrétien
avait déclaré que le rapport était incomplet et qu'il faudrait
attendre le nouveau rapport du15 février. Le premier ministre
avait par ailleurs refusé de dire s'il considérait nécessaire
d'attendre l'adoption d'une deuxième résolution sur la question
irakienne avant d'envisager une participation du Canada à
une intervention.
À Ottawa, plusieurs députés
de la Chambre des communes réclamaient un vote concernant
la participation canadienne à une éventuelle
intervention militaire en Irak. Les partis d'opposition se
sont montrés divisés sur la question :
- l'Alliance canadienne préconisait la participation
du Canada à une intervention militaire américaine,
même si celle-ci n'est pas entérinée
par les Nations unies;
- le Bloc québécois s'y opposait si l'intervention
n'est pas autorisée par l'ONU;
- le Nouveau Parti démocratique écartait pour
sa part toute participation du Canada à une guerre,
qu'elle ait lieu ou non sous mandat onusien.
Les efforts diplomatiques du
Canada pour aboutir à un consensus aux Nations unies
Avant le déclenchement des
hostilités, entamé sans l'accord du Conseil
de sécurité des Nations unies dont les membres
n'arrivaient pas à se mettre d'acord, le Canada a déployé
des efforts diplomatiques importants pour tenter de parvenir
à un consensus international.
Lors du débat public sur
l'Irak, qui s'est tenu le 19 février devant le
Conseil de sécurité de l'ONU, l'ambassadeur
du Canada aux Nations unies a demandé que les inspecteurs
disposent de plus de temps pour achever leur mission en Irak.
Pierre Heinbecker a également réclamé
que les inspecteurs établissent un calendrier précis
des tâches de désarmement à l'intention
de l'Irak. D'après le Globe and Mail, Ottawa
était favorable à une seconde résolution
des Nations unies qui fixerait la mi-avril comme date-butoir
à l'Irak pour désarmer.
Le
Canada dans la tempête du désert
En août 1990, Saddam
Hussein invoque des raisons historiques pour envahir
le Koweït et en faire sa 19e province. Une coalition
de 28 États occidentaux et arabes, placée sous
l’égide de l’ONU et dirigée par les États-Unis, ne
prendra que cinq semaines pour chasser les troupes
irakiennes. Parmi ces pays, le Canada, qui pour la
première fois depuis 1941, déclare la guerre à un
pays.
Un
dossier à consulter
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