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Une mobilisation monstre dans le monde en faveur de la paix

Le samedi 15 février 2003, des millions de personnes dans le monde sont descendues dans la rue pour manifester leur opposition à une guerre en Irak. Plus de 600 villes ont accueilli les marcheurs, et des foules record ont défilé dans plusieurs pays (Italie, Grande-Bretagne, Espagne, etc.).

Les populations d'Amérique du Nord, d'Europe, du Proche-Orient et d'Australie ont dénoncé les intentions militaires de l'administration Bush.


Des marches impressionnantes en Amérique du Nord

Au Canada, Montréal a accueilli le plus grand nombre de manifestants : plus de 150 000 personnes ont répondu à l'appel du collectif Échec à la guerre. À Toronto, plus de 30 000 manifestants ont exprimé leur opposition à une guerre contre l'Irak

En tout, des manifestations ont été organisées dans près de 75 villes canadiennes.

Les Américains se sont eux aussi largement mobilisés pour dénoncer la politique de leur gouvernement envers l'Irak. À New York, Washington, Chicago et San Fransisco, plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté.

À New York, plus de 100 000 personnes se sont rassemblées sur la 1re Avenue pour proclamer leur soutien à la paix. Des personnalités se sont jointes aux manifestants, comme l'actrice Susan Sarandon. L'archevêque sud-africain Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, et Martin Luther King III se sont également adressés à la foule.

Au Colorado, dans la ville de Colorado Springs, la police a repoussé avec du gaz lacrymogène les manifestants qui refusaient de se disperser. Plusieurs personnes ont été arrêtées et deux manifestants ont été blessés.


Des rassemblements colossaux en Europe

Les Européens ont massivement manifesté contre la guerre, surtout dans les pays qui soutiennent la position de l'administration Bush, l'Angleterre et l'Espagne.

Londres a connu son plus gros rassemblement depuis l'après-guerre, avec 500 000 manifestants, selon la police, ou près d'un million, selon les organisateurs. Ils ont crié leur hostilité à un conflit que soutient leur premier ministre, Tony Blair, alors que les sondages estiment que près de 90 % de la population s'y oppose.

En Espagne, 2 millions de pacifistes ont marché dans les rues de Madrid, et près d'un million et demi dans celles de Barcelone.

L'Italie s'est fortement mobilisée : d'après les organisateurs, 3 millions de manifestants ont rejoint le cortège à Rome. Plus de 500 000 Allemands se sont également rassemblés à Berlin. À Paris et à Athènes, les rassemblements ont été beaucoup plus modestes : 200 000 manifestants ont exprimé leur opposition à la guerre dans la capitale française. Ils ont été 100 000 en Grèce.


L'Australie se met en marche

Melbourne a connu son plus gros rassemblement depuis la guerre du Viêtnam : plus de 150 000 Australiens ont pris part à la manifestation pacifiste. Ils s'adressaient principalement à leur gouvernement, qui a rallié la position des États-Unis concernant une guerre préventive en Irak.



Le Proche-Orient réagit aussi

Israël a connu sa première manifestation contre une guerre en Irak. Elle a rassemblé environ 2000 Juifs et Palestiniens à Tel-Aviv. Les manifestants ont accusé les États-Unis de vouloir se substituer aux Nations unies. Certains ont également accusé le premier ministre israélien, Ariel Sharon, de vouloir profiter d'un conflit pour expulser les Palestiniens d'Israël.

En Syrie, plus de 200 000 manifestants ont marché dans les rues de Damas. Ils étaient autant en Turquie, autre pays frontalier de l'Irak. De petits rassemblements ont également eu lieu en Égypte, en Jordanie et au Liban.


Janvier 2003 : les premières journées d'action

Le week-end des 18 et 19 janvier 2003, des pacifistes, de simples citoyens et des militants opposés à une intervention militaire en Irak étaient déjà descendus, par dizaines de milliers, dans les rues des villes du monde entier pour exprimer leur désaccord et leurs craintes face au déclenchement d'une guerre en Irak. Le coup d'envoi des manifestations a été donné à Tokyo, le samedi matin, où près de 5000 personnes se sont présentées dans les rues pour manifester.Extrait vidéoExtrait audio


Les Américains ont réagi en force...


À Washington, des dizaines de milliers de manifestants, bravant un froid polaire, ont convergé dans la capitale pour un week-end complet de protestation contre une intervention militaire en Irak.

La manifestation dans la capitale américaine a commencé par une rencontre contre « le militarisme des États-Unis » au pied du Capitole. Des journalistes sur place ont estimé à au moins 40 000 le nombre de manifestants, qui sont arrivés dans des dizaines d'autocars marqués de slogans pour la paix.

Par ailleurs, le conseil municipal de la Ville de Chicago a voté, par 46 voix contre une, contre une guerre préventive en Irak, à moins qu'il ne soit prouvé que le pays constitue une menace réelle pour les États-Unis. Ce vote fait de Chicago la plus grande ville des États-Unis à s'être exprimée contre la guerre en Irak.

Des déclarations hostiles à la guerre ont été votées dans d'autres villes, dont San Francisco, Seattle, Ithaca et Kalamazoo.


Au Canada

Des manifestants à Toronto

Au Canada, des manifestations ont également eu lieu dans une trentaine de villes. Au Québec, des marches ont attiré des milliers de manifestants dans les villes de Québec et de Montréal. Ailleurs au Canada, des manifestations se sont déroulées dans les villes de Saint-Jean, Halifax, Truro, Fredericton, Sackville ainsi que dans neuf villes ontariennes, dont Ottawa et Toronto. Dans l'Ouest canadien, on a manifesté pour la paix à Winnipeg, dans deux villes de la Saskatchewan, dans trois villes de l'Alberta et également dans huit villes de la Colombie-Britannique.

Plusieurs milliers de personnes ont bravé le froid à Montréal

À Montréal, le collectif Échec à la guerre a réuni des artistes et des personnalités issues de 72 organismes étudiants, communautaires et syndicaux, des réseaux de la santé et de l'éducation. La position commune des groupes membres du collectif est de rappeler que le gouvernement canadien n'a pas de mandat pour appuyer les États-Unis, parce qu'il n'y a eu ni débat ni vote au Parlement sur la question et que la majorité de la population canadienne s'oppose à un tel appui.


Ailleurs dans le monde


Moscou

Dans la capitale russe, Moscou, plusieurs centaines de militants communistes se sont rassemblés devant l'ambassade des États-Unis en agitant des drapeaux rouges et des portraits de Lénine, Staline et Arafat. Ils ont aussi chanté de vieux hymnes de l'ère communiste. Les militants ont vivement critiqué le président américain et sa politique étrangère.

En Syrie, plus de 15 000 personnes, dont des Palestiniens, ont proclamé, à Damas, leur opposition à une attaque américaine contre l'Irak et renouvelé leur soutien au peuple palestinien. Au Liban, environ 8000 Libanais et Palestiniens, selon des estimations des correspondants de presse sur place, ont manifesté à Beyrouth pour protester contre une possible frappe en Irak. Il s'agit de la plus importante manifestation organisée à Beyrouth depuis le début de la crise irakienne. Seuls les islamistes étaient absents du rassemblement, notamment les partisans du Hezbollah et des Frères musulmans.

Paris

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont également manifesté en France à l'appel d'une coordination regroupant une quarantaine d'organisations, associations, syndicats et partis de gauche. Un même slogan : « Non à la guerre contre l'Irak; justice, paix et démocratie au Proche-Orient et dans le monde », était inscrit sur les banderoles ouvrant les manifestations organisées dans une quarantaine de villes, notamment à Paris, Bordeaux, Rennes et Marseille.

Par ailleurs, plusieurs manifestations pacifistes ont obtenu des résultats décevants en Grande-Bretagne, où à peine 200 manifestants se sont rassemblés aux abords du quartier général des forces armées britanniques, à Northwood, un endroit isolé où pourraient s'échafauder les plans d'une éventuelle invasion de l'Irak.


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